Résistance Identitaire Européenne

haec est terra nostra

Que l'Europe soit toujours florissante

Europa semper virens !

L'arbre de Noël toujours vert,
notre sang qui se régénère au fil des générations,
la lumière qui revient voilà pourquoi nous fêtons le solstice,
 
par ce qu'il faut conserver intact l'Espoir !
 
Europa semper virens
 
Terre et Peuple souhaite un bon
 
solstice d'Hiver à tous ceux qui
 
résistent pour leur identité.
 

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Les origines de Carnaval

carnaval fete des fous

Tu es sympa ! Tu es obligatoirement un type sympa ! Puisque tu t'intéresses au Carnaval en général et à celui de Sarreguemines en particulier, c'est que tu aimes rire et t'amuser.

Oh excuse moi: je te tutoie! C'est déjà une des particularités du Carnaval de Sarreguemines, j'y reviendrai.

Comme tu es curieux, je vais essayer de t'expliquer les origines et les particularités de cette fête. Il n'est pas certain que je réussisse cette gageure, car il existe tant de versions différentes, que j'y perds mon latin. Je retiendrai celle qui me convient le mieux, la plus logique: la mienne. Et comme Carnaval, c'est le monde à l'envers, j'en profite : directement je plonge dans le vif du sujet.

A travers la nombreuse documentation que j'ai consultée, j'ai relevé certains textes et citations qui m'ont semblé définir très bien ce phénomène.

« Le monde est plein de fous. Et qui n 'en veut pas voir, doit se tenir tout seul et casser son miroir ». Cette petite phrase insolente est extraite d'un texte de Mgr Thillot, consacré (au XVIII ème siècle) à la Fête des Fous (c'était ainsi que l'on nommait Carnaval dans l'ancien temps).

Te voici éclairé! Tu peux considérer les corsos comme des divertissements rétrogrades; tu peux être allergique aux mouvements de foules et aux confettis, mais tu ne peux nier qu'en tout homme sommeille un bouffon, ... ni qu'en toi même, le dit « bouffon » rêve souvent de briser ses chaînes.

Carnaval n'ose avouer son âge. Il vient de la nuit des temps et porte en lui toutes les obsessions de l'humanité. Il a récolté en chemin les rîtes des fêtes hivernales célébrées par les peuples anciens, qui appelaient le soutien des dieux du Soleil et de la Fécondité.

« Le monde n'est qu'une farce. Déjà au paradis terrestre Satan s'est déguisé pour mieux séduire Eve! Le voilà, le premier Carnaval, à l'ombre du Bien et du Mal. L'humanité entière en découle ».

Au trois ème millénaire avant J.C., des briques, datant du grand prêtre Roi de Babylone Guda de Sirgulla, évoquent une période de sept jours au cours de laquelle la joie et l'exubérance régnaient. Les câlins et les beuveries s'exerçaient sans retenue. Pendant ces jours de grande licence, la vie normale s'interrompait, l'esclave prenait la place de sa maîtresse et marchait à coté de son maître.

En Grèce, 2000 ans avant Jésus Christ, les pasteurs convulsionnaires choisissaient le quinzième jour d'avant les calandes (15 février) pour purifier le sol, les bêtes, et les hommes, dans l'espoir d'un printemps prospère. Ils immolaient une chèvre, découpaient la peau en fines lanières sanglantes avec lesquelles ils fouettaient « les pêcheurs » qui réclamaient la rémission de leurs fautes. Pour cette sarabande démoniaque qu'ils menaient de cité en cité, les prêtres courraient nus parmi les garrigues et les cistes du Péloponnèse et fouettaient à tour de bras.

Cette coutume tragi-burlesque fut exportée en Italie par Evrandus, chef d'Arcadie vers 1500 avJC. C'est lui qui perpétua ces fêtes à Rome où elles prirent le nom de Fébruales et Lupercales.

Dans le but de plaire au peuple, Evrandus démocratisa ce rite en distribuant de telles lanières aux citoyens. Dès lors, les pasteurs perdirent leurs privilèges de « purificateurs ». Tout le monde fouettait tout un chacun sous de fallacieux prétextes. Progressivement, la cérémonie perdit son caractère sacré et purificateur pour n'être plus que licencieuse et populaire.

En ce temps là, on célébrait la fête de la lumière par des lancers de disques chauffés à blanc, des roues enflammées, et des immenses bûchers éclairant les nuits (rites qui perdurent de nos jours dans certaines régions).

Le christianisme tenta bien d'enrayer ces effusions païennes. Peine perdue, il se brisa les dents sur ce courant furieux qui permettait au peuple de sortir de ses gonds et de se défouler, une fois par an.

Le Moyen Age, héritant des orgies des anciennes « Saturnales », institua « La Fête des Fous » qui devint l'exutoire des foules. En 1444 devant la faculté de Théologie de Paris, un ardent défenseur de cette fête déclara solennellement: « Nous sommes tous des tonneaux mal joints. Le vin de la sagesse nous ferait éclater s'il se trouvait dans l'incessante fermentation de la piété et de la peur divine. Il faut lui donner de l'air afin qu'il ne se gâte pas. C'est pourquoi nous nous permettons, certains jours, la bouffonnerie, pour ensuite nous remettre avec d'autant plus de zèle au service du Seigneur ».

Depuis le Moyen Age, « La Fête des Fous » avait provoqué de nombreux ravages parmi le clergé. Elle cristallisait, autour d'elle, les délires lubriques et sanglants de toutes les vieilles cérémonies de l'hiver: la fête des innocents qui permettait aux diacres et sous-diacres de parodier la messe dans des gestes obscènes, de se travestir en femmes, de danser dans le choeur de l'Eglise, de manger des viandes, et... de jouer aux dés sur l'autel.

Mais aussi la fête de l'Ane au cours de laquelle on poussait d'authentiques baudets dans les cathédrales pour parodier grossièrement la fuite en Egypte. Parfois on mimait l'animal en chaire. L'assistance scandait de retentissants « Hihan » à la fin du Credo ou du Gloria ! On prêtait de l'humour à Dieu... L'évêché lui-même choisissait parmi ses diacres et sous-diacres, « Les Abbés des Fous » responsables des fêtes carnavalesques. Mais finalement, l'Eglise n'y tint plus. Elle interdit l'accès de ses autels à toute procession païenne.

Les relents d'orgies, les odeurs de victuailles et de cuir brûlé furent donc refoulés sur les parvis, mais le Carnaval n'en fut pas assaini pour autant.

Pendant longtemps il fut épicé de cérémonies macabres. Celles-ci connaissaient leur apothéose endiablée lorsque le peuple arrivait à se saisir des membres d'un condamné, arrachés au bourreau et à les promener à travers les ruelles. Les malandrins en profitaient pour régler leurs comptes dans la cohue. La justice, mettant la clé sous la porte, consistait en exécutions capitales sur les places des villages. On retrouvait des seigneurs assassinés sur le champ de leurs ripailles.

Ne pouvant les combattre, l'Eglise récupéra les fêtes païennes qu'elle adapta très précisément à son calendrier liturgique (avant les rigueurs du Carême). On les rebaptisa « Carne Levare Levamen ». Elles se déroulaient en février, dernier mois de l'année du calendrier romain.

Au mardi gras, on mangeait pour la dernière fois de la cuisine grasse, avant d'entrer dans la « quadragesima » Carême, période de 40 jours où l'on mangeait « maigre ».

Témoins de ces temps anciens, nos églises et cathédrales présentent, encore de nos jours, nombre de ces figures grotesques taillées dans la pierre ou sculptées dans le bois.

Mais alors que les conciles fulminaient contre les provocations indécentes que les habitants colportaient de maison en maison, certains religieux, à l'abri de leur déguisement, succombaient, de plus en plus nombreux à d'humaines tentations.

En 1667, afin de tenter d'enrayer ces manifestations « impures », Monseigneur Délia Chiesa, évêque de Nice, interdit le port des masques aux prêtres et aux moines sous peine de prison. Plus tard, la Convention supprima et proscrivit les déguisements comme étant « des posquinades » indignes de l'homme. Bonaparte en rétablit la coutume.

A l'origine Carnaval n'était pas une fête, mais un rituel.

La date de sa célébration, qui change d'année en année, dérive de l'antique tradition qui découpe le temps en lunaisons. Il existe une théorie où sont mises en jeu des périodes d’ « une lunaison et demi », donc des périodes de 40 jours: c'est le temps qui sépare Carnaval de Pâques.

Ainsi, la période qui va de l'Epiphanie au mercredi des Cendres unit étroitement le sacré et le profane. Car si l'idée du Carême était, dans l'Eglise des premiers siècles, de se préparer à la fête de Pâques, le Carnaval permettait aux gens de vivre des réjouissances issues des anciennes fêtes d'hiver.

Pour les anciens, l'année débutait en mars, mois du renouveau de la nature et du réveil de la terre. Or, avant toute nouvelle création, le monde doit retourner au chaos originel pour se ressourcer. Ce chaos était représenté par le Carnaval, au cours duquel un pauvre d'esprit était élu roi et revêtait des ornements royaux.

Né en Europe, le Carnaval est propre aux peuples latins, germaniques et nordiques. Il s'installe avec d'autres fêtes chrétiennes au début du Moyen-Age.

Ce besoin de changer de peau et d'emploi, de routine et de physionomie, cette nécessité de rompre avec notre quotidien, le travesti carnavalesque en exprime la force avec outrance !

En extrapolant à peine, on peut estimer que c'est cette envie de mutation individuelle ou sociale qui pousse aujourd'hui le notable Belge à se promener en clochard, la blanchisseuse de la Forêt Noire à se métamorphoser en sorcière ....

Mais les rites du Mardi-gras sont infiniment plus complexes que cela. Le Carnaval c'est le monde à l'envers. Pendant trois jours, la grande marmite de l'ordre bascule et nous donne des spectacles dignes de la toile peinte en 1590 par Pieter Brueghel.

Cela peut s'expliquer facilement: plus une société est strictement disciplinée, plus il lui faut une soupape de sécurité. Le président Mao a très bien résumé cela en écrivant : « laisse toujours une porte ouverte à ton adversaire ». Cette porte ouverte c'était, pour l'Eglise et le Pouvoir, le Carnaval. C'est dans ce but, et pour cette raison que le Carnaval s'est, dans son principe, maintenu à travers les millénaires et n'a trouvé son ennemi mortel qu'en la démocratie.

On peut ajouter que le Carnaval, contrairement à d'autres, est une fête urbaine. Les défilés se déroulent dans les rues et sur les places publiques.

Les participants font du bruit, de la musique, ils chantent. Carnaval est une forme de contestation, même si celle-ci s'exprime par la dérision.

Carnaval est l'expression du désordre, mais il se déroule dans un milieu organisé: la ville. L'ordre et le désordre peuvent alors être perçus comme indissociables, et laisser le second s'exprimer peut être le meilleur moyen de le limiter et de le maîtriser.

Sources :Edgard Bund-Carnaval, le monde à l’envers-Les éditions de l’officine-2009

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LE SENS PAÏEN DE NOS FETES

lapin sourciere

I ntroduction

Le présent exposé n'a pas pour but d'expliquer dans tous les détails les diverses fêtes européennes. Les coutumes et traditions varient et ont varié non seulement dans le temps mais également de région à région. Chaque fête pourrait d'ailleurs faire l'objetd'une conféren­ce. Mon but est de montrer le sens général européen et païen des fêtes qui jalonnent notre calendrier. Pour beaucoup de gens, ces fêtes sont chrétiennes ou parfois laïques. En réalité, il n'en est rien. Les chrétiens, et après les laïcs, ont substitué ou essayé de substituer un sens chrétien à des fêtes éminemment liées à notre religiosité européenne qui n'a rien à voir avec les croyances des peuples du désert…

L'exposé suivra un ordre chronologique.

Chandeleur (2février)

Pour l'Eglise chrétienne, il s'agit de la fête de la Purification de la Vierge et de la Présentation de Jésus au Temple. Dans la tradition populaire, Chandeleur vient du latin festa candelarum (fête des chan­delles).

Explication chrétienne : on bénissait à cette date les chandelles dans les églises.

Explication païenne : il s'agit d'une fête de la lumière. Au début février, on est à un mois du cycle de Noël/Jul, on commence à voir l'allongement des jours. Les lumières de la Chandeleur marquent ce retour du jour. Les Celtes célébraient à cette époque la germination et la levée des graines.

Saint-Valentin (14 février)

Le 14 février correspond à l'ancienne fête romaine des Lupercales en l'honneur du dieu Faunus (particulièrement actif sexuellement). Faunus avait à Rome une grotte consacrée "lupercales". Suivant la légende c'est là que la louve avait allaité Romulus et Remus. A cette époque, les Luperques (pontifes) vêtus de peaux de chèvre, faisaient le tour du Palatin et flagellaient, avec des lanières tail­lées en peau de bouc, les femmes pour les rendre fécondes.

Dans la France d'antan, les godelureaux et les jouvencelles déposaient dans une urne un bulletin avec leurs noms. Les noms étaient tirés au sort par un couple et les jeunes gens se trouvaient liés symbolique­ment pour un an. Le jeune homme était le chevalier servant de la jouvencelle ...

D'où vient le nom de Valentin ? Saint Valentin était un évêque de Terni qui aurait été décapité le 14 février. L'Eglise scandalisée par l'aspect grivois de la coutume susmentionnée l'a remplacée par quelque chose de plus austère : on tirait de l'urne un nom de saint doublé de maximes chrétiennes sur lesquelles on pouvait méditer (sic)...

Carnaval

Le mot vient de carne levare : ôter la viande.

C'est la période où on enlève, on cesse de manger de la viande (Carême). En allemand le mot est "Fashing" qui vient de Faseln :Croître.

En réalité le carnaval contient deux aspects fondamentaux :

1. C'est la fête annonciatrice du printemps : l'hiver est brûlé symboliquement;

2. C'est une fête exutoire : on se libère du collectif refoulé. En allemand on utilise l'expression sich ausleben (se vivre dehors).

Les premiers rites du carnaval représentent un simulacre de combat, L’hiver, le passé contre le printemps, le futur.

L'hiver était souvent représenté par un mannequin qui était brûlé. Ensuite avait lieu la « réception du printemps » qui était symbolisée soit par un autre mannequin, soit par une joliefille. La messagère du printemps.

Cette messagère correspond au thème de la fiancée du soleil qui attend tout l'hiver son héros (tradition indo-européenne).

Ce héros solaire arrive auprès de sa fiancée, après avoir franchi des obstacles, et la réveille d'un long sommeil (comme la nature est réveillée après le long sommeil de l'hiver). C'est le thème de la Belle au Bois dormant.

Le sens a ensuite glissé : on ne brûlait plus l'hiver, mais le carna­val lui-même. Cette exécution n'annonce plus le printemps mais le carême. On est passé de l'idée de bannissement de la mort à celle de bannissement de la vie : fais provision de bombance, car bientôt c'est fini de rire !

Les masques et les déguisements représentent le souvenir de cette grande mascarade qui représentait le bannissement de l'hiver. Il s'agit en même temps d'une dérision systématique de l'ordre social. Ce n'est cependant pas le désordre social, mais un exutoire qui permet de rendre l'ordre social plus supportable, de se libérer des tensions.

Pâques

La fête de Pâques coïncide plus ou moins avec l'équinoxe de printemps. C'est la fête de l'éternel retour du printemps : la vie renaît, une nouvelle ardeur saisit la nature. Pour le christianisme qui a horreur de la nature, on remplace la résurrection de la nature par la résurrection du Christ !

Pâques dérive de l'hébreu « pesach » qui signifie passage. En allemand c'est Ostern, en anglais Easter. Suivant Bede le vénérable, ce mot dériverait du nom d'une déesse germanique : Ostara.

Certains auteurs doutent cependant car on ne trouve pas d'autres traces de cette déesse. Il s'agit peut-être d'unqualificatifpluriel désignant plusieurs dieux comme les Parques, les Muses, les Grâces, les Walkyries etc. ...

Pâques est fixée le premier dimanche après la pleine lune qui a lieu, soit le jour de l'équinoxe de printemps (le 21 mars), soit aussitôt après cette date.

La coutume des rameaux rattachée à l'entrée de Jésus à Jérusalem se superpose à l'ancienne coutume païenne des coups donnés avec des branches de verdure au bétail pour favoriser sa fécondité.

Les oeufs de Pâques symbolisent la renaissance de la nature.

Dans l'Antiquité préchrétienne, l'oeuf a un sens mystique relatif à l'ori­gine du monde. Après la christianisation, on a fait de l'oeuf le symbole de la résurrection annuelle (sic) du Christ.

Au Moyen-âge, il y avait de nombreuses fêtes de l'Oeuf. En Angleterre, l'évêque apportait un oeuf dur à l'église. Lors des chants, il le lançait aux choristes qui le rattrapaient et se le renvoyaient pendant la durée du chant. A la cour de Louis XIV, les oeufs de Pâques étaient accom­pagnés de poèmes libertins.

La coutume des cloches de Pâques vient d'Alsace et du Palatinat. Les cloches des églises partent à Rome chercher des oeufs de Pâques. Cela venait du fait qu'on ne sonnait plusles cloches les jours précédents Pâques.

Dans les traditions européennes, ce ne sont pas toujours les cloches qui apportent les oeufs. C'est parfois le renard, la cigogne, le coq, la poule, mais surtout le lièvre ou le lapin.

Ce lièvre on le retrouve en chocolat dans les boulangeries. Le lièvre est en relation étroite avec la lune. La lune est liée à la fécondité. Le cycle de lune est d'ailleurs le même que le cycle menstruel de la femme. Dans la tradition germanique, le lièvre est également celui qui montre le chemin, c'est un animal de transition (cf. Alice au Pays des Merveilles). Il assure la transition entre le monde des hommes et le monde des dieux.

Dans de nombreuses traditions, le lièvre pond des oeufs. Il y a un rapport lune-lièvre-fécondité. Le rapport du lièvre et du lapin avec la fertilité et la sexualité se retrouve dans de nombreuses expressions populaires à caractère libertin : en français : le « chaud lapin », en allemand « rammeln » qui signifie s'accoupler, être en rut et qui s'applique aux lièvres et aux humains dans l'argot populaire. Animal lié à la sexualité, l'Eglise a déclaré la guerre aux lapins. Il devient emblème du péché. En 751, Saint Boniface décrète l'inter­diction de manger du lièvre à Pâques. Cette interdiction sera renou­velée par -le pape Zacharie, mais elle ne sera pas suivie par la popu­lation.

Nuit des Walpurgis (30 avril au 1er mai)

Dans l'ancienne Germanie, on croyait que les dieux et les déesses de la fécondité se répandaient dans la nature à cette époque. Lorsque les fêtes païennes du printemps furent interdites par l'Eglise chré­tienne, des hommes et des femmes fidèles à leur ancienne foi conti­nuaient à célébrer leur culte en cachette, la nuit dans les forêts ou au sommet des montagnes.

C'était particulièrement le cas lors de cette nuit du 30 avril au 1er mai. L'Eglise va alors discréditer ces gens : dans la tradition chrétienne, la nuit des Walpurgis devient la nuit pendant laquelle les sorcières tiennent leur sabbat ! Ces sorcières étaient en réalité des païens assimilés à de demi-démons. En allemand, Hexe (sorcière) vient de Hagalfrau (femme sage). Les sorcières, femmes au courant des anciennes traditions, vont être atrocement persécutées par les chrétiens.

Walpurgis était une missionnaire anglaise fêtée au début le 25 février puis la fête fut déplacée pour supplanter les fêtes païennes.

Comment la population assimila-t-elle cette fête d'une évangélisatrice à l'ancien festival païen ?

-  soit les attributs de Walpurgis étaient les mêmes que ceux des anciennes divinités.

-  soit il s'agissait d'une sorte «d 'antidote » pour protéger de la sorcellerie.

Fête du Mai

Mai vient du latin majus, mois de la déesse Maia qui correspondrait à Feya. Dans l'Europe païenne, ce mois marquait la victoire du prin­temps sur l'hiver. Le 1er mai, avaient lieu de nombreux rites repris aujourd'hui par les sociaux-démocrates (fête du Travail depuis 1889).

Chez les Celtes, c'était la fête de Beltaine. On célébrait le dieu Lug lors de grandes assemblées druidiques. L'arbre de mai est l'équi­valent du sapin de Noël. C'est une coutume très ancienne qui plonge ses racines dans la nuit des temps du paganisme européen. En 1225, un prêtre fanatique abattit un arbre de mai autour duquel le peuple dansait. Le peuple résista et planta un autre arbre encore plus haut ... L'arbre est coupé dans la nuit du 30 avril. Il est dépouillé de son feuillage à l'exception du faîte. Ensuite il est planté au centre du village. Tout autour avaient lieu des chants et des danses. Significativement, les Arbres de mai furent interdits en Angleterre et au pays de Galle par les puritains en 1644 ...

Dans la tradition on déconseillait les mariages pendant le mois de mai. Vraisemblablement parce que c'était le mois de la séparation entre l'hiver et l'été et par analogie le mois de la dissociation des contraires ...

Solstice d'été (21 juin)

Situé entre les semailles et les récoltes, le solstice d'été est la contrepartie estivale du Jul. C'est la fête de la journée la plus longue, pour les chrétiens : la Saint-Jean.

Les feux de joie se répondent de colline en colline, feux qui sont en corrélation avec la chaleur du soleil. C'est aussi une fête de la fécondité : les fiancés sautent au-dessus du feu; des roues enflammées dévalent les pentes des collines, et parcourent les champs : elles symbolisent le soleil fécon­dant les sillons. La fête du solstice d'été est typiquement indo­européenne.

Coutumes des moissons

A la fin août, de grandes fêtes célèbrent (encore actuellement dans les campagnes) la fin de la moisson. Au cours de ces fêtes on dansait beaucoup. Ces danses avaient deux buts :

-  remercier le dieu de la fécondité (ensuite un saint chrétien) de la bonne récolte.

-  fêter la fin du dur labeur.

Une coutume consistait à laisser dans le champ une gerbe pour le dieu ou le saint. Jusqu'au XVIIième siècle, cette gerbe était encore dédiée à Wotan/Odin


Samhain (1er novembre)

Chez les Celtes, la fête du Samhain était une des plus importantes de l'année celtique. Des bûchers étaient allumés sur les collines en l'honneur de l'uniond'un dieu avec la déesse des enfers Morrigu.

On disait qu'à cette époque le monde des vivants entrait en communication avec le monde des morts. Les morts revenaient dans leurs anciennes demeures pour s'y réchauffer et s'y alimenter. C'était un temps de grand danger et de vulnérabilité spirituelle. Des rites importants à caractère divinatoire et magique avaient pour but de conjurer le mauvais sort.

La toussaint (fête de tous les saints) chrétienne était célébrée à l'origine le 13 mai. En 835, elle fut transférée le 1er novembre afin de supplanter le Samhain.

Saint-Nicolas (6 décembre)

Cette fête prend place dans le cycle de Noël/Jul. C'est à l'époque où on abattait le porc. Ce porc se retrouve encore en massepain dans les boulangeries.

C'est également la fête des enfants où Saint-Nicolas joue un rôle de gratification/sanction. Saint-Nicolas est l'héritier d'un ensemble de croyances païennes liées à la fertilité. En suisse, Saint-Nicolas passe pour être lié à Sainte-Lucie déesse de la végéta­tion. Les verges du père Fouettard trouvent leur origine dans les rameaux de fécondité. Saint-Nicolas (cousin du Père NOËL) fait aussi penser au dieu Wotan/Odin. L'âne serait une dégénérescence de Sleipnir, le cheval à huit pattes d'Odin.

Noël-Jul

C'est la fête indo-européenne du solstice d'hiver. Chez les Germains, Jul c'est plus que le 25 décembre : c'est l'époque qui va de fin no­vembre à début janvier. Jul signifie roue. C'est en effet à ce mo­ment que l'année tourne, bascule. En allemand, Noël c'est Weinachten. Le mot est au pluriel car il désigne les 12 nuits sacrées (du 25 décembre au 6 janvier). Suivant la tradition germanique, Wotan(Odin) parcourt les bois et les champs avec son armée de morts pendant ces 12 nuits. Les Slaves ont une tradition comparable.

Wotan rassemble ses guerriers et les entraîne à la rencontre des démons. Le dieu veille au déchaînement des forces et à l'ordre du monde. Il attire sur lui les puissances chtoniennes et démoniaques qui rôdent dans la nuit et lorsque les sonnailles de l'armée infernale s'élèvent dans les nuits d'hiver, les hommes savent qu'il est là qui chasse sans fin dans les tempêtes du vieux monde. Alors, rassurés, ils songent aux saisons à venir, à l'année qui commence, aux glaces qui vont fondre, à la fertilité des femmes et des champs.

Ce thème se retrouve dans le mythe de la chasse sauvage. Elle est le plus souvent à la poursuite d'un cerf. Le cerf est dans la tradition européenne un animal sacerdotal, le cheval un animal guerrier et le porc un animal producteur. La personnification de ces animaux se re­trouve dans le langage. Ainsi on parle de pied de porc, de biche etc

La période du Solstice d’hivers c’est la grande pause créatrice : on ne travaille pas. Tout ce qui tourne s’arrête. C’est la paix de Jul, la Julfriede. Les chrétiens l’ont reprise en instaurent la trêve de Noël. On trouve une première mention de l'arbre de Noël à la fin du XV° siècle en Alsace. Il va se répandre progressivement en Allemagne, en Autriche, en France, en Belgique etc ... L'origine remonte vraisem­blablement à la nuit des temps païens.

L'arbre est important dans la religiosité indo-européenne.

Ainsi, selon la mythologie nordique un arbre puissant serait à l'ori­gine de la vie. Ses racines embrassent la terre et ses rameaux sup­portent la voûte céleste : c'est Yggdrasill le frêne du monde. L'Eglise va réagir contre le sapin de Noël. En 1933, 1'Osservatore romano (journal du Vatican) le considère, avec raison d'ailleurs, comme une coutume païenne.

Le Père Noël a une origine incontestablement païenne. Pour certains, il s'agirait du dieu celte solaire BELEN, pour d'autres de Wotan. Les rennes font penser à Sleipnir, le cheval à huit pattes d'Odin/Wotan.

La distribution de cadeaux renverrait à un ancien rite de fertilité et de fécondité.

Les prêtres n’aiment pas le Père noël, en 1952, ils ont organisé sa pendaison symbolique à Nancy. Mais il continue plus que jamais à vivre.



La naissance du crucifié n'était pas fêtée à l'origine par les chrétiens. En 375, elle fut fixée au 25 décembre pour supplanter la fête romaine du dieu solaire MITARA.

Débarrassons-nous des fadaises chrétiennes et revivons le sens réel et païen de nos fêtes.

Le 27 février 1987

Roland VAN HERTENDAELE

Adresse de contact :

CERCLE   COPERNIC

B.P. 613 - Centre Monnaie 1000 Bruxelles

 

ronde soleil

 

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Du paganisme aux traditions populaires

 

Du paganisme aux traditions populaires

 

Dans la vision assez naïve d'un progrès constant de l'humanité guidée par les lumières de la raison, en 1755 l'Académie des inscriptions mettait au concours le sujet suivant : « En quel temps et par quels moyens le paga­nisme a-t-il été éteint dans les Gaules ? » C'était poser tout le problème de l'affrontement du christianisme et des vieilles religions rurales ainsi que des persistances de ce paganisme à travers les traditions populaires.

 

 

buisson

 

 

Le paganisme rural                   

 

Lorsque, au IVe siècle de notre ère, le christianisme accède au statut de religion tolérée, puis bientôt reconnue et protégée par l'Etat romain, l'évangélisation ne s'est réelle­ment développée que dans les centres urbains. Les milieux ruraux commencent seulement à être ça et là effleurés par la mission chrétienne qui se propagera surtout au cours des siècles suivants. Cette imperméabilité des campagnes à l'influence chrétienne se marque jusque dans le vocabu­laire : le mot paganus, qui signifiait à l'origine « étranger à un milieu social particulier » (un civil pour les militaires, par exemple), prend alors un sens religieux et désigne celui qui est étranger à la communauté chrétienne. Or c'est ce même mot qui a donné naissance à notre mot paysan : celui qui habite le pagus, c'est-à-dire le village rural, est considéré comme un paganus, un païen hors de l'Eglise. De fait, il existe une différence très profonde entre la foi chrétienne, qui élabore de profondes et subtiles spéculations sur la théologie trinitaire, et les croyances de ces paysans de l’Occident romain : religion savante, spirituelle, prônant une nécessaire ascèse dans un monde considéré comme transitoire, le christianisme n'a vraiment rien de commun avec les préoccupations religieuses de ces ruraux.

 

Mais une telle différence ne résulte pas d'une pratique des cultes rendus aux dieux gréco-romains qui se seraient mieux conservés dans les campagnes. Ce qui y survit, ce n’est pas la religion païenne classique, déjà morte dans les villes,  mais  une  religion   bien  plus  ancienne.   Tous   les documents  révèlent   clairement   l'aspect  fondamental   de cette religiosité populaire de nos campagnes d'Occident, à voir une extraordinaire lenteur à se laisser pénétrer par de nouvelles formes de croyances et de rites, manifestant au contraire une tenace fidélité à des dévotions envers des puissances « naturelles » ainsi qu'à des pratiques magiques ans une simplicité, voire même parfois une indigence d'expression  rituelle,  persistent  des  attitudes  religieuses collectives  invariablement  reproduites  depuis   les temps néolithiques et qui témoignent de l'existence d'un sacré perçu par l'homme à travers les hiérophanies naturelles : l’eau,  l'arbre,  la pierre,  le  soleil,  la  lune.   Malgré certaines variantes locales, l'essentiel se retrouve, partout identique, dans des pratiques destinées à apaiser et à se concilier les puissances cachées qui dominent le monde, les forces hostiles d'une nature que l'homme n'est guère encore parvenu à domestiquer. Ainsi s'expliquent ces danses à fonction magique destinées à hâter le passage au temps neuf par une sorte de claudication rituelle liée aux changements saisonniers, et dont le saut en arrière constitue l'un des éléments de la séquence magique; ou ces gémissements de parturientes, poussés par les paysans les soirs de nouvelle lune pour aider à l'accouchement du nouvel astre. Le dossier est abondant de toutes ces techniques destinées à détourner les périls d'un sort contraire, à se concilier l'avenir, à lier le destin d'autrui par l'envoûtement, et qui attestent les désirs d'une population cherchant avant tout dans le religieux le moyen de satisfaire ses besoins maté­riels, de calmer ses inquiétudes psychologiques.

 

On le voit : ce qui, à la fin de l'Antiquité, s'oppose au christianisme urbain, c'est une véritable religion « primi­tive », dont les croyances animistes, fétichistes et les pratiques magiques s'enracinent dans un passé immémorial et continuent de vivre plus ou moins en marge de la civilisation. Car ces païens sont en même temps des barbares.

 

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Or, pour comprendre la forte résistance qu'ils vont opposer à la christianisation, il ne faut pas oublier qu'en Occident, dès l'aube du Ve siècle, la civilisation romaine commence à se dégrader pour s'écrouler bien vite sous l'irrémédiable poussée des invasions germaniques. L'antique paganisme rural va ainsi recevoir une impulsion de la part de ces populations venues des plaines du nord et du centre de l'Europe, et qui s'établissent dans toutes les campagnes d'Occident. Ce n'est qu'une fois passées ces invasions successives que les évêques s'efforce­ront d'évangéliser les campagnes où se sont maintenues les pratiques rituelles et magiques d'un très vieux paganisme. C'est à travers la dénonciation véhémente qu'ils en font dans leurs sermons, comme aussi dans les vies des mission­naires chrétiens, que nous trouvons les témoignages réels et justes de ce paganisme rural dont nous verrons que bien des pratiques subsisteront, parfois jusqu'à l'ère industrielle, par le canal des traditions populaires.

 

 Les visages païens du temps

 

Comme toute religion archaïque, ce paganisme rural affecte les grandes catégories par lesquelles l'homme se situe dans le monde. Et d'abord le temps, qui est la vie même de l'homme.

 

 Appellation des jours.

 

L'un des thèmes qui revient le plus fréquemment dans la critique chrétienne de ces pratiques païennes est celui de l'appellation des jours par des noms de divinités. Les évêques expliquent, en vain, qu'il s'agit là d'un sacrilège puisque c'est Dieu seul qui a créé la semaine, en créant la lumière dont le retour régulier a marqué la succession des œuvres au commencement du monde. Dès le deuxième siècle, l'Eglise avait en effet vivement souhaité que les chrétiens remplacent, dans la dénomination des jours de la semaine, les noms des dieux par l'usage du mot liturgique feria précédé de l'adjectif ordinal. Or, sauf en Galice, partout ailleurs en Occident, l'Eglise a échoué devant le caractère populaire, profondément enraciné dans les habitudes collectives, de la désigna­tion des jours de la semaine. Nous continuons encore à les appeler, selon l'habitude romaine ou germanique, du nom des anciens dieux, sauf en portugais, seule langue romane qui désigne les jours de la semaine par le mot feira. D'autres pratiques relatives au temps quotidien témoignent de la résistance du monde rural à la législation officielle comme aux usages chrétiens : durant longtemps, c'est le jour de Jupiter, le jeudi, que l'on observa le repos hebdomadaire, et non le jour du Seigneur, le dimanche, instauré officiellement au IVe siècle ; c'est le vendredi, jour de Vénus, que l'on se mariait, et jamais durant le mois de mai, en raison de l'antique croyance relative au retour des ancêtres, les 9, 11 et 13 mai, parmi le monde des vivants, sous la forme de Lémures.

 

Rites du 1er janvier.

 

De tous les points du monde romain on assiste à partir du IVe siècle à la soudaine montée de pratiques magiques à l'occasion des rites de passage de la nouvelle année, lors de la célébration des Calendes de janvier, marquée par des mascarades qui inaugurent le temps neuf, dans lesquelles chaque rite a une raison fonctionnelle : expulser les forces mauvaises et le temps usé, donner force et vigueur au temps nouveau. Ces rites, attestés par d'innombrables documents et témoi­gnages, sont pratiqués dans tout le monde antique. Suivons-en le déroulement.

 

 

- Les libations et offrandes.

 

La veille du 1er janvier, on garnit la table de tout ce que l'on souhaite posséder durant l'année à venir.

 

  table couronne

 

Pratique augurale fondée sur l'idée qu'en ce jour chargé d'une valeur particulière, parce qu'il est situé à la rencontre de deux temps, une table nue serait le symbole néfaste de la disette, de la famine. En même temps, on pratique sur la bûche du foyer des libations de vin et des offrandes de pain dont la coutume persista dans certaines de nos campagnes occidentales jusqu'au début du XXième siècle. Rite certainement fort ancien, révélant un profond symbolisme du foyer et du feu, et qui explique le refus de donner ce jour-là, du feu aux voisins ou aux voyageurs, en raison d'un tabou destiné à préserver l'intégrité du foyer domestique.

 

- La veillée.

 

Suit une longue veillée où l'on boit, chante et danse, comme lors de nos réveillons. On dormait peu cette dernière nuit de l'année. On était debout dès le chant du coq, pour pratiquer des rites auguraux de bon départ, offrir à chacun les vœux accompagnés de cadeaux,  les strenae (étrennes), échangés dans un véritable potlatch.

 

-        La décoration. 

 

En même temps, on orne les portes des maisons de lauriers, selon un très ancien rite de printemps,
lorsque l'année active débutait en mars, et dans lequel on voyait le symbole d'une vigueur physique renouvelée; de même suspendait-on des lanternes pour réveiller la lumière du soleil.

 

laurier

 

-        Les cortèges.

 

Puis apparaissent dans les rues des cités, parmi les maisons des villages, des cortèges masqués qui déambulent dans un vacarme gesticulant lourd de significa­tions. Car il ne s'agit pas de masques grotesques tels qu'en connaîtront nos carnavals à la fin du Moyen Age, ni de ces masques de théâtre que le monde antique utilisait; encore moins - bien que nul sans doute n'ait alors fait fi d'une telle occasion - de  se  cacher  le  visage  pour  se  livrer plus commodément aux émois de la chasse amoureuse d'un «  bal   masqué  ».   Le   mouvement,   les  sons,   les  danses expulsent en les effrayant les forces mauvaises du temps passé, tout en donnant vigueur au temps neuf.

 

En transgressant les tabous sociaux habituels, les comportements hors de l'ordinaire des jours visent à recréer un tohu-bohu proche du chaos primordial, d'où sortira nécessairement un nouvel ordre, dont le renouvellement du temps est, en ce premier jour de l'année, l'aspect le plus immédiatement sensible. Or ces masques attestent une volonté collective de ne plus être soi, de devenir autre chose que ce que l'on est habituellement. Car ce jour où deux temps se rencontrent est un jour à part, hors de toute norme habituelle : c'est la fête au sens plénier du terme. Pour y participer pleinement, il faut reculer le plus possible les limites du temps vécu, on ne se couche pas, de la fatigue, on s'enivre de vin et de danses, surtout, il faut estomper les limites de sa propre personnalité et devenir autre, dieu, femme ou bête, et, par le port de masques, en imposer la vue à autrui pour s'en mieux persuader soi-même. Tous les témoignages sont explicites et formels : « ils font Jupiter, Hercule, Vénus ou Diane », « ils font le cerf, la bête ou la femme », et, naturellement, celle du plus mauvais genre. Le masque n'est plus ici caricature bouf­fonne, clownerie paillarde, mais, comme dans toutes les sociétés archaïques, dépassement de soi, dans le reniement momentané de sa condition physiologique, psychologique et sociale. Ces mascarades du 1er janvier nous permettent d'atteindre au plus profond de la psychologie collective de ces paysans païens.

 

 hommecerf

 

- Les masques et leur signification.

 

Parmi ces masques, ceux d'animaux, sauvages de préférence, semblent avoir été les plus fréquents : ils sont faits de la peau même de l'animal, portée sur soi afin, sans doute, d'en capter l'énergie vitale. En Gaule comme en Italie, en Espagne comme en Afrique, c'est le cerf qui est le plus fréquemment adopté : résurgence d'un dieu-cerf, paléolithique, dont la figure est déjà gravée sur les rochers du val Camonica, sur les parois de la grotte des Trois-Frères Ariège, sur des gravures sur os conservées au British Muséum et au musée de Saint-Germain-en-Laye. La danse d'un homme travesti en cerf est magique : on « fait » le cerf pour laisser pénétrer en soi un principe de fécondité, de renouveau sexuel, et de richesse, que l'on attribuait au dieu celtique Cernunnos.

 

indien 

 

Mais d'autres masques figurent aussi dans ces cortèges du 1er janvier, et en particulier ceux d'une vieille femme (et non pas d'une vache comme on l'a écrit à la suite d'une erreur de copiste médiéval confondant vetula avec vitula). Ces masques de vieille, comme on les voit encore de nos jours chaque année en Appenzell, symbolisent l'année morte que l'on chasse, que l'on brûle, ainsi qu'on conti­nuera de le faire en Italie du Nord jusqu'aux environs de 1939. D'autres masques de femmes font de ceux qui les portent de véritables travestis : des évêques nous dépei­gnent des soldats, des paysans, qui ce jour ont envahi la ville, revêtus de sous-vêtements féminins et d'une tunique transparente, coiffés d'une perruque, et qui d'une voix aiguë chantent des chansons paillardes et miment des scènes érotiques.

 

Là encore le sacré de transgression est évident : le caractère orgiastique de ce désordre sexuel marque la volonté de retrouver, pour un temps bref, un hermaphrodisme idéal, un changement de condition vécu lors du bref changement du temps, en accomplissant une opération magique de captation d'une énergie qui est normalement étrangère et interdite.

 

« Quel homme sensé, s'écrie Césaire, l'évêque d'Arles, pourrait croire que des hommes raisonnables veuillent ainsi se changer en bête sauvage ? Les uns revêtent la peau d'un animal, d'autres en portent la tête ; ils se réjouissent ainsi couverts de ressembler à la brute et montrent par là qu'ils ont les sentiments de la bête plus encore que son aspect. D'autres se déguisent en femme, efféminent leur virilité en portant des masques de filles : ils ont des faces barbues et veulent avoir l'air de femmes ! »

 

costume

 

II est ainsi frappant de voir la virulence de la critique chrétienne, preuve de l'enracinement de telles coutumes. Les évêques ont beau dénoncer cette folie, cette démence, cette immoralité des mascarades qui sont une perversion d'un ordre voulu par Dieu, rien n'y fait : ces pratiques continuent et dureront longtemps. La fête du temps nouveau permet à l'homme de rejoindre, pour un jour, pour une nuit, les sources de puissance sans abandonner pour autant sa réelle condition humaine, c'est-à-dire sans éprou­ver un sentiment de culpabilité qui serait source de déséquilibres sociaux et de dysharmonie grave. Il n'y parvient que par le port de masques. Cette pratique des mascarades, propres au paganisme de la fin de l'Antiquité, amène une remise en question, limitée dans le temps à la suite d'une connivence sociale, de la société même. Le masque devient le signe apparent d'une différence, sociale, sexuelle, physique, qu'il entend combler, d'une démarca­tion qu'il prétend anéantir. Il fait éclater les structures de la vie quotidienne en affirmant l'obscénité, l'inceste, la transgression des règles communes ; par là il témoigne de la poursuite d'un « jamais atteint », au-delà de la nature humaine. Ainsi, ces divers rites de magie imitative et augurale, ces conduites d'égalisation sociale et de désordre sexuel, ces orgies où toutes les barrières sont pour un temps transgressées, tout cela, qui caractérise la fête du Nouvel An, atteste à quel niveau profond de la pensée et de la sensibilité étaient enracinées ces actions collectives desti­nées à procurer l'abondance et à rendre plus favorable à l'homme le temps qui s'ouvrait à son action.

 

 

Le jour des souris. D'autres pratiques divinatoires tentent de situer l'homme en face de son destin. Non que ces païens aient pratiqué encore l'extraordinaire système mis au point par les Romains, leur permettant à la fois d'interroger les dieux sur leur avenir et de se sentir toujours libres vis-à-vis d'eux. Dans ce monde rural, la divination est toujours marquée par la croyance en un surnaturel qui échappe à l'homme, et qui souvent aboutit à l'irrationnel. Ainsi l'observance, en Espagne comme en Gaule, du jour des souris : les paysans plaçaient, dans une coupelle ou dans une petite boîte, du pain et un lambeau d'étoffe. Si ceux-ci n'étaient pas grignotés par les souris ou rongés par les sauterelles, alors on conservait précieusement ces pré­sages, dans la croyance ferme que l'année serait fructueuse parce que exempte de vermine. Persistance d'un vieux rite romain des Paganalies (Paganalia), où le paysan déposait dans son champ de petits gâteaux ; épargnés, ceux-ci étaient le présage d'une année sans rongeurs. On le voit, il s'agit bien d'un rite de société agraire, accompli après les semailles, dans cette période de mort apparente de la nature qui marque la fin de l'année active ; ce jour des souris est un rite de bon départ, dont la fonction magique consiste à préserver le futur et à le rendre favorable à l'homme.

 

 malin

 

Tous les documents ecclésiastiques condamnent la présence dans les campagnes de devins, d'augures qui prédisent l'avenir à partir du vol des oiseaux, des éternuements, de l'examen des excréments d'animaux, qui dressent des horoscopes et prétendent révéler à l'homme un avenir qui n'appartient qu'à Dieu :

 

« Que nul ne croie au destin, à la fortune, aux horos­copes qu'on appelle vulgairement la naissance et qui fait dire : "Tel l'a fait sa naissance tel il sera", que nul, quand il est en chemin, ne prête attention au chant des petits oiseaux. Qu'aucun chrétien n'observe, pour entreprendre une œuvre, le jour ni la lune, quel jour il sort de chez lui et quel jour il y revient... »

 

Dans cette insistance épiscopale, on mesure le caractère commun et courant de telles pratiques.

 

Sources : Sous la direction d’André Akoun-Le monde Indo-Européen.

 

 

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La Toussaint (par Luc Sommeyre)

 

La fête catholique – et non chrétienne – de la Toussaint a été fixée au 1er novembre par les Papes Grégoire III au VIIIème siècle et Grégoire IV au IXème siècle. Comme la quasi-totalité des fêtes catholiques, elle a été superposée aux fêtes païennes, préexistantes de date immémoriale.

Toussaint

Halloween est un mot gaëlique (contraction de “to hallow” = sanctifier et de “eve” = le jour d’avant, la veille). “Hallow” est de la même racine que « halo » en Français, ou auréole, figurant sur les Saints que l’on voit sur l’icone ci-dessus… C’est donc la veille de la sanctification. Halloween précède la fête de Samhain qui célèbre la communication des morts avec les vivants. Les Morts reviennent sur Terre pour prodiguer conseils et assistance aux Vivants, principalement à leurs descendants. La fête de Samhain se situe approximativement au 30 octobre selon le calendrier lunaire, que les Catholiques appellent aussi la fête des Morts.

Il n’y a nul antagonisme de fond au sens “d’opposition” entre le Paganisme et le Catholicisme gallican. C’est l’Église − prise comme puissance temporelle − qui a créé cet antagonisme formel de toutes pièces pour des raisons de préséance et de suprématisme, de façon purement temporelle et exotérique.

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Si la fête d’Halloween a été mercantilisée par des athées américains qui ont repris et déformé la tradition irlandaise pour tenter d’en faire disparaître le caractère sacré, il faut bien considérer que le Paganisme de la Vieille Europe n’est nullement la marque d’un athéisme quelconque. Le Catholicisme – très spécifique par rapport au Christianisme – est venu simplement préciser cette Fête des Morts (qui n’avait en elle-même aucune connotation morbide ni folklorique non plus que purement ludique) en fonction de la « Révélation » apportée sur Terre par Jésus.

Etoile à 5 branchesEt qu’on arrête là d’assimiler l’étoile à 5 branches à un emblème satanique ! C’est aussi grotesque qu’erroné. Cette étoile figure « l’homme debout » (le tête en haut, les mains à droite et à gauche, les pieds en bas) c’est à dire l’homme vivant.

Il n’est qu’à considérer la “rune de la vie” figurée ci-dessous pour constater la similarité.

rune de la vie

Homme

Pour qui accepte intellectuellement les dogmes non-dits qu’on appelle « la Foi », le Catholicisme est une sorte de Paganisme facilité où les Écritures ont participé au remplacement de la Magie païenne dans l’esprit de l’homme, magie à la fois visible par les profanes mais difficilement accessible car initiatique (donc élitiste).

Il n’y a pas de « Couvreur » dans le Paganisme. Pas besoin de « temple » non plus, car notre « voûte étoilée » est celle de la Nature. Le « tuilage » est donc… naturel.

La Foi enseignée ou suscitée par le Catholicisme est « confortable », et évite aux hommes de se poser des questions et de travailler sur eux-mêmes dans la voie initiatique pour s’élever au-dessus de leur condition. Cette conception orientaliste de l’impuissance de l’homme par rapport au destin se retrouve dans le “mektoub” arabe (مكتوب), notion parfaitement étrangère aux Païens. C’est d’ailleurs ce qui fait des Païens les ennemis irréductibles des Islamistes fanatiques, adeptes schizophréniques de la religion d’un désert où brûle le feu de l’enfer.

En cette période sacrée, je vous invite donc à prier (pour les Catholiques) ou à penser très intensément à vos Disparus, ce qui revient au même in fine (pour ceux qui ne se reconnaissent pas ou mal dans cette religion) car la pensée de l’homme va très au-delà du domaine du « conscient ». En ces temps de grands troubles, nous avons besoin de nous retrouver dans une spiritualité saine, claire et primordiale, qui nous aidera à AGIR et à VAINCRE.

NOUS NE BAISSERONS JAMAIS LA GARDE !

Je vous souhaite de très belles fêtes de Samhain. Et de la Toussaint par la même occasion.

Samhain2

Luc Sommeyre

 

http://www.minurne.org/?p=4524

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