Résistance Identitaire Européenne

Chroniques, par Pierre Vial

Lendemain d’élections

Lendemain d’élections

Terre et Peuple, mouvement d’action culturelle identitaire, ne peut et ne doit se désintéresser du terrain politique, qui est un domaine d’intervention parmi d’autres. C’est pourquoi, sans en faire une priorité, nous avons toujours répondu positivement à nos camarades qui nous demandaient s’ils pouvaient se positionner politiquement. Il est donc naturel de donner notre point de vue à l’issue des élections départementales.

Au-delà des affirmations par lesquelles les media aux ordres du Système essayent de se rassurer, selon la bonne vieille méthode du docteur Coué, certains constats s’imposent, si l’on veut bien regarder les réalités en face.

  1. Les abstentions. Elles n’ont pas atteint, nous dit-on, un record historique… La belle affaire. En fait, un électeur sur deux n’a pas jugé utile de se déplacer. La bonne question à se poser c’est : pourquoi ? La réponse est simple et évidente. Parce qu’il est convaincu que mettre un bout de papier dans l’urne ne sert à rien, ne changera rien par rapport aux soucis, voire aux angoisses, de sa vie quotidienne. Un électeur sur deux ne croit plus aux beaux discours des uns et des autres et sa conclusion est sans appel : tous pourris. Peut-on lui donner tort ? Evidemment non. Et il est très satisfaisant de voir qu’un grand nombre de Français ne sont plus dupes du jeu truqué droite-gauche et ont compris que ces deux faces du Système sont évidemment complémentaires et solidaires pour tenter de sauver leurs prébendes. Sont révélateurs, au sujet de l’évolution des mentalités, les résultats de l’enquête annuelle intitulée Baromètre de la confiance politique, réalisée par l’Institut OpinionWay en partenariat avec le Cevipof (centre de recherches politiques de Sciences Po). Ces résultats n’ont été que partiellement publiés par Le Monde (on comprend pourquoi …) mais révélés intégralement par Valeurs actuelles. Voici les plus significatifs : 75% des Français ne font plus confiance ni à l’Etat ni à la République ; 88% rejettent les partis politiques ; 50% ne croient plus à la démocratie… et 67% trouvent qu’il y a trop d’immigrés en France. Conclusion : les zigotos qui se gargarisent des « valeurs de la République » ont tout faux.
  2. Les résultats du FN. Quelles que soient les réserves que l’on puisse avoir sur le FN (concernant certaines prises de position ou la personnalité de certains dirigeants) le vote en faveur du FN exprime, en grande partie, un refus de l’immigration-invasion (formule de Giscard…) mais aussi le rejet d’un Système basé sur l’exploitation, le mépris des plus modestes et, globalement, de tous ceux qui travaillent beaucoup sans pouvoir bénéficier des fruits de leur travail, confisqués par la rapacité fiscale. Ce rejet de l’UMPS est bien sûr positif et prometteur pour l’avenir. Mais les résultats du FN montrent qu’il a encore beaucoup à faire, en se gardant de tout triomphalisme, pour marquer des points décisifs.    

UMP et PS ont fait bloc, évidemment, pour contrer la montée en puissance du FN et continuer à se partager entre « républicains » le gâteau. Raison de plus pour maintenir la ligne « Ni droite ni gauche » (pour laquelle j’avais prêché, il y a longtemps, auprès de JMLP…) et l’affirmation d’une plate-forme « Troisième Voie » (ce qui exclut les accords avec l’UMP, qui peuvent apporter des satisfactions ponctuelles mais plombent une ligne radicale : il faut refuser tout compromis avec les profiteurs du Système en place). Pour augmenter les voix en faveur du FN, seul le maintien d’une ligne ferme (en particulier sur l’immigration) pourra attirer les électeurs UMP.

Ceci étant, l’implantation locale est la clé de l’avenir. Elle exige de pouvoir présenter des candidats crédibles, c'est-à-dire formés au débat politique, capables d’intervenir publiquement d’une façon sensée et argumentée, présents sur le terrain par une action continue et non limitée aux périodes électorales. Un tissu d’implantation politique est un travail de longue haleine (voir l’exemple du Parti communiste…).

3 . Le PS est déchiré par les dissensions internes, l’UMP par les rivalités entre prétendants à la candidature pour l’élection présidentielle. Les bons résultats de l’UMP aux élections départementales ont été obtenus grâce à son alliance avec l’UDI. Problème pour Sarkozy : s’il veut draguer à son profit une partie de l’électorat FN, il lui faut tenir un discours relativement radical. Mais alors il se coupe de l’électorat centriste… Juppé, lui, veut la grande alliance entre « républicains raisonnables de droite et de gauche » : c’est sa recette « on coupe les deux extrémités de l’omelette, extrême droite et extrême gauche, et on gouverne au centre » (quelque chose comme l’accord entre SPD et CDU en Allemagne). Ce qui confirme le jeu des désistements entre PS et UMP pour faire barrage au FN. Celui-ci doit donc enfoncer le clou : PS et UMP, tous pourris. L’avenir ? Ne pas vouloir obtenir une place autour de la table de jeu mais renverser la table.

                                                                                                                   Pierre VIAL                        

      

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