Résistance Identitaire Européenne

La Haute Finance installée à l’Elysée : vive la Ripoublique !

 

Les gros malins friqués et les jobards ont désormais le Président qu’ils méritent et qu’ils ont voulu : ce produit type de la Haute Finance anonyme et vagabonde, comme disait Henry Coston.

Avec lui, pas d’erreur possible : les très riches seront encore plus riches, les très pauvres encore plus pauvres. En application d’un libéralisme pur et dur, qui sème sur sa route précarité, pauvreté, désespoir. Rassurez-vous : cela n’empêchera pas les bobos de dormir. Tout au moins jusqu’au jour où on ira les réveiller pour les pendre à l’arbre le plus proche…

Car nous entrons dans une nouvelle phase de l’Histoire dont les apprentis sorciers qui ont monté l’opération Macron s’imaginent qu’ils pourront la maîtriser, comme d’habitude. Or ils ont fabriqué et mis en place un Golem (rappelons à ceux qui ne sont pas familiarisés avec la tradition juive et la kabbale que le Golem est un puissant monstre anthropoïde, fabriqué par un rabbin avec de l’argile, destiné à servir inconditionnellement son créateur… mais qui peut lui échapper).

Bien sûr, le monde du fric roi est aux anges : la créature qu’il a fabriquée de toutes pièces et installée à l’Elysée va servir au mieux ses intérêts. Pendant cinq ans ? Les dieux en décideront. En inspirant peut-être à un peuple méprisé, bafoué, exploité une volonté de révolte aboutissant à la destruction du Golem.

C’est à cette œuvre de libération qu’il nous faut maintenant travailler, en particulier sur le terrain social, économique et culturel, au plus près des réalités, à la base, au contact de toutes celles et de tous ceux qui vont souffrir de plus en plus de la casse à grande échelle organisée par des gens qui se croient désormais tout permis et veulent écraser toute résistance. Il faut entrer en sécession, rompre tous les ponts avec un Pays Légal qui doit devenir de plus en plus une carcasse vide. Que le Pays Réel organise son autodéfense et sa survie – et tout sera possible. Comme a dit un jour un grand soldat : « Courage, on les aura ! ».

                                                                       Pierre VIAL

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TERRE & PEUPLE Magazine n°20 résumés de lecture

TP20

 

Le numéro 20 de Terre & Peuple Magazine, sorti au début de l’été, a pour thème ‘L’Europe est-elle chrétienne ?’ Dans son éditorial, Pierre Vial répond au célèbre article de Jean Raspail paru dans Le Figaro du 17 juin dernier, où le prophète du ‘Camp de Saints’, citant Mitterand («Ils sont chez eux chez moi») et Chirac («L’Europe dont les racines sont autant musulmanes que chrétiennes»), estime que pour l’Europe, objet de l’invasion musulmane, «les carottes sont cuites». Pierre Vial objecte à cela que «l’histoire n’est jamais finie», que l’actualité et la science nous donnent raison, et puis que nous nous battrons quand même, parce que «nous aimons la bataille car nous aimons la vie».

Thomas Stahler dénonce l’amalgame fréquent entre le paganisme et le satanisme. Cet amalgame est d’autant plus déplacé que, si Satan ou Belzebuth désignent, en effet, des divinités païennes, celles-ci sont bienfaisantes. Baal, vainqueur du monstre Zébuv, en reprend le nom pour sa seule gloire et Lucifer, fils de la déesse Astoreth, est l’étoile du matin. Les traditions indo-européennes opposent communément un dieu céleste à un serpent monstrueux qui menace de détruire le monde: Thor combat Jormungandr, Apollon abat le Python et Mithra affronte Ahriman qui a pris la forme d’un serpent-dragon. Ils ouvrent la voie à saint Georges et à saint Michel. Paradoxalement, la mode actuelle à afficher des prétentions satanistes est le fait d’une confusion, née de la seule propagande disqualifiante diffusée par le christianisme. C’est la même confusion qui inspîre, souvent aux mêmes personnes, d’affecter une dévotion pour Adolf Hitler, dont ils n’ont pas lu une ligne, et pour le nazisme, qu’ils ne connaissent que par la propagande anti-nazie. L’une et l’autre sont à la mesure de leurs appétits pour un certain sadisme, généralement platonique. Ces ‘satanistes’ sont aux antipodes du paganisme.

Suit une étude de Pierre Vial sur les racines historiques de l’Europe. Celle-ci naît aux premiers siècles du moyen âge. Car c’est aux ‘Européens’ qu’un chroniqueur de Cordoue oppose les Sarrasins à Poitiers et Angilbert célèbre en Charlemagne le ‘chef vénérable de l’Europe’. Il s’agit alors, plutôt que d’une communauté politique, d’un fonds culturel commun, que d’aucuns ont appelé et appellent la chrétienté. Cela même qui a sous-tendu le lobby du pape et des démocrates chrétiens auprès des constituants européens, avec l’issue piteuse qu’on sait. A la question: l’Europe est-elle effectivement chrétienne, Pierre Vial répond oui et non. Il y a d’abord que l’Europe (en grec, cela signifie ‘au vaste regard’) est bien antérieure au christianisme: Hérodote appelle Europaioi les Grecs dressés contre l’impérialisme oriental dans un conflit de civilisations. Ensuite parce que l’héritage de l’Europe est, selon Jacques Le Goff, quadruple: l’héritage grec («L’apport de la Grèce est ce qu’il y a de plus distinctif dans notre civilisation,» affirmait Paul Valéry); le romain, avec une langue dont l’Eglise fait une langue sacrée; l’idéologie trifonctionnelle indo-européenne; enfin l’héritage que Le Goff qualifie de biblique. Cette pluralité est coiffée par une unité, l’Eglise, qui se proclame la civilisation, la civilisation chrétienne. Sur le contenu, profondément ou superficiellement chrétien, de cette civilisation et sur le caractère rigoureusement monothéiste ou au contraire largement polythéiste de la pensée religieuse des populations européennes, on se rapportera au compte-rendu (voir la rubrique Nos activités passées) de la communication de Pierre Vial aux Journées du Soleil.

A propos de l’enjeu de la constitution européenne, Jean-Gilles Malliarakis évoque Troie, et même ‘Troy’, le film hollywoodien qui invite les masses médiatisées à croire que c’est depuis des millénaires que la Mer Egée est le théâtre d’un affrontement entre les Européens et les Orientaux. Et que les bons, les doux et les gentils étaient, à l’époque de la guerre de Troie, ces Toyens assimilables aux Turcs, supposés nous apporter aujourd’hui les valeurs de l’Orient. Freud s’était déjà déclaré pour Hannibal contre les Romains, c’est-à-dire pour l’opulence des despotismes religieux et contre les particularistes qui, pour sauver leur liberté et leur identité, doivent s’unir. C’est bien le schéma qui se propose aux constituants européens, celui que le vieil Homère, dans l’Iliade, faisait méditer et reméditer aux libertaires grecs.

Pour Eric Louvier, le mot communautarisme est un mot qui fait peur. Il fait observer que le Petit Robert s’abstient prudemment de le définir, malgré son importance par rapport à la grande menace: le caractère composite des nouvelles ‘nationalités’ européennes, du fait de l’invasion du vieux continent par des dizaines de millions d’extra-européens. Il s’agit, en effet, d’une transformation radicale du substrat anthropologique du continent européen. Spinoza attribue à tout organisme le devoir de persévérer dans son être et, pour les communautés humaines, dans le respect du legs des ancêtres et l’espérance d’un futur plus grand. L’immigration en masse débouche sur la rupture de cette chaîne, sauf à juger qu’il est temps encore de lancer le communautarisme européen. Terre & Peuple suggère de créer des cercles communautaires européens. Pour reconstituer un moi collectif, dissous aujourd’hui dans l’affaissement des croyances, des dogmes et des religions qui structuraient jusqu’ici l’imaginaire collectif des Européens, le christianisme et l’Eglise, mais aussi la patrie, la famille et le travail. Le capitalisme libéral, générateur du consumérisme de masse, ne peut prospérer que sur ce cimetière des valeurs.

En plus des rubriques habituelles, on remarquera deux critiques, pas toujours divergentes, de ‘Le coup d’Etat mondial, essai sur le nouvel impérialisme américain’, le dernier livre de Guillaumes Faye, dont Pierre Vial souligne que, «dans le combat qui est le nôtre, il a fourni nombre de munitions».

On retiendra aussi le beau portrait, brossé par Jean Mabire, d’un autre éveilleur de peuple, le poète guerrier Kurt Eggers, qui à quinze ans avait déjà pris sa part des combats que les corps francs ont menés, sur les frontières orientales, pour défendre leur patrie, l’Allemagne vaincue en 1918, contre la curée lancée par ses voisins.

In Renaissance euroépenne N°61

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Solidarité avec Olivier

Olivier  est un « néo rural » de près de 50 ans   qui a très vite quitté Paris pour s’investir dans l’agriculture biologique pour ensuite devenir entrepreneur forestier (débardage à cheval puis uniquement coupe des arbres) après une dizaine d’années cette entreprise a périclité de telle sorte que sa maison a été saisie (il y a une procédure de vente forcée en cours) .

il a alors été contraint et forcé d’arrêter toute activité et à a tout quitté emportant juste quelques effets personnels et une jument qui est sa seule compagne avec laquelle il chemine depuis 18 mois sur les sentiers de France

La jument porte ses maigres effets et il bivouaque avec elle depuis lors .Il est ainsi devenu un SDF agricole espèce rare, de plus un SDF avec un cheval,c’est absolument singulier et donc très sympathique.Il rédige un très beau journal de marche : https://1ersauvage.wordpress.com/  (il se connecte comme il peut).

Il a une page Facebook sur laquelle il partage ses aventures et  les très belles photos qu’il prend avec les moyens du bord : Marches et Stations. Olivier a également un compte twitter @saintgervais.

Un de nos amis  lui a consacré une émission radiophonique sur internet fort bien faite : https://soundcloud.com/user-461395994/portait-olivier-un-sdf-rural-qui-a-besoin-de-vous?utm_source=soundcloud&utm_campaign=share&utm_medium=facebook

Actuellement il se dirige vers le Périgord afin de tenter de récupérer quelques effets personnels dans sa maison saisie et sur le point d’être vendue. Vivre avec très peu de moyens avec une jument comme compagne est une aventure émouvante , peu banale  et surtout très éprouvante au quotidien (une jument ne se parque pas comme une voiture !) et son histoire rappelle un peu celle du héros de la Morsure des Dieux de Cheyenne Carron et surtout le dernier livre de Sylvain Tesson « Les chemins noirs ».

Il n’est toutefois pas sans projets mais se heurte à la dure réalité de la vie quotidienne : se nourrir, trouver de l’eau, un paturage,un endroit adéquat et propice pour bivouaquer car vivre dehors avec son cheval est une aventure compliquée dans un monde qui n’est plus adapté au cheval : songez à ce simple exemple : acheter quelque chose dans une épicerie implique d’attacher la jument à un poteau ou à un arbre qui doit se trouver en face du magasin pour que la jument ne s’enfuie pas en ne voyant plus son maitre (on imagine la relation fusionnelle qui doit exister entre eux) .

Comme il n’est pas étranger à notre famille de pensée et que son vécu est un grand pied de nez à la société moderne , policée et automobile ce serait bien de lui envoyer quelques fraternels saluts sur sa page Facebook (Marches et stations) ou sur son adresse mail Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. comme marque de solidarité et surtout si des camarades habitant dans la région du Périgord pouvaient lui porter assistance en lui louant ou lui prêtant un petit hangar (pas un logement) cela lui permettrait d’entreposer les effets personnels qui se trouvent encore dans sa maison en voie de vente forcée.

En tout cas une belle et dure aventure que celle d’Olivier

La photo qui illustre cette communication a été prise par lui.

Éric Vuylsteke.

olivier saint gervais 2

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Macron, le représentant de commerce du fric roi

emmanuel macron pouvoir argent

 

Les résultats du premier tour de la présidentielle ont des côtés positifs.

  • Le clivage bidon gauche-droite explose car les deux « partis de gouvernement », qui nous ont joué la comédie de l’alternance pendant des décennies, sont KO debout. Le PS est en miettes, les Républicains sont d’autant plus déboussolés qu’ils se voyaient, il n’y a pas si longtemps, au pouvoir et que l’heure des règlements de compte, au sein du panier de crabes, a sonné. Jouissons du spectacle.

  • Les masques tombent : Hollande, Hamon, Fillon, Juppé, Baroin, Raffarin, Estrosi, Kosciusko-Morizet, Cazeneuve, Ayrault, Valls, Cécile Duflot, Aubry, Montebourg, Michel Barnier appellent à voter Macron. Jacques Attali, Bernard-Henri Lévy, Cohn-Bendit boivent du petit lait, tout comme le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker. Bref, ils sont venus, ils sont tous là : la grande famille du Système affiche son unité, unanime qu’elle est pour installer au pouvoir Macron, l’homme du capitalisme intégral et du libéralisme fou, l’homme de la grande banque et des groupes de pression mondialistes, mandaté par ceux qui l’ont fabriqué de toutes pièces pour achever la besogne de désintégration des peuples qui a commencé il y a bien longtemps. Avec la bénédiction de la sacristie, de la synagogue, de la mosquée et des loges.

  • Tout est donc simple et clair : d’un côté l’Anti-France, de l’autre la partie restée saine d’un peuple qui ne veut pas subir, qui ne veut pas mourir. A ce peuple il faut adresser un message lui aussi simple et clair : il faut dès maintenant entrer en résistance, par tous les moyens, entrer en sécession, refuser toute allégeance à une structure d’Etat qui n’est là que pour faire régner la loi du fric, du cosmopolitisme, du déracinement, avec un programme évident : tuer ce qui peut rester des identités provinciales, nationales, européennes, en utilisant en particulier l’invasion de millions d’allogènes.

  • Quant aux benêts qui ont voté et vont voter Macron et qui ont l’éternelle vocation d’être des cocus contents, on leur annonce une bonne nouvelle : avec Macron, dans peu de temps ils vont pleurer des larmes de sang. Nous n’aurons pas l’hypocrisie de dire que nous les plaindrons. Comme disent mes arrière-petits-enfants : bien fait !

                                                                                                   Pierre VIAL

 

votez escroc mais pas facho

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TERRE & PEUPLE Magazine n°19 résumés de lecture

TP19

Le numéro 19 de la revue Terre & peuple est consacré à la forêt, source et ressource, selon Ernest Renan, du génie des peuples européens. Pour d’autres peuples, ce sera, comme on sait, le désert, pour d’autres la mer, pour d’autres la steppe, voire la banquise. Dans son éditorial, Pierre Vial appelle les Européens rebelles à se regrouper et à s’entraider. Pour lui, c’est le réflexe du salut. Alors que, pour François Delacroix, la forêt, part primordiale de notre identité, est le refuge des rebelles et le lieu de leur ressourcement, pour Pierre Vial, elle exprime la conception du monde qu’ont les Européens. Cette conception est moniste. Au contraire des orientaux dualistes (ils opposent le Bien et le Mal, le ciel et la terre), les Européens expriment l’unité de ce monde par l’image de l’arbre, qui réalise la communion du monde chtonien et du monde ouranien, unissant la terre à la fois au ciel et au souterrain. Alors que la forêt est le lieu de l’initiation des jeunes guerriers, asile du sacré et de la sagesse des druides, le christianisme reprendra l’interdit biblique (Moïse avait ordonné de brûler les bois sacrés et interdit de planter des arbres symboliques). L’Eglise opposera la civilisation des villes à la sauvagerie inquiétante des forêts. Saint Martin et saint Boniface feront un carnage des arbres sacrés. Mais la force de la tradition réintroduira l’image de l’arbre dans les cathédrales gothiques, qui sont des ‘forêts de pierre’. Le bon Roi saint Louis rendra sa justice sous un chêne et saint Bernard ira jusqu’à enseigner: «Tu trouveras plus dans les forêts que dans le livres.», un thème que reprendra saint François d’Assise. Au contraire, Descartes, féru du dépouillement strict de l’abstraction rationaliste, reprendra à son compte la phobie monothéiste que nourrissent les hommes du désert pour l’inquiétant foisonnement de la forêt.

Le Professeur Jean Haudry, en éminent linguiste, relève que, pas plus que la guerre, qui pour eux est la condition normale de l’existence, la forêt, qui en est le cadre omniprésent, ne fait l’objet d’un nom indo-européen commun. Plus tard, le mot forêt viendra désigner, au contraire, ce qui est extérieur (fors = hormis) au cadre de vie civilisé, urbanisé, comme l’avait fait le mot latin silva, sylve, sauvagerie. Par ailleurs, le mot anglais wood est hérité d’une racine celtique qui voit la forêt comme séparation entre les terres défrichées, tandis que les mots allemands wald et wild évoquent à nouveau la solitude et la sauvagerie. Mais cette solitude n’est pas inhabitée: elle abrite des exclus, les brigands aux mœurs de loup, confréries masculines, Männerbünde chez les Germains, Fianna chez les Irlandais, Vrâtya chez les Indiens. Constituées en contre-sociétés, du type de celle que formaient Romulus et Remus à la fondation de Rome, ces confréries sont à l’origine du féodalisme. La forêt abrite encore d’autres exclus, de leur propre mouvement: les renonçants, ermites anachorètes. Cette forêt est donc bien le lieu de la liberté, un des idéaux de la pensée indo-européenne.

Intitulé ‘L’arbre triple dans l’Irlande ancienne’, l’article suivant est extrait de l’ouvrage fondamental de Bernard Rio, ‘L’arbre philosophal’, dont question dans le numéro 57 de RE (p.14). If, chêne et frêne, ou plutôt chêne, coudrier et pommier, l’arbre primordial serait triple et ses fruits évoqueraient la première fonction indo-européenne: le gland nourrit le sanglier, symbole sacerdotal; les noisettes tombent dans la rivière et sont absorbées par le saumon de la connaissance, autre animal de première fonction; la pomme s’identifie à l’Autre Monde irlandais. Les trois sont indissociables, comme le sont le corps, l’âme et l’esprit.

Dans sa contribution, intitulée ‘Merlin le sylvain’, Guillaume Guégan énumère les aspects multiples de l’archétype Merlin, traité par une dizaine d’auteurs médiévaux. Né d’une vierge et d’un démon incube, il passerait bien pour l’Antéchrist. Il n’est pas seulement devin, mais aussi faiseur de rois, initiateur de l’ordre guerrier de la Table Ronde, guide spirituel, précepteur du chevalier parfait, philosophe, démiurge. Il est d’abord sylvain. Ses pouvoirs magiques ne sont que les manifestations extérieures de sa connaissance spirituelle. Tel un druide, il parle avant le roi et au-delà du royaume. Mais il est d’abord sylvain et c’est dans la forêt qu’il se ressource. Sa vie se passe, d’ailleurs, en allers-retours, des bois à la cité où il laisse roi, femme et château, pour rejoindre sa forêt au galop du cerf qu’il chevauche, pour retrouver l’ermite Blaise (bleiz = loup en breton) pour l’ultime initiation. Au prêche de saint Cado qui s’efforce de le convertir, Merlin répond par le hurlement du loup, car il considère la victoire du christianisme comme une décadence.

En conclusion du dossier, Olivier Chalmel traite, dans la ligne d’Ernst Jünger, d’une forêt intérieure, mentale, au tréfonds de l’archaïque qui est en chacun de nous. Il s’agit de se retrouver soi-même, de retrouver son centre, préalable indispensable pour reconquérir le champ social, et Oliver Chalmel cherche à cet effet l’appui du romancier finlandais Arto Paasilinna. Quiconque se distancie du carcan des idéologies dominantes (rationalisme et monothéisme) est un rebelle et la forêt est son refuge naturel. Dans le ‘Traité du rebelle ou le recours aux forêts,’ Ernst Jünger dessine la figure du Waldgänger (celui qui s’en va dans la forêt), le proscrit du moyen âge scandinave, qui refuse de se laisser prescrire sa loi par le pouvoir. Pour sa résistance, il fait appel à des pouvoirs bien supérieurs aux force temporelles, car recourir aux forêts, c’est sortir mentalement des normes. C’est aussi rechercher son centre, dans le sens où Ernst Jünger écrit: «Chacun sait que des centres de forces originelles sont contenus dans le paysage changeant.» En touchant à cela, on dépasse les mots, les écoles, les confessions, pour apprendre à vénérer ce dont elles tirent leur vie, une parcelle ou un symbole de l’Autre Monde. Toute forêt est un centre, toute pérégrination forestière un appel à un voyage intérieur, le retour à soi-même d’un être dénaturé.

 

Léon Lecocq

In Renaissance Européenne n°60

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LA PHALANGE CONTRE FRANCO

 LA PHALANGE CONTRE FRANCO

« LA DICTATURE ECHOUA TRAGIQUEMENT, ET PROFONDEMENT,

PARCE QU'ELLE NE SUT PAS REALISER SON ŒUVRE REVOLUTIONNAIRE. »

(José-Antonio, parlant du gouvernement de son père aux. Cortes. 6 juin 1934).

Les révolutions supportent mal qu'on les juge vingt ou trente ans plus tard. Car on s'aperçoit, parfois, qu'elles n'étaient que des révoltes. Pour une révolution, c'est là le plus difficile : vieillir, c'est durer.
« II y a 25 ans, nous nous sommes battus et bien battus. J'étais ton ennemi et tu étais le mien. Et pourtant notre Espagne, celle que nous voulions, était bien la même : celle de la patrie et de la justice sociale. Pour elle, tu supportais des cohortes bourgeoises qui t'étaient étrangères ; j'endurais des commissaires soviétiques. Où en sommes-nous maintenant ? » C'est ce qu'écrit, en substance, un ancien combattant communiste à un ancien combattant phalangiste, dans une lettre publiée récemment par un hebdomadaire espagnol (1).
Oui, où en sommes-nous pour que les plus engagés s'interrogent ? Pour qu'un Régime, auquel une jeunesse s'est sacrifiée, se détourne de celle qui lui est née et la voit chaque jours' éloigner de lui?
(1) « Juan-Pérez » 10 avril 1964 

La révolution phalangiste, natio­nale-syndicaliste, devait se faire sur une base sociale. La Phalange était le parti des tra­vailleurs et de la patrie. Cet idéal a-t-il été abandonné ? Depuis 1939, la gauche répond affirmati­vement. Est-ce une raison, pour adopter la position contraire, ou ne vaut-il pas mieux reprendre à notre compte la critique afin d'y remédier, en faisant en sorte qu'elle ne se justifie plus ?

Il est certain que les faits, le contexte politique, ont changé dans l'Espagne franquiste. Le vieux cri « Pour la Patrie, le Pain et la Justice », sonne faux. Il aurait pu être le slogan d'un gouvernement ; il en est presque le remords.

En 1964, un responsable de la Phalange peut lancer : « nous n'avons pas renoncé à la Révolution » (2). Dans le journal du « Cen­tre Manuel-Mateo », Antonio Carrasca Garcia peut écrire : « l'évé­nement le plus étrange, c'est que trente ans après, on n'ait pas en­core appliqué les solutions que l'on préconisait alors. Si notre écono­mie a avancé, la situation présente doit encore être dépassée si l'on veut arriver aux objectifs que l'Es­pagne demande. En effet, quelle différence y-a-t-il entre les jurys mixtes, les comités paritaires, et l'actuelle organisation syndicale ? Le national-syndicalisme exige un syndicat compétent, non un orga­nisme consultatif » (3). En 1964 en­core, le même « Centre Manuel-Mateo » peut diffuser, en tracts, les « points fondamentaux de la création des premières centrales ouvrières nationales-syndicalistes », parus en 1935, estimant que ses objectifs s'y identifient, estimant que les revendications formulées il y a 30 ans sont encore vala­bles. Si cela peut s'écrire et se faire, c'est qu'une opposition nouvelle est apparue. Celle des Phalangistes de gauche.  

L'OPPOSITION PHALANGISTE.

Cette opposition est le fait de cercles politiques ou sociaux. Le plus important d'entre eux, puis­qu'il coordonne l'activité de 52 cen­tres dans tout le pays, est le « Circula Doctrinal José-Antonio », que dirigent Luis Gonzales Vincen et son secrétaire général Enrique Villoria. Il a été fondé en 1961-62 et publie « Es Asi ». A côté de lui, le « Cercle Ramiro Ledesma Ramos » et le « Centre Social Ma­nuel Mateo », ont une moindre im­portance, d'autant que leur position les cantonne, le plus souvent, dans l'élaboration théorique. Le premier est présidé par Juan Aparicio Lopez, que secondent notamment José Le­desma Ramos Andrès, et Enrique Compte Azcuaga. Il publie la revue « JONS ». Le second, est présidé par Antonio Zaragoza Rodriguez et José Hernando Sanchez ; son jour­nal, « Orden Nuevo » a fait paraî­tre, en mars 1964, son premier nu­méro.

Ces cercles s'adressent surtout aux étudiants et aux travailleurs, laissant de côté, volontairement, les milieux bourgeois, auxquels ils s'opposent. Ils possèdent, d'ailleurs, des sections importantes dans les Universités. Le cercle José-Antonio encadre une forte section étu­diante. Celle du « Cercle Ramiro Ledesma Ramos » est animé par le directeur de l'intéressante revue « Correo Universitario », Juan van Halen.

L'ŒUVRE DES CONSERVATEURS.

Les critiques de l'opposition pha­langiste portent sur des domaines très variés. Si on les examine, on voit qu'elles se ramènent toutes à la dénonciation de la main-mise des conservateurs, et sur l’Etat, et sur le Mouvement.

Il ne faut pas oublier que. dès la première année d'un conflit civil qui allait durer quatre ans, tous les fondateurs de la Phalange, ceux qui lui avaient donné son sens et son esprit, José-Antonio, Ramiro, Onesimo Redondo, Ruiz de Aida, étaient déjà tombés, laissant place libre aux porteurs de compromis, aux conservateurs, soucieux d'ins­taurer un statu quo favorable à leurs intérêts. C'est de cette épo­que, qu'il faut dater les débuts de l'esprit contre-révolutionnaire, qui a droit

« Nous ne sommes ni dans le groupe de la réaction mo­narchiste, ni dans celui de la réaction populiste. En face de la fraude du 14 avril (1), nous ne pouvons nous join­dre à aucun groupe ayant, plus ou moins ouvertement, des intentions réactionnaires ou contre • révolutionnaires, parce que nous, précisément, nous accusons le 14 avril, non d'avoir été violent, non d'avoir été inopportun, mais d'avoir été stérile, et d'avoir frustré, une fois de plus, le peuple espagnol de la révo­lution ».

José Antonio

Discours, Madrid 19 mai 1933.

(1) Proclamation de la république de 1931

de Cité actuellement. Le premier Conseil National du Mouvement, réuni par Franco le 2 décembre 1937, ne comprenait pratiquement que des conserva­teurs. Depuis, sont venus au pou­voir des hommes qui étaient loin de s'être illustrés dans la guerre civile. Le plus souvent, ils n'étaient même pas phalangistes. Ils étaient, en général, placés par 1' « Opus Deï ». Ce sont eux qui forment le gros de la Phalange « officielle », à laquelle s'opposent, aujourd'hui, les cercles que nous avons cité.

L'immobilisme politique et so­cial d'un pouvoir conservateur a rapidement rendu aux banques et à la haute industrie leurs mono­poles, à la Hiérarchie son pouvoir. L'évolution lente du capitalisme a permis la formation de la caste technocratique, qu'une révolution nationale-syndicaliste n'aurait ja­mais laissé surgir, et pour laquelle les questions sociales ne sont plus que des mots surannés, évoqués aux banquets d'anniversaire. Quant à l'Eglise, le retour des Jésuites, l'extension de 1' « Opus Deï », sa liaison officielle avec l'Etat, ont fa­vorisé plutôt qu'empêché, aux cô­tés d'une fraction intégriste, le dé­veloppement des éléments les plus libéraux. Le professeur Ruiz Gimenez, et l'archevêque de Madrid Al-cala, Mgr Casimiro Gonzales, en sont, de, marquantes illustrations.

Mais c'est surtout sur le plan syn­dical que la critique phalangiste se manifeste. Le discrédit des syndi­cats officiels n'est maintenant plus discutable. La concentration, entre les mains du Caudillo, des respon­sabilités du gouvernement, du chef de l'Etat et de la direction du Mouvement, rend difficile toute mutation interne, et interdit le correctif qu'apporterait un orga­nisme purement politique, non lié au gouvernement. Les phalangistes de gauche ne peuvent donc que sou­ligner, avec une inquiétude crois­sante, le déficit de la balance commerciale espagnole, la misère populaire, son exploitation par un capitalisme toujours en extension, l'action des technocrates, le désé­quilibre entre le secteur écono­mique et le secteur social.

Pour ce faire, il est intéressant de remarquer la part active que prennent, sur ce terrain, les étu­diants, ailleurs trop souvent cou­pés du reste de la nation. Outre ces divers aspects de la faillite économico-sociale, ils s'opposent, dans leur milieu, aux universités pour « ninos de papa », à la sépa­ration des collèges en établisse­ments pour riches et pour pau­vres, au manque de culture popu­laire, à la dépolitisation étudiante, qu'encourage le gouvernement.

A José-Antonio, qui lançait : « Un régime révolutionnaire ne trouve sa justification que dans ses états de service, considérés sous l'an­gle historique et non sous l'angle anecdotique, et mesurés par la confrontation entre ce que se proposait le régime révolutionnaire au jour de la rupture avec le régime antérieur et ce qu'il laisse après lui à la fin de son cycle » (4), les jeu­nes phalangistes d'Espagne répon­dent en écho : « Un régime révolu­tionnaire ne se justifie jamais par son acte de naissance ; il se jus­tifie toujours par ses états de ser­vice » (5). Et c'est un acte d'accu­sation.

Enfin, demeure la question de la succession, qui est passée au cri­ble, elle aussi. Le gouvernement en place est accusé de préparer une restauration monarchique; 1' « Opus Déi » est dénoncé comme moyen de pression sur le chef de l'Etat, pour lui imposer ce système, en la personne du prince Don Juan Carlos, dont la popularité est pour­tant loin d'être établie. On a re­marqué, en particulier, la violente campagne d' « Es Asi » contre la Monarchie, stigmatisée comme fondamentalement contraire, dans son esprit comme dans sa forme, aux principes révolutionnaires de la Phalange.

...ET LES VOLONTES REVOLU­TIONNAIRES.

 

LE CAPITAL ET LE TRAVAIL

« Combien de fois avons-nous entendu dire à des hommes de « droite : « Nous sommes dans une nouvelle époque, il nous faut « un état fort... Il faut harmoniser le capital et le travail... Nous « devons trouver une forme de vie corporative ». Je vous assure que « tout cela ne veut rien dire, ce ne sont que des bulles d'air... Harmoniser le capital et le travail ! C'est comme si l'on disait : je vais « m'harmoniser avec cette chaise ! Quand on parle d'harmoniser « te capital et le travail, ce que l'on veut faire, c'est continuer à « entretenir une minorité de privilégiés sans valeur avec le travail « de tous, des patrons aussi bien que des ouvriers. »

(José-Antonio. Conférence à Madrid. 9 avril 1935).*

Il n'est donc guère de points où l'opposition des phalangistes de gauche ne se manifeste. Elle le fait au nom du National-Syndicalisme, tierce solution sociale, fondée sur la valeur du travail et sur la né­cessité d'une structure syndicale représentative et fonctionnelle, en harmonie avec les particularismes nationaux et populaires.

C'est de cette position que décou­lent la majeure partie des revendi­cations et des solutions proposées par les cercles de la Phalange : la soumission au peuple, au be­soin par référendum, du problè­me de la succession, la participa­tion des jeunes aux décisions qui intéressent l'avenir de l'Espagne, (le leur, donc, ce qui est loin d'être le cas), le retour aux pers­pectives révolutionnaires originelles, l'élimination progressive des oligarchies conservatrices ou finan­cières. Sur le plan social, ils ré­clament la reconnaissance et la satisfaction des revendications des travailleurs, l'aboutissement d'une plus-value, non au capita­lisme ou à l'Etat, mais aux produc­teurs encadrés par les syndicats, la formation de banques syndicales, contrôlées par les ouvriers et à eux, la promotion d'un syndicalisme agraire, l'organisation des syndi­cats verticaux, selon les différentes branches de production, l'élimination des tensions différentielles en­tre secteurs économique et social, ou encore, entre représentants des travailleurs et représentants des entreprises.

Quant à l'entreprise elle-même, à laquelle ils s'attachent particuliè­rement, l'un des responsables du « centre Manuel-Mateo », J. Hernando Sanchez, en parle ainsi : « // faut que, dans l'entreprise, et pour elle, travaillent aussi bien le personnel de direction que celui de la technique, de l'administration, spécialisé ou non qualifié. Ainsi cette pluralité, et l'objectif pour­suivi, assureront-ils la mission commune, c'est-à-dire l'entreprise, en tant que communauté de travail, où les éléments se complètent et se sentent solidaires parce que nécessaires (...) Il faut que le travail soit considéré comme une valeur et non plus comme une marchandise et que, quand l'ou­vrier et le technicien réalisent une œuvre, dans une quelconque indus­trie, ils ne soient pas vendeurs, mais associés pour former, ensem­ble, une entreprise destinée à pro­duire selon l'apport personnel de chacun. Les travailleurs doivent fai­re partie des réunions générales d'actionnaires, et le conseil d'admi­nistration doit être formé par les représentants des travailleurs eux-mêmes, élus dans les diverses caté­gories de travail » (6).

Ce programme a valu, dans les milieux populaires, un vif et com­préhensible soutien aux phalan­gistes de gauche, soutien qui est le seul obstacle possible aux visées des marxistes. On s'en est aperçu surtout pendant les grèves des Asturies

LES POINTS DE BASE DE LA FONDATION DES CENTRALES OUVRIERES NATIONALES SYNDICALISTES

 NOUS voulons un Etat syndicaliste, garantissant la production nationale dans toutes ses industries et dans toutes ses activités.

NOUS voulons un régime distributif, qui garantisse l'existence des espagnols, par l'application du droit, imprescriptible pour nous, au travail pour chacun.

NOUS voulons la disparition des joutes stériles des partis et le rétablissement des normes de solidarité nationale fraternelle entre les espagnols.

NOUS voulons que l'existence des ouvriers ne soit pas à la merci de bourgeois cupides, ni de manœuvres politiques frauduleuses.

NOUS voulons que la totalité des richesses nationales soit mise au service des intérêts nationaux et soumise à la discipline de l'Etat syndicaliste.

NOUS voulons l'augmentation immédiate des conditions de vie, aussi bien économiques que morales, des niasses espagnoles dépouillées.

NOUS voulons la disparition immédiate de la faim dans notre pays, aux prix de ce que représentent la dilapidation et l'injure à la misère des travailleurs.

NOUS voulons que toute l'Espagne reconnaisse la raison qui soutient les masses ouvrières dans leur attente révolutionnaire, si on veut éviter qu'elles l'imposent par la force

« Arriba », 25.111.35

 LES GREVES DES ASTURIES.

La première grève des Asturies eut lieu en 1958, la région étant sous occupation militaire («Régulares» nord africains), jusqu'en 1950. Vint, ensuite, celle de 1962, dont tous les événements posté­rieurs sont le prolongement direct. Mais le fait nouveau qui caracté­rise les troubles des deux dernières années, c'est la faiblesse de plus en plus grande du facteur communiste, et l'implantation proportion­nelle des phalangistes.

Il est assez curieux et révélateur, que, pour briser la grève, le gou­vernement aît dû, récemment, créer, de toutes pièces, un « Frente Obrero », destiné à demander la reprise du travail, présentant la grève comme une entreprise com­muniste. Manœuvre dénoncée, ar­gument démenti, par Marcelino Casado, responsable, aux Asturies, du cercle José-Antonio : « Nous, phalangistes de gauche, nous nous opposons à toute répression et à toute pression qui pourraient être exercées contre les ouvriers, au nom de la Phalange. Nous croyons que les revendications des grévistes sont justes. Ce qui est nécessaire, c'est, d'une part, la publication de l'ordonnance réglementant le tra­vail dans les mines et, d'autre part, une régularisation effective des relations patrons - ouvriers. La structure du syndicat actuel a démontré, une fois de plus, son manque d'efficacité, quand il s'agit d'affronter une situation comme celle que nous connaissons actuellement (...). Cette grève n'a aucun caractère politique ; elle est nette­ment économique et sociale. » (7). Ce qui situe parfaitement le pro­blème (8).

Les ouvriers phalangistes ont donc pris la grève en mains. Déjà, en octobre 1963, suite à des sévices policiers dont des mineurs avaient été victimes, 52 responsables de la Phalange, dont plusieurs députés et intellectuels, avaient protesté auprès du Ministre du Mouvement, demandant des sanctions et se soli­darisant des grévistes. Ils appar­tenaient au cercle José-Antonio.

Peu après, au IIIe Congrès syndical, c'étaient des militants du centre Manuel-Mateo, qui avaient été arrê­tés pour manifestation devant la Maison des Syndicats, arrestation qui, le 12 mars 1964, avait déclen­ché, en signe de soutien, une grève de deux heures, à l'usine Pegaso de Madrid. Puis, des « Officiers Provisoires de la Phalange », dans un « Manifeste » publié dans la presse, prenaient vivement à par­tie les hiérarchies du Mouvement, les syndicats, la Monarchie et l'Opus Deï. Le 14 avril, une lettre signée de 70 jeunes phalangistes oppositionnels et adressée au ministre du Mouvement, reprenait les mêmes thèmes.

Parallèlement, à Oviédo, à Gijon, à la Falguerra, où se trou­vent les centres les plus importants du bassin houiller du cercle José-Antonio, des leaders phalan­gistes n'hésitaient pas à entrer dans une semi-clandestinité, pour stimuler leurs camarades contre la droite, « traître à la Révolu­tion ». L'un d'eux déclarait, à José-Antonio Novais, du « Monde » : « Dans un état phalangiste ou syn­dicaliste, la grève doit être inter­dite et le travail subordonné à l'in­térêt de la Nation. Mais nous vi­vons en plein capitalisme. Le syndi­calisme vertical n'est pas conçu pour un Etat capitaliste, comme celui où nous vivons. Cela fait que nos syndicats sont, dans le meil­leur des cas, inopérants. Quand ils ne penchent pas du côté des pa­trons ...» (9).

La Phalange de gauche éprouve de grandes difficultés. Elle est née du refus de la politique conserva­trice et opportuniste de Franco. Elle représente la seule organisa­tion ouvrière réellement sérieuse. Elle doit survivre au franquisme et pouvoir se développer pour accomplir cette révolution ajournée au lendemain de la guerre civile.

Elle est donc contrainte de s'opposer de plus en plus au ré­gime. Cependant, elle doit compter avec sa brutalité répressive, solli­citée par l'Eglise, les gros proprié­taires et les technocrates.

En avril 1964, le n° 8 de « Es Asi » a été saisi. Le 10 juin, la police a fait saisir les planches de l'organe du « Cercle José Anto­nio », et menacé l'imprimeur de sanctions, s'il continuait à l'impri­mer. Le prétexte donné était que « Es Asi » n'avait pas été contrôlé par la censure. Mais le Cercle rappela que « cette revue n'a pas à passer par d'autre censure que celle du ministre-secrétaire du Mouvement, M. Solis Ruiz, étant donné qu'elle est l'organe d'expres­sion du centre phalangiste ». Une autre protestation contre « le groupe de pression capitaliste qui a mis l'Etat sous séquestre », en­traînait, quelques jours plus tard, l'interdiction définitive de « Es Asi ».

Mieux encore, au moment où il formait avec les requêtes une « Association des Anciens Combat­tants du Mouvement », le 19 juin, Gonzalès Vicen, président du Cercle José-Antonio, a été exclu du Conseil National du Mouvement. En re­vanche, le directeur anti-phalan­giste du quotidien monarchiste « ABC », M. Torouato Luca de Tena, fidèle partisan de don Juan de Bourbon et du prince Juan Carlos, était nommé député aux Cortès, en compagnie du Pr. Luis Gimenez, directeur de la revue catholico-libérale, « Cahiers pour le dialogue », ancien ministre de Franco, ex-ambassadeur au Vatican, ancien directeur de « Pax Romana », aujourd'hui avocat de l'écri­vain marxiste Dionisio Ridruejo.

Cette situation explique, à la fois, la modération de la Phalange de gauche dans sa critique du régime et ses revendications en faveur d'une libéralisation, d'une « démocratisation », de la vie politique espagnole. Il n'y a pas là de con­cession à l'idéologie démocratique, mais une position tactique parfai­tement logique.

Et l'on touche là à une question qui dépasse le cadre espagnol et qui intéresse l'ensemble des mou­vements nationalistes.

Dans l'avant-guerre, leurs prédé­cesseurs défendaient un héritage national contre l'anarchie parle­mentaire et le danger de révolution bolchevique. Aujourd'hui, les peu­ples d'Occident, dont les mouve­ments nationalistes sont les porte-paroles conscients, ont pour adver­saires des régimes autoritaires — même s'ils se camouflent

Derrière les oripeaux démocratiques — et le danger n'est plus dans l'anarchie (où, au moins, on pouvait agir), mais dans le despotisme des bu­reaucraties capitalistes et de l'in­quisition progressiste.

Pour ceux qui ne veillent pas les morts, et veulent vaincre, il de­vient indispensable de se reconvertir, d'adopter sa propagande à cette nouvelle situation, et de se faire les champions des libertés sans lesquelles ils sont réduits à piétiner et à disparaître. Libertés qui, dans le cadre municipal, pro­fessionnel, familial, correspondent aux buts réels du Nationalisme, que détruit le régime et dont personne ne prend, effectivement, la défense.

Qui ne voit pas l'analogie des situations ?

Franco, qui commerce avec Cuba, qui envisage une liaison diploma­tique avec l'U.R.S.S. qui vend à l'Amérique sa base de Jota (Cadix), qui traite avec l'Algérie F.L.N. pour avoir son gaz naturel, qui tente d'entrer au Marché Commun, et reçoit à bras ouverts M. Couve de Murville, n'est pas sans rapports avec Charles De Gaulle. Ces deux militaires, portés au pouvoir par une insurrection, issue d'Afrique du Nord et détournée à leur profit, l'un et l'autre préoccupés par une succession difficile, se retrouvent aujourd'hui, tout naturellement.

En l'an 25 du franquisme, les progressistes espagnols se portent confortablement. Le Régime pros­père. Les militants phalangistes sont arrêtés. Le chant phalangiste, « Mort au capital », est interdit. Mais, comme un De Gaulle qui fêterait le 13 mai parce qu'il le porta au pouvoir, Franco va s'in­cliner tous les 18 juillet, à la vallée de Los Caïdos, sur la tombe de celui que les rouges ont assas­siné et qu'il voudrait bien définiti­vement enterrer.

 Fabrice Laroche

 Notes :

(2) Manuel Cantarero del Castillo. Confé­rence au Cercle José-Antonio. 13 novem­bre 1962.

(3) Orden Nuevo », n° 1, mars 1964.

(4) Cortès, 6 juin 1934.

(5) Lettre des jeunes phalangistes, du 14 avril 1964.

(6} « Orden Nuevo » n° 1.

(7) « Europe-Action hebdomadaire », n° 20,18 mai 1964.

(8) II faut signaler que la réglementation du travail a été promise en 1958 ! Une inter­vention de M. Solis Ruiz, en 1963, n'a rien avancé, la loi — déposée aux Cortès — se heurtant aux groupes de pression, (industrie, Opus Deï) du gouvernement. D'où, durcis­sement de l'attitude des travailleurs, qui demandent un système de contrôle de la comptabilité des entreprises, et une augmen­tation des salaire de 2 000 pesetas, pour les travailleurs de fonds. Au moment où l'on commençait à parler, récemment, de l'adop­tion d'une loi sur le plan de transformation des charbonnages, un projet-loi était déposé aux Cortès sur les loyers, qui revenait à imposer une échelle de prix, ne tenant compte que de leur date de location et non de leur état (salubrité, . exiguïté...) !

(9) « Le Monde », 30 mai 1964.

(10) « ABC », 31 juillet 1935.

(11) Cortès, 19 décembre 1933.

QU'EST-CE QUE L’OPUS DEI ?

L'Opus Deï a été fondée en 1928, à Madrid, par un jeune prêtre qui allait devenir Mgr Escriva, né en Aragon, en 1902. Il avait été ordonné prêtre en 1925. Officiellement, l'Opus Deï se présente comme une association purement spirituelle, permettant à des laïcs, (97 % de ses effectifs) sous réserve de se soumettre à la chasteté, à la pauvreté et à l'obéissance, de se sanctifier sans entrer dans les ordres.

L'association rassemble, au­jourd'hui, des milliers d'adhé­rents dans cinquante-quatre pays. Elle a été autorisée à Madrid, en 1941, à Rome, comme acti­vité diocésaine, en 1943, et ap­prouvée définitivement par le Vatican, le 16 juin 1950, par le décret « Primum inter Instituta ». Désormais organisa­tion internationale, l'Opus Deï a son siège au Vatican, ou, en permanence, 300 cadres venus de tous les pays, particulièrement formés sur le plan théologique, constituent un état-major des plus efficaces.Mais, en réalité, les objectifs de cette nouvelle « Compagnie de Jésus » semblent largement déborder le cadre spi­rituel. L'exemple de l'Espa­gne est à ce titre fort évocateur.

En Espagne, en effet, l'Opus Deï possède sa propre université, celle de Navarre (à Pampelune), secondée par plus de 200 instituts, collèges et résidences étudiantes, des centres culturels ouvriers répartis dans d'autres pays (dont un « centre pré-universitaire multi-racial » ouvert au Kenya par un adhérent nord-africain). Au sein du gouver­nement même, quatre ministres, dont ceux des finances et du commerce (M. Ullastres), sont, membres de l’« Opus Deï », ce qui soumet au contrôle de l'organisation, de nombreuses banques, une chaîne de salles de spectacles, une firme automobile.

Emilio Romero, directeur du quotidien syndicaliste « Pueblo » a pu écrire : « Ce qui surprend les espagnols, c'est l'apparition subite et intense de l'« Opus Dei », par l'entremise de ses membres, ministres, professeurs de facultés, économistes, chercheurs, chefs d'entreprise. Comment ces hommes inconnus encore hier, et dont la plupart ne se sont pas distingués, durant la guerre ci­vile, ont-ils pu arriver à tous ces postes importants, sans que fonctionne un appareil cohérent ? Il nous semble dif­ficile que l'on puisse se situer à tous ces postes importants d'une façon spectaculaire, partout et en si peu de temps » (« Pueblo », 5 février 1964). 

Et, dans « Le Figaro », Jacques Guillemé-Brûlon com­mentait : « II est vrai que « Opus Deï » est devenu syno­nyme de réussite et de puissance ». Sur le plan politique, le plus éminent éditorialiste de l’« Opus Deï », M. Rafaël Calvo Serrer, a écrit : « nous voulons, en Espagne, une monarchie traditionnelle, avec une structure constitution­nelle aussi proche que possi­ble de celle des Etats-Unis », ce qui est à rapprocher d'une autre déclaration d'un cadre de l'organisation : « Nous nous proposons d'être le der­nier gouvernement du général Franco et le premier de la monarchie ; alors, nous mar­cherons sur l'Europe".

Sources: Europe Action n°19-20 Juillet-Août 1964

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EDITORIAL - TP MAG N°71 (english version)

Angels will go to Hell !

 

Is France on the verge of Civil War? With all the weight of his science (he wish to pass himself off as a far right-wing specialist), Jean-Yves Camus assure that this is not the case. He agrees with those who are mocking the fantasy of those unfortunate dimwit who would play to be scared by waving imaginary threats.

And yet…the intrepid Gallic, who tries to understand what is happening in a country whom we don’t know if we still call it France, opens his eyes to face images of civil war that the television is sending to him. Syria? Iraq? No, Seine-Saint-Denis. André Gerin, MP and Mayor of the Communist Party of Venissieux, is well placed to say what it is and supporter of straight talking, coward: “All the ingredients of a civil war are gathered”. Civil war? We must dare to specify. This is what Jean-Pierre Le Goff, sociologist, is doing by mentioning these: “form of latent civil war, taking an ethnic turn”. It is the last word that is decisive: ethnic.

The scenario is now classic: taking advantage of a blunder (or supposedly called…), the “young” of “neighborhoods” engage in their favorite occupation: stealing, breaking, burning. In the name, of course, of “justice”. In the blink of an eye, “brothers” and “sisters” (often the most excited) mobilize. Faithful to its reputation, Seine-Saint-Denis’ neighborhood sets the tone. Clichy-sous-Bois, Montfermeil, Tremblay-en-France (which now bears very badly its name…) are burning. And, like wildfire, some “Robin Hood character” also appears, among others, in Rouen, Rennes, Lille and Toulouse. “All the actions are good to increase the mobilization” confesses naively a certain Alexander in front of reporters, 23 years old and activist of ‘Solidarités Etudiant-e-s Paris III’, one of those leftist small group that bloom on the manure of a French society in an advanced state of decomposition.

In the meantime, the Power (or what remains of it) prostrate itself in front of rioters and their accomplices; while Cazeneuve receives, with all the honors due to them, ‘Sos-Racisme’ and the ‘Lycra’ to respectfully register their lamentations. Hollande, who had no time to be concerned about the police officers who nearly burned alive in their cars set on fire by kind “young people”, is showing his compassion to the new hero of bobos, Mr. Théo. The one who receive support from footballer Moussa Sissoko, the actor Omar Sy, and the former tennis man Noah. Normal: between race brothers, they are connected and it is ok like that – except that the Gallic should learn this lesson…

An ex-Raid, who knows exactly what he say, announced in the newspaper ‘Present’ of February 15: “Riots of these last days, sound like a repeat of even more serious riots”.

Given this reality, brave people, brainwashed by the media and those who control them, prefer to put their head in the sand, in brave ostriches that they became. Should we condemn them or pity them? François Bousquet is lucid, seeing the “Europeans refugees in a deadly naively optimistic state”, prisoners they are of the “executioner logic which is in control of our world” (‘La droite buissonnière’, Editions of the Rock, 2016). The way the question regarding the ‘migrants’ (or the invaders) is handled is paradigmatic. They are, of course, victims and if they indulge in some slippage –assaults, thefts and rapes – they are the peccadilloes we need to treat with indulgence.

If today, people believe they can take refuge in a blissfully happy angels, based on the denial of the reality, they should think about what Jünger wrote in his ‘Traité du rebelle’ or ‘le recours aux forêts’: “Long periods of peace support some optical illusions. One of them is the belief that the inviolability of our home is based on the Constitution and is guaranteed by it. In fact, it is based on the father who stands on his doorstep, surrounded by his sons, the axe on the hand”. Without this message, angels will go to hell.

 

Pierre Vial

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