Discours de Pierre Vial à la journée de synthèse nationale du 11 octobre 2015

Publié le . Publié dans Ile-de-France

POUR UN FRONT DES PATRIOTES

Quand on est au contact de l’ennemi, on ne discute pas du sexe des anges, on tire dans le tas. C’est un point de vue que des âmes sensibles vont peut-être juger excessif mais qui correspond à ce que j’entends de plus en plus, non pas bien sûr dans la bouche d’intellectuels qui vivent bien à l’abri dans leur bulle mais dans celle de gens simples, de braves gens qui ne sont pas des va-t’en guerre mais qui tout simplement en ont assez. Assez d’accepter l’inacceptable. Assez d’entendre les responsables et coupables du désastre actuel qui frappe les pays d’Europe expliquer doctement que tout cela n’est pas si grave et que, bien sûr, ça va s’arranger. Non, ça ne va pas s’arranger, ça va empirer et désormais tout le monde le sait. Le sait et le dit car la parole se libère, les tabous tombent et de plus en plus de gens appellent un chat un chat et attendent – et disons même exigent – qu’on leur dise la vérité. Certains et certaines, soucieux de ne pas se couper de leurs électeurs pour conserver leurs prébendes, ont compris le message. Il est ainsi significatif de voir même une Nadine Morano, dont toute la carrière politique a été faite par Sarkozy, qui reconnaît aujourd’hui publiquement une évidence, en rappelant que le peuple français est historiquement un peuple de race blanche. En reprenant ainsi les mots d’un certain Charles de Gaulle. Mais comme elle a ainsi franchi la ligne jaune du politiquement correct, elle a été débarquée par ces sarkozystes qui se proclament gaulliens comme des camelots qui racontent n’importe quoi pour vendre leur camelote. Leur problème, comme le reconnaît dans le journal Le Monde du 2 octobre un responsable sarkozyste qui veut rester courageusement anonyme, c’est que – je cite – « les militants sont si radicalisés que beaucoup pensent comme Morano ». Laquelle Morano conclut de sa mésaventure : « La vérité dérange ».

Le gag, dans cette affaire, c’est que Sarkozy déclarait le 2 septembre s’insurger contre « la bien pensance » de gauche. Il précisait :l « Il y a aujourd’hui une nouvelle pensée unique qui voudrait nous dicter les débats qui seraient acceptables et ceux qui ne le seraient pas ». Toute honte bue, il vient de faire exactement ce qu’il dénonçait il y a un mois. Certains de ses supporters doivent avoir la migraine…

Il est tout aussi significatif, quant à l’évolution de l’opinion, de voir une Marine Le Pen qui, il n’y a pas si longtemps, affirmait que le Grand Remplacement est un fantasme raciste, reprendre maintenant à son compte la thématique anti-immigration-invasion qui a toujours été celle de son père. Et cette virevolte s’explique par le fait que la motivation fondamentale des électeurs du Front National est le refus total et inconditionnel de l’immigration. Oublier cela c’est se couper de sa base et prendre donc le risque d’une régression électorale sévère. C’est ce qui me fait dire que quelle que soit l’idée que l’on se fait de la direction du Front National le phénomène politique important est l’existence d’une base d’électeurs susceptibles de se radicaliser quand ils verront que la voie électorale, même si elle a son intérêt en tant que baromètre de l’opinion publique, ne peut suffire à régler l’impératif vital qu’est ce que Laurent Ozon appelle la remigration. Il y aura là des hommes et des femmes disponibles pour les choses sérieuses…

Car la remigration est évidemment impensable dans le Système en place. Mais un phénomène clé est aujourd’hui la défiance croissante de nombre de citoyens à l’égard de ce Système. Certains pourraient dire que nous prenons nos désirs pour des réalités. Alors faisons appel au constat que fait l’historien Michel Winock, qui n’est pas, mais alors pas du tout, de nos amis. Il a rendu public, il y a quelques jours, le rapport d’un groupe de travail sur l’avenir des institutions, qu’il a coprésidé avec Claude Bartolone, président de l’Assemblée nationale qui a quelques soucis en ce moment en raison de ses magouilles en Seine-Saint-Denis. Fruit d’un travail de documentation et de réflexion qui a duré un an, ce rapport est éloquent et Michel Winock le résume ainsi : « Notre vie politique n’est pas démocratique en raison de l’écart qui s’est approfondi entre les citoyens et ceux qui les gouvernent. Toutes les enquêtes d’opinion montrent que les Français considèrent leurs élus nationaux éloignés d’eux, formant une oligarchie, une caste on ne peut plus éloignée de leurs soucis. Il suffit de considérer la composition socioprofessionnelle de nos assemblées. Les Français jugent que le pouvoir, en général, ne tient pas compte de leur avis. Un événement, à ce propos, nous paraît symptomatique : le référendum de 2005 sur le traité constitutionnel européen. La réponse a été non, le président de la République a été désavoué, et, malgré cela, il est resté tranquillement en poste. Mieux, son successeur a fait avaliser le traité de Lisbonne par les parlementaires au mépris de la volonté populaire ». Winock parle à cet égard du « déni démocratique auquel on a alors assisté ».

Ce genre de déclaration a le mérite de montrer que, parmi les gens qui font fonctionner le Système que nous subissons, certains sont conscients d’être assis sur un volcan. Un volcan dont l’éruption est peut-être plus proche que ne le croient les bobos installés dans la conviction rassurante que leur fric les met à l’abri de tout.

Autre indice d’un ras le bol de ceux qui sont confrontés quotidiennement au caractère nocif du Système en place. Quand un braqueur en cavale tire à vue sur un policier et le tue, comme ce fut le cas il y a cinq jours à Saint-Ouen, les jean foutre diront que ce sont les risques du métier. Sauf que les responsables de ce drame sont ceux qui ont permis à un nuisible d’agir alors qu’il aurait dû être en prison. Excédés et exaspérés par le laxisme des institutions judiciaires, les syndicats de policiers réclament des comptes à Taubira, qui n’a pas eu un mot pour reconnaître sa responsabilité. Car les policiers posent la question : comment se fait-il qu’un détenu qui avait une trentaine d’antécédents judiciaires et qui était signalé comme un islamiste radical ait pu bénéficier d’une permission de sortie – permission qu’il a mise à profit pour partir en cavale – sans que les services de police aient été informés de la décision aberrante du juge d’application des peines.

Certains intellectuels à la solde du Système essayent de minimiser la crise existentielle qu’inflige l’immigration-invasion à la société française. Ainsi la revue L’Histoire qui consacre un dossier à la chute de Rome écrit, dans l’éditorial, intitulé « Apocalypse annoncée » : « La géopolitique d’une Europe aujourd’hui confrontée à la poussée de millions d’immigrants fait resurgir le fantasme d’une civilisation minée de l’intérieur ». Mais ces clercs qui trahissent n’ont plus aujourd’hui le vent en poupe. Reconnaissons à certains observateurs comme Régis Debray, Michel Onfray, Zemmour, Finkielkraut et quelques autres le mérite de tirer lucidement la sonnette d’alarme, eux qui sont bien revenus des utopies qu’ils ont défendues dans le passé. L’Express (7 octobre) reconnaît : « Ces intellectuels décomplexés (…) formulent des vérités que les politiciens s’évertuent à occulter (…) Ils rejoignent (…) le sentiment populaire désormais dominant : le besoin de valeurs fortes qui ont fait leurs preuves par le passé, le refus d’une société dans laquelle tout égale tout, la recherche de ce qui relie et le rejet de ce qui délie ». Il s’agit de « réancrer la France face à la dérive géante du monde ».

Un mot encore pour dire que l’exaspération des populations à l’égard de dirigeants qui trahissent leur peuple n’est pas propre à la France. On le voit en Allemagne où la politique catastrophique de Merkel ouvre toutes grandes les portes du pays à un véritable tsunami d’envahisseurs, un document gouvernemental

tenu secret mais révélé par le quotidien Bild chiffrant à 1.500.000 le nombre de ceux qu’on appelle gentiment des migrants qui auront déferlé cette année sur l’Allemagne. Les Allemands, culpabilisés depuis 1945 par un incessant conditionnement mental, ont, devant l’afflux des migrants, été d’abord chloroformés par les media et les maîtres du Système, mais, conscients du désastre, ils se retournent désormais contre cette folie démographique qui inquiète maintenant même les amis ou alliés politiques de Merkel, comme l’avoue, parmi d’autres, comme les ministres CDU de l’intérieur et des finances, le vice-chancelier et président du SPD qui résume l’enjeu : « Il en va de la cohésion de la société allemande ». Mais le mal est fait et ses conséquences vont se révéler crûment dans les prochains mois, même si une conséquence positive en est le réveil d’une partie du peuple allemand, comme le montrent les manifestations spectaculaires organisées par le mouvement Pegida.

Ce rapide et incomplet survol de l’état des lieux que je viens de faire révèle l’état de décomposition d’un Système insupportable et mortifère. C’est pourquoi, en raison de ce que je considère comme un état d’urgence, je lance un appel pour un Front des Patriotes qui regrouperait pour des actions communes, dont la journée d’aujourd’hui offre un bel exemple, tous ceux , quelle que soit l’organisation à laquelle ils appartiennent, qui considèrent que, face à nos ennemis, il est grand temps d’unir nos forces en oubliant ce qui peut nous séparer et qui, comme disait quelqu’un, n’est qu’un détail par rapport à l’impératif de survie des nôtres. Un tel Front des Patriotes aurait vocation à être, par des actions de terrain, mises en synergie, à la pointe du combat de résistance et de reconquête pour la sauvegarde de notre identité. Un impératif de survie qui, j’en suis convaincu, va s’imposer à nous sous peu. En application de la célèbre maxime de Goethe Im Anfang war die Tat (« Au commencement était l’action »). Je propose donc pour ce Front des Patriotes un programme commun qui tient en cinq mots : tous unis contre les envahisseurs.

                                                         Pierre Vial  

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