Collabos et Renégats

Coronavirus : les policiers du Calvados ont pour consigne de ne pas "intervenir" pendant le ramadan, le patron de la police demande des "explications"

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Dans une note interne, que France 3 a pu consulter, il est demandé aux fonctionnaires de ce département d'éviter "un trouble supérieur de violences urbaines". Le patron de la police nationale a assuré en réponse que les policiers intervenaient "en tout point du territoire".

Des consignes spéciales adressées aux fonctionnaires de police. Dans le Calvados, le directeur départemental de la sécurité publique indique, dans une note diffusée vendredi 24 avril et que France 3 a pu consulter, qu'"il n'y a pas lieu d'intervenir dans les quartiers à forte concentration de population suivant le ramadan, pour relever un tapage, contrôler un regroupement de personnes rassemblées après le coucher du soleil pour s'alimenter". A deux exceptions près : "atteinte aux personnes ou atteinte grave aux biens." 

Ces instructions sont dispensées alors que les musulmans français ont entamé vendredi un mois de ramadan, comme une bonne partie des musulmans de la planète, placé sous le signe du confinement face à la pandémie de Covid-19. Il faut avoir un motif valable pour sortir, avoir sur soi une attestation et éviter tout regroupement.

"Eviter un trouble supérieur de violences urbaines"

Or, dans cette note, il est demandé aux policiers "de faire preuve de discernement", pour "éviter qu'un manquement aux règles de confinement ne dégénère et provoque un trouble supérieur de violences urbaines". "Si la situation le nécessite, plusieurs véhicules pourront être dirigés""au point de regroupement le plus proche", précise la note, qui est valable "du 24 avril de 5h09 jusqu'au 23 mai à 21h52".

"Cette note révèle après quelques jours de polémique que nous avions raison. On ne veut pas qu'on entre dans certains quartiers", commente à France 3 Fabien Vanhemelryck, secrétaire général du syndicat policier Alliance. Ces dernières semaines, des tensions sont notamment apparues à Villeneuve-la-Garenne (Hauts-de-Seine) et dans plusieurs autres villes d'Ile-de-France, où des affrontements nocturnes ont eu lieu entre des policiers et des jeunes habitants.

"Une initiative locale incompréhensible"

Le directeur général de la police nationale (DGPN) a réagi à cette note dans la soirée. Ses propos vont à l'encontre de ceux du responsable syndical. "La police nationale intervient en tout point du territoire pour assurer la sécurité des personnes et des biens quelles que soient les circonstances. Le DGPN a demandé qu'un rapport d'explications lui soit transmis dès ce soir", a affirmé la Police nationale dans un message transmis à l'AFP.

"Il s'agit d'une initiative locale incompréhensible", a commenté auprès de l'AFP l'entourage du ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner. "Les consignes nationales sont claires et ont été rappelées à plusieurs reprises ces derniers jours tant par le ministre de l'Intérieur que par le secrétaire d'Etat : le contrôle par les forces de l'ordre du bon respect du confinement doit être assuré partout et à chaque instant sur tout le territoire", a complété cette même source.

Selon Le Canard enchaîné, Laurent Nunez, secrétaire d'Etat auprès du ministère de l’Intérieur, avait indiqué le 18 mars, lors d'une visioconférence avec les préfets des zones de défense, que faire respecter le confinement dans les quartiers populaires n’était "pas une priorité". Mais Laurent Nuñez a démenti vendredi matin sur Europe 1 : "Il n'y a jamais eu de consignes d'allégement des contrôles sur n'importe quel territoire de la République y compris dans les quartiers."

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