Résistance Identitaire Européenne

haec est terra nostra

La Chandeleur, ou la renaissance du soleil

2 février-Hypapante ou la Purification

La fête de la Présentation de l'Enfant Jésus au Temple, quarante jours après sa naissance, coïn­cide avec celle de la Purification de la Vierge, coutumes courantes de la vie publique et privée des Hébreux. Mais deux autres aspects de la fête — l'un, saisonnier et agraire, l'autre célébrant la lu­mière ascendante — sont beaucoup plus impor­tants par la richesse des traditions qu'ils évoquent.

La présentation de l'Enfant au Temple, son accueil par saint Siméon, prophétisant sa vocation divine et son martyre sur la croix, donnent à la fête le nom d'Hypapante, c'est-à-dire « ce qui vient au-devant » de la gloire.

Dans la Méditerranée orientale, la fête est très respectée des paysans qui redoutent pendant cette période les chutes de grêle, dé­sastreuses pour une végétation encore bien fragile. Ce jour-là, « les moulins chôment, les es­claves chôment et les ânes se reposent », suivant un dicton po­pulaire et c'est pour cela que la Vierge de ce jour est appelée « Myliargoussa », « celle qui ar­rête les moulins ». Sa fête sert ici comme moyen de prévision du temps et de la qualité des récol­tes : «Le temps d'Hypapante est celui des quarante jours à venir », affirment les paysans, ou en­core : « Hypapante enneigée, greniers bien chargés. »

Dans les traditions occi­dentales, la fête est connue sous le nom de Chandeleur parce que l'on conserve ce jour-là les chandelles allumées que l'on porte à travers les églises.

Dans la Légende dorée, Jacques de Voragine explique cette coutume par quatre bonnes raisons dont la première consiste à « dé­truire » des pratiques mauvai­ses,   échos   des   traditions préchrétiennes : « Autrefois, aux calendes de février, temps lustral, les Romains illumi­naient les villes tous les cinq ans avec des cierges et des flambeaux, durant toute la nuit, en l'honneur de Februa, mère hypothétique de Mars, afin que celui-ci accorde la victoire aux armées romaines ».

Il s'agit en fait de la lustratio populi, appelée « lustrum », grande fête quinquennale de purifica­tion du peuple, accompagnée de sacrifices publics et privés. La Légende dorée poursuit : « En outre, pendant ce mois, les Romains offraient des sacrifices à Febvrius, c'est-à-dire à Pluton, et aux autres dieux infernaux pour les âmes de leurs ancêtres ; toute la nuit ils veillaient en chantant leurs louanges et te­naient des cierges et des torches allumées. [...]. Le pape Innocent dit encore que les femmes romaines célébraient en ce jour la fête des Lumières [...] en souvenir de la fable de Proserpine : elle était si belle que le dieu des Enfers, épris d'elle, l'enleva et en fit une déesse.

Ses parents la cherchèrent longtemps dans les forêts et les bois avec des torches et des flambeaux. [...] Or, parce qu'il est difficile aux chrétiens, nou­vellement convertis, d'abandonner une coutume, [...] le pape Sergius lui donna un but meilleur, en ordonnant aux chrétiens de célébrer, chaque année à pareil jour, une fête en l'honneur de la sainte Mère du Seigneur, avec cierges allumés et chandelles bé­nites. »

Reste bien sûr encore à mentionner une célébra­tion qui avait lieu dans le monde celte : la fête de la déesse Imbolc, qui se déroulait le 1er février. Imbolc semble signifier « lustration » et il s'agissait donc d'une fête de purification de l'eau lustrale, rite agraire très important censé favoriser la fécondité et la fer­tilité. Le relais chrétien de cette fête a été pris par sainte Brigitte. Toutefois, on conserve toujours dans les villages les chandelles allumées dans l'église, croyant qu'elles écartent le tonnerre, les tempêtes et les orages.

On a encore l'habitude un peu partout dans l'Occident catholique de faire des crêpes : s'agit-il d'une évocation du disque solaire ou faut-il y voir une coutume liée à la première récolte d'oeufs de l'année ?

« À la Chandeleur, l'hiver s'apaise ou prend vigueur » et dans plusieurs traditions on guette l'ap­parition ou non de l'ours ce jour-là, laquelle con­firme, ou non, le proverbe. On raconte que l'ours sort de sa tanière et que, si le ciel est clair, il y rentre pour y séjourner les quarante jours suivants, car l'hiver continuera. Si, par contre, le ciel est sombre, signe que l'hiver reculera, il en sort définitivement.

Dans les pays pyrénéens, chasses à l'ours et danses de l'ours symboliques ont lieu à la Chan­deleur, laquelle peut marquer le début du carna­val si le cycle lunaire, dont dépend le calcul de sa date, le fait coïncider avec ce 2 février.

(Source : Fêtes et croyances populaires en Europe-Yvonne de Sike-Ed. Bordas 1994)

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Joyeux Solstice d'été !

solstice

 

Solstice d'été (21 juin)

Situé entre les semailles et les récoltes, le solstice d'été est la contrepartie estivale du Jul. C'est la fête de la journée la plus longue, pour les chrétiens : la Saint-Jean.

Les feux de joie se répondent de colline en colline, feux qui sont en corrélation avec la chaleur du soleil. C'est aussi une fête de la fécondité : les fiancés sautent au-dessus du feu; des roues enflammées dévalent les pentes des collines, et parcourent les champs : elles symbolisent le soleil fécon­dant les sillons. La fête du solstice d'été est typiquement indo­européenne.

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Que l'Europe soit toujours florissante

Europa semper virens !

L'arbre de Noël toujours vert,
notre sang qui se régénère au fil des générations,
la lumière qui revient voilà pourquoi nous fêtons le solstice,
 
par ce qu'il faut conserver intact l'Espoir !
 
Europa semper virens
 
Terre et Peuple souhaite un bon
 
solstice d'Hiver à tous ceux qui
 
résistent pour leur identité.
 

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Les origines de Carnaval

carnaval fete des fous

Tu es sympa ! Tu es obligatoirement un type sympa ! Puisque tu t'intéresses au Carnaval en général et à celui de Sarreguemines en particulier, c'est que tu aimes rire et t'amuser.

Oh excuse moi: je te tutoie! C'est déjà une des particularités du Carnaval de Sarreguemines, j'y reviendrai.

Comme tu es curieux, je vais essayer de t'expliquer les origines et les particularités de cette fête. Il n'est pas certain que je réussisse cette gageure, car il existe tant de versions différentes, que j'y perds mon latin. Je retiendrai celle qui me convient le mieux, la plus logique: la mienne. Et comme Carnaval, c'est le monde à l'envers, j'en profite : directement je plonge dans le vif du sujet.

A travers la nombreuse documentation que j'ai consultée, j'ai relevé certains textes et citations qui m'ont semblé définir très bien ce phénomène.

« Le monde est plein de fous. Et qui n 'en veut pas voir, doit se tenir tout seul et casser son miroir ». Cette petite phrase insolente est extraite d'un texte de Mgr Thillot, consacré (au XVIII ème siècle) à la Fête des Fous (c'était ainsi que l'on nommait Carnaval dans l'ancien temps).

Te voici éclairé! Tu peux considérer les corsos comme des divertissements rétrogrades; tu peux être allergique aux mouvements de foules et aux confettis, mais tu ne peux nier qu'en tout homme sommeille un bouffon, ... ni qu'en toi même, le dit « bouffon » rêve souvent de briser ses chaînes.

Carnaval n'ose avouer son âge. Il vient de la nuit des temps et porte en lui toutes les obsessions de l'humanité. Il a récolté en chemin les rîtes des fêtes hivernales célébrées par les peuples anciens, qui appelaient le soutien des dieux du Soleil et de la Fécondité.

« Le monde n'est qu'une farce. Déjà au paradis terrestre Satan s'est déguisé pour mieux séduire Eve! Le voilà, le premier Carnaval, à l'ombre du Bien et du Mal. L'humanité entière en découle ».

Au trois ème millénaire avant J.C., des briques, datant du grand prêtre Roi de Babylone Guda de Sirgulla, évoquent une période de sept jours au cours de laquelle la joie et l'exubérance régnaient. Les câlins et les beuveries s'exerçaient sans retenue. Pendant ces jours de grande licence, la vie normale s'interrompait, l'esclave prenait la place de sa maîtresse et marchait à coté de son maître.

En Grèce, 2000 ans avant Jésus Christ, les pasteurs convulsionnaires choisissaient le quinzième jour d'avant les calandes (15 février) pour purifier le sol, les bêtes, et les hommes, dans l'espoir d'un printemps prospère. Ils immolaient une chèvre, découpaient la peau en fines lanières sanglantes avec lesquelles ils fouettaient « les pêcheurs » qui réclamaient la rémission de leurs fautes. Pour cette sarabande démoniaque qu'ils menaient de cité en cité, les prêtres courraient nus parmi les garrigues et les cistes du Péloponnèse et fouettaient à tour de bras.

Cette coutume tragi-burlesque fut exportée en Italie par Evrandus, chef d'Arcadie vers 1500 avJC. C'est lui qui perpétua ces fêtes à Rome où elles prirent le nom de Fébruales et Lupercales.

Dans le but de plaire au peuple, Evrandus démocratisa ce rite en distribuant de telles lanières aux citoyens. Dès lors, les pasteurs perdirent leurs privilèges de « purificateurs ». Tout le monde fouettait tout un chacun sous de fallacieux prétextes. Progressivement, la cérémonie perdit son caractère sacré et purificateur pour n'être plus que licencieuse et populaire.

En ce temps là, on célébrait la fête de la lumière par des lancers de disques chauffés à blanc, des roues enflammées, et des immenses bûchers éclairant les nuits (rites qui perdurent de nos jours dans certaines régions).

Le christianisme tenta bien d'enrayer ces effusions païennes. Peine perdue, il se brisa les dents sur ce courant furieux qui permettait au peuple de sortir de ses gonds et de se défouler, une fois par an.

Le Moyen Age, héritant des orgies des anciennes « Saturnales », institua « La Fête des Fous » qui devint l'exutoire des foules. En 1444 devant la faculté de Théologie de Paris, un ardent défenseur de cette fête déclara solennellement: « Nous sommes tous des tonneaux mal joints. Le vin de la sagesse nous ferait éclater s'il se trouvait dans l'incessante fermentation de la piété et de la peur divine. Il faut lui donner de l'air afin qu'il ne se gâte pas. C'est pourquoi nous nous permettons, certains jours, la bouffonnerie, pour ensuite nous remettre avec d'autant plus de zèle au service du Seigneur ».

Depuis le Moyen Age, « La Fête des Fous » avait provoqué de nombreux ravages parmi le clergé. Elle cristallisait, autour d'elle, les délires lubriques et sanglants de toutes les vieilles cérémonies de l'hiver: la fête des innocents qui permettait aux diacres et sous-diacres de parodier la messe dans des gestes obscènes, de se travestir en femmes, de danser dans le choeur de l'Eglise, de manger des viandes, et... de jouer aux dés sur l'autel.

Mais aussi la fête de l'Ane au cours de laquelle on poussait d'authentiques baudets dans les cathédrales pour parodier grossièrement la fuite en Egypte. Parfois on mimait l'animal en chaire. L'assistance scandait de retentissants « Hihan » à la fin du Credo ou du Gloria ! On prêtait de l'humour à Dieu... L'évêché lui-même choisissait parmi ses diacres et sous-diacres, « Les Abbés des Fous » responsables des fêtes carnavalesques. Mais finalement, l'Eglise n'y tint plus. Elle interdit l'accès de ses autels à toute procession païenne.

Les relents d'orgies, les odeurs de victuailles et de cuir brûlé furent donc refoulés sur les parvis, mais le Carnaval n'en fut pas assaini pour autant.

Pendant longtemps il fut épicé de cérémonies macabres. Celles-ci connaissaient leur apothéose endiablée lorsque le peuple arrivait à se saisir des membres d'un condamné, arrachés au bourreau et à les promener à travers les ruelles. Les malandrins en profitaient pour régler leurs comptes dans la cohue. La justice, mettant la clé sous la porte, consistait en exécutions capitales sur les places des villages. On retrouvait des seigneurs assassinés sur le champ de leurs ripailles.

Ne pouvant les combattre, l'Eglise récupéra les fêtes païennes qu'elle adapta très précisément à son calendrier liturgique (avant les rigueurs du Carême). On les rebaptisa « Carne Levare Levamen ». Elles se déroulaient en février, dernier mois de l'année du calendrier romain.

Au mardi gras, on mangeait pour la dernière fois de la cuisine grasse, avant d'entrer dans la « quadragesima » Carême, période de 40 jours où l'on mangeait « maigre ».

Témoins de ces temps anciens, nos églises et cathédrales présentent, encore de nos jours, nombre de ces figures grotesques taillées dans la pierre ou sculptées dans le bois.

Mais alors que les conciles fulminaient contre les provocations indécentes que les habitants colportaient de maison en maison, certains religieux, à l'abri de leur déguisement, succombaient, de plus en plus nombreux à d'humaines tentations.

En 1667, afin de tenter d'enrayer ces manifestations « impures », Monseigneur Délia Chiesa, évêque de Nice, interdit le port des masques aux prêtres et aux moines sous peine de prison. Plus tard, la Convention supprima et proscrivit les déguisements comme étant « des posquinades » indignes de l'homme. Bonaparte en rétablit la coutume.

A l'origine Carnaval n'était pas une fête, mais un rituel.

La date de sa célébration, qui change d'année en année, dérive de l'antique tradition qui découpe le temps en lunaisons. Il existe une théorie où sont mises en jeu des périodes d’ « une lunaison et demi », donc des périodes de 40 jours: c'est le temps qui sépare Carnaval de Pâques.

Ainsi, la période qui va de l'Epiphanie au mercredi des Cendres unit étroitement le sacré et le profane. Car si l'idée du Carême était, dans l'Eglise des premiers siècles, de se préparer à la fête de Pâques, le Carnaval permettait aux gens de vivre des réjouissances issues des anciennes fêtes d'hiver.

Pour les anciens, l'année débutait en mars, mois du renouveau de la nature et du réveil de la terre. Or, avant toute nouvelle création, le monde doit retourner au chaos originel pour se ressourcer. Ce chaos était représenté par le Carnaval, au cours duquel un pauvre d'esprit était élu roi et revêtait des ornements royaux.

Né en Europe, le Carnaval est propre aux peuples latins, germaniques et nordiques. Il s'installe avec d'autres fêtes chrétiennes au début du Moyen-Age.

Ce besoin de changer de peau et d'emploi, de routine et de physionomie, cette nécessité de rompre avec notre quotidien, le travesti carnavalesque en exprime la force avec outrance !

En extrapolant à peine, on peut estimer que c'est cette envie de mutation individuelle ou sociale qui pousse aujourd'hui le notable Belge à se promener en clochard, la blanchisseuse de la Forêt Noire à se métamorphoser en sorcière ....

Mais les rites du Mardi-gras sont infiniment plus complexes que cela. Le Carnaval c'est le monde à l'envers. Pendant trois jours, la grande marmite de l'ordre bascule et nous donne des spectacles dignes de la toile peinte en 1590 par Pieter Brueghel.

Cela peut s'expliquer facilement: plus une société est strictement disciplinée, plus il lui faut une soupape de sécurité. Le président Mao a très bien résumé cela en écrivant : « laisse toujours une porte ouverte à ton adversaire ». Cette porte ouverte c'était, pour l'Eglise et le Pouvoir, le Carnaval. C'est dans ce but, et pour cette raison que le Carnaval s'est, dans son principe, maintenu à travers les millénaires et n'a trouvé son ennemi mortel qu'en la démocratie.

On peut ajouter que le Carnaval, contrairement à d'autres, est une fête urbaine. Les défilés se déroulent dans les rues et sur les places publiques.

Les participants font du bruit, de la musique, ils chantent. Carnaval est une forme de contestation, même si celle-ci s'exprime par la dérision.

Carnaval est l'expression du désordre, mais il se déroule dans un milieu organisé: la ville. L'ordre et le désordre peuvent alors être perçus comme indissociables, et laisser le second s'exprimer peut être le meilleur moyen de le limiter et de le maîtriser.

Sources :Edgard Bund-Carnaval, le monde à l’envers-Les éditions de l’officine-2009

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LE SENS PAÏEN DE NOS FETES

lapin sourciere

I ntroduction

Le présent exposé n'a pas pour but d'expliquer dans tous les détails les diverses fêtes européennes. Les coutumes et traditions varient et ont varié non seulement dans le temps mais également de région à région. Chaque fête pourrait d'ailleurs faire l'objetd'une conféren­ce. Mon but est de montrer le sens général européen et païen des fêtes qui jalonnent notre calendrier. Pour beaucoup de gens, ces fêtes sont chrétiennes ou parfois laïques. En réalité, il n'en est rien. Les chrétiens, et après les laïcs, ont substitué ou essayé de substituer un sens chrétien à des fêtes éminemment liées à notre religiosité européenne qui n'a rien à voir avec les croyances des peuples du désert…

L'exposé suivra un ordre chronologique.

Chandeleur (2février)

Pour l'Eglise chrétienne, il s'agit de la fête de la Purification de la Vierge et de la Présentation de Jésus au Temple. Dans la tradition populaire, Chandeleur vient du latin festa candelarum (fête des chan­delles).

Explication chrétienne : on bénissait à cette date les chandelles dans les églises.

Explication païenne : il s'agit d'une fête de la lumière. Au début février, on est à un mois du cycle de Noël/Jul, on commence à voir l'allongement des jours. Les lumières de la Chandeleur marquent ce retour du jour. Les Celtes célébraient à cette époque la germination et la levée des graines.

Saint-Valentin (14 février)

Le 14 février correspond à l'ancienne fête romaine des Lupercales en l'honneur du dieu Faunus (particulièrement actif sexuellement). Faunus avait à Rome une grotte consacrée "lupercales". Suivant la légende c'est là que la louve avait allaité Romulus et Remus. A cette époque, les Luperques (pontifes) vêtus de peaux de chèvre, faisaient le tour du Palatin et flagellaient, avec des lanières tail­lées en peau de bouc, les femmes pour les rendre fécondes.

Dans la France d'antan, les godelureaux et les jouvencelles déposaient dans une urne un bulletin avec leurs noms. Les noms étaient tirés au sort par un couple et les jeunes gens se trouvaient liés symbolique­ment pour un an. Le jeune homme était le chevalier servant de la jouvencelle ...

D'où vient le nom de Valentin ? Saint Valentin était un évêque de Terni qui aurait été décapité le 14 février. L'Eglise scandalisée par l'aspect grivois de la coutume susmentionnée l'a remplacée par quelque chose de plus austère : on tirait de l'urne un nom de saint doublé de maximes chrétiennes sur lesquelles on pouvait méditer (sic)...

Carnaval

Le mot vient de carne levare : ôter la viande.

C'est la période où on enlève, on cesse de manger de la viande (Carême). En allemand le mot est "Fashing" qui vient de Faseln :Croître.

En réalité le carnaval contient deux aspects fondamentaux :

1. C'est la fête annonciatrice du printemps : l'hiver est brûlé symboliquement;

2. C'est une fête exutoire : on se libère du collectif refoulé. En allemand on utilise l'expression sich ausleben (se vivre dehors).

Les premiers rites du carnaval représentent un simulacre de combat, L’hiver, le passé contre le printemps, le futur.

L'hiver était souvent représenté par un mannequin qui était brûlé. Ensuite avait lieu la « réception du printemps » qui était symbolisée soit par un autre mannequin, soit par une joliefille. La messagère du printemps.

Cette messagère correspond au thème de la fiancée du soleil qui attend tout l'hiver son héros (tradition indo-européenne).

Ce héros solaire arrive auprès de sa fiancée, après avoir franchi des obstacles, et la réveille d'un long sommeil (comme la nature est réveillée après le long sommeil de l'hiver). C'est le thème de la Belle au Bois dormant.

Le sens a ensuite glissé : on ne brûlait plus l'hiver, mais le carna­val lui-même. Cette exécution n'annonce plus le printemps mais le carême. On est passé de l'idée de bannissement de la mort à celle de bannissement de la vie : fais provision de bombance, car bientôt c'est fini de rire !

Les masques et les déguisements représentent le souvenir de cette grande mascarade qui représentait le bannissement de l'hiver. Il s'agit en même temps d'une dérision systématique de l'ordre social. Ce n'est cependant pas le désordre social, mais un exutoire qui permet de rendre l'ordre social plus supportable, de se libérer des tensions.

Pâques

La fête de Pâques coïncide plus ou moins avec l'équinoxe de printemps. C'est la fête de l'éternel retour du printemps : la vie renaît, une nouvelle ardeur saisit la nature. Pour le christianisme qui a horreur de la nature, on remplace la résurrection de la nature par la résurrection du Christ !

Pâques dérive de l'hébreu « pesach » qui signifie passage. En allemand c'est Ostern, en anglais Easter. Suivant Bede le vénérable, ce mot dériverait du nom d'une déesse germanique : Ostara.

Certains auteurs doutent cependant car on ne trouve pas d'autres traces de cette déesse. Il s'agit peut-être d'unqualificatifpluriel désignant plusieurs dieux comme les Parques, les Muses, les Grâces, les Walkyries etc. ...

Pâques est fixée le premier dimanche après la pleine lune qui a lieu, soit le jour de l'équinoxe de printemps (le 21 mars), soit aussitôt après cette date.

La coutume des rameaux rattachée à l'entrée de Jésus à Jérusalem se superpose à l'ancienne coutume païenne des coups donnés avec des branches de verdure au bétail pour favoriser sa fécondité.

Les oeufs de Pâques symbolisent la renaissance de la nature.

Dans l'Antiquité préchrétienne, l'oeuf a un sens mystique relatif à l'ori­gine du monde. Après la christianisation, on a fait de l'oeuf le symbole de la résurrection annuelle (sic) du Christ.

Au Moyen-âge, il y avait de nombreuses fêtes de l'Oeuf. En Angleterre, l'évêque apportait un oeuf dur à l'église. Lors des chants, il le lançait aux choristes qui le rattrapaient et se le renvoyaient pendant la durée du chant. A la cour de Louis XIV, les oeufs de Pâques étaient accom­pagnés de poèmes libertins.

La coutume des cloches de Pâques vient d'Alsace et du Palatinat. Les cloches des églises partent à Rome chercher des oeufs de Pâques. Cela venait du fait qu'on ne sonnait plusles cloches les jours précédents Pâques.

Dans les traditions européennes, ce ne sont pas toujours les cloches qui apportent les oeufs. C'est parfois le renard, la cigogne, le coq, la poule, mais surtout le lièvre ou le lapin.

Ce lièvre on le retrouve en chocolat dans les boulangeries. Le lièvre est en relation étroite avec la lune. La lune est liée à la fécondité. Le cycle de lune est d'ailleurs le même que le cycle menstruel de la femme. Dans la tradition germanique, le lièvre est également celui qui montre le chemin, c'est un animal de transition (cf. Alice au Pays des Merveilles). Il assure la transition entre le monde des hommes et le monde des dieux.

Dans de nombreuses traditions, le lièvre pond des oeufs. Il y a un rapport lune-lièvre-fécondité. Le rapport du lièvre et du lapin avec la fertilité et la sexualité se retrouve dans de nombreuses expressions populaires à caractère libertin : en français : le « chaud lapin », en allemand « rammeln » qui signifie s'accoupler, être en rut et qui s'applique aux lièvres et aux humains dans l'argot populaire. Animal lié à la sexualité, l'Eglise a déclaré la guerre aux lapins. Il devient emblème du péché. En 751, Saint Boniface décrète l'inter­diction de manger du lièvre à Pâques. Cette interdiction sera renou­velée par -le pape Zacharie, mais elle ne sera pas suivie par la popu­lation.

Nuit des Walpurgis (30 avril au 1er mai)

Dans l'ancienne Germanie, on croyait que les dieux et les déesses de la fécondité se répandaient dans la nature à cette époque. Lorsque les fêtes païennes du printemps furent interdites par l'Eglise chré­tienne, des hommes et des femmes fidèles à leur ancienne foi conti­nuaient à célébrer leur culte en cachette, la nuit dans les forêts ou au sommet des montagnes.

C'était particulièrement le cas lors de cette nuit du 30 avril au 1er mai. L'Eglise va alors discréditer ces gens : dans la tradition chrétienne, la nuit des Walpurgis devient la nuit pendant laquelle les sorcières tiennent leur sabbat ! Ces sorcières étaient en réalité des païens assimilés à de demi-démons. En allemand, Hexe (sorcière) vient de Hagalfrau (femme sage). Les sorcières, femmes au courant des anciennes traditions, vont être atrocement persécutées par les chrétiens.

Walpurgis était une missionnaire anglaise fêtée au début le 25 février puis la fête fut déplacée pour supplanter les fêtes païennes.

Comment la population assimila-t-elle cette fête d'une évangélisatrice à l'ancien festival païen ?

-  soit les attributs de Walpurgis étaient les mêmes que ceux des anciennes divinités.

-  soit il s'agissait d'une sorte «d 'antidote » pour protéger de la sorcellerie.

Fête du Mai

Mai vient du latin majus, mois de la déesse Maia qui correspondrait à Feya. Dans l'Europe païenne, ce mois marquait la victoire du prin­temps sur l'hiver. Le 1er mai, avaient lieu de nombreux rites repris aujourd'hui par les sociaux-démocrates (fête du Travail depuis 1889).

Chez les Celtes, c'était la fête de Beltaine. On célébrait le dieu Lug lors de grandes assemblées druidiques. L'arbre de mai est l'équi­valent du sapin de Noël. C'est une coutume très ancienne qui plonge ses racines dans la nuit des temps du paganisme européen. En 1225, un prêtre fanatique abattit un arbre de mai autour duquel le peuple dansait. Le peuple résista et planta un autre arbre encore plus haut ... L'arbre est coupé dans la nuit du 30 avril. Il est dépouillé de son feuillage à l'exception du faîte. Ensuite il est planté au centre du village. Tout autour avaient lieu des chants et des danses. Significativement, les Arbres de mai furent interdits en Angleterre et au pays de Galle par les puritains en 1644 ...

Dans la tradition on déconseillait les mariages pendant le mois de mai. Vraisemblablement parce que c'était le mois de la séparation entre l'hiver et l'été et par analogie le mois de la dissociation des contraires ...

Solstice d'été (21 juin)

Situé entre les semailles et les récoltes, le solstice d'été est la contrepartie estivale du Jul. C'est la fête de la journée la plus longue, pour les chrétiens : la Saint-Jean.

Les feux de joie se répondent de colline en colline, feux qui sont en corrélation avec la chaleur du soleil. C'est aussi une fête de la fécondité : les fiancés sautent au-dessus du feu; des roues enflammées dévalent les pentes des collines, et parcourent les champs : elles symbolisent le soleil fécon­dant les sillons. La fête du solstice d'été est typiquement indo­européenne.

Coutumes des moissons

A la fin août, de grandes fêtes célèbrent (encore actuellement dans les campagnes) la fin de la moisson. Au cours de ces fêtes on dansait beaucoup. Ces danses avaient deux buts :

-  remercier le dieu de la fécondité (ensuite un saint chrétien) de la bonne récolte.

-  fêter la fin du dur labeur.

Une coutume consistait à laisser dans le champ une gerbe pour le dieu ou le saint. Jusqu'au XVIIième siècle, cette gerbe était encore dédiée à Wotan/Odin


Samhain (1er novembre)

Chez les Celtes, la fête du Samhain était une des plus importantes de l'année celtique. Des bûchers étaient allumés sur les collines en l'honneur de l'uniond'un dieu avec la déesse des enfers Morrigu.

On disait qu'à cette époque le monde des vivants entrait en communication avec le monde des morts. Les morts revenaient dans leurs anciennes demeures pour s'y réchauffer et s'y alimenter. C'était un temps de grand danger et de vulnérabilité spirituelle. Des rites importants à caractère divinatoire et magique avaient pour but de conjurer le mauvais sort.

La toussaint (fête de tous les saints) chrétienne était célébrée à l'origine le 13 mai. En 835, elle fut transférée le 1er novembre afin de supplanter le Samhain.

Saint-Nicolas (6 décembre)

Cette fête prend place dans le cycle de Noël/Jul. C'est à l'époque où on abattait le porc. Ce porc se retrouve encore en massepain dans les boulangeries.

C'est également la fête des enfants où Saint-Nicolas joue un rôle de gratification/sanction. Saint-Nicolas est l'héritier d'un ensemble de croyances païennes liées à la fertilité. En suisse, Saint-Nicolas passe pour être lié à Sainte-Lucie déesse de la végéta­tion. Les verges du père Fouettard trouvent leur origine dans les rameaux de fécondité. Saint-Nicolas (cousin du Père NOËL) fait aussi penser au dieu Wotan/Odin. L'âne serait une dégénérescence de Sleipnir, le cheval à huit pattes d'Odin.

Noël-Jul

C'est la fête indo-européenne du solstice d'hiver. Chez les Germains, Jul c'est plus que le 25 décembre : c'est l'époque qui va de fin no­vembre à début janvier. Jul signifie roue. C'est en effet à ce mo­ment que l'année tourne, bascule. En allemand, Noël c'est Weinachten. Le mot est au pluriel car il désigne les 12 nuits sacrées (du 25 décembre au 6 janvier). Suivant la tradition germanique, Wotan(Odin) parcourt les bois et les champs avec son armée de morts pendant ces 12 nuits. Les Slaves ont une tradition comparable.

Wotan rassemble ses guerriers et les entraîne à la rencontre des démons. Le dieu veille au déchaînement des forces et à l'ordre du monde. Il attire sur lui les puissances chtoniennes et démoniaques qui rôdent dans la nuit et lorsque les sonnailles de l'armée infernale s'élèvent dans les nuits d'hiver, les hommes savent qu'il est là qui chasse sans fin dans les tempêtes du vieux monde. Alors, rassurés, ils songent aux saisons à venir, à l'année qui commence, aux glaces qui vont fondre, à la fertilité des femmes et des champs.

Ce thème se retrouve dans le mythe de la chasse sauvage. Elle est le plus souvent à la poursuite d'un cerf. Le cerf est dans la tradition européenne un animal sacerdotal, le cheval un animal guerrier et le porc un animal producteur. La personnification de ces animaux se re­trouve dans le langage. Ainsi on parle de pied de porc, de biche etc

La période du Solstice d’hivers c’est la grande pause créatrice : on ne travaille pas. Tout ce qui tourne s’arrête. C’est la paix de Jul, la Julfriede. Les chrétiens l’ont reprise en instaurent la trêve de Noël. On trouve une première mention de l'arbre de Noël à la fin du XV° siècle en Alsace. Il va se répandre progressivement en Allemagne, en Autriche, en France, en Belgique etc ... L'origine remonte vraisem­blablement à la nuit des temps païens.

L'arbre est important dans la religiosité indo-européenne.

Ainsi, selon la mythologie nordique un arbre puissant serait à l'ori­gine de la vie. Ses racines embrassent la terre et ses rameaux sup­portent la voûte céleste : c'est Yggdrasill le frêne du monde. L'Eglise va réagir contre le sapin de Noël. En 1933, 1'Osservatore romano (journal du Vatican) le considère, avec raison d'ailleurs, comme une coutume païenne.

Le Père Noël a une origine incontestablement païenne. Pour certains, il s'agirait du dieu celte solaire BELEN, pour d'autres de Wotan. Les rennes font penser à Sleipnir, le cheval à huit pattes d'Odin/Wotan.

La distribution de cadeaux renverrait à un ancien rite de fertilité et de fécondité.

Les prêtres n’aiment pas le Père noël, en 1952, ils ont organisé sa pendaison symbolique à Nancy. Mais il continue plus que jamais à vivre.



La naissance du crucifié n'était pas fêtée à l'origine par les chrétiens. En 375, elle fut fixée au 25 décembre pour supplanter la fête romaine du dieu solaire MITARA.

Débarrassons-nous des fadaises chrétiennes et revivons le sens réel et païen de nos fêtes.

Le 27 février 1987

Roland VAN HERTENDAELE

Adresse de contact :

CERCLE   COPERNIC

B.P. 613 - Centre Monnaie 1000 Bruxelles

 

ronde soleil

 

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