Résistance Identitaire Européenne

Régions d'Europe


Ballades païennes en Velay par Georges FELTIN-TRACOL

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La fin de l’année scolaire approche, les élèves commenceront bientôt leurs grandes vacances estivales. Et s’ils visitaient en compagnie de leurs parents le Velay ? Cette province du Languedoc sous l’Ancien Régime correspond aux deux tiers de l’actuel département de la Haute-Loire. Au Nord, le Velay touche le Livradois. À l’Ouest, l’arrondissement de Brioude relève de l’Auvergne tandis qu’au Sud, à partir du gros bourg de Saugues où séjournait fréquemment le jeune Maurice Barrès, débute le Gévaudan, cette terre frappée à la fin du XVIIIe siècle par une terrible bête tueuse de femmes et d’enfants. En 2017 au terme d’une enquête remarquable, Pierric Guittaut a révélé dans La Dévoreuse. Le Gévaudan sous le signe de la Bête 1764-1767 (Éditions de Borée) l’identité certaine de l’animal.

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Asturies, mythologie et identité. Un pays ignoré, un livre inconnu.

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Compte rendu du livre de Cristobo de Milio Carrín: La Creación del mundo y otros mitos asturianos. (La création du monde et autres mythes asturiens).

par Carlos X. Blanco, Professeur de philosophie (Ciudad Real)

 

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Résumé :

Nous proposons une critique de ce livre sur la mythologie asturienne, La Creación del Mundo, y otros Mitos Asturianos, où sont exposés les mythes du folklore asturien recueillis à la lumière de comparaisons avec la mythologie celtique et d'autres domaines. Carrin expose les survivances d'une ancienne religion européenne, répandue dans la zone atlantique, mais occultée par l'obsession espagnole pour tout ce qui tourne autour du latin et de la Méditerranée. Ils fournissent également des indices sur les raisons pour lesquelles les asturiens ignorent largement ces questions cruciales.

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Autonomisme. Unser Land sera présent aux élections législatives dans les 15 circonscriptions d’Alsace

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Le mouvement alsacien Unser Land sera présent dans l’ensemble des circonscriptions législatives d’Alsace lors du renouvellement du Parlement en juin 2022.

Depuis un an, Unser Land a considérablement renforcé son assise en Alsace, et entend bien envoyer des députés à l’Assemblée, qui rejoindront ses collègues de Régions et Peuples Solidaires qui sont parvenus à faire avancer de nombreux dossiers, à l’instar du député breton Paul Molac. (R&PS)

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L'affrontement entre un seigneur breton et le fils de Ragnar Lodbrok !

 

Ragnar Lodbrok est célèbre pour ses exploits. Et nombre de ses fils ont tenté de suivre ses pas. Mais lorsque le combat contre Hasting, un de ceux-là, se refuse à Gurwant, gendre du roi breton Erispoë, le jeune prince breton ne peut pas accepter de passer à côté d'une telle opportunité de briller. Voici le récit de la provocation en duel de Gurwant à Hasting !

 

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La « San Esteban », la Catalogne et l'Axe carolingien

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Le 26 décembre, jour de la Saint-Étienne, la Catalogne célèbre son deuxième grand jour des célébrations de Noël. Ici, la nuit du 24 est moins importante que dans d'autres régions européennes proches ; les grands jours sont les 25 et 26 décembre. Sur les tables des foyers catalans, on trouve des cannellonis et des poulets farcis, du nougat pour terminer en douceur le repas familial.

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FILMETTU : 40 anni di u Ribombu 40 anni di lotte (CORSICA)

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U RIBOMBU INTERNAZIUNALE : " À l'occasion des 40 ans du "U Ribombu", ce documentaire retrace l'histoire du journal, qui fait vivre depuis 4 décennies l'idée nationale Corse. A travers une série d'interviews des acteurs, militants, journalistes qui ont contribué au journal, découvrez l'histoire d'un des symboles de la lutte de libération nationale de la Corse.

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La Catalogne du Nord comme affirmation territoriale Par FRANCK BULEUX

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Il y a quelques années, je publiais un essai, L’Europe des peuples face à l’Union européenne (L’Æncre éditeur, 2017), sur l’émergence et la pérennité des mouvements régionalistes en Europe, c’est-à-dire des groupes dont la revendication s’inscrit dans un territoire distinct, sans lui être forcément opposé, de celui des contours de l’État-nation dont il fait partie.

Sans reprendre le contenu (disponible auprès de l’auteur ou de l’éditeur) de cet essai, j’indiquais qu’il existait, en Europe, des peuples divisés au sein de plusieurs États-nations. Ainsi, les Normands sont partagés depuis 1214 entre le Royaume-Uni (les îles Anglo-Normandes) et la France (les cinq départements constitutifs de la région normande, réunie depuis 2016), les Basques et les Catalans, entre France et Espagne ou d’autres, ce triple exemple n’ayant pas la prétention de l’exhaustivité.

Concernant les Catalans, ils sont divisés entre la Catalogne du Sud, le territoire le plus important avec la capitale régionale Barcelone, qui constitue une « généralité » au sein de l’Espagne, région qui a défrayé la chronique ces dernières années avec l’exil forcé fin 2017 du président d’alors de la généralité, Carles Puigdemont, et la Catalogne du Nord, qui désigne la partie du département français des Pyrénées-Orientales, de langue et culture catalanes, par opposition aux Fenouillèdes occitanes.

Llorenç Perrié Albanell a publié, en 2020, un opuscule consacré aux Mouvements et partis politiques nord-catalans, ouvrage sous-titré par un constat, même si un point d’interrogation subsiste : Un marasme ? (édité par le Cercle Català del Rosselló en août 2020).

L’auteur, fervent partisan et défenseur de l’identité catalane, nous entraîne dans les méandres du « catalanisme » politique en nous présentant ses tendances plurielles, récoltant des scores électoraux résiduels depuis le début des années 1970. Regrettant cette situation qui réduit le « catalanisme » à une minorité politique sans avenir, l’auteur-militant rejette l’identification du combat identitaire catalan (ou nord-catalan, sachant que chaque partie du territoire devrait développer son identité avant de se réunir dans une conception d’autonomie politique) aux dérives d’ultra-gauche ou écologiques « de type pastèque » (vert à l’extérieur mais rouge à l’intérieur). Les mouvements les plus représentatifs, même s’ils demeurent électoralement très faibles, privilégient, en effet, les alliances avec les partis de gauche (parfois dès le premier tour, évitant d’onéreuses dépenses et la visibilité d’un faible score), voire avec La République en marche (LREM), notamment lors des municipales de 2020 à Perpignan (dont le maire est Louis Aliot, membre du Rassemblement national, qui a battu le maire sortant de droite avec 53 % des suffrages exprimés, offrant au RN une commune de plus de 100 000 habitants).

L’échec politique du « catalanisme » laisse l‘auteur dubitatif. En effet, la version culturelle de l’identité catalane ne laisse indifférent aucun habitant, ni même aucun visiteur, pour qui la passion catalane est une permanence de la représentation régionale. Mais, selon l’avis d’Albanell, cet aspect, pour valorisant qu’il soit, est insuffisant ; seule une institution politique serait à même de garantir la défense du pays nord-catalan. Ce que préconise Albanell, c’est de ne pas se contenter de la nostalgie, mais de vivre le « catalanisme » comme une histoire en marche, avec un passé, un présent et un futur. La langue catalane en est l’expression vivante, y compris sur l’ensemble des panneaux de signalisation routière (comme en Bretagne, par exemple). Le mode de vie différencié, comme l’appelle l’auteur, doit être préservé, voire accentué par des écoles dites immersives.

Le lien entre les deux Catalogne est parfois d’une gestion difficile car nombre de Catalans du Nord attendent les orientations de ceux du Sud, plus puissants, et deviennent inféodés à des mouvements politiques hors de l’espace hexagonal, rendant difficile leur action régionale au sein de la France.

L’auteur indique avec justesse qu’il ne peut y avoir un seul « parti catalan » car chaque peuple, pour identitaire qu’il soit, comprend différentes sensibilités. Pour aller dans ce sens de la pluralité démocratique, il suffit de voir l’exemple corse : un mouvement autonomiste dirige l’exécutif insulaire depuis 2016 mais d’autres partis, plus indépendantistes qu’autonomistes, concourent aussi aux élections : tous « corses » mais aux aspirations différentes et cela n’empêche pas la liste Fà Populu Inseme de Gilles Siméoni, dirigeant de l’exécutif régional, d’atteindre 41 % au second tour tandis que deux autres listes « corses » raflaient 27 % des suffrages laissant à la droite régionaliste insulaire à peine un tiers des électeurs.

L’auteur insiste sur ce point. Le « catalanisme » politique est nécessaire mais il se doit d’être indépendant, au moins dans un premier temps, des mouvements du Sud et surtout, il se doit d’être représentatif du peuple, sans exclusive.

Albanell s’insurge à juste titre lorsque les Catalans les plus extrémistes lancent des slogans inquisiteurs et sectaires comme « un électeur du RN n’est pas un Catalan » (sic). Pourquoi le vote catalan n’aurait-il pas une « aile droite », une aile conservatrice ? En 1978, la Catalogne du Sud voyait la naissance du mouvement CIU – Convergence et union (en catalan : Convergència i Unió, abrégé en CiU) : une fédération de deux partis politiques catalans centristes et catalanistes, qui a constitué le pivot de la vie politique catalane jusqu’en 2015. Albanell n’aurait rien contre la fondation d’un tel parti « à la française » ou, plus exactement, « à la nord-catalane ».

L’auteur termine sur l’essentiel : un mouvement identitaire doit s’appuyer sur un trépied : le culturel, le politique et l’économique. La vie économique doit montrer l’exemple, celui de la possibilité d’un localisme viable. Être Catalan comme être Normand, c’est aussi tirer de la terre et de la force de la population qui la constitue, l’ensemble des ressources qui sont susceptibles de faire vivre un ensemble, un « pays ».

La question politique, celle de l’autonomie fédérative (celle qui reste du domaine du possible avec le système des « eurorégions » reconnues par l’Union européenne), de l’indépendance, de l’union nationale interétatique, n’est pas la seule. Elle viendra, c’est du moins ce que souhaite l’auteur mais elle ne doit pas être, nécessairement, la priorité. La mentalité politique vient après le culturel, c’est ce que l’auteur retient du communiste italien Gramsci.

Une culture catalane affirmée et une économie de proximité avec une relocalisation des productions sont des axes essentiels avant d’aborder le projet politique catalan binational.

Il y a quelques années, en touriste, j’étais monté dans « Le Train jaune » dans les Pyrénées catalanes. Et, en parcourant les 63 kilomètres de voie ferrée, comment ne pas penser à l’identité de ce pays, loin de tout jacobinisme, français ou… catalan d’Espagne ! Entre Paris et Barcelone, la voie de la Catalogne du Nord reste encore à écrire mais les femmes et les hommes de ce territoire, eux, l’ont compris… l’histoire s’écrit chaque jour.

Je vous recommande de lire cet ouvrage. Même si son titre est un peu pessimiste (« Un marasme ? »), le point d’interrogation maintenu par l’auteur nous laisse espérer que la voie politique n’est pas qu’une impasse.

 

Mouvements et partis politiques nord-catalans, un marasme ?, Llorenç Perrié Albanell, cercle Catala del rossello, 114 pages, 8 € (+3,20 par correspondance pour la France).

 

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Gerry Adams, Bobby Sands et le socialisme patriotique en Irlande

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Sur les traces du patriote de Belfast - Le Brexit comme opportunité de référendum : l'unification irlandaise exige des réponses et des perspectives.

 

En Irlande du Nord, nous recommençons à parler des « Troubles ». Une expression réductrice, si l'on y réfléchit, si l'on passe en revue les épisodes explosifs qui ont éclaté entre les années 70 et 80 dans la malheureuse terre des Six Comtés : de la lutte pour l'autodétermination menée par les patriotes républicains aux affrontements avec les troupes « régulières » et les milices unionistes, de la répugnance mutuelle (presque inépuisable) des nationalistes catholiques pour les loyalistes protestants aux grèves contre les conditions inhumaines subies dans les prisons anglaises et au martyre héroïque de Bobby Sands, les événements du pays opprimé par le pouvoir étouffant de l'Union Jack évoquent avant tout - et malheureusement - des histoires de violence et d'abus. Pourtant, la bataille, la guerre de rédemption du peuple irlandais n'a pas cessé, ne s'est pas éteinte. Elle continue à inspirer les vocations idéales de tous les combattants de la liberté qui ont identifié la cause de leur existence à l'indépendance de leur peuple et de leur communauté. L'un d'entre eux est sans aucun doute Gerry Adams, la figure emblématique du Sinn Féin (le parti nationaliste présent sur toute l'île), ami et associé de Sands, qui voit désormais la possibilité d'une réunification réelle.

 

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Les effets du Brexit

Après les événements de 2016, avec la décision du Royaume-Uni de quitter l'Union européenne, l'Irlande du Nord a connu un mécontentement -rebelle- généralisé: « Le Brexit, explique Adams dans une récente interview à L'Espresso, accordée à l'occasion du quarantième anniversaire de la mort de Bobby Sands (5 mai 1981), a accru l'intérêt pour un référendum ». Il est important de rappeler que la majorité des habitants du Nord ont voté pour rester dans l'UE, tout comme l'Écosse. Les partis unionistes pro-britanniques et le gouvernement britannique ignorent ce vote démocratique. En conséquence, de nombreux citoyens qui n'auraient peut-être jamais pensé à l'unité irlandaise la considèrent désormais comme une option viable pour l'avenir. En effet, il convient de noter que le représentant du Sinn Féin lui-même s'était distingué, au cours de son mandat, par une certaine méfiance à l'égard de l'UE et de son establishment. Mais la question, de toute façon, n'est pas celle-là: selon Adams, la déconnexion du conglomérat européen n'aurait fait que renforcer le désir croissant de renforcer l'opportunité de réaliser enfin une Irlande unie, posée comme une meilleure perspective d'avenir; une hypothèse réalisable, reconnue par l'Accord du Vendredi Saint qui, il y a vingt-trois ans, a été signé pour remettre en cause la ségrégation imposée au détriment des catholiques nationalistes, des irrédentistes et des franges identitaires dévouées à l'émancipation des Six Comtés qu'ils souhaitaient soustraire à la domination coloniale britannique.

« Mais je veux me rappeler », insiste Adams dans son dialogue avec Gigi Riva, « que ce traité n'était pas une solution, mais un accord pour d'autres changements à venir. Depuis qu'il a été atteint, de nombreux progrès ont été réalisés dans le domaine des droits de l'homme et de la fin de la discrimination. Cependant, les événements de ces derniers jours nous apprennent qu'il reste encore beaucoup de travail à faire. Ce n'est que dans une Irlande unie que le passé sera vraiment du passé et que les gens pourront se concentrer sur l'avenir. »

 

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Au nom de Bobby Sands

L'accord de 1998 avait été conclu par la communauté irlandaise après des décennies de répression policière implacable, d'attaques et d'exécutions. Des décennies profondément marqués par le sang tourmenté des rebelles, qui n'ont jamais voulu accepter la suppression d'une tradition millénaire, de ses symboles et de sa physionomie. Une convention qui, affirme Adams, aurait fait la fierté de Bobby Sands et des révolutionnaires enfermés dans les cellules de Long Kesh: c'est grâce à leur sacrifice que nous pouvons aujourd'hui envisager la possibilité de reconstruire une patrie souveraine, maîtresse de son destin et de ses aspirations. Il faut rappeler que dans la grande conflagration de la seconde moitié du vingtième siècle en Irlande du Nord, plus de trois mille personnes ont perdu la vie, alors que les expéditions contre les catholiques mises en place par les escadrons paramilitaires loyalistes avaient déjà commencé en 1966, avec les raids supplémentaires suivants perpétrés par les troupes britanniques dans les villes de Derry et Belfast. Dans ce contexte, l'action politique était de peu d'importance; l'engagement armé devenait, aux yeux des nationalistes, la seule forme de résistance, la seule promesse de rédemption: une effigie de la liberté, un étendard inconsommable pour les peuples soumis à toute forme de servitude impérialiste. La guérilla populaire est la méthode également préconisée par Sands ; il avait dix-huit ans lorsqu'il a décidé de rejoindre l'Armée républicaine irlandaise, l'armée des volontaires républicains qui, dans la clandestinité, luttait pour voir s'effondrer le régime supervisé par les marionnettistes de Londres. Il serait mort en prison, élu quelques semaines plus tôt au Parlement de Westminster, épuisé par les soixante-six jours de jeûne qu'il a décidé de s'infliger, avec fierté et constance, contre le refus du statut de prisonnier politique et la rétrogradation conséquente au rang de délinquant de droit commun; pour Bobby Sands et les neuf prisonniers qui sont morts avec lui, il n'était pas acceptable que l'Angleterre qualifie la bataille irlandaise de crime ou d'acte déplorable de terrorisme: « Nous nous souvenons maintenant », souligne Adams, « des 40 ans de la grève de la faim, de la mort de Bobby et de ses neuf camarades. La cause pour laquelle ils ont été emprisonnés et pour laquelle ils sont morts est la cause irlandaise. C'est la fin de la partition imposée par la force il y a 100 ans [...] Les luttes dans les prisons et les succès électoraux qui ont eu lieu ont été un moment décisif pour notre lutte et pour l'histoire moderne de l'Irlande. L'élection de Bobby Sands comme député de Fermanagh South Tyrone et de Kieran Doherty et Paddy Agnew au Parlement irlandais a prouvé que les affirmations du Premier ministre britannique Margaret Thatcher et d'autres figures politiques britanniques, selon lesquelles la lutte ne bénéficiait d'aucun soutien populaire, étaient fausses. » L'avertissement reste donc impérissable ; il ne cesse de conserver sa valeur prophétique au-delà de toutes les barrières idéologiques et temporelles. Et il nous rappelle que là où il y a de l'injustice, « il y aura toujours des gens courageux qui prendront position ».

 

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La voie sociale vers la république

S'il est certain, comme le répète Gerry Adams, que la fusion tant désirée des deux Irlandes n'est pas qu'une utopie réconfortante, nous devrions nous demander quelle solution devrait être esquissée pour sanctionner une agrégation réelle et définitive entre deux factions qui, depuis longtemps, semblent irréductiblement incompatibles. S'il est certain qu'un référendum pourrait entériner la réunification de l'île sous un seul drapeau, il serait alors impératif de trouver un remède qui consoliderait une réconciliation durable entre le camp catholique, prépondérant en République d'Irlande, et le camp protestant, prévalant en Irlande du Nord, dans la région des Six Comtés. Ce sont des questions qu'Adams avait providentiellement posées dans les années 1990. Des questions dont les réponses dessinent des objectifs intéressants, des intentions qui se traduisent par des ambitions politiques novatrices, au-delà des catégorisations usagées qui prévalent. La république qu'Adams tente d'imaginer a une claire intonation sociale et solidaire; elle s'oppose cependant aux tendances mondialistes et atomisantes qui semblent avoir complètement annihilé toute aspiration patriotique et identitaire. « On ne devient pas socialiste », écrit-il dans Pour une Irlande libre, « en abandonnant le nationalisme et le républicanisme et en les remplaçant par des slogans gauchistes vides de sens [...] le républicanisme est une philosophie dans laquelle les dimensions nationale et sociale sont fusionnées »; et il poursuit: « Cette vision classique du problème s'oppose à celle de ceux qui opposent républicanisme et socialisme et qui brisent l'unité du mouvement pour l'indépendance nationale en donnant la priorité à des objectifs socialistes qui ne peuvent être atteints tant que l'autonomie n'est pas réalisée; avec le risque de n'atteindre ni l'indépendance ni le socialisme. » Ce n'est que selon ces coordonnées, comme le souligne Gerry Adams, que les différences et les pluralités qui fragmentent la structure civique des deux Irlandes peuvent être réaménagées, harmonisées dans un cadre unitaire et organique. Néanmoins, les voies du rétablissement de la paix refusent d'abdiquer leur complexité intrinsèque ; elles exigent un dévouement généralisé et assidu qui absorbe les controverses, qui ramène les disparités dans une réalité communautaire et eurythmique. Et alors, peut-être, comme l'a prédit Bobby Sands, nous verrons enfin la lune se lever.

Tiocfaidh ár lá, Tiocfaidh ár lá, il a été répété entre les mesures de Long Kesh.

Domenico Pistilli

Source : https://www.barbadillo.it/99808-gerry-adams-bobby-sands-e-il-socialismo-patriottico-in-irlanda/

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