Résistance Identitaire Européenne

Quatre nouveaux centres d’accueil de clandestins dans le département de l’Hérault

24/04/2020 – 19h00 Montpellier (Lengadoc Info) –Après le confinement d’immigrés clandestins mineurs à Palavas et Montpellier, le président de l’Hérault a annoncé que quatre nouveaux centres allaient ouvrir dans le département.

Quatre nouveaux centres d’accueil pour clandestins

Lors de la séance publique du Conseil Départemental de l’Hérault qui a eu lieu ce vendredi matin, Kleber Mesquida (PS) a fait le point sur l’engagement de la collectivité locale dans la gestion du confinement des mineurs non accompagnés (MNA, ex-mineurs isolés étrangers).

Le président du département est revenu sur l’installation d’environ cent cinquante de ces jeunes clandestins dans un centre de vacances à Palavas (réquisitionné par le préfet) ainsi que dans un hôtel de Montpellier. Mais Kleber Mesquida a également annoncé qu’il y aurait plusieurs autres initiatives de ce genre dans le département :

« Trois autres opérations sont à venir, une quatrième même, sur des communes du Nord-Ouest et du Nord de Montpellier, et puis dans le Biterrois ».

Les Mineurs Non Accompagnés, un sujet tabou ?

Le sujet des mineurs clandestins est très sensible dans le département, et notamment à Montpellier, en raison de l’insécurité que font régner certains de ces MNA. Même une partie de la gauche n’hésite pas à pointer du doigt les responsabilités du Conseil Départemental en charge de l’accueil et de l’hébergement de ces clandestins.

De son côté, Kleber Mesquida rejette la responsabilité sur l’Etat et le préfet :

« […] sur une des communes de la Métropole, il y a eu une pétition qui a été lancée, et le préfet a vertement rappelé que, quand il réquisitionnait, il n’y avait pas lieu de contester parce que c’est de l’intérêt public. Donc je ne donne pas les lieux précis, c’est le préfet qui prendra les arrêtés de réquisition. »

Un sujet qui deviendrait donc tabou, pour empêcher les oppositions mieux vaut éviter de donner les noms des communes… ni les montants attribués par le département ! C’est en tout ce qu’a pu découvrir le conseiller départemental Franck Manogil (groupe Défendre l’Hérault). Joint par Lengadoc Info il y a quelques jours pour un article sur le coût du confinement des MNA, l’élu d’opposition nous a fait parvenir un document du Département qui précisait ces coûts, document que nous avions alors publié :

 
Mineurs non accompagnésLa suite sur https://www.lengadoc-info.com/10256/politique/quatre-nouveaux-centres-accueil-clandestins-departement-herault/?utm_source=sendinblue&utm_campaign=Quatre_nouveaux_centres_daccueil_de_clandestins_dans_le_dpartement_de_lHrault&utm_medium=email

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EDITORIAL - TP MAG N°81 (VERSIÓN ESPAÑOLA)

¿Tiemblas, cadáver?

 

Este sistema podrido y lleno de sinvergüenzas que aún tiene el descaro de llamarse democracia (lanzando injurias a la herencia de nuestra Madre Grecia como solía decirlo Thierry Maulmier) que estaba persuadido de ser indestructible, eliminando después de medio siglo cualquier tentativa de emancipación de ciertos pueblos. Pero el Fénix renace ...y estos bastardos sudan frio, pues ellos bien saben que éste abrirá y extenderá sus alas.

Hay signos que no son engañosos. paralizados por más de 68 años de condicionamiento mental, los alemanes parecían haber adoptado el estatus de zombis que les fue asignado por los liberadores de 1945. Un problema, igualmente: esta Alemania que los más ardientes pacificadores hubiesen querido borrar del mapa (algunos documentos son bastante claros con respecto a este tema) ciertamente parecía haber aceptado agachar su cabeza para arrepentirse...pero al mismo tiempo había creado una de las más poderosas economías del mundo (igual que Japón) tomando así parte en su propio juego el monstruo yankee.

Y de nuevo hoy la pesadilla vuelve a empezar; los alemanes pretenden tomar las riendas de su destino.  El AFP (Alternative für Deutschland - Alternativa por Alemania) que combate la políticademente de Angela Merkel a favor de los migrantes, obtuvo 22,5% en las elecciones en el Land(estado) de Brandebourg, y 27,5% en el Land de Saxe en el cual el 41% de los obreros y empleados han votado por AFD, lo que confirma un ancla popular de este partido. 

Y luego Italia...donde la Lega (La Liga) de Matteo Salvini avanza de manera continua, poniendo al frente, sin ambigüedad, el rechazo de la invasión hacia su país por parte de los migrantes venidos del África. Salvini vio también un extraño tándem alzarse en su contra (una alianza entre el agua y el aceite) compuesto de un partido demócrata y de un movimiento cinco estrellas que no tienen nada en común, excepto ser comandados por los eurócratas de Bruselas, que tienen demasiado miedo de Salvini, y de todo aquello que se le parezca al populismo.

Como en Flandes, nuestros amigos de Vlaams Belang estuvieron encabezando los sondeos másrecientes, con 24,9% de intención de voto. Esta subida en potencia, en Europa occidental, de las fuerzas populares identitarias nos traen un refuerzo bastante útil a los movimientos que comparten, en Europa central y oriental, la misma línea, encabezada por Hungría.

Los hombres del sistema han estado convencidos durante muchísimo tiempo que gracias a su poder eran intocables. Pues quien tiene el dinero, tiene todo, ¿no es así? Sin embargo, las certezas estáncayendo: el enarca* Alain Mine, uno de los guías de Macron aseguro en el periódico Le Figaro (24 de agosto) "sus certezas sobre la economía se están opacando". Estas palabras dan para pensar que Mine hace parte de aquellos que conocen la situación real de la economía francesa, europea y mundial.

El sistema ha configurado una organización dirigida al mejor estilo inquisitorio, destinada a callar a los portadores de la verdad. Esto sucede gracias a una vigilancia permanente de los medios de comunicación que deben llevar un mensaje anesteciante basado en la mentira, o de manera más sutil, el silencio. Un ejemplo muy simple: los acontecimientos tales como los robos, las violaciones, las agresiones, los asesinatos causados por los migrantes se multiplican. No son tan fáciles de ocultar. Asíque se opta por minimizar o peor aún, banalizar; además el hecho de callar sobre el origen de estos criminales, se les atribuye la locura y la demencia a sus actos (lo que hace de ellos unos irresponsables) o por causa social (tuvieron una infancia infeliz, son pobres, condenados a refugiarse en la droga, su agresividad es una forma de probar su existencia, etc.). Excepto los ingenuos estándispuestos a tragarse cualquier cuento, los galos de base no son engañados por estas objeciones. Saben muy bien que ellos están siendo llevados en un barco por "los de arriba" (magistrados, políticos, periodistas) que esperan que la vieja fórmula de pan y circo sea suficiente durante este tiempo para tener todo bajo su poder, sobre todo a los infelices. A pesar de todo, los tiempos cambian. Internet, las redes sociales han traído una verdadera revolución: el buen pueblo puede constatar fácilmente -y de manera rápida- que los representantes y sus secuaces del sistema nos mienten Los regimistas tienen de qué preocuparse.

Pierre VIAL

*Estudiante egresado de la ENA (escuela nacional de administración)

 

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Solidarité Sociale, par Pierre Vial

Comme bien souvent, nos camarades italiens de CASAPOUND nous montrent le chemin à suivre : organiser le soutien entre nous et surtout venir à l’aide des plus démunis d’entre nous. Les mots c’est bien, les actes c’est mieux. TERRE ET PEUPLE se doit de suivre un tel exemple et j’invite nos camarades à le faire, sachant que je prendrai ma part à ce travail comme il est normal. Le réseau SOLIDARITE SOCIALE aura mission de gérer au mieux les initiatives apportant des réponses concrètes aux besoins de nos compatriotes dans le domaine social et j’y veillerai personnellement.

D’un mal peut sortir un bien. La pandémie du coronavirus a fait redécouvrir à nombre de nos compatriotes l’importance, la nécessité du lien social. Je mets bien sûr à part ceux qui, murés dans leur égoïsme et leur nombrilisme, sont donc des parasites, appartenant le plus souvent aux milieux bourgeois et cosmopolites. Ces gens ne nous intéressent pas, laissons les à leur médiocrité. Mais les autres, tous les autres, nous devons nous en préoccuper. A partir du moment où ils appartiennent à notre communauté ethnique (laquelle a des leçons à prendre en matière de solidarité auprès de communautés allogènes qui ont pour principe de ne jamais laisser tomber leurs membres dans le besoin).

Nous devons militer pour de nouvelles formes de sociabilité. Je dis nouvelles parce qu’on les redécouvre mais au vrai elles existent depuis longtemps. Et je pense, en écrivant cela, à cet héritage proudhonien auquel on se réfère de plus en plus, comme le fait par exemple Michel Onfray. Proudhon, né d’un père tonnelier et d’une mère cuisinière, fut placé comme bouvier dès l’âge de sept ans. Son milieu d’origine est donc artisanal et paysan, ces racines permettant de mieux comprendre sa personnalité : Edouard Droz écrit (P.J. Proudhon, 1909) : « Il resta paysan toute sa vie, défiant à l’égard des gens de la ville, regardant de travers les maisons à plus d’un étage ». Obligé, pour gagner sa vie, d’interrompre des études prometteuses, il devient à dix-neuf ans ouvrier typographe et ensuite correcteur.  Poussé par la soif d’apprendre, il connaît le grec, le latin, l’hébreu (qu’il a appris seul) et acquiert de solides connaissances en théologie. S’étant juré de rester fidèle à la classe ouvrière, il forge pour elle une doctrine, basée sur la solidarité, le fédéralisme et le mutualisme. Son actualité se traduit, aujourd’hui, par le recours au localisme, qui entre dans les mœurs et dont nous sommes de chauds partisans.

Mais avant Proudhon, en remontant plus haut dans le temps, existaient ces communautés villageoises, lorsque la terre de France était paysanne, dont les membres n’avaient pas besoin de grands discours pour exercer une entraide quotidienne et se serrer spontanément les coudes dans les temps de détresse : nul besoin de parler de solidarité communautaire puisqu’elle était vécue. On redécouvre cela aujourd’hui, dans certains villages voire dans certains quartiers urbains et il nous faut participer activement à cette renaissance, ce que Thibaut Isabel exprime joliment en écrivant dans Nouvelle Ecole (numéro 67, 2018) qu’il faut « restaurer le terreau communautaire indispensable à toute maturation, afin de permettre à la fleur humaine de s’épanouir à nouveau ».

Recréer du lien entre les êtres, faire renaître une SOLIDARITE SOCIALE, cela passe d’abord par la prise en compte des besoins des autres, matériels, psychologiques, moraux. Nombre de personnes se révèlent, dans les temps difficiles que nous vivons, capables d’un dévouement souvent discret mais efficace. Prendre des nouvelles d’une personne âgée, trop souvent seule, lui fournir ce dont elle a besoin, c’est lui apporter un réconfort précieux. A cet égard il faut dire un mot des problèmes de ravitaillement. Il faut privilégier au maximum une production alimentaire locale, distribuée par des circuits courts. Quant on la chance de posséder de la terre, même sur une petite superficie, il faut consacrer le maximum d’efforts à créer et entretenir un potager, un poulailler. Avantages évidents, on sait ce que l’on mange, on gagne une autonomie au moins partielle, on peut organiser des échanges de produits entre amis ou simples voisins (j’échange mes pommes de terre contre tes œufs), on fait la nique aux supermarchés.

Bien des citadins réalisent, à l’occasion de la pandémie et du confinement, qu’on peut changer de vie, ne serait-ce que par la diffusion du télé-travail, qui est une authentique révolution des mœurs car il donne la possibilité d’échapper aux étouffantes contraintes qui emprisonnent beaucoup de salariés dans un cadre de travail et des horaires liberticides, le plus souvent dans l’univers bétonné des grandes villes. Pouvoir vivre dans le cadre libérateur des petites villes ou des villages, plus près de la nature, en réduisant sensiblement ses dépenses de logement, de déplacement : c’est cela « changer la vie », loin des slogans et des mensonges des politiciens.

Le retour à la terre, dont les salonnards se sont gaussés en décrétant que c’était une formule pétainiste, donc maudite, est une simple réaction de bon sens, la redécouverte de vérités élémentaires au moment où une sainte trouille pousse nombre de citadins à dévaliser les rayons des supermarchés pour entasser tout et n’importe quoi. « La terre, elle, ne ment pas » : une vérité d’évidence que seuls des scribouillards parisiens peuvent nier et dont la formulation est due au juif Emmanuel Berl, rédigeant en juin 1940 un discours de commande à l’usage du maréchal Pétain… Petit rappel destiné aux incultes.

Tout ce qui favorise l’autonomie des gens au détriment du centralisme et de la massification est bon à prendre. Et si on me demande si un tel point de vue est de gauche ou de droite je réponds que je m’en fiche éperdument, tout comme la mère de famille dont le seul souci est de nourrir ses gosses.

Pierre VIAL

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Weber (1944-2020)

 LUNDI 04 MAI 2020

Dans la légende hindoue, les chats pourraient vivre neuf vies. Dans le contexte de la croyance asiatique en la réincarnation, le dieu Shiva aurait rencontré un chat dans un temple, qui se disait capable de compter jusqu'à l'infini. Lorsque Shiva lui demanda de s'exécuter, l'animal s'endormit au nombre 9.

Il était né, en juin 1944, au Tadjikistan soviétique, et n'hésitait pas, en souriant, à se dire Tadjik. En réalité, ses parents s'étaient réfugiés en URSS lors de l'attaque de l'Allemagne de 1941, leur Galicie [1] originelle, du fait des persécutions raciales ce n'est pas en qualité de félin, mais de trotskiste, qu'Henri Weber (1944-2020) aura connu neuf vies. Son piolet à lui s'est appelé coronavirus. Il était âgé de 75 ans.

Le parti socialiste semble unanime dans l'admiration. Mentionnons trois échantillons : Olivier Faure, actuel premier secrétaire déclare :"Une des grandes voix de la gauche vient de nous quitter. Henri était une de ces mémoires fertiles de la gauche, il en connaissait l’histoire, jusque dans ses moindres détails". François Hollande le définit comme "un homme généreux, un intellectuel lumineux, un ami cher". Enfin Laurent Fabius, dont il avait rallié le courant : "Attentif, profond, drôle, séduisant, ouvert, érudit, infatigable bretteur et militant, ce rebelle chaleureux et réfléchi aura fréquenté tous les honneurs sans être prisonnier d’aucun."[2]

Plus problématique, en revanche, le thrène, non moins unanime à son propos, de la presse qu'affectionnent les gens de droite, sans aucune réserve. Incroyable éloge dans Le Figaro. De son côté, l'article de Nathalie Segaunes dans L'Opinion décrète : "avec la mort de Henri Weber, la gauche perd l’une de ses plus « belles figures »"Sous-titre : "Henri Weber est décédé dimanche à l’âge de 75 ans des suites du coronavirus. Venu du trotskisme, fervent européen, il était « l’un des rares socialistes français qui n’aient jamais renoncé à réfléchir »". Le jeu subtil des guillemets laisse ainsi le lecteur perplexe.[3]

Légèrement surpris, par conséquent, de l'étendue des louanges qui lui sont décernés, y compris par la droite, votre chroniqueur ne peut que chercher dans sa mémoire.

Ne gardant aucun souvenir direct moi-même de celui qu'on nous présente comme ayant été, dans l'ombre de Krivine, chef du service d'ordre de la Ligue communiste révolutionnaire, on se contentera d'observer.

À l'époque de son engagement violent je n'oublie pas les coups que ses camarades nous ont portés. Il fallait beaucoup d'inconscience pour distribuer des tracts à proximité de leurs bastions. Ça nous plaisait, pour dire le vrai, de tester leur sens de la liberté d'expression.

weber 2

En 1961 son mentor Krivine, s'illustrait dans les rangs l'Union des étudiants communistes. Il n'y faisait pas vraiment figure de "suiviste" à la remorque du parti, pas vraiment "thorézien". Une nuance qui nous échappait. Il était en fait secrètement gagné à la cause de la tendance dite "frankiste" de la IVe internationale, que Weber allait suivre très longtemps. Leur activité, disciplinée par "l'entrisme", les situait en pointe du Front Universitaire prétendument Antifasciste. Ce FUA s'attachait à dénoncer les sympathisants supposés de l'OAS. On y mettait en fiche les opinions déviantes : on n'avait pas encore inventé le concept des campus américains de politiquement correct mais ces jeunes gens, khrouchtchéviens, le préfiguraient.

De cette première nuisance, il me reste un souvenir précis. Alors partisan un peu bruyant de l'Algérie française, je suivais une classe de math sup au lycée Louis-le-Grand, lequel faisait face à leur citadelle sorbonnarde. J'eus les honneurs d'un numéro de Clarté, le mensuel bien imprimé qu'éditaient les communistes : sur la liste noire qu'ils publiaient le gamin de 17 ans que j'étais alors figurait en liste 6 ou 7. Un peu impressionné je demandai conseil et rendis donc visite à un homme de grande qualité qui présidait aux destinées de l'Action française. Louis-Olivier de Roux qui devait, hélas, disparaître début 1963, me rassura, à sa manière, à propos des trotskistes que nous trouvions en face de nous.

Je compris, pour résumer son propos réconfortant, qu'il ne s'agissait pas de chats mais d'un autre animal domestique dont on dit que "chien qui aboie ne mord pas".

Si violents qu'ils se soient montrés en effet... quand ils se trouvaient en position de force... à dix contre un, – et j'ai moi-même tâté plusieurs fois de leurs barres de fer... si proches de leurs buts révolutionnaires à plusieurs reprises... si richement dotés en moyens matériels et financiers et soutenus par des médias propagandistes... ces gens ont conduit leurs troupes – infiniment plus nombreuses que nous, jeunes patriotes et anticommunistes pouvions l'être, à l'époque – à l'échec.

En 1964-1965, refusant de se rallier au mot d'ordre du PCF de soutien à la candidature de Mitterrand, le secteur Lettres de l'UEC suit Krivine pour créer la Ligue communiste, qui quoique trotskiste soutiendra, pendant les 10 années qui suivront, la conquête du Vietnam par les staliniens. Ce fut la base de son développement, encouragée par la ligne officieuse du gouvernement de Paris.

De leur troupe indistincte, la personnalité de  Weber n'apparaît dans les radars de votre chroniqueur qu'en 1968.

Plutôt, paradoxalement, en bien je dois le reconnaître. Il commet en effet son premier ouvrage, intelligemment écrit, cosigné avec son camarade Bensaïd, un livre qu'ils consacrent à ce qu'ils considèrent comme "La Répétition générale". Lénine d'opérette, persuadés peut-être d'avoir vécu les événements russes de 1905, ils croient préparer 1917.

Mordant, lucide, il souligne la dérision des autres groupuscules gauchistes, maoïstes, etc. Leurs concurrents lambertistes, trotskistes, mais figés eux-mêmes dans le catastrophisme de la crise prochaine du capitalisme [ça n'a pas changé depuis], et le programme de transition de 1936, sont plus mal traités, car "le mouvement recrute sur une base très large quiconque est contre les flics, les curés, les psychosociologues a sa place dans l'organisation". Les voilà habillés pour de nombreux hivers.

Le trotskisme français s'étant cependant montré une usine à faire des mégots, la plupart de ses adeptes comprirent qu'il fallait faire partager leur savoir faire à la gauche sociale-démocrate que jusque-là ils faisaient profession de mépriser.

Ainsi, dans les années 1980, les années Mitterrand virent arriver dans les coulisses, puis dans les aréopages officiels du parti, successivement de nombreux lambertistes, qui avaient transité par le grand orient, et pas mal de krivineux. Dont Weber qui devint responsable des études du PS. Il grimpe dans le sillage de Fabius, lequel n'a certes jamais été trotskiste, mais dont le courant se donne un air d'aile gauche. Il devient notable, sénateur, eurodéputé, des postes qui dépendent très peu du contact avec le petit peuple.

weber

Certes son marxisme s'était émoussé. Mais il faudrait plusieurs pages, d'ailleurs relativement inutiles, pour résumer le fond des thèses dont il imbibe un parti désormais socialo-centriste.

On lira ainsi deux entretiens complaisants publiés sans aucune réserve dans L'Opinion, journal habituellement supposé critique :

  • en 2014, il prétend défendre, contre les frondeurs, à la vielle du "grand rassemblement national des Etats généraux du PS", la ré-industrialisation comme "socle matériel pour entretenir un État social généreux, ni notre French way of life, qui est si agréable" et ceci grâce au CICE [4]
  • et en 2016, à l'occasion de la publication de son livre Eloge du compromis, publié chez Plon, il se veut réformateur simplement moins brutal certes que Juppé, mais, quant au fond, convergent avec les mêmes et désastreux objectifs, et souligne que "la social-démocratie est une force extraordinairement résiliente"[5].

Si l'on veut bien considérer les conséquences du plan Juppé, l'objectif étant de faire une médecine sans médecins en ville, et sans trop de lits dans les hôpitaux, ce fut une réussite presque totale, qui se vérifie encore 25 ans plus tard. On comprend pourquoi son promoteur, malgré ses ennuis judiciaires a été placé au Conseil constitutionnel.

Quant aux restes de l'ancien trotskiste soixante-huitard, qu'ils reposent en paix. Ses réflexions, et les études qu'il dirigeait au parti socialiste, allaient dans le sens de l'étatisme délétère de notre pays. Il était, nous dit-on « l’un des rares socialistes français qui n’aient jamais renoncé à réfléchir ». Tant qu'on suivra ses avis, la France continuera de bâtir des usines à faire des mégots.

JG Malliarakis 

Apostilles :

[1] Cette malheureuse petite région, autrefois accueillante, dont la capitale est Lvov, – Lemberg en allemand, Lviv en ukrainien – a été successivement partagée depuis le démembrement du Grand-Duché de Lituanie et du royaume de Pologne de 1772 entre l'empire des Habsbourg et celui des tsars. Entre 1939 et 1941, à l'époque de l'Alliance Staline Hitler elle avait été de nouveau partagée entre le Reich et l'Union soviétique, puis conquise par l'armée allemande et, en 1945, restituée entre Pologne à l'ouest et URSS à l'est. Après quatre ans passés dans le paradis stalinien, le père du jeune Henri jugea la France plus hospitalière et s'est établi à Paris comme honorable horloger. Son fils devint ainsi français, et reçut donc l'éducation typique des petits Parisiens, dans un lycée d'État.
[2] cf. article "L’ancien sénateur socialiste Henri Weber, figure de Mai 68 et du trotskisme des années 1960 et 1970, est mort"
[3] cf. article en ligne le 27 avril à 12 h 58
[4]  "La redéfinition de ce que sont les socialistes est nécessaire"
[5] cf. entretien avec Nathalie Segaunes.

 

Sources : Pour recevoir en temps réel les liens du jour de L'Insolent, il suffit de le demander en adressant un message à Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

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ALLER AU-DELÀ DU MONDIALISME !

 

adinol

 

Je n'aime pas aller toujours à contre-courant, mais je pense que la mondialisation, le capitalisme et le mondialisme ont pris un net avantage avec la crise de Covid.

La pandémie est exploitée pour éliminer de nombreuses personnes âgées, considérées comme une voix passive de l'économie. La future restructuration favorisera les grandes concentrations industrielles et financières et frappera la libre initiative et la classe révolutionnaire par excellence (contrairement à ce que prétend Marx), c'est-à-dire la petite bourgeoisie.

Le confinement est vécu dans chaque nation exactement de la même manière. Tous normalisés dans notre comportement et contrôlés par nos propres gendarmes internes, comme dans Fahrenheit 451 ou 1984.

Nous nous démarquons d’un souverainisme d'opérette. Qui est mondialiste (mais patriote...) avec les spaghettis et qui avec le camembert.

Enfin, les deux superpuissances impérialistes et semi-continentales (USA et Chine) font un bond en avant contre toutes les puissances intermédiaires. L'architecture européenne elle-même est ébranlée et ce dans le seul but de ralentir notre reprise commune.

Je considère tout ça non pas comme Austerlitz mais comme Bérézina.

Cela ne signifie pas que nous devons désespérer ou abandonner le combat. Bien au contraire.

Mais il faut penser dans deux perspectives contemporaines.

La première est la création d'espaces spirituels, culturels et économiques libérés. Renforçons donc la tendance à la construction de communautés !

La seconde consiste à se préparer à agir dans le désert auquel nous sommes confrontés.

Nous devons produire l'organisation sociale et économique dans les catégories productives laissées à elles-mêmes. Si nous parvenons à mettre en place des organisations corporatives dans une vision actualisée du syndicalisme révolutionnaire, nous deviendrons quelque chose de sérieux.

Parallèlement, la formation (culturelle mais aussi technique) nous permettra de produire nos élites et d'accéder à une partie des élites sociales et politiques, lançant un défi de contenu et de perspectives.

C'est une logique articulée et progressive que je propose.

Sans nous abandonner dans l'espoir d'un effondrement du système ou de révolutions populaires: je n'y crois pas. Mais en tout cas aucune des deux hypothèses ne dépend de nous. Au contraire, la prise en compte constructive des possibilités dépend de manière réaliste de nous même. Et contrairement à la sauvegarde des attentes, cela implique une action et non une désertion de la lutte.

Gabriele Adinolfi

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