Les communistes — et, avec eux, bon nombre de journaux — ont célébré la révolution russe de 1917. Des revues « bourgeoises » ont même consacré des numéros spéciaux à cet événement politique, le plus considérable de notre siècle.
On nous a longuement parlé, à la radio, des grandes figures du mouvement bolchevick, en particulier de Lénine et de Trotsky. Mais aucun de ces journalistes, aucun des ces historiens, aucun de ces speakers, imités d'ailleurs par leurs confrères dit anticommunistes, n'a soufflé mot de l'un des grands responsables de la révolution d'octobre, de celui dont le concours permit à Lénine et à Trotsky de vaincre les derniers obstacles qui se dressaient encore sur le chemin qui menait au Kremlin.
Cet homme mystérieux, sans lequel les chefs communistes; n'auraient peut-être pu triompher s'appelait Jacob Schiff.
L'ascension de Jacob Schiff.
Né à Francfort-sur-Main en 1847, Jacob-Heinrich Schiff était le principal dirigeant de la banque Kuhn, Loeb and C° de New York. Après de courtes études en Allemagne, il avait gagné l'Amérique en 1865 et s'était établi à New York où il travailla dans une banque. Après un séjour en Europe, autour de 1873, il était entre chez Kuhn, Loeb and C°, fondée par des coreligionnaires, et en était devenu le « grand patron » quelques années plus tard.
Sous son impulsion, la banque prit un essor considérable : elle finança la reconstruction du chemin de fer de l'Union Pacific, créa la Bothern Security C° qui supprima la concurrence ruineuse entre les diverses compagnies de chemins de fer et renfloua les finances japonaises (1). Devenu l'un des magnats de la finance américaine, il dirigea de nombreuses affaires industrielles, toutes considérables (Central Trust C°, Western Union Telegraph C°, Wells Fargo Express C°, etc.) et présida même à plusieurs reprises la Chambre de Commerce de New York. Il fonda la chaire d'Economie sociale de Columbia, occupa celle de la section est-asiatique du Musée d'histoire naturelle de New York et présida diverses œuvres philanthropiques.
Lorsque Jacob Schiff célébra son soixante-dixième anniversaire, «toutes les tendances de la Communauté juive aux U.S.A., lisons nous dans le « Jewish Communal Register of New York » (2), s'unirent pour lui témoigner leur reconnaissance ».
Il est vrai, précisait cette publication israélite américaine, que « M. Schiff a toujours usé de sa fortune et de son influence pour le plus grand intérêt de son peuple» et qu'« IL FINANÇA LES ADVERSAIRES DE LA RUSSIE AUTOCRATIQUE» (3).
Banquier des révolutionnaires.
En rendant ainsi hommage au banquier américain, quelques années avant sa disparition, il mourut en 1920, peu avant Lénine, cet organe officiel du judaïsme américain ne faisait que confirmer ce que la diplomatie américaine avait appris dès 1917 et qu'elle devait consigner dans un document du Département d'Etat en 1931 : à savoir que Jacob Schiff et son correspondant en Europe, Warburg, avaient financé l'opération révolutionnaire qui permit aux bolchevicks de prendre le pouvoir en Russie.
A vrai dire, l'accord de Schiff avec les théoriciens de la Révolution marxiste remontait à de longues années. Dès 1880, on notait que nombre de révolutionnaires russes, revenus de l'étranger dans leur patrie pour se livrer à une propagande subversive, étaient soupçonnés de recevoir des subsides de Jacob Schiff.
La guerre russo-japonaise avait fourni à la banque Kuhn, Loeb and C°, l'occasion de combattre le Tsarisme abhorré (4) et de lui porter un coup dont il ne devait pas se relever. C'est elle qui avait négocié tous les emprunts japonais (5), non seulement aux Etats-Unis, mais sur les marchés allemands et surtout anglais. C'était évidemment son rôle de banque, mais là ne s'était pas borné son activité.
Les subsides accordés aux nihilistes par Jacob Schiff ne furent pas des générosités isolées. Le banquier entretint une véritable organisation terroriste chargée de « liquider » ministres, gouverneurs, officiers de police, personnalités et de créer un climat insurrectionnel. Des bombes « made in U.S.A. » entraient en contrebande par la Finlande. Elles étaient utilisées non seulement contre les hauts fonctionnaires du Tzar, mais aussi contre les installations militaires, les fabriques d'armes et de munitions, les entrepôts, etc. Des grèves révolutionnaires fomentées par les émissaires de Schiff et financées par eux, se déchaînaient opportunément. Des soulèvements se produisaient dans les faubourgs ouvriers de Moscou et de Saint-Pétersbourg, gagnaient les autres quartiers et les principales villes. L'opinion publique accusait le Japon, principal bénéficiaire (du moment) : ces destructions paralysaient, en effet, son ennemi. On évalua les dégâts causés à plus de quinze millions de roubles, soit 100 millions environ de nos francs actuels.
Le tableau de chasse de Jacob Schiff, établi au lendemain de la guerre russo-Japonaise par un journal de Saint-Pétersbourg, le Strand, comporte : 114 gouverneurs, hauts fonctionnaires et généraux, 286 chefs et officiers de police, 452 agents, 109 officiers et 750 soldats tués ou blessés, plus 7331 civils tués et 9661 civils blessés, 194 attentats à la bombe et 1 995 vol à main armée.
Une manœuvre de grande envergure.
Cet épouvantable massacre porta ses fruits : menacée de révolution intérieure, la Russie dut accepter la médiation du président Théodore Roosevelt. Elle envoya le comte Witte traiter à Portsmouth (U.S.A.) avec les plénipotentiaires japonais. Outre les représentants de l'ennemi officiel, le ministre russe reçut par deux fois, la visite de négociateurs inattendus.
Dans ses Mémoires (6), il précise que ces négociateurs étaient Jacob Schiff en personne, le Dr Strauss, ancien ambassadeur des Etats-Unis en Italie, et M. Kraus, Grand Maître de l'Ordre des B'nai B'rith (7).
« Ces Messieurs, explique le comte Witte, se trouvaient être dans les meilleurs termes avec le président Roosevelt. »
Cela leur valut d'être reçus aussitôt, avec des égards particuliers. Exposant sans détours le but de leur visite, ils ne cachèrent pas au représentant du Tsar que la cause des malheurs récents de la Russie était la situation inférieure faite à leurs coreligionnaires dans ce pays.
Le comte Witte, qui avait épousé une israélite, n'avait rien d'un antisémite. Il fit toutefois observer à Jacob Schiff et à ses collègues qu'ils exagéraient les malheurs des Juifs de Russie et que l'on ne pouvait leur donner tous les droits sans amener une réaction populaire qui leur serait plutôt nuisible.
« Cela provoqua de la part de Schiff, écrit le comte Witte, des répliques acerbes, que les raisonnements plus pondérés de Strauss atténuèrent. »
Une seconde entrevue n'eut guère plus de résultat. Il était donc désormais établi que même si la paix était signée avec le Japon, la guerre continuerait avec une autre puissance, au nom de laquelle Jacob Schiff et ses amis s'estimaient en droit de parler.
Dès lors, la banque Kuhn, Loeb and C° prépara, presque ouvertement, les événements à la faveur desquels se produirait, en Russie, l'avènement d'un régime révolutionnaire. Elle consacra des fonds importants à subventionner parmi les prisonniers de guerre russes internés au Japon, une propagande socialiste et antimilitariste. Suivant une méthode qui a été reprise depuis par les Chinois, durant la guerre de Corée, des propagandistes parlant russe parcouraient les camps de prisonniers, distribuant des secours matériels, des vivres et du tabac en même temps que des brochures révolutionnaires pour les inciter à l'insurrection quand ils rentreraient dans leur pays. Le bon grain ainsi semé en 1905 devait lever douze ans plus tard,..
La cynique alliance.
Tout en subventionnant les révolutionnaires russes, Jacob Schiff poursuivait, sur un autre plan, la guerre qu'il avait déclarée aux Romanoff.
Il déclencha, en 1911, une violente campagne contre le Président William H. Taft, successeur de Théodore Roosevelt, pour le contraindre à dénoncer les accords commerciaux existant entre les Etats-Unis et la Russie. Il prit prétexte d'une affaire de passeports pour faire voter aux deux Chambres du Congrès une résolution invitant l'hôte de la Maison Blanche à déchirer le traité de commerce. Le Président Taft s'était fait tirer l'oreille : il finit par s'incliner. Jacob Schiff devait se vanter publiquement de sa victoire dans une déclaration qu'il fit à la presse peu avant l'effondrement du régime impérial russe :
« Qui donc, sinon moi, a-t-il dit, a mis en mouvement l'agitation qui a contraint ensuite le président des Etats-Unis, comme vous devez bien le savoir vous-mêmes, à dénoncer notre traité avec la Russie ? » (8).
Cette rupture avec les Etats-Unis, même limitée au plan commercial, n'allait pas améliorer la situation économique de l'Empire. On se doute que les conséquences ne furent pas graves seulement pour les Romanoff.
Affaiblie par ces mesures économiques, la Russie ne se trouvait pas en possession de tous ses moyens lorsque la guerre éclata en 1914. Le fameux « rouleau compresseur » dut stopper son avance assez loin de la capitale allemande.
L'action révolutionnaire démoralisait les combattants du front, excitait les mécontentements de l'arrière, aiguisait les haines et les rancœurs de la classe ouvrière.
Les premiers troubles graves, fomentés par des agents révolutionnaires envoyés par les amis de Jacob Schiff, se produisirent dans les faubourgs des villes russes ; la propagande révolutionnaire obtint des résultats dans les dépôts bondés de réservistes. On sait que c'est un régiment de ces derniers qui provoqua, en s'insurgeant pour ne pas partir au front, la chute du régime impérial.
Schiff est satisfait.
Le 19 mars 1917, Jacob Schiff avait gagné la partie contre les Romanoff. Il pouvait envoyer à Milioukoff, ministre des Affaires étrangères du gouvernement provisoire, le télégramme suivant :
« Permettez-moi, en qualité d'ennemi irréconciliable de l'autocratie tyrannique qui poursuivait sans pitié nos coreligionnaires, de féliciter par votre entremise le peuple russe de l'action qu'il vient d'accomplir, si brillamment, et de souhaiter plein succès à vos camarades du gouvernement et à vous-même» (9).
Ce premier succès parut nettement insuffisant à Jacob Schiff. Le gouvernement provisoire, composé principalement d'idéologues francs-maçons, était-il suffisamment docile aux consignes de la haute finance ? On le disait soucieux de conserver l'amitié anglaise et décidé à continuer la guerre contre l'Allemagne. C'était là un danger, car les contre-révolutionnaires pouvaient se ressaisir et réduire à néant les efforts des amis du banquier. Les millions de dollars que la banque Kuhn, Loeb and C° avaient dépensés dans l'opération risquaient d'avoir été gaspillés. Il importait de prendre d'urgence des mesures propres à parfaire un travail si bien commencé.
Puisque le gouvernement provisoire n'était pas un instrument absolument sûr, Jacob Schiff résolut de le briser et de lui substituer des hommes et un gouvernement qui activeraient le travail révolutionnaire.
Ces hommes existaient : ils formaient l'extrême-gauche du parti révolutionnaire russe. Ils avaient participé aux réunions internationales de Zimmerwald et de Kienthal (10). Après la révolution de Mars 1917, un de leurs chefs, Lénine, était entré en Russie par le fameux « train plombé » allemand.
« En dépêchant Lénine en Russie, a dit Ludendorff dans ses Mémoires sur la guerre, notre gouvernement assumait une grande responsabilité ; du point de vue militaire, cette initiative fat justifiée : il fallait abattre la Russie. »
Lénine était porteur de quarante millions or fournis par Berlin pour lui permettre d'agiter les masses révolutionnaires et de contraindre le gouvernement provisoire à faire la paix. Le concours de Jacob Schiff rendait cette action décisive.
L'aide directe a Trotsky.
C'est ce que devait aller exposer à New York, aux dirigeants de la banque Kuhn, Loeb and C°, l'un des plus redoutables agitateurs révolutionnaires, Leiba Bronstein, dit Léon Trotsky.
Les premiers contacts de Trotsky avec le magnat de la Finance cosmopolite furent assez décevants. Le banquier jouait alors la carte démocratique en Russie. Il se savait près d'aboutir et n'était pas disposé à contrarier le jeu de ceux dont il se servait. Trotsky, introduit et recommandé par la direction du journal juif révolutionnaire Forward de New York, n'obtint que des paroles d'attente et des subsides relativement peu importants. Trotsky s'embarqua donc sans avoir reçu de promesse formelle.
A quelques mois de là, éclatait l'émeute du 4 juillet 1917 qui devait, selon les prévisions de Lénine et de Trotsky, renverser le gouvernement provisoire. Déconcertés par l'intervention d'un unique régiment rappelé du front, les insurgés se dispersèrent. Lénine s'enfuit et Trotsky fut arrêté.
Leur cause paraissait perdue. Mais les bolcheviks avaient fait la preuve de leur audace et le télégraphe allait leur apporter l'annonce du concours financier de Jacob Schiff, décidément résolu à pousser la révolution russe à l'extrême.
On ignore l'importance des fonds mis à la disposition des bolcheviks Lénine et Trotsky pour fomenter l'insurrection d'Octobre 1917 qui renversa Kerensky et établit le régime soviétique. Mais on sait comment ces fonds leur parvinrent. Le gouvernement des Etats-Unis a publié sous le titre « Paper relating to the Foreign Relations of the United States — 1918 — Russie (in three volumes). United States, Governement Printing Office, Washington 1931 » les preuves de la collusion.
Les pièces principales de ce volumineux dossier ont été reproduites dans notre numéro spécial — si curieusement ignoré de la presse de droite et de gauche, parue en 1963 (11).
Ce document contient, notamment, le texte d'une dépêche adressée au bolchevik Raphaël Scholnickan, Haparanda, pour avertir le camarade Trotsky (qui venait d'être stupidement libéré sous caution) que la banque Warburg venait d'ouvrir un compte courant pour financer son entreprise.
Vous devinerez sans peine l'origine de ce compte lorsque vous saurez que les frères Warburg, qui dirigeaient à Hambourg la banque Max Warburg, étaient apparentés et associés à Jacob Schiff. Un des Warburg d'Amérique, Félix, était le gendre du banquier américain, tandis que l'autre, Paul, avait épousé la belle-sœur du potentat. La « construction du socialisme en Russie », pour parler comme l'Humanité, devenait une simple affaire de famille...
On sait la suite...
Un syndicaliste accuse.
La révolution triomphante établit le régime communiste qui dure encore et qui s'est maintenu, contre vents et marées, grâce à ces complicités financières internationales que Samuel Gompers, peu suspect d'antisémitisme puisque juif lui-même, dénonçait avec vigueur moins de cinq ans plus tard.
Après avoir stigmatisé l'attitude « cynique » des hommes d'Etat et des financiers, le fameux syndicaliste américain mettait directement en cause un « groupe de banquiers germano anglo-américains qui aiment à s'intituler financiers internationaux pour masquer leur vraie fonction ». Et il précisait : « Le plus important banquier de ce groupe et parlant au nom de ce groupe, né en Allemagne comme il se trouve (12), a envoyé des ordres à mes amis et associés afin que tous travaillent en faveur de la reconnaissance des Soviets » (13).
Les communistes et, avec eux, les « historiens » qui ont empli les colonnes des journaux et les pages des revues pour retracer les fameuses journées d'octobre 1917, ont été bien ingrat de ne pas citer l'homme qui avait travaillé avec tant d’acharnement à l'écrasement de la vieille Russie et à son remplacement par l'inquiétante U.R.S.S.
Henry COSTON
Notes :
(1) Cf. « The Jewish Communal Register of New York 1917-1918 pages 1018-1019.
(2) Ibid.
(3) Ibid.
(4) « En 1904-1905, la firme Kuhn, Coch & Cie renfloua les finances
militaires japonaises, rendant ainsi possible la victoire nippone sur
les Russes. » (Ibid.)
(5) Les Rothschild apportèrent également leur aide au Japon de
1905 à 1913 et y investirent des fonds {Jacques Bonzon : Les Emprunts russes et les Rothschild).
(6) Berlin 1932, tome I, pages 394-395.
(7) Société secrète israélite, qui compte plusieurs centaines de loge»
à travers le monde, en France notamment.
(8) New York Times, 5 juin 1916.
(9) New York Times, 10 avril 1917.
(10) Ces conférences avaient eu lieu respectivement en 1915 et 1916. Elles avaient réuni, en pleine guerre, des militants socialistes appartenant aux deux parties belligérantes.
(11) « La Haute Finance et les Révolutions » (à nos bureaux : 6 F plus port).
(12) Il désignait ainsi Warburg, parent et associé de feu Jacob
Schiff à la banque Kuhn, Loeb and C°.
(13) New York Times, 7 mais 1922
Sources : Lectures Françaises-Octobre 1967
La FNSEA, la première organisation syndicale agricole, dit « assumer pleinement les niveaux de rémunération de ses cadres dirigeants », après les révélations de Mediapart cette semaine. Et elle s’indigne même d’un « règlement de comptes ».
Dans un communiqué, le syndicat explique que les salaires en question se situent « en dessous des normes de rémunération pour une organisation professionnelle nationale de cette taille ».
« C’est une entreprise de démolition, nous contestons la façon dont Mediapart a fonctionné », a ajouté ce vendredi, sur RMC, Christiane Lambert, qui a annoncé le dépôt d’une plainte pour vol de documents.
D’après l’enquête publiée par mercredi par le pure player, le nouveau directeur général de la FNSEA, Clément Faurax, « émarge aujourd’hui à 13 400 euros brut mensuels » à l’issue d’une revalorisation de 22 % décidée après son arrivée en avril 2019.
Son remplaçant au poste de directeur adjoint, Jean-Louis Chandelier, a bénéficié pour sa part d’une augmentation de 30 % de sa rémunération, désormais de 9 600 euros brut.
Enfin, le journal en ligne s’était penché sur les rémunérations attribuées à Catherine Lion après son départ de la direction. Restée conseillère à temps partiel jusqu’en septembre, elle avait bénéficié d’un salaire de base de 8 900 euros et d’une prime mensuelle de 6 000 euros, selon l’avenant à son contrat de travail consulté par Mediapart.
A la retraite depuis octobre, elle cumule désormais sa pension avec un salaire à temps partiel (notamment car elle a été désignée par le syndicat pour siéger au Conseil économique, social et environnemental) pour un montant total de 12 500 euros, sans que cette situation de cumul soit inédite au sein de la FNSEA, signale Mediapart.
Conférence de JG Malliarakis organisée par Gabriel Adinolfi
et les Amis de Daniel Gazzola
"Le défi islamiste de la Turquie"
Le 24 février à 19 h 30. S'inscrire au dîner débat (Paris) auprès de l’organisateur
par SMS au 06 19 51 45 78 ou par courriel
prix du dîner : 30 €.
Je ne crois pas que la morale du christianisme soit la meilleure possible. Je la regarde comme profondément vicieuse en bien des points, et responsable de l'arrêt de l'évolution de l'humanité vers le Beau physique et moral.
GEORGES VACHER DE LAPOUGE
II serait hasardeux de s'essayer à déterminer précisément la « période nietzschéenne » de Charles Maurras et de ses amis d'A.F. Pour parer à toute équivoque, mettons que la période définie par M. Jacques Paugam (1), de 1899 à 1908, c'est-à-dire la date de création de la « Revue d'Action Française » et la date de lancement du journal quotidien « L'ACTION FRANÇAISE », peut servir de point de repère. Ceci dit, il est bien évident qu'une analyse s'attachant à connaître la personnalité de chaque rédacteur de la « Revue bleue » serait nécessaire pour servir à une étude complète et approfondie ; mais tel n'est pas notre propos.
De plus, il est nécessaire de s'entendre sur le titre du présent chapitre. Nous n'entendons pas le moins du monde poser Maurras en disciple de Nietzsche. Nous avons esquissé lors du « Voyage d'Athènes » (2) une légère comparaison dans l'ordre de l'analyse de la société grecque, par Maurras et par Nietzsche, et tout au long de notre propre approche des écrits maurrassiens, nous avons remarqué certaines affinités de pensées, mais en aucun cas d'identités entre les deux hommes. L'évolution des sentiments maurrassiens à l'égard de Frédéric Nietzsche nous est connue : après avoir été « notre condisciple » (3) Maurras parla de « ce sarmate ingénieux et passionné ». (4)
Dans les premiers temps de son existence, l'A.F. proclamait : « Nous ne sommes pas des gens moraux ». Maurras proclame encore : (5) « Ni morale, ni immorale, mais bien extérieure et supérieure peut-être à la moralité, vide de toute signification de cette portée, telle est la succession des événements pour le sage ». Comment ne pas penser à la remarque de Nietzsche : « II n'y a pas de phénomènes moraux, il n'y a que des interprétations morales des phénomènes. »...
L'amitié dont Maurras honorait le poète nietzschéen Hugues Rebell, et le titre de « prince de l'intelligence » qu'il lui décernait attirent davantage l'attention à la lecture de ce texte (6) : « Soyons donc habiles : la lyre d'Orphée est impuissante pour le moment à attendrir les viles brutes qui nous entourent ; saisissons l'épée ou le caducée ; ayons la ruse, pratiquons la violence ; nous devons être tout à tour des combattants, des apôtres, des proxénètes... Que l'artiste ait le culte de l'or. Il ne s'agit point de sacrifier sa pensée, mais de l'imposer. A défaut de protections princières, la fortune reste le meilleur moyen de dominer les hommes ».
Hugues Rebell est aussi un helléniste fervent, qui s'attache à « l'olympiade immense qui va d'Homère à la Renaissance. » II trouve à partir de ce fonds culturel de nombreux accords avec Maurras, notamment au sein de l'Ecole romane dirigée par Jean Moréas où ils iront tous les deux à la recherche du « chant pur des ancêtres ». Il est à remarquer la Minerve casquée emblème de l'Ecole sera reprise pour les publications dépendantes de l'A .F... Elle constitue une puissante source d'inspiration pour Rebell et l'incite à invoquer la force : « C'est vous que je plains, mes amis, vous qui allez peut-être assister, après moi, au triomphe des populaces immondes... Il faut vous attendre à voir toute la vermine de la terre unie dans une révolte impie contre ceux qui n'ont pas su l'écraser. La canaille noire va s'allier à tout ce que notre Europe contient d'esclaves et d'affranchis, contre la fière aristocratie. Le travail de ceux qui représentent la sagesse et qui furent les derniers fous a consisté, depuis un siècle, à renverser les digues et les défenses. L'humanité ne pourra de sitôt les rétabli. Avant que la discipline et l'autorité ne viennent sauver la société expirante, des années et des années de honte s'écouleront. Pour vous mes amis, ne perdez pas l'espoir. Souvenez-vous que les Barbares ont déjà renversé les statues, détruit les temples, brûlé les bibliothèques. Un jour arrive où, parmi les ruines, refleurit avec de nouvelles grâces le culte d'Apollon, de Minerve et des dieux familiers » (7).
Maurras décrit les rapports d'Hugues Rebell avec la philosophie nietzschéenne de la manière suivante : « Les études profondes auxquelles s'est livré M. Hugues Rebell sur la philosophie de Nietzsche ont eu le résultat de le confirmer dans la sagesse traditionnelle de nos maîtres de France : après Goethe et Schopenhauer, Nietzsche est un de ces Allemands qui s'oublient volontiers jusqu'à affirmer et jusqu'à prouver la supériorité du modèle classique français sur le génie de leur propre famille ethnique. Ces aveux du Germain furent profitables à M. Hugues Rebell : mais il ne prit à Nietzsche ni l'extravagance romantique des conceptions ni le tour biblique de l'inspiration ». (8)
Maurras manifeste ici trois données fondamentales pour la compréhension de son œuvre propre :
- L'attachement au classicisme français, que l'on peut également trouver chez Nietzsche.
- La haine de « l'extravagance romantique », établie dans « Barbarie et poésie », qu'il considère comme un produit d'exportation germanique et barbare.
- La défiance de tout ce qui touche au monde hébraïque et biblique, tant que le catholicisme n'est pas là pour apaiser ses craintes.
Rebell apporte donc à Maurras un éclairage ad hoc de la philosophie nietzschéenne, même s'il ne doit en subsister par la suite qu'un faible souvenir, dans les écrits maurrassiens. Quant aux relations de Rebell avec les milieux de Droite chrétienne, ils sont loin d'être cordiaux, ainsi que l'on peut s'en douter. L'apologie de la force dressée par le poète nantais avec nombre d'allusions au monde païen heurte violemment le concept catholique de paix sociale (que Maurras ne cessera de soutenir quelques années plus tard) ; pour Rebell, il ne s'agit que de la médiocre « tranquillité de l'ordre ».
Le mot de la fin revient sans doute à Rémy de Gourmont qui vit en Rebell un poète « aristocrate et païen ».
Dans « Kiel et Tanger », Maurras note en septembre 1905, au sujet d'un risque constant de guerre européenne : « Ce ne sera pas un monde tranquille que ce monde. Les faibles y seront trop faibles, les puissants trop puissants, la tranquillité des uns et des autres ne reposant que sur les sentiments de terreur qu'auront su imposer les colosses aux colosses. Société d'épouvantement mutuel, compagnie d'intimidation réciproque, cannibalisme organisé ».
Maurras note plus loin : « La civilisation occidentale a fait la faute immense d'armer les Barbares... Telle est la loi des impérialismes contemporains. Ils travaillent et travailleront contre leur commune raison d'être, contre la civilisation, par la simple fatalité de leurs progrès matériels. »
On peut discerner ici l'analyse dialectique nietzschéenne de la puissance et de la liberté. La puissance n'est-elle pas un terme synonyme de liberté ?
Dès lors que les « Barbares » dont parle Maurras décident d'orienter leur destinée à leur convenance, de choisir leur terrain d'action ne donnent-ils pas une preuve de la puissance et donc de la liberté conquise ? En reprenant le mot d'Oswald Wirth, ils sont libres, car ils règnent sur eux-mêmes.
L'idée d'une guerre sainte ou d'une croisade à entreprendre pour la sauvegarde du monde occidental apparaît comme une nécessité à Maurras : « Le monde jaune organisé par le Japon, le monde sémitique ressuscité par l'Internationale juive, et ailleurs par l'Islam, nous menacent de furieux mouvements et tout le monde ne néglige pas l'apport intarissable des contingents noirs. Il reste donc bien des croisades à entreprendre ». (9)
En fait, la « croisade » entreprise par Maurras intéresse l'aspect de la religion chrétienne le plus controversé par l'école contre-révolutionnaire : à savoir les « ambiguïtés » du message évangélique.
Très concrètement, Maurras dénonce à la manière de Joseph de Maistre, l'anarchisme latent et les principes de subversion sociale contenus dans l'Ancien et le Nouveau Testament, ainsi que les effets du christianisme et de son Dieu sur le monde contemporain : « Sous la croix de ce Dieu souffrant, la nuit s'était répandue sur l'âge moderne » (10).
Dans « Anthinea », Maurras parle du « convoi de bateleurs, de prophètes, de nécromants, d'agités et d'agitateurs sans patrie » en désignant par là les Apôtres et les premiers chrétiens. Il fustige, dans « Le Chemin de Paradis », les « pauvres oies protestantes et néo chrétiennes » disciples du « Christ Hébreu ». Plus tard, il donne à « La Gazette de France » un article intitulé « Révolutionnaire comme l'Evangile » dans lequel il observe qu’ « il y a dans l'Evangile de quoi former un almanach du bon démagogue anarchiste, »
Reprenant le mot de son ami Hugues Rebell, Charles Maurras déclare que « le mérite de l'Eglise catholique c'est d'avoir stérilisé le christianisme. »
Dans « Les Monod », il écrit qu' « On ne peut lire indéfiniment ces textes sacrés sans y respirer quelques miasmes de l'esprit prophétique et millénariste. »
Quant aux Evangiles, ils sont le fait de « quatre Juifs obscurs », le Sermon sur la Montagne et le Magnificat — Maurras parlera du « venin » du Magnificat —, les produits des « turbulences orientales » de « la barbarie judéo-chrétienne » ou « des obscurantismes judéo-chrétiens ». « Isaïe et Jésus, écrit-il, David et Jérémie, Ezéchiel et Salomon donnaient par leur exemple et par leurs discours les modèles de la frénésie toute pure » (11).
Robert Launay, ami de Maurras et collaborateur de la « Revue d'Action (Française » ne transige pas davantage : « Le Sauveur donna quelque peu dans les théories des Esséniens communistes, les déracinés du temps ; mais malgré son dédain pour la Loi, il ne put négliger le legs des ancêtres... De ce fait, ce fut, comme on l'a dit, l'aboutissement des Prophètes. Malgré la scission entre la Synagogue et l'Eglise, le christianisme n'en reste pas moins comme une bouture de la vieille loi. L'Eglise victorieuse conservait les Ecritures et vénérait les prophètes. Elle eut le tort d'étendre ses convictions à toute la juiverie, et de laisser imposer le respect du peuple élu, du peuple de Dieu. Ce mot « respect » n'est pas excessif : voyez le scrupule avec lequel on retrace l'histoire sainte dans les écoles congréganistes : on s'en rapporte fidèlement aux assertions des logographes de Palestine. L'Esprit-Saint est manifestement citoyen de Judée » (12). L'historien d'Action Française, Jacques Bainville, n'hésite pas à stigmatiser le mythe de l'égalité : « Ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais pas qu'on te fît » est selon lui une sentence « sortie des bitumeuses vapeurs du Jourdain. »
Comme nous l'avons remarqué dès le début, Maurras a souvent .recours au conte philosophique pour dévoiler le fond de sa pensée. Dans le conte des « Serviteurs » (13), il décrit les causes de l'inégalité des maîtres et des esclaves : « Les âmes des hommes n'ont pas été tirées de la même origine. Les filles de l'argile ne s'élèveront point au rang de celles que les dieux ont conçues dans les lits de pourpre. » II va jusqu'à écrire : « Combien d'esclaves-nés de notre connaissance retrouveraient la paix au fond de leurs ergastules dont l'histoire moderne les a follement exilés ! Il faut donc absolument cesser de répandre parmi eux la suggestion de la liberté et leur rendre au plus tôt le bienfait du carcan. »
Ce texte que Maurras n'aurait probablement pas écrit durant la période d'essor du mouvement royaliste, demeure, en revanche, suffisamment édifiant pour ce qui concerne l'esprit des débuts de l'A. F.
Dans le conte intitulé « Les Serviteurs », précédemment cité, dont le héros n'est autre que Criton (14), « nous retrouvons, dit Léon S. Roudiez, un écho de la dénonciation par Nietzsche de l'éthique du christianisme comme étant une morale pour esclaves et la définition de la révolte d'esclaves qu'il a donnée du christianisme lui-même ; on y aperçois aussi un reflet du dégoût qu'avait Nietzsche pour l'évangile d'amour prêché par le Christ et qui, du point de vue de Maurras, n'est pas à proprement parler l'amour, mais une imitation d'ordre secondaire appelée charité. De plus, « Les Serviteurs » ne forment pas un cas isolé et d'autres (ressemblances entre les idées de Nietzsche et celles de Maurras apparaîtront ailleurs (...). Le plus curieux de cet accord entre Maurras et Nietzsche, c'est qu'il faut, en l'occurrence, rejeter toute possibilité d'influence de l'un sur l'autre. Aucune traduction de Nietzsche ne parut en France avant 1892, et les trois articles publiés sur Nietzsche dans les revues en 1888, 1890 et 1891 n'étaient pas de ceux qui auraient pu éclairer les lecteurs sur sa philosophie » (15).
Ce point de vue concernant principalement l'attitude anti-chrétienne de Maurras peut s'expliquer par la chronologie : le conte des « Serviteurs », paru en 1895 (il fait partie d'un ensemble intitulé « Le Chemin de Paradis ») recouvre en fait la période de 1880 à 1886, dont la « nuit du Tholonet » est l'événement marquant. Si le « Voyage d'Athènes » n'a pas effacé dans le cœur et l'esprit de Maurras toute forme d'hostilité à l'encontre de la religion chrétienne — on pourrait assez légitimement soupçonner l'inverse —, la leçon d'harmonie qu'il dégagea de son voyage lui fit certainement comprendre l'illégitimité de telles attaques qui ne pouvaient que favoriser le trouble de l'ordre social.
D'autre part, il est bon de connaître le jugement que Maurras portera sur son œuvre de jeunesse, « Le Chemin de Paradis ». C'est sans indulgence, qu'il considérera le livre ainsi qu'en atteste la préface ajoutée à une réédition de 1920.
Quoique Maurras se soit toujours défendu d'avoir des intentions sacrilèges, ses attaques visant le faux Christ de l'Evangile, protestant, révolutionnaire ou tolstoïen, ne pouvaient pas ne pas effleurer, incidemment ou non la face immaculée du vrai Jésus des Ecritures. En quelque sorte, l'ironie dont Maurras fit un large emploi dans ses écrits parvint, nonobstant sa volonté, à blesser cruellement dans leur foi de nombreuses âmes chrétiennes.
« C'est un chaud-froid, passablement épicé, mais choquant, vénéneux peut-être » déclarera Maurras, en manière de désaveu, du « Chemin de Paradis ». Cette dernière remarque prouve à l'envie combien l'auteur, acquis à la sérénité, fut sensible à l'idée de ne pas froisser nombre de ses amis monarchistes.
Guillaume DE FERETTE
Notes :
(1) Jacques Paugam : « L'Age d'or du maurrassisme »
(2) Guillaume de Ferette : « Maurras et le voyage d'Athènes » D. O. N° 144.
(3) Charles Maurras : « Enquête sur la monarchie ».
(4) Ch. Maurras : « Quand les Français ne s'aiment pas. »
(5) Charles Maurras : « La Revue Encyclopédique. »
(6) Hugues Rebell : « Union des trois aristocraties. »
(7) Hugues Rebell : « Le Diable à table. »
(8) Charles Maurras : « L'Enquête sur la monarchie.
(9) « Revue d'Action Française », 1er février 1908.
(10) Charles Maurras : « Anthinea ».
(11) « Revue d'Action Française », tome 1, p. 318.
(12) « Revue d'Action Française », tome IV, p. 1007.
(13) Charles Maurras : « Oeuvres Capitales », tome 1.
(14) Maurras prit, souvent de fois, le nom de Criton. En particulier lorsqu'il intervenait dans un conte philosophique.
(15) Léon S. Roudiez : « Maurras jusqu'à l'Action Française ».
Source : Défense de l’Occident/Juillet-août 1977
L'Australien Hoan Ton-That s'était jusque-là fait connaître avec une application pour iPhone permettant de rajouter la coupe de cheveux de Donald Trump sur n'importe quel visage. En 2016, raconte le New York Times, il commença à télécharger des photos de visages sur le web et les réseaux sociaux, et à développer un logiciel de reconnaissance faciale.
Il n'avait pas encore de modèle économique. En 2017, financé par Peter Thiel, fondateur de Palantir et conseiller de Trump qui siège aussi au conseil d'administration de Facebook, et aidé par plusieurs anciens responsables républicains, il décide de l'offrir à l'essai gratuitement pendant 30 jours à des forces de l'ordre, afin de les aider à identifier des suspects.
Aujourd'hui utilisée par plus de 600 forces de police américaine, son logiciel Clearview comporterait près de 3 milliards de visage, contre 411 millions « seulement » dans le fichier du FBI. À l'en croire, le logiciel identifierait les suspects dans 75% des cas, bien qu'il soit impossible en l'état de décompter les faux positifs.
Après que Kashmir Hill, la journaliste du New York Times, a demandé à des officiers de police de tester l'application sur son visage, ces derniers ont reçu des coups de fil de la société Clearview AI leur demandant s'ils avaient parlé avec des journalistes, signe que l'entreprise surveillerait l'utilisation faite de son outil.
Interrogé à ce sujet, Ton-That lui a répondu que l'application surveillait effectivement les « comportements de recherche potentiellement anormaux ». Clearview fût en mesure de retrouver des photos de Kashmir Hill datant pour certaines d'une dizaine d'années, et qu'elle n'avait jamais vue. Même après avoir recouvert son nez et le bas de son visage, Clearview l'identifia sur sept photos.
With growing concerns over online privacy and securing personal data, more people than ever are considering alternatives to Google products. After all, Google’s business model essentially revolves around data collection and advertisements, both of which infringe on your privacy. More data means better (targeted) ads and more revenue. The company pulled in over $116 billion in ad revenue last year alone – and that number continues to grow.
But the word is getting out. A growing number of people are seeking alternatives to Google products that respect their privacy and data. This guide aims to be the most exhaustive resource available for documenting alternatives to Google product. So let’s get started (in no particular order or preference)...
When it comes to privacy, using Google search is not a good idea. When you use their search engine, Google is recording your IP address, search terms, user agent, and often a unique identifier, which is stored in cookies.
Here are ten alternatives to Google search:
Note: With the exception of Mojeek, all of the private search engines above are technically metasearch engines, since they source their results from other search engines, such as Bing and Google.

Gmail may be convenient and popular, but there are three major problems:
When you remain logged in to your Gmail account, Google can easily track your activities online as you browse different websites, which may be hosting Google Analytics or Google ads (Adsense).

Here are ten alternatives to Gmail that do well in terms of privacy:
More information on these providers is available in the secure and private email servicesguide.
Google Chrome is a popular browser, but it’s also a data collection tool – and many people are taking notice. Just a few days ago, the Washington Post asserted that “Google’s web browser has become spy software,” with 11,000 tracker cookies observed in a single week. Here are seven alternatives for more privacy:
Of course, there are other alternatives to Chrome, such as Safari (from Apple), Microsoft Internet Explorer/Edge, Opera, and Vivaldi – but these also come with some privacy drawbacks.

If you’re looking for a secure cloud storage option, you can check out these Google Drive alternatives:
Of course, Dropbox is another popular Google drive alternative, but it’s not the best in terms of privacy.
Here are some Google Calendar alternatives:
For those wanting a combined solution for both email and calendar functionality, these providers offer that:

There are many solid Google Docs alternatives available. The largest offline document editing suite is, of course, Microsoft Office. As most people know, however, Microsoft is not the best company for privacy. Nonetheless, there are a few other good Google Docs alternatives:

Here are a few good Google Photos alternatives:
Shoebox was another alternative, but it closed operations in June 2019.
Unfortunately, YouTube alternatives can really be hit or miss, with most struggling to gain popularity.
Tip: Invidio.us is a great Youtube proxy that allows you to watch any Youtube video without logging in, even if the video is somehow restricted. To do this, simply replace [www.youtube.com] with [invidio.us] in the URL you want to view.
Here are a few Google translate alternatives I have come across:
If you want to translate blocks of text, check out DeepL. If you want in-depth translations for single words or phrases, then Linguee is a good choice.
For website admins, there are many reasons to use an alternative to Google Analytics. Aside from privacy concerns, there are also faster and more user-friendly alternatives that also respect your visitors’ privacy.
Many websites host Google Analytics because they run Google Adsense campaigns. Without Google Analytics, tracking performance of these campaigns would be difficult. Nonetheless, there are still better options for privacy.
A map alternative for PCs is OpenStreetMap.
A few Google Maps alternatives for mobile devices include:
Note: Waze is not an “alternative” as it is owned by Google.

Currently the best Google Play Store alternative is to use F-Droid and then go through the Yalp store. As explained on the official site, F-Droid is an installable catalog of FOSS (Free and Open Source Software) applications for the Android platform. After you have installed F-Droid, you can then download the Yalp store APK, which allows you to download apps from the Google Play Store directly as APK files.
See the F-Droid website or the official GitHub page for more info. Other alternatives to the Google Play Store include:
Want to ditch the Chromebook and Chrome OS? Here are a few alternatives:
Of course, the other two big operating system alternatives are Windows and Apple’s operating system for MacBooks – Mac OS. Windows, particularly Windows 10, is a very bad option for privacy. While slightly better, Apple also collects user data and has partnered with the NSA for surveillance.
The biggest alternative to Android is iOS from Apple. But we’ll skip over that for reasons already mentioned. Here are a few Android OS alternatives:
Purism is also working on a privacy-focused mobile phone called the Librem 5. It is in production, but not yet available (estimated Q3 2019).

Here are some alternatives to Google Hangouts:
Google Domains is a domain registration service. Here are a few alternatives:
Here more alternatives for various Google products:
Google Forms alternative – JotForm is a free online form builder.
Google Keep alternative – Below are a few different Google Keep alternatives:
Google Fonts alternative – Many websites load Google fonts through Google APIs, but that’s not necessary. One alternative to this is to use Font Squirrel, which has a large selection of both Google and non-Google fonts which are free to download and use.
Google Voice alternative – JMP.chat (both free and paid)
G Suite alternative – Zoho is probably the best option
Google Firebase alternative – Kuzzle (free and open source)
Google Blogger alternatives – WordPress, Medium, and Ghost are all good options.
Do you have any other tips or suggestions for Google alternatives? Feel free to drop a comment below. This guide will be regularly updated to reflect the latest information and user feedback.
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