Résistance Identitaire Européenne

L'immonde Serge Klarsfeld réclame l'interdiction de la réédition des pamphlets antisémites de Céline

celine

Défenseur de la cause des déportés juifs de France, l'avocat et historien a demandé mercredi dans L'Obs l'interdiction de la réédition des textes polémiques de l'auteur de Voyage au bout de la nuit. Il n'est cependant «pas pour une censure totale du texte».

Le débat est rouvert. En question, la prochaine réédition des pamphlets antisémiteset racistes de Louis-Ferdinand Céline, à savoir Bagatelles pour un massacreL'école des cadavres et Les Beaux draps, écrits entre 1937 et 1941.

Mais grâce à un accord passé avec sa veuve, Lucette Destouches, aujourd'hui âgée de 105 ans, Gallimard devrait publier ces œuvres sous le titre Écrits polémiques pour le printemps 2018. Lucette Destouches s'y était jusqu'alors toujours opposée, conformément aux souhaits de Céline. Une décision qui révolte Serge Klarsfeld, défenseur de la cause des déportés juifs de France. Dans un entretien publié mercredi par L'Obs, l'écrivain et historien demande que soit interdite cette prochaine réédition.

«Je réclame» une «interdiction en tant que président de l'association des fils et filles de déportés», s'est exprimé Serge Klarsfeld, inlassable militant de la mémoire de la Shoah.

 

«Les pamphlets tombent tout simplement sous le coup de la loi»

Serge Klarsfeld

 

«S'il est possible de demander une interdiction préventive - puisque finalement ces textes sont connus et qu'on peut imaginer les faire lire à un magistrat avant la republication prévue par Gallimard -, nous le ferons», indique l'avocat et historien.

Dans un courrier adressé le 12 décembre à l'éditeur, le délégué interministériel à la lutte contre le racisme, l'antisémitisme et la haine anti-LGBT (Dilcrah), Frédéric Potier, avait demandé des garanties quant à «la qualité de l'appareillage critique» qui accompagnera cette réédition. Mais pour Serge Klarsfeld, «aucun appareillage critique ne peut alléger la teneur» des propos «abjects» de Céline.

Ses pamphlets «tombent tout simplement sous le coup de la loi», affirme-t-il encore. «On interdit Soral (essayiste d'extrême droite condamné pour négationnisme, NDLR), mais pour moi, Soral ou Dieudonné (polémiste habitué des tribunaux pour ses sorties antisémites), en matière d'antisémitisme, c'est une sarbacane, alors que Céline, c'est une bombe atomique».

Replacer les œuvres dans leur contexte

Les éditions Gallimard assurent que leur «intention est d'encadrer et de replacer dans leur contexte des écrits d'une grande violence, marqués notamment par la haine antisémite de l'auteur». L'appareil critique et l'avertissement seront établis par Régis Tettamanzi, un spécialiste de l'œuvre célinienne, Pierre Assouline signant la préface.

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Les écrits de Céline tombant dans le domaine public en 2031 (soit 70 ans après sa mort), «il a paru juste» à Gallimard «de prendre en charge l'ensemble de cette œuvre, de l'expliquer plutôt que de la laisser à la libre interprétation de lecteurs mal avertis», fait valoir la maison. 

Serge Klarsfeld précise qu'il n'est «pas pour une censure totale du texte»: «Que les universitaires étudient ce livre pour comprendre, aillent en bibliothèque pour le consulter, pas de problème». Mais «imaginer qu'on puisse rentrer dans une librairie et trouver ça dans dans les rayonnages, je trouve ça insupportable», termine-t-il.

Le Figaro

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Des professionnels de la montagne en "cordée solidaire" pour les envahisseurs

Plus de 300 personnes (mais bien sûr) ont répondu ce dimanche à l'appel des professionnels de la montagne à l'occasion d'une cordée symbolique à Névache (Hautes-Alpes) : guides, accompagnateurs,gardiens de refuge, moniteurs de ski s'inquiètent des risques encourus par les migrants dans les Alpes.

Plus de 300 personnes encordées symboliquement pour alerter des dangers encourus par les migrants dans les cols alpins

Plus de 300 personnes (sic) ont participé ce dimanche à une "cordée solidaire" partie de Névache près de Briançon (Hautes-Alpes) en direction le col de l’Échelle, entre la France et l'Italie. Ce col routier, fermé à la circulation en hiver, est devenu depuis plusieurs mois un lieu de passage des migrants qui n'ont aucun équipement ni aucune connaissance des risques en montagne. Ce danger est accru par la présence de forces de gendarmerie, selon les professionnels (guides, accompagnateurs, ...) qui connaissent bien le secteur.

 

Stéphanie Besson, accompagnatrice en montagne explique : "Cette présence des forces de l'ordre n’empêche pas les migrants de passer par la montagne. Au contraire, elle leur fait prendre d'autres chemins plus dangereux, plus exposés. Ils se cachent plusieurs jours dans la montagne pour leur échapper. Ils frôlent la mort, les gelures, l'amputation à tout moment"

Des professionnels de la montagne engagés

Près de 130 professionnels de la montagne, à l'origine de cette "cordée solidaire", ont signé une pétitiondemandant au gouvernement de ne pas surexposer les migrants au danger par des opérations de surveillance de gendarmerie. Ils demandent d'appliquer comme en mer la notion d'assistance à personne en danger. 

Les organisateurs de cette manifestation ont lu un communiqué, déclarant notamment: "La Méditerranée, les barbelés, les armées, les murs ne stoppent pas des personnes qui fuient leur pays. La montagne ne les stoppera pas non plus, surtout qu'ils en ignorent les dangers. _Les professionnels de la montagne refusent que les Alpes deviennent le cimetière de ces personnes en détresse_, c'est pour cela que l'on lance un SOS Alpes solidaires", à l'image de SOS Méditerranée.

SOS Alpes Solidaires lancé sur le modèle de SOS Méditerranée - Radio France
SOS Alpes Solidaires lancé sur le modèle de SOS Méditerranée © Radio France - B Dupic

Six associations de professionnels de la montagne ont écrit au président de la République et au Premier ministre pour leur demander de "réorienter l'action de surveillance des migrants par les forces de gendarmerie et de police dans les vallées alpines" afin de ne pas exposer plus au danger ces hommes et ces femmes. L’Élysée a répondu qu'elle transmettait cette demande au Ministre de l'Intérieur.

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QUAND JOHNNY MILITAIT A JEUNE NATION

 

Johnny... Un flot de commentaires, de plus ou moins bon goût, a accompagné l'annonce de sa mort. Tout a été dit ou écrit à son sujet. Enfin, presque tout...

Je n'ai jamais fait état, de son vivant, d'un souvenir personnel le concernant car je ne voulais pas que cela pût le gêner, en alimentant les charognards. Aujourd'hui, là où il est, l'évocation de ce souvenir va, je l'espère, le faire sourire.

C'était en 1958. J'avais quinze ans. J'étais depuis peu adhérent du mouvement Jeune Nation, interdit par le gouvernement le 15 mai 1958. La date a son importance. Ceux qui ont vécu cette époque savent ce que je veux dire. 

Mon engagement ne dérangeait pas mon père, qui avait lui aussi milité si activement au temps de sa jeunesse qu'il avait échappé de peu aux fusilleurs épurateurs de 1944-1945. Aussi lorsqu'il dut aller à Paris pour ses activités professionnelles, je lui demandai de m'emmener. Car, lui dis-je, je souhaitais voir des gens à Paris. Mon père ne me posa pas de question et m'emmena avec lui.

A Paris, pendant qu'il allait à ses rendez-vous, je me rendis à une adresse connue des membres de Jeune Nation, rue du Faubourg Saint-Denis. Des dames très maquillées se promenaient sur les trottoirs, cigarette aux lèvres. Je ne m'attardais pas à ce spectacle, car j'étais venu pour autre chose. Après l'ascension des étages d'un immeuble vétuste, je frappais à la porte où une étiquette discrète indiquait que j'étais au bon endroit. Un "vieux" (il avait au moins trente cinq ans...) m'ouvrit et me demanda, d'un ton plutôt rugueux, ce que  je voulais. Je répondis en tendant la carte à mon nom frappée d'une belle croix celtique rouge (je l'ai encore) et en lui disant qu'ayant un après-midi disponible, je venais voir si je pouvais aider.

"Tu tombes bien, il y a du boulot". Et il m'entraîna vers une grande pièce, située sous les toits. Sur de longues tables s'entassaient des enveloppes et des timbres. Un gars qui devait avoir à peu près mon âge collait méticuleusement les timbres sur les enveloppes.

"Voilà. Tu fais comme lui". Aussitôt dit, aussitôt fait. Je m'assis à côté du gars colleur de timbres. 

"Bonjour, lui dis-je". "Salut, me répondit-il", après un bref regard. Au bout de quelques minutes, alors qu'on crevait de chaleur, voulant me montrer courtois, je lui dis : "Il fait chaud, hein ?". "Oui, il fait chaud", me répondit-il. Il n'avait visiblement pas envie de parler. Comme j'étais à l'époque, par tempérament, plutôt "taiseux", je n'insistais pas davantage.

Et l'après-midi se déroula, rythmé par nos coups de langue sur les timbres et leur application sur les enveloppes. A la fin de l'après-midi, notre tâche exaltante étant terminée, mon voisin se leva et me dit "Salut !". Je lui dis "Salut !" et je partis aussi pour rejoindre mon père. Il me dit : "Tu as passé une après-midi intéressante ?". "Oui, lui dis-je, pour faire un peu de travail avec un gars sympathique mais pas très causant".  

Quelques années plus tard, dans une rue de ma bonne ville de Lyon, je vis à la devanture d'un disquaire une pyramide de 33 tours avec, en couverture, un gars jouant furieusement de la guitare. Je m'arrêtais, intrigué. J'avais l'impression d'avoir déjà vu ce gars ("Johnny Halliday" disaient les couvertures de disques). Mais où ? Quand ? Je cherchais en vain. Et puis je n'y pensais plus. C'est le soir (la mémoire est une curieuse mécanique) que je me dis d'un coup : "Mais, ce gars, c'est celui qui collait avec moi des timbres à Jeune Nation !".

Johnny a été happé par un Système anthropophage. Paix à sa mémoire. Pour moi, il reste le jeune gars, inconnu et peu bavard, qui n'hésitait pas à coller des timbres tout un long d'un après-midi pour un mouvement vilipendé par les bons bourgeois. Salut à toi, camarade !

                                                                                                  Pierre Vial 

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