TOUT DESPROGES Par Eugène KRAMPON

Publié le . Publié dans KRAMPON A LU

desproge

S’il existe une arme tout aussi redoutable que la bombe à neutron et la dialectique, c’est bien le rire. Il faut bien avouer que ce dernier demeure l’apanage de ceux qui malgré les épreuves parfois très rudes de la vie, considèrent que leur passage sur terre n’est pas une longue marche dans une vallée des larmes. Il est l’outil de ceux qui savent tirer le glaive du fourreau quand c’est nécessaire mais aussi se réunir entre camarades pour unir leur voix autour d’un verre de vin. Il est l’essence de ceux qui aiment la bonne chère et les femmes, l’amitié et la fête qui est païenne par essence.

 

COMIQUE SUBVERSIF

Nous estimons nous qu’il n’y a pas de tabous, que l’on peut rire de tout et de tous, surtout si la moquerie s’opère avec talent. Molière en son temps avait bien compris cela lui qui se permettait de railler les puissants, dont les gens d’Eglise et de brocarder les courtisans bien en vue de la Cours de Louis XIV. Ça n’est pas l’avis des comiques subventionnés par nos impôts, dont le seul fait d’être de gauche ou sépharade tient lieu de talent, et qui seuls sont habilités, avec la totale complicité des médias et de ceux qui les produisent, de nous dire avec qui nous avons le droit de rire et surtout quels en sont les frontières ! Un comique de grand talent comme Dieudonné, qui se définissait lui-même comme « comique subversif » l’a appris à ses dépends : procès, amendes, menaces d’emprisonnement, intimidations sur sa famille, contrôles fiscaux, interdiction d’antenne, de scènes…à tel point qu’il envisage désormais de s’exiler en Turquie, estimant qu’a Ankara, il serait plus libre qu’a Paris, phare culturel du monde et des droits de l’homme auto-proclamés ! 

 

LA RUPTURE DU 18 AVRIL 1988

Pierre Desproges est mort le 18 avril 1988. Depuis cette date, une véritable chape de plomb du politiquement correct s’est abattue sur la France au point qu’on se demande aujourd’hui ce qu’il est encore permis d’aborder et qui peut être mis en boite. On a l’impression qu’il existe désormais une grande catégorie d’intouchables, de véritables vaches sacrées (aussi encombrantes sur nos écrans qu’inutiles dans nos vies) et autres sujets tabous à un point tel que même un artiste classé à gauche et de talent comme Coluche serait réduit au silence en 2021. Pourrait-il encore dire sur scène que « le changement, c’est quand on prendra les Arabes en stop…Bah Il est pas arrivé le pauvre mec ! » Idem pour les Inconnus : « Quelle est la première ville arabe traversée par le rallye Paris-Dakar ? Marseille ! »

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Desproges était inclassable politiquement et surtout pas de nos idées. Peu importe en vérité car contrairement aux gens de gauche, nous savons-nous reconnaitre du talent même à un de nos ennemis, la réciproque n’étant pas vrai. Avec un talent insurpassé depuis lors, Desproges n’a épargné personne et osait même s’aventurer sur des sujets avec un ton et des propos si acerbes qu’il serait de nos jours un client fétiche de la XVIIe Correctionnelle. De l’intégrale de ses écrits, chroniques radiophoniques et sketchs joués sur scène rassemblés dans une véritable somme de 1450 pages intitulé Tout Desproges, j’ai exhumé pour vous quelques pépites. 1988-2021, vous pourrez toucher du doigt la véritable descente aux enfers de la liberté d’expression en France, réduite comme peau de chagrin. A vous de sortir les mouchoirs pour en pleurer…ou en rire :

SUR LE PEN :

 

SUR LA HAINE :

 

SUR LES MOEURS NOUVELLES :

 

SUR LES FEMINISTES :

 

SUR LA RELIGION :

 

SUR LES IDEOLOGIES :

 

SUR LES ARABES :

 

SUR LA SHOAH :

 

SUR LES JUIFS :

Allez, une petite dernière, pour la route :

Monsieur Desproges, je ne sais ou vous êtes aujourd’hui. Peut être détestiez-vous ce que je pense et ce que j’écris. Mais sachez qu’avec mes camarades, nous étouffons en ce monde devenu triste à mourir. Bordel Pierre, reviens ! Ou plutôt attend-nous là-haut. Qu’au moins on s’explique, on s’engueule et qu’on finisse comme toujours en Gaule, autour d’un verre de vin. Toi tu étais plutôt Saint Emilion, moi Aloxe Corton. En se marrant, on devrait bien trouver un terrain d’entente…

Eugène KRAMPON

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