Georges Sorel et la grève prolétarienne (Première partie)

Les vrais syndicalistes révolutionnaires résu­ment l'action socialiste dans la grève générale. « Ils regardent, dit G. Sorel, toute combinaison comme devant aboutir à ce fait ; ils voient, dans chaque grève, une imitation réduite, un essai, une préparation du grand bouleversement final... L'adhésion à la grève générale est le test au moyen duquel le socialisme des travailleurs se distingue de celui des révolutionnaires ama­teurs ».

A ce propos, comme à propos du patriotisme, G. Sorel ne tarit pas de sarcasmes contre les prétendus socialistes qui, à l'aide du galimatias parlementaire, concilient les arguments les plus contradictoires, se montrent tour à tour et selon l'occurence, intransigeants fougueux et souples opportunistes, trompant ainsi successivement les ouvriers et les bourgeois. Ils détestent la grève générale parce que toute propagande faite sur ce terrain est trop socialiste pour plaire aux philanthropes dont ils ont besoin, autant que des ouvriers, pour en venir à leurs fins personnelles.

Les vrais socialistes, au lieu d'atténuer les oppositions, les mettent au contraire en relief. Il faut représenter « le mouvement des masses révoltées de telle manière que l'âme des révoltés en reçoive une impression pleinement maîtri­sante.

« Le langage ne saurait suffire à produire de tels résultats d'une manière assurée. II faut faire appel à des ensembles d’images capables d'évoquer en bloc et par la seule intuition, avant toute analyse réfléchie, la masse des sentiments qui correspondent aux diverses manifestations de la guerre engagée par le socialisme contre la société moderne. Les syndicalistes résolvent parfaitement ce problème en concentrant tout le socialisme dans le drame de la grève géné­rale ; il n'y a plus ainsi aucune place pour la conciliation des contraires dans le galimatias par les savants officiels ; tout est bien dessiné, en sorte qu'il ne puisse y avoir qu'une seule interprétation possible du socialisme ».

La grève générale n'apporte aucune vue constructive que l'on puisse projeter sur le plan de l'avenir même le plus prochain. Elle a cepen­dant une grande efficacité, comme en ont les « mythes dans lesquels se retrouvent les ten­dances les plus fortes d'un peuple, d'un parti ou d'une classe, tendances qui viennent se pré­senter à l'esprit avec l'insistance d’instincts dans toutes les circonstances de la vie, et qui donnent un aspect de pleine réalité à des espoirs d'action prochaine sur lesquels se fonde la réforme de la volonté ».

Il importe peu que le mythe ne donne pas une image exacte de l'avenir vers lequel il tend la volonté des hommes. S'il s'accompagne d'utopie, comme il arrive souvent, on sait que l'utopie n'est pas réalisable. Un mythe n'est pas une prédiction ; sa vertu est de pousser les esprits et d'entraîner les cœurs dans une voie déterminée, au bout de laquelle les événements mettront des fins sans doute différentes de celles que l'on avait en vue. Un mythe est un moyen d'agir sur le présent.

« Alors même que les révolutionnaires se tromperaient du tout au tout en se faisant un tableau fantaisiste de la grève générale, ce tableau pourrait avoir été, au cours de la prépa­ration à la révolution, un élément de force de premier ordre, s'il a admis d'une manière parfaite toutes les aspirations du socialisme et s'il a donné à l'ensemble des pensées révolutionnaires une précision et une raideur que n'au­raient pu leur fournir d'autres manières de penser.

« Les grèves ont engendré dans le prolétariat les sentiments les plus nobles, les plus profonds et les plus moteurs qu'il possède ; la grève générale les groupe tous dans un tableau d'en­semble et par leur rapprochement, donne à chacun d'eux son maximum d'intensité. Faisant appel à des souvenirs très cuisants de conflits particuliers, elle colore d'une vie intense tous les détails de la composition présentée à la conscience. Nous obtenons ainsi cette intuition du socialisme que le langage ne pouvait pas don­ner d'une manière parfaitement claire ; et nous l'obtenons dans un ensemble perçu instantané­ment ».

  1. Sorel estime qu'il y a identité entre les aspects d'ensemble que fournit à la conscience le mythe de la grève générale, et les thèses capi­tales du marxisme. Voici comme il le démontre.

Le marxisme repose sur la séparation de la société en deux classes foncièrement antago­nistes. Mais, on a bien du mal à considérer cette division trop nette autrement que comme une vue de l'esprit, si on regarde le monde dans son fonctionnement journalier ; tandis que la sépa­ration apparaît effectivement à la lumière crue de la grève générale. On voit alors la société divisée en deux camps, et seulement en deux, sur un champ de bataille.

Le sentiment de révolte qui, du point de vue marxiste, doit exister au cœur, du prolétariat peut être, lui aussi, nié par les analystes quand ils regardent les masses à la loupe et au repos. H. de Man a excellé dans cet exercice stérilisant, et il eût été curieux de voir ses thèses à leur tour examinées par G. Sorel. Cependant le sentiment révolutionnaire est un complexe, et il se résoud assez souvent en concessions favorables à la fameuse paix sociale. Or, l'esprit de révolte surgit brusquement, et avec une force énorme, des foules qui reconnaissent la lutte de classe à la manière de Marx, quand les circons­tances font naître l'idée de grève générale ou une idée de soulèvement général analogue.

L'esprit de réforme sociale dans le cadre du capitalisme inspire tout le socialisme parlemen­taire, de la façon la plus opposée au marxisme et la plus dangereuse pour le socialisme. Mais les partisans de la grève générale regardent les réformes, même les plus populaires, comme ayant un caractère bourgeois ; en conséquence, ils les repoussent ; rien ne peut atténuer pour eux le caractère fondamental de la lutte de classe, et ils entendent le lui conserver à tout prix.

Marx a écrit que le prolétariat se présentera, au jour de la révolution, discipliné, uni, organisé par le mécanisme même de la production. «  Marx, affirme G. Sorel, entend nous faire comprendre que toute la préparation du prolé­tariat dépend uniquement de l'organisation d'une résistance obstinée, croissante et passion­née contre l'ordre de choses existant ». Il est certain que la pratique des grèves est un des éléments essentiels de l'organisation de cette résistance marxiste.

On a souvent soutenu que le prolétariat devait se préparer à son rôle futur par d'autres voies que le syndicalisme révolutionnaire et la prati­que des grèves qui s'y rattache. G. Sorel a réfuté cette thèse, qu'il accusait d'élargir incon­sidérément le socialisme. Ni l'affranchissement partiel au moyen de la coopération, ni le combat contre l'influence catholique, ni l'institution d'un droit nouveau, d'une philosophie neuve, ne lui paraissait nécessaire. Il a considéré que ces ten­tatives étaient contraires à la pure doctrine marxiste aussi bien qu'à la conception de la grève générale.

Le marxisme repousse toute hypothèse bâtie par les utopistes concernant l'avenir. Les prolé­taires n'ont point à se préoccuper des solutions sociales qui sortent du cabinet de travail des sages et des savants sociologistes. Ils ont à prendre, tout simplement, la suite du capitalis­me. Les programmes sont tout faits dans l'atelier. La technologie continuera à assurer la direction du travail des producteurs. « La pra­tique des grèves nous conduit à une conception identique à celle de Marx. Les ouvriers qui cessent de travailler ne viennent pas présenter aux patrons des projets de meilleure organisa­tion du travail, ni ne leur offrent leur concours pour mieux diriger leurs affaires ; en un mot, l'utopie n'a aucune place dans les conflits écono­miques... La révolution apparaît comme une pure et simple révolte, et nulle place n'est réservée aux sociologues, aux gens du monde amis des réformes sociales, aux intellectuels qui ont embrassé la profession de penser pour le prolétariat ».

La pratique des grèves apparaît ainsi néces­saire et suffisante pour donner au prolétariat la technique révolutionnaire qui assurera la vic­toire au jour de la prise en mains de l'héritage capitaliste. On prévoit une Bataille finale qui, conformément à la tactique napoléonienne, écrasera l'adversaire. Une série de manœuvres, d'opérations préliminaires, prépare ce grand jour et fait acquérir à l'armée prolétarienne les qualités essentielles qui caractérisent le vain­queur : vision très nette et étroite limitation de l'objectif, esprit de corps et discipline, entraî­nement.

Marx voyait, dans la révolution sociale qu'il annonçait, une transformation profonde et irréformable ; l'ère nouvelle n'aurait aucun rapport avec les temps antérieurs. G. Sorel estime que l'évocation de la grève générale renforce l'im­pression d'effroi que donne la conception marxiste. Ce caractère du socialisme doit être, non pas atténué, mais maintenu, au contraire, très apparent, si l'on veut que le socialisme possède toute sa valeur éducative. « II faut que les socialistes soient persuadés que l'œuvre à laquelle ils se consacrent est une œuvre grave, redoutable et sublime. C'est à cette condition seulement qu'ils pourront accepter les innom­brables sacrifices que leur demande une propa­gande qui ne peut procurer ni honneurs ni profits, ni même satisfactions intellectuelles immédiates. Quand l'idée de la grève générale n'aurait pour résultat que de rendre plus héroï­que la notion socialiste, elle devrait déjà, par cela seul, être regardée comme ayant une valeur inappréciable ».

Jacques Renne

 

(Sources : Gorges Sorel et le Syndicalisme révolutionnaire-1936)

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“Dérive raciste, xénophobe” : des journalopes du “Figaro” veulent l'exclusion de Zemmour

Un communiqué de la Société des Journalistes du quotidien demande à sa rédaction de “mettre un terme à cette situation ambiguë”, ce lundi 30 septembre.

Une fois n'est pas coutume, les propos d'Eric Zemmour lui valent un torrent de critiques, de réactions indignées. Et peut-être même de sanctions. Ce lundi 30 septembre, après le discours qu'a tenu le polémiste à la Convention de la droite, la SDJ des journalistes du Figaro en appelle à la rédaction du journal.

« Tous nos problèmes sont aggravés par l’immigration »

« La SDJ s’interroge sur la position [d'Eric Zemmour], fort commode, de rentier de la polémique qui est la sienne : salarié du Figaro, il se lâche à l’extérieur sans retenue, arguant du fait que cela ne regarde pas ses employeurs et collègues de travail », écrit le syndicat. Et de poursuivre : « Les journalistes du Figaro, dans leur immense majorité, ne veulent pas être associés à ses provocations. La SDJ demande instamment à la direction de la rédaction de mettre un terme à cette situation ambiguë. »

 

Communiqué de la @SDJduFigaro sur Eric Zemmour

"(...) Les journalistes du Figaro, dans leur immense majorité, ne veulent pas être associés à ses provocations.

La SDJ demande instamment à la direction de la rédaction de mettre un terme à cette situation ambiguë."

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« Il se situe clairement hors du champ de l'acceptable »

Lundi soir, dans un texte diffusé en interne et intitulé « Les élucubrations de Zemmour appellent une réponse ferme de la direction », le syndicat a ajouté que dimanche, « la section du SNJ a interpellé la direction du Figaro par courriel (Brezet, Tremolet, Threard et Feuillée) pour demander leur réaction par rapport aux déclarations de Eric Zemmour à la Convention de la droite. »

« Les dernières interventions publiques de Zemmour appellent à une réaction de la direction du Figaro. Il se situe désormais clairement hors du champ de l'acceptable. Le SNJ attend donc une réaction claire pour que l'implication personnelle d'un journaliste du Figaro dans une dérive raciste xénophobe, homophobe et misogyne à des fins purement commerciales (il veut assurer l'audience des multiples émissions auxquelles il participe) soit sanctionnée de la façon la plus claire et rapide. Zemmour n'a plus rien à faire au Figaro », a écrit Patrick Bèle, délégué SNJ au Figaro, à la direction du journal.

Une enquête diligentée par le parquet de Paris ?

Le texte interne précise que « la direction du Figaro n’a pas jugé bon de nous répondre jusque-là. Pourtant il y a urgence à clarifier la situation ». Et d'ajouter, au sujet d'Eric Zemmour : « Son appartenance à la rédaction du Figaro fait que ses abjectes élucubrations jettent un discrédit sur l’ensemble des journalistes du Figaro. Il est temps que la direction fasse cesser cette situation inacceptable pour permettre à tous de travailler dans la sérénité. Et préserver la réputation de notre titre qui est notre plus important capital : le Figaro. ». Par ailleurs, le parquet de Paris étudie la possibilité de diligenter une enquête, de source judiciaire.

 

valeursactuelles.com/ Lundi 30 septembre 2019 

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6 châteaux d’Alsace à découvrir sur la route des vins

Entre Thann et Wissembourg, la route des vins d’Alsace sillonne, par monts et par vaux, les plus beaux villages du Haut et du Bas-Rhin. 170 km de paysages viticoles émaillés de sites historiques, dont de magnifiques forteresses médiévales restaurées ou en ruines. Eguisheim, Wettolsheim, Kaysersberg, Riquewihr, Orschwiller, Lembach…  Cap sur les châteaux d’Alsace à découvrir absolument sur la route des vins.

 

1)    LES TROIS CHÂTEAUX DU HAUT-EGUISHEIM (EGUISHEIM - HAUT-RHIN)

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Des trois châteaux du Haut-Eguisheim, il ne subsiste aujourd’hui que trois donjons en grès rose coiffant la colline du Schlossberg. Au centre, on trouve le Wahlenbourg, au nord le Dagsbourg et au sud le Weckmund. À 591 mètres d’altitude, ils dominent la plaine de Colmar et les vignobles d’Eguisheim, labélisé plus beau village de France, depuis le XIe et le XIIe siècle. Situé sur la route des cinq châteaux, ce site emblématique ouvre la voie vers le château du Hohlandsbourg et le Pflixbourg.

 

2)    LE CHÂTEAU DU HAGUENECK (WETTOLSHEIM- HAUT-RHIN) 


Niché au cœur de la forêt, le château du Hagueneck est accessible après une marche douce de 45 minutes depuis le village de Wettolsheim. Classé aux monuments historiques, cette demeure du XIIIe siècle ne remplissait pas de fonction militaire, contrairement à son voisin le château du Pflixbourg (Wintzenheim - Haut-Rhin). Étape incontournable de la route des cinq châteaux, cette forteresse de garnison en granit du début du XIIIe siècle surplombe l’entrée de la vallée de Munster à 454 mètres d’altitude. 

 

3)    LE SCHLOSSBERG (KAYSERSBERG - HAUT-RHIN) 

 

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Membre de l’association des plus beaux villages de France et élu village préféré des Français en 2017, Kaysersberg possède son château impérial : le Schlossberg. Bâti vers 1200, ce château classé aux monuments historiques se distingue par son imposant donjon cylindrique dont les murs affichent 4 mètres d’épaisseur environ. Pour gagner le sommet, il faut escalader une centaine de marches. La récompense ? Une vue imprenable sur la vallée de la Weiss et les Vosges.

 

4)    4) LE CHÂTEAU DES COMTES DE WURTEMBERG-MONTBÉLIARD (RIQUEWIHR – HAUT-RHIN)

 

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Le long de la route des vins, impossible de manquer Riquewihr, « la perle du vignoble alsacien ». Érigé entre 1498 et 1558 par les comtes de Wurtemberg, son château Renaissance arbore un pignon crénelé surmonté de bois de cerf (emblème de la famille). Au cours de l’histoire moderne, ce château vendu comme bien national a été transformé en école communale puis en musée. Pour en savoir plus sur Riquewihr et ses monuments, rendez-vous à l’office du tourisme, qui organise des visites gratuites de la ville en été.

 

5)    LE CHÂTEAU DU HAUT-KOENIGSBOURG (ORSCHWILLER – BAS-RHIN)

 

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Dressé à 800 mètres d’altitude sur un éperon rocheux, le château du Haut-Koenigsbourgpropose une immersion totale dans le quotidien des seigneurs alsaciens du Moyen Âge. Fidèlement reconstituée, la forteresse entraîne les visiteurs sur les traces de Frédéric Barberousse, Maximilien d’Autriche ou l’empereur Guillaume II de Hohenzollern. Après avoir franchi le pont-levis, il est possible d’explorer les habitations aménagées et meublées, admirer les collections d’armes anciennes ou de grimper au sommet du donjon pour profiter d’un panorama embrassant les Vosges, la Forêt-Noire et les Alpes par beau temps. À l’extérieur du château fort, le jardin médiéval suit un plan précis s’articulant autour d’un potager où sont cultivés des légumes, des plantes aromatiques et des herbes médicinales.

 

6)    LE CHÂTEAU FORT DE FLECKENSTEIN (LEMBACH – BAS-RHIN)

 

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Forteresse en partie troglodytique, le château de Fleckenstein s’insère dans une barre rocheuse longue de 100 mètres. Perchée à 340 mètres d’altitude, cette citadelle imprenable du XIIe siècle offre une vue dégagée sur la vallée de la Sauer. Situé à 20 km d’Haguenau, au cœur du parc naturel régional des Vosges, le Fleckenstein accueille près de 100 000 visiteurs par an.

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Chirac le nuisible

chirac

 

Les faux-culs en tous genres rivalisent pour chanter les louanges de Chirac. Nous qui n’avons pas la mémoire courte, nous nous souvenons qu’il est le grand responsable, en tandem avec son frère-ennemi Giscard, d’avoir ouvert toutes grandes les portes de notre pays aux envahisseurs avec la désastreuse décision du « regroupement familial », qui a permis à Mohamed, ses quatre épouses et sa vingtaine d’enfants, de vivre tranquillement grâce à une vache à lait qui s’appelle la France. Il faut appeler les choses par leur nom : Chirac fait partie, en première ligne, des fossoyeurs de notre pays.

Qu’il soit maudit.

Pierre VIAL

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