Résistance Identitaire Européenne

Sentiers Païens et BAD en Terre Arverne

Salut à tous,

Deux semaines sont passées depuis la tenue de notre conférence sur le thème de la « Base Autonome Durable ». Après avoir eu fort à faire pour répondre à toutes les questions suscitées par la présentation de nos associations, je propose un court retour d'expérience à ceux qui n'ont pas pu y assister.

La conférence a été précédée d'une réunion d'échange sur les projets de base autonome durable de certains de nos camarades. Fruit de cet échange une notice méthodologique augmentée verra bientôt le jour. Ce document de travail pourra servir de base à ceux de notre communauté pour travailler à sa résilience face aux temps sombres qui s’annoncent.

Plus de 130 participants ont étés réunis pour assister à quasiment 2h30 de conférence. C'est pour l’équipe organisatrice un grand succès qui auront des conséquences positives sur les vies de ceux qui sauront y prêter attention. Toutes les bonnes volontés qui se proposent de venir renforcer l'effort collectif par leur participation à notre travail seront les bienvenues.

L'enregistrement de cette soirée ne sera peut-être jamais diffusé par la faute des lois françaises contre la liberté d'expression. A vous de vous renseigner en dialoguant avec les présents.

N'hésitez pas à nous contacter, à venir à nos fêtes, nos marches et nos formations pour ne pas perdre le lien qui s'est établi entre la communauté des éveillés, ces éveilleurs de conscience, qui ont choisi la combat pour la vie plutôt que le suicide civilisationnel.

Je tiens à remercier les camarades venus des quatre coins de la France nous assister dans l'organisation de cet événement. Ils ont assurés la tenue de la caisse, la sécurité, le transport de certains participants, l'enregistrement et l'installation de la conférence mais aussi la gestion de la communication avec notamment la très belle plaquette qui a été offerte à vos yeux.

Au total plus d'une vingtaine de camarades se sont investis au service de la diffusion du savoir de notre conférencier,  avec professionnalisme mais totalement bénévolement. Que leur exemple nous inspire.

Pensons aussi à remercier les spectateurs, venus eux aussi de loin (avec une mention spéciale pour nos amis wallons), parfois en famille, ce qui démontre un vrai souci de sauvegarde du bien-être de leurs proches, de leurs enfants. Nous avons eu le plaisir d’accueillir un public curieux dont je regrette que nous n'ayons pas pu traiter toutes les réponses, mais une vidéo de notre conférencier va suivre pour corriger cela.

https://www.youtube.com/watch?v=Ud42gRSsNy8&feature=youtu.be

Enfin remercier bien sur Piero San Giorgio qui nous a fait le plaisir de sa présence, qui a su transmettre un avertissement rude à l'assemblée mais aussi lui montrer les motifs d'espoir et esquisser des solutions pragmatiques à notre portée.

Le lendemain matin, à l'occasion de l'équinoxe d'automne et profitant de l'exceptionnelle présence de camarades venus de loin, nous avons entamé l'ascension du Puy de Dôme.

L'effort et la camaraderie sont les deux ingrédients indispensables à cette potion magique que nous nommons volonté,  et cette journée n'en a pas manquée.

Nous avons eu le plaisir de découvrir les ruines richement restaurées du temple de Mercure (précédemment dédié à Lug), vestige du développement final d'un temple aux proportions comparables à une cathédrale et dont l'usage remonte probablement à des temps immémoriaux comme pour beaucoup de site païen.

L'histoire en est bien présentée par le musée qui le voisine et dont l'entrée et gratuite. Il explique tant l'usage de ce site que les procédés de sa construction et présente de belles pièces archéologiques (ex voto, statuette de mercure etc...).

Le panorama permet d’apprécier la beauté du pays Arverne « vu du ciel » à 360° : la vue portant si bien sur les monts du Livradois Forez, que ceux de la chaîne du Sancy, le sanctuaire forestier du plateau des Combrailles ou bien encore la riche plaine de la Limagne.

Nous avons partagé un repas tiré du sac autour d'une grande tablée commune, nos chants ont assurés une certaine animation au site et nous ont permis de communier par le vin et la voix. 

Après quoi nous avons pu prendre place devant le temple antique pour procéder à la cérémonie objet de notre présence dont nous retranscrivons ci-dessous le discours et le déroulement (les émotions en moins, tant pis pour le absents ! Et sans oublier le partage de l’hydromel…):

tp03mercure

EQUINOXE D’AUTOMNE

20 septembre 2019

TEMPLE DE MERCURE – Puy-de-Dôme

Chers camarades,

A l’invitation d’Alexis, nous sommes rassemblés pour célébrer l’équinoxe d’automne qui marque un moment particulier dans la course de l’astre solaire et dans le cycle des feux.

En préambule, je veux dire quelques mots sur le site particulier sur lequel nous nous trouvons. Vous le savez, ici se dressent les vestiges du temple de Mercure qui fut édifié au IIe siècle au sommet du puy de Dôme en pleine période gallo-romaine. Les Arvernes fortement romanisés à cette époque ont bâti ce sanctuaire afin de vouer un culte au dieu Mercure. Mais ne nous y trompons pas. Les Celtes de cette région n’étaient pas oublieux de leurs propres dieux et ils adoraient certainement plus Lugus Mercurius*, qui présentait la plupart des aspects du dieu celtique Lug, que le Mercure de Rome. On perçoit ici aisément le syncrétisme gallo-romain et plus largement les analogies entre les divinités de l’aire indo-européenne. C’est un lieu magnifique. Un lieu où souffle l’esprit comme se plaisait à l’écrire Maurice Barrès qui citait d’ailleurs dans les premières lignes de « La colline inspirée » pêle-mêle Vézelay en Bourgogne, la lande de Carnac en Bretagne et entre autres… le Puy-de Dôme.

L’ère celtique qui devança l’ère chrétienne, durant plus de dix-huit siècles, nous modela tout autant que la suivante. Combien de nos traditions et de nos fêtes sont issues de cette longue période ? La célébration de l’équinoxe aux alentours du 21 septembre en fait partie.

D’un point de vue astronomique, le soleil traverse le plan de l'équateur terrestre et se dirige vers le sud. Autrement dit, le soleil passe au zénith de l'équateur. Il se lève précisément à l’est et se couche précisément à l’ouest. L’équinoxe d’automne comme celui du printemps est encore un état d’équilibre entre le jour et la nuit à durée égale. Il annonce la fin des jours longs, chauds et ensoleillés et le début du chemin vers le froid de l’hiver.

L’automne est la saison de la métamorphose de la nature. La terre se prépare pour le froid et l’humidité de l’hiver. Comme il existe une correspondance entre les solstices - été et hiver - il en existe une entre les équinoxes de printemps et d’automne. L’automne répond au printemps ; il clôt le cycle. Le processus engagé le 21 juin se poursuit ; les jours continuent de raccourcir et les nuits de rallonger. C’est véritablement le début d’un long combat du Soleil contre les forces de la nuit.

De la même manière, moissons et vendanges répondent aux semailles et aux premiers labours. Le blé est un symbole de vie, à l’instar de l’arbre que nous retrouvons au centre de très nombreuses fêtes de l’année. Lui aussi symbolise le cycle de l’existence, où le devenir et la fuite du temps sont indissociablement liés. Très tôt en Europe, l’année fut représentée comme une roue en mouvement. Son sens mythique est que la vie renaît toujours et sans cesse de la mort, idée immémoriale traduite également par le grain : semé en terre, le grain descend lui aussi dans le monde souterrain d’où il ressort rajeuni, plein de forces nouvelles. La mort non seulement l’a fait renaître mais lui a donné la force de se multiplier. Un seul grain de blé donnera un épi dont il sera lui-même le fruit multiplié.

Septembre clôture le cycle de l’année agricole et pastorale. A cette période, on remercie la terre des cadeaux qu’elle nous offre pour pouvoir passer les temps plus durs et froids. Le sens des rites de la récolte est donc de relier la fin d’un cycle à un nouveau commencement, de garantir que la force du cycle qui se termine passera dans celui qui s’ouvre.

L’automne ouvre aussi la période de recueillement. De la Saint-Michel (le 29 septembre) à Samain (fête des morts le 1er novembre), les vivants se souviennent des guerriers et des aïeux disparus. Joie et ferveur : l’anneau de la vie.

Au niveau individuel, c’est le début d’un retour sur soi, comme la terre qui va puiser en elle-même pour vivre pendant ses longs mois et se ressourcer, c’est le début d’une période propice à l’introspection, à la mise au point sur soi-même.

* l’équivalent du Lug Samildanach mobilisateur des fonctions souveraines et artisanales

CONSECRATION DU SITE

AU NOM DE NOS ANCIENS DIEUX, NOUS ALLONS CONSACRER CE LIEU A LA CÉLÉBRATION DES PUISSANCES.

Ô DIEUX, SOYEZ NOS GUIDES ET NOS RÉCONFORTS.

MARTEAU DU NORD, PROTÈGE ET SANCTIFIE CE LIEU.

MARTEAU DE L’EST, PROTÈGE ET SANCTIFIE CE LIEU.

MARTEAU DU SUD, PROTÈGE ET SANCTIFIE CE LIEU.

MARTEAU DE L’OUEST, PROTÈGE ET SANCTIFIE CE LIEU.

MARTEAU QUI PLONGE AU PLUS PROFOND DE HEL, PROTÈGE ET SANCTIFIE CE LIEU.

MARTEAU QUI T’ÉLEVE AU SOMMET D‘ASGARD, PROTÈGE ET SANCTIFIE CE LIEU.

QUE TOUT CE QUI EST DYSHARMONIEUX DEMEURE HORS DE CET ESPACE SACRÉ ET DE NOS COEURS. AUTOUR DE NOUS ET EN NOUS SONT ASGARD ET MITGARD.

Je vous propose d’amorcer cette cérémonie par la lecture d’un poème de LECONTE DE LISLE extrait des « Poèmes barbares » : la Mort du Soleil.

La Mort du Soleil

Le vent d’automne, aux bruits lointains des mers pareil,

Plein d’adieux solennels, de plaintes inconnues,

Balance tristement le long des avenues Les lourds massifs rougis de ton sang, ô soleil !

La feuille en tourbillons s’envole par les nues ; Et l’on voit osciller, dans un fleuve vermeil, Aux approches du soir inclinés au sommeil,

De grands nids teints de pourpre au bout des branches nues. Tombe, Astre glorieux, source et flambeau du jour !

Ta gloire en nappes d’or coule de ta blessure,

Comme d’un sein puissant tombe un suprême amour.

Meurs donc, tu renaîtras ! L’espérance en est sûre. Mais qui rendra la vie et la flamme et la voix Au coeur qui s’est brisé pour la dernière fois ?

LECONTE de LISLE

ALLUMAGE DE LA FLAMME

Puisque nous venons d’évoquer le flambeau et la flamme, allumons cette bougie qui symbolisera la lumière et la chaleur du Soleil.

Nous te saluons, Dieu du Soleil aux éternels retours !

Tombent les feuilles,

Mûrissent les fruits,

Tombent les graines.

Nuit et jour sont d’égale durée.

Poursuis ton voyage, Ô Dieu du Soleil !

Nous allumons ce feu en ton honneur !

Odelette

Demain ce sera l’automne,

Hier c’était le printemps;

La vie au pas monotone

Parcourt le cercle du temps.

L’hiver à l’été s’oppose.

Janvier passe comme fuit

Avril, et l’on voit la rose

Fleurir quand est mort le gui.

Tout s’achève et tout recommence,

Meurt et renaît tour à tour,

Car de joie et de souffrance

Est fait l’éternel amour !

Le ciel s’argente ou se cuivre,

Aube ou couchant radieux…

L’essentiel est de vivre

Sous le regard de vos yeux !

Henry de REGNIER

LIBATIONS

Les Oies sauvages

  1. Les oies sauvages vers le Nord Leur cri dans la nuit monte. {Gare au voyage car la mort Nous guette par le monde. (bis)
  2. Au bout de la nuit qui descend Voyage, grise escadre. {L’orage gronde et l’on entend La rumeur des batailles. (bis)
  • III. En avant, vole, grise armée Et cingle aux mers lointaines. {Tu reviendras, mais nous qui sait Où le destin nous mène. (bis)
  1. Comme toi toujours nous allons Grise armée dans la guerre {Murmure-nous, si nous tombons La dernière prière. (bis)

CLÔTURE DE LA CEREMONIE

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Nous remercions tous les dieux et les déesses, les génies du lieu et les esprits des éléments, ainsi que les esprits de nos anciens.

Merci de votre bienveillance.

PS : un grand merci à Will, pour la préparation et l'office de la cérémonie.

 

 

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LA COMMUNE ET LA POSTE

Mars 1871, Paris en fête appartient aux travailleurs en armes. Ceux-ci, après avoir enduré les rigueurs d'un siège et vingt ans de dictature impériale, se libèrent.

Ils ont collé au mur les généraux Lecomte et Clément-Thomas qui, sur ordre de Thiers, voulaient s'emparer des canons du peuple, et aussitôt de nombreux bourgeois s'enfuient ventre à terre à Versailles.

Le sieur Rampont, directeur général des Postes, pense d'abord pouvoir ruser, et demande à la Commune d'envoyer deux délé­gués pour « contrôler sa gestion ». Mais le contrôle s'avérant efficace, Rampont change de tactique et prépare pour les derniers jours de mars le sabotage systématique de son minis­tère. Au dernier moment, son plan prêt, il fait afficher un ordre dans la cour de l'Hôtel des Postes : tous les employés doivent quitter rapidement leur poste, sous peine de révocation immé­diate. Avec ses complices, il gagne clandestinement Versailles, après avoir détruit au maximum les installations, brûlant même une partie du matériel intransportable.

Ainsi, ie 31 mars, Paris se trouve privé de toutes communi­cations avec la province, et le nouveau responsable des Postes, nommé par la Commune, Theisz, doit tout reprendre en main. Militant de l'Internationale, âgé de 32 ans, l'ancien ciseleur sur bronze doit faire face à une situation très grave : les bureaux divisionnaires sont fermés, les timbres cachés ou emportés, les voitures et les cachets en grande partie dispersés. Surtout la caisse est vide. Lorsque les employés arrivent pour prendre leur service, Theisz est sur place et organise la discussion. Rapidement, la majorité du petit personnel se rallie à la Commune et c'est en s'appuyant sur elle que Theisz va remettre en marche le lourd appareil, en moins de 48 heures. Des employés compétents, militants socialistes pour la plupart, reçoivent la direction des différents bureaux divisionnaires et les réorganisent si bien que, dès le 3 avril, « le service pour la levée et la distribution des lettres dans Paris » est totalement rétabli.

Pour combler les vides, le « Conseil des Postes » embauche des travailleurs. Presque tous membres de la Garde Nationale, ils assurent leurs fonctions sans quitter fusil et cartouches l

Une école de télégraphie est ouverte par Pauvert dans laquelle les nouveaux employés apprennent en quelques semaines le métier auprès des anciens. Parallèlement à son travail de réor­ganisation, le « Conseil des Postes » prend des mesures en faveur des employés : le traitement des facteurs, des gardiens de bureaux et des chargeurs est augmenté, le statut des surnu­méraires amélioré et leur stage abrégé. Enfin, on décide que les fonctions seront attribuées à chacun suivant ses capacités, véri­fiées par des examens et des épreuves. On accorde des avances sur le salaire aux employés les plus démunis.

Le service des Postes fournit aussi, à plusieurs reprises, des « ballons montés » au moyen desquels plusieurs milliers de tracts, destinés aux paysans, seront largués en Ile-de-France.

Dans Paris et la proche banlieue, le courrier circule parfaite­ment bien et, à partir du 4 mai, on trouve à nouveau des timbres dans tous les bureaux de tabac. Pour les communications avec la province, le fonctionnement repose sur une équivoque qu'aucun des deux camps en présence ne supprime avant la « Semaine Sanglante » : Fédérés et Versaillais utilisent les mêmes timbres. En effet, Camélinat, ancien monteur en bronze, dirige l'Hôtel de la Monnaie et fait feu de tout bois : il frappe de nombreuses pièces et médailles en utilisant l'argenterie de l'hôtel de ville et du palais impérial. Pour les timbres-poste, il a remis les machines en marche et sort les anciens sans même les surcharger. Cela permet aux Communards de communiquer très facilement avec n'importe quel point du territoire, en utili­sant la poste versaillaise ! Il suffit de déposer les lettres norma­lement affranchies dans une boîte relevée par les adversaires. Pour cela, chaque jour, des dizaines de courriers courageux (plusieurs seront fusillés) franchissent les lignes versaillaises avec des musettes bourrées de lettres, à la recherche d'une boîte peu surveillée. Les Versaillais font de même dans une moindre mesure, mais les Fédérés, qui sont les premiers à mettre au point ce système, en sont les grands bénéficiaires, étant donné l'étendue des deux réseaux.

Toutefois, le « Père Duchesne », et avec lui bon nombre de Parisiens, réclament à Caméiinat de nouveaux timbres à l'effigie de la « Commune », « belle femme coiffée d'un bonnet phry­gien... », mais la Commune sera écrasée avant qu'ils ne sortent des presses. Une partie du courrier est interceptée et détruite par Versailles.

Pendant toute la Commune, Theisz équilibre son budget et fait fonctionner Postes et Télégraphes sans aide extérieure.

Ainsi, comptant sur leurs propres forces, des travailleurs, des militants révolutionnaires, des ouvriers ont réussi à faire fonc­tionner un service aussi complexe que celui des Postes, permet­tant aux dépêches et aux idées de la Commune de circuler aux quatre coins d'un territoire contrôlé par l'adversaire.

Gilles RAGACHE

 

Documentation :

Bibliothèque du Vieux Paris ;

     Archives Nationales.

Sources : Le Peuple Français - Revue d’Histoire Populaire - 07 09/1971

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Georges Sorel et la grève politique (Seconde partie)

A l'opposé de la grève générale conçue, orga­nisée et exécutée par le prolétariat en dehors de toute ingérence venue de l'extérieur, G. Sorel met la grève suscitée par les hommes politiques qui cherchent à mobiliser et à manœuvrer les forces prolétariennes à leur personnel usage et profit. Son esprit d'analyse pénétrante et sa verve s'exercent merveilleusement dans le cha­pitre d'histoire contemporaine qu'il a consacré à ce sujet dans « les Réflexions sur la violence ». Aucun des bas instincts, aucune des roueries, aucun des dangers flagrants que représente pour le prolétariat l'intervention des politiciens ne lui a échappé. Ses arguments mériteraient d'être constamment mis devant les yeux du proléta­riat pour le sauver de l'influence politique et de l’action des hommes du Parti, en tant que poli­ticiens agissant sur le syndicalisme révolution­naire. Car il ne s'agit pas de nier absolument l'ac­tion favorable du Parti socialiste sur le terrain, politique. Tant que le régime parlementaire existera et qu'il y aura ses partis politiques, pour exprimer les diverses tendances des masses, il est indispensable qu'un Parti socia­liste existe aussi et prenne aux débats et aux conflits politiques une part importante. Il s'agit de sauver le syndicalisme révolutionnaire de l'envahissement de la politique et des politiciens qui détournent ses énergies et son action du seul terrain sur lequel elles doivent naître et s'exer­cer, le terrain de la préparation technique révolutionnaire.

« Les politiciens sont des gens avisés, dont les appétits voraces aiguisent singulièrement la perspicacité, et chez lesquels la chasse aux bonnes places développe des ruses d'apaches. Ils ont horreur des organisations purement proléta­riennes, et les discréditent autant qu'ils le peu­vent. Ils en nient souvent même l'efficacité, dans l'espoir de détourner les ouvriers de groupe­ments qui seraient, disent-ils, sans avenir. Mais quand ils s'aperçoivent que leurs haines sont impuissantes, que les objurgations n'empêchent pas le fonctionnement des organismes détestés et que ceux-ci sont devenus forts, alors ils cher­chent à faire tourner à leur profit les puissances qui se sont manifestées dans le prolétariat. »

On objectera vainement que certains hommes politiques, considérés individuellement, ne méritent pas cette dure appréciation. Elle reste abso­lument vraie à l'égard du politicien, pris en sa qualité d'homme public. Il y a une véritable incompatibilité entre la fonction politique et la fonction syndicaliste. L'ingérence politicienne étrangle, au sein des syndicats, le sentiment de classe et l'action prolétarienne. Le travail que les politiciens opèrent dans les syndicats est un travail de ruine.

La pensée de G. Sorel est particulièrement nette dans ce passage : « S'il existait des fédé­rations ouvrières riches, bien centralisées et capables d'imposer à leurs membres une sévère discipline, les députés socialistes ne seraient pas très embarrassés pour imposer parfois leur direction à leurs collègues. Il leur suffirait de profiter d'une occasion favorable à un mouve­ment de révolte, pour arrêter une branche d'industrie pendant quelques jours. On a plus d'une fois proposé de mettre ainsi le gouvernement au pied du mur par un arrêt dans l'exploitation des mines ou dans la marche des chemins de fer. Pour qu'une pareille tactique pût produire tous ses effets, il faudrait que la grève pût éclater à l'improviste sur le mot d'ordre lancé par le Parti et qu'elle s'arrêtât au moment ou celui-ci aurait signé un pacte avec le gouvernement. C'est pourquoi les politiciens sont si parti­sans d'une centralisation des syndicats et par­lent si souvent de discipline. On comprend bien qu'il s'agit d'une discipline subordonnant le prolétariat à leur commandement. Des associa­tions très décentralisées et groupées en Bourses du Travail leur offriraient moins de garanties; aussi regardent-ils volontiers comme des anar­chistes tous les gens qui ne sont point partisans d'une solide concentration du prolétariat autour des chefs du Parti. »

Le prolétariat serait manœuvré par les faux révolutionnaires comme un pion de valeur sur l'échiquier politique ; il cesserait de s'appar­tenir et dégénérerait très rapidement. La concentration unitaire des syndicats est regar­dée comme très désirable par les parlementaires qui y poussent de leur mieux, en même temps qu'ils tâchent de transformer les mouvements de révolte des prolétaires en manifestations politiques. L'unité syndicale ne sera qu'un leurre si elle sert à autre chose qu'à favoriser la levée en masse du prolétariat dans un mouve­ment de grève générale. Il ne s'agit pas « de faire passer le pouvoir d'un groupe de politiciens à un autre groupe de politiciens, le peuple restant toujours la bonne bête qui porte le bât ».

La grève politique est fondée sur le principe de la conservation de l'Etat, qu'il s'agit au contraire de supprimer. Les politiciens ne songent qu'à dominer ou à occuper l'Etat ; à leur suite, le prolétariat serait réduit à mettre en lui sa sauvegarde. S'il acceptait, au nom du Parti, de faire la grève politique contre un Etat déterminé, ce ne pourrait être que pour aider au rétablissement d'un nouvel Etat, d'avance pré­paré par le Parti. Ainsi la grève politique est au service de l'utopie que repousse la grève pro­létarienne.

L'existence d'un Parti maître de la tactique et de la destinée du prolétariat est tout opposée à la doctrine marxiste. Le Parti se compose essentiellement d'une « élite » politicienne qui n'entend nullement confondre son existence, sous aucun rapport, avec celle du prolétariat militant révolutionnaire. La séparation est si nette entre les deux groupes que le Parti a été plus d'une fois rappelé à l'ordre dans les congrès socialistes pour l'avoir affichée trop crûment ; on l'a averti qu'il risquait de perdre la confiance des masses. En fait, celles-ci ne devraient con­naître le Parti que sur le terrain politique et le tenir très soigneusement à l'écart sur le terrain du syndicalisme.

L'intrusion de la politique dans la tactique de la transformation sociale supprime la divi­sion de la société en deux classes, pour revenir à l'inepte opposition des pauvres et des riches. Les politiciens évoluent sur ce terrain de combat et s'affairent entre les deux camps en de perpé­tuels compromis.

Au lieu du grave et du sublime qu'engendré le syndicalisme révolutionnaire, le prolétariat enrôlé dans la politique se laisse aller aux pires abjections de la jalousie, de la vengeance ou de la tracasserie ; son adversaire lui apparaît méprisable et il le devient lui-même. La déma­gogie prend alors sur lui tout son effet.

« Je ne crois pas, dit G. Sorel toujours pour­suivant son idéal élevé, qu'il y ait de moyens propres à faire disparaître cette influence funeste des démagogues, autres que ceux que peut employer le socialisme en propageant la notion de grève générale prolétarienne. Il éveille au fond de l'âme un sentiment du sublime en rapport avec les conditions d'une lutte gigan­tesque ; il fait tomber au dernier rang le besoin de satisfaire la jalousie par la méchanceté ; il fait apparaître au premier rang l'orgueil de l'homme libre et ainsi met l'ouvrier à l'abri du charlatanisme des chefs ambitieux et avides de jouissances ».

  1. Sorel revient sur l'opposition des deux aspects de la guerre, l'aspect noble et glorieux, et l'aspect utilitaire et intéressé. La grève générale syndicaliste relève du premier aspect ; la grève politique relève du second. Aux yeux des politiciens profiteurs, le prolétariat est de la chair à canon et pas autre chose, comme le disait Marx, en 1873.

La victoire du Parti socialiste commandant les troupes ouvrières amènerait sans doute ce qu'on appelle la dictature du prolétariat, sans autrement préciser le sens de l'expression. La société se retrouverait divisée en maîtres et en asservis, les politiciens étant les maîtres et les troupes ouvrières demeurant subordonnées. En somme, le prolétariat serait soumis à une dicta­ture extérieure à lui-même, système totalement: opposé au marxisme aussi bien qu'aux principes du syndicalisme révolutionnaire. « Pas de dicta­ture, s'écriait Pelloutier, pas même celle du pro­létariat ».

Grâce à la grève politique, on verrait la révolution sociale aboutir à une merveilleuse servitude.                                                  

Jacques Renne

 

(Sources : Gorges Sorel et le Syndicalisme révolutionnaire-1936)

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La liste des annonceurs refusant de collaborer avec Zemmour s’allonge

Ferrero, la MAIF, Groupama, Monabanq, … Autant de grandes marques qui ne souhaitent plus être associées aux émissions ou chaînes où travaille Éric Zemmour suite à ses dires polémiques sur l’immigration, et décident donc de retirer leur publicité, annonce Le Parisien.

Les propos d’Éric Zemmour sur l’immigration sont lourds de conséquences. Après la décision de Nutella de ne plus diffuser sa publicité pendant l’émission «Zemmour et Naulleau» sur Paris Première, d’autres grandes enseignes, telles que la MAIF, Groupama ou Monabanq, lui emboîtent le pas, précise le Parisien.

Interrogée par le quotidien français, la MAIF a expliqué avoir «exclu le programme Zemmour et Naulleau de [ses, ndlt] futurs investissements sur la chaîne» Paris Première, tout en gardant ses «achats programmés, effectués bien avant les événements récents».

Quant à Groupama, il a indiqué au Parisien avoir «retiré immédiatement ses publicités des chaînes où travaille ou pourrait travailler Éric Zemmour». Monabanq, pour sa part, «ne diffusera plus, à partir de ce soir, ses publicités sur les chaînes Paris Première et CNEWS durant les émissions d’Éric Zemmour», écrit le quotidien.

Les membres de Sleeping Giants, qui se présente sur Twitter comme un collectif ayant pour mission de «lutter contre le financement du discours de haine», ont cité d’autres sociétés, comme Lipton, Club Med, Amazon, Mazda. Contactés par le Parisien, elles n’ont pas souhaité faire de commentaires.

Les propos de Zemmour

Éric Zemmour a récemment fait polémique en raison des propos qu’il a tenus fin septembre sur l’immigration et l’islam à la Convention de la droite. Le parquet de Paris a annoncé l’ouverture d’une enquête pour «injures publiques» et «provocation publique à la discrimination, la haine ou la violence» le 1er octobre. Édouard Philippe avait notamment qualifié ses discours de «nauséabonds et profondément contraires à l'idée que nous nous faisons de la France et de la République».

Le polémiste a également été condamné à 3.000 euros d’amende pour provocation à la haine le 17 septembre 2019. Il avait déjà fait l’objet d’une condamnation en 2011 pour provocation à la discrimination.

Sputnik du 09.10.2019

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