Les premières semaines de la présidence Trump ont clairement dessiné les objectifs géopolitiques de la « nouvelle » administration.
1) L'exclusion de l'Europe des routes arctiques ;
2) Se décharger sur l'Europe elle-même du fardeau et de la destruction causés par le conflit en Ukraine ;
3) L'acquisition d'une position forte en Méditerranée orientale, à Gaza (à proximité d'importants bassins gaziers et du canal de Suez, afin de pouvoir contrôler directement les flux d'énergie vers l'Europe) ;
Le modèle mondialiste, tel que nous l'avons connu, est en crise. Cela ne signifie pas qu'il a complètement disparu, mais que sa validité a été piégée dans la mentalité des grandes entreprises et dans une vision du monde qui va au-delà du simple aspect économique. Dès son origine, le capitalisme s'est fondé sur l'exploitation du travail d'autrui et sur l'extraction des richesses des pays les plus faibles. Il ne s'agit pas d'un jugement de valeur, mais d'un fait historique qui a marqué l'identité du monde moderne.
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Drieu la Rochelle est un auteur qui ne se laisse pas aisément définir. L’homme a en effet collectionné les étiquettes les plus contradictoires : nietzschéen, surréaliste, révolutionnaire, radical, réactionnaire, socialiste, nationaliste, européaniste, pacifiste, fasciste, etc. Sa vie et son œuvre épousent les convulsions de son siècle et en sont le reflet.
Fin connaisseur de son œuvre, Jeremy Baneton nous offre une intime compréhension de cet être qui a souffert avant tout « de l’inachèvement des hommes » et nous dévoile un penseur éminemment visionnaire pour qui l’Europe seule pouvait sauver la France. C’est ce que nous verrons avec lui dans ce nouvel entretien !
L'incontournable essai de Mario Bosincu, germaniste à l'Université de Sassari, sur « certaines figures exemplaires de l'altérité, apparues dans le domaine philosophico-littéraire entre la fin du 18ème siècle et la Seconde Guerre mondiale ».
Mario Bosincu, germaniste à l’Université de Sassari, avait déjà démontré son niveau d’érudition dans ses travaux précédents. La lecture de son dernier ouvrage a confirmé cette impression. Il s’agit du livre Étrangers en terre étrangère. Du romantisme à Nietzsche (Stranieri in terra straniera - Dal romanticismo a Nietzsche), publié par la maison d'édition Le Lettere (377 pages, 25 euros). C'est un essai bien documenté, construit sur des analyses philologiques irréprochables, qui ne font pas, il faut le noter, de l’écriture et du travail de reconstruction de l’auteur une simple démonstration érudite. L’écriture est, en effet, vivante, fluide et, par certains aspects, témoigne de l’intérêt sincère de Bosincu pour les thèmes abordés, sans que cela n’affecte le caractère scientifique de l’essai. Le livre, comme le remarque le germaniste, « entend mettre en lumière certaines figures exemplaires de l’altérité, apparues dans le domaine philosophico-littéraire entre la fin du 18ème siècle et la Seconde Guerre mondiale [...] principalement dans la culture allemande » (p. VII). Il s’agit d’un excursus dans lequel, à partir du romantisme, Bosincu entreprend l’exégèse de la proposition philosophico-existentialiste de Nietzsche pour aboutir finalement à l’interprétation de l’écrit de Friedrich Georg Jünger, Apollon, Pan, Dionysos de 1943.
127 ans après sa naissance, son essai « La paix » offre des réflexions d’une actualité extraordinaire pour une « restructuration » de la civilisation européenne
« Afin que la lutte contre le nihilisme soit couronnée de succès, elle doit s’accomplir au cœur de l’individu. Tous sont impliqués, et nul ne peut se passer du remède préparé par le monde de la douleur. » C’est ainsi qu’Ernst Jünger s’exprimait dans La paix (1945), contemplatif solitaire de ce « siècle bref » qui s’est pourtant révélé si durable, chargé du lourd fardeau des idéologies et des récits dont notre époque contemporaine peine à se défaire, préférant les recycler sous des formes postmodernes de pastiche et de collage.
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Depuis des années, on nous vend le RN comme la seule opposition crédible à la nébuleuse mondialiste, comme le rempart ultime contre la décomposition nationale. Il serait le dernier espoir des Français qui refusent le grand effacement. Pourtant, il faut se poser la question qui fâche : à quoi sert vraiment le Rassemblement national ?
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On s’imagine souvent que le pouvoir se façonne dans les arcanes feutrées des administrations, dans l’ombre des cabinets ministériels ou sous les dorures des palais. Pourtant, il est parfois des forces plus discrètes, des courants intellectuels qui, tels des rivières souterraines, modèlent lentement mais sûrement le paysage idéologique d’une nation. C’est ainsi qu’Alexandre Douguine, penseur nationaliste russe longtemps relégué aux marges de la respectabilité académique, trouve aujourd’hui un écho inattendu dans la droite américaine, au point de façonner les discours d’officiels de l’administration Trump.
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