Résistance Identitaire Européenne

Chroniques, par Pierre Vial

Turqueries en tous genres

{xtypo_dropcap}S{/xtypo_dropcap}achant que l’opinion des peuples européens est en majorité hostile à leur point de vue (un referendum en ferait la démonstration), les partisans de l’entrée de la Turquie dans la Communauté Européenne font le forcing dans les medias, misant sur la puissance de ceux-ci en matière de conditionnement mental. En faisant flèche de tout bois, ils vont chercher les arguments les plus bizarres. Qu’on en juge : petit florilège.

 

Le vieux dinosaure Michel Rocard, obligé d’admettre que, géopolitiquement, la Turquie n’est pas en Europe, va chercher un argument pour le moins imprévu : la Turquie mérite, malgré la géographie, d’être considérée comme européenne... parce que saint Paul, il y a dix-neuf siècles, dans le cadre de son activité missionnaire, a créé diverses communautés chrétiennes en Anatolie (c’est à dire en Asie Mineure). Même Jean-Paul II n’y aurait pas pensé... Il est cocasse de voir le huguenot Rocard aller chercher à la rescousse un saint catholique... dont le culte a toujours été considéré comme idolâtre dans la tradition protestante.

 

Noël Mamère, le célèbre zélateur des mariages homos, considère, lui, que l’argument le plus important en faveur de la Turquie concerne une période de l’Histoire plus proche : « Lorsqu’en 1492 (…) l’inquisition a chassé les juifs d’Espagne, où sont-ils allés se réfugier ? En Turquie (…) A ce titre, la Turquie fait bien partie de l’histoire européenne et nous lui devons la reconnaissance » (déclaration faite sur RTL le 5 octobre 04). Il suffisait évidemment d’y penser. Le même argument est d’ailleurs servi (y aurait-il coordination ?) par un autre zozo de grand calibre, Edgar Morin. Lequel est né Nahum à Salonique, comme le rappelle opportunément Rivarol (15 octobre). Ce personnage donc très personnellement concerné estime que l’accueil fait à ses congénères témoigne du caractère « européen » des Ottomans. Tant Mamère que Morin-Nahum devraient demander aux Arméniens ce qu’ils en pensent... « Sans parler, rappelle Rivarol , des Grecs massacrés et chassés de l’Ionie, de l’Eolie et autres contrées dont ils avaient fait le phare du monde quand les hordes turcomanes, elles, végétaient encore dans les steppes du Sinkiang ».

 

Dans le camp des avocats de la Turquie se distinguent d’autres cas intéressants. Par exemple Alexandre Adler, « spécialiste » (autoproclamé) de géopolitique, devenu par son entregent et ses relations maître à penser du Figaro et cireur de pompes de Chirac dont il célèbre « la vision d’homme d’Etat » (sic). Adler assure que les objections à l’entrée de la Turquie « ne tiennent pas ». Démonstration.

La démographie ? Notre prophète garantit que les femmes turques feront désormais moins d’enfants. Quand ? Bientôt... Et d’ailleurs il faut relativiser les chiffres car – argument massue – « jamais on n’a invoqué les 150 millions d’Européens de l’Est pauvres que l’on intègre à l’Union en ce moment même ». Adler « oublie » un léger détail : les Européens de l’Est sont… des Européens. Les Turcs non. Mais pour Adler, c’est évident, un Turc vaut bien un Lithuanien... Pour un cosmopolite, c’est une évidence.

Autre objection à l’arrivée de la Turquie qu’Adler repousse avec dédain : les risques géopolitiques. Certes, est-il obligé d’admettre, « on ne peut nier que les frontières orientales de la Turquie sont toutes des frontières instables et belliqueuses ». Mais, que diable, la Turquie fait partie du Pacte atlantique. Donc le grand frère américain est là pour veilleur au grain et assurer la paix. Comme en Irak, sans doute ? Dans son argumentation Adler « oublie » (encore) de rappeler que les Etats-Unis et Israël appuient de tout leur poids – et il est grand – la Turquie. Il doit bien y avoir quelques raisons à cela, non ?

Troisième objection balayée par Adler : la pauvreté de la Turquie. Car, dit-il, on a bien accepté la pauvre Pologne, les pauvres pays baltes… Et d’ailleurs la Turquie ne va pas tarder à s’enrichir.

Quatrième objection : l’islam turc. Ridicule, assure Adler. Car la Turquie est la représentante, par excellence, d’un islam modéré… bien plus modéré que celui qu’on croise tous les jours dans les banlieues françaises. Autrement dit, il faut miser sur les Turcs pour rendre présentable l’islam implanté en Europe... Manque de chance pour Adler : le 20 octobre un lycée de Villeurbanne a dû exclure une élève qui refusait, malgré et après le « dialogue » réglementaire (les palabres ont duré deux mois), de retirer son voile islamique. L’élève est turque…

 

Dans le concert turcophile se distingue un autre spécialiste : Edwy Plenel, rédacteur en chef du Monde (où il continue le travail d’agitateur gauchiste qui a toujours été le sien, sous divers camouflages successifs). La Turquie, assure-t-il, est admirable car elle est « un pont européen ». Car elle témoigne de « cette Europe musulmane que l’amnésie, cette compagne de la peur, voudrait aujourd’hui effacer de nos héritages et de nos mémoires ». Et il enfonce le clou : « Il y a toujours eu un islam d’Europe (…) L’Empire ottoman fut une grande puissance européenne, dont l’administration était par bien des aspects supérieure à celle des empires rivaux, tsariste et austro-hongrois ». Adepte de l’ethnomasochisme, Plenel cite avec ravissement la phrase prononcée le 6 octobre par Erdogan devant le Conseil de l’Europe, à Strasbourg : « Un milliard et demi de personnes dans le monde musulman attendent avec émotion que la Turquie puisse jouer le rôle de pont entre les civilisations ». Traduction en clair : la Turquie est le cheval de Troie idéal pour continuer la conquête de l’Europe par l’islam.

 

Plenel (Le Monde du 16 octobre) crache le morceau lorsqu’il écrit que le rôle de la Turquie est d’être « antidote au choc des civilisations et à l’affrontement des cultures ». Il s’aligne ainsi sur Chirac, lequel « récuse notamment les argumentaires ethniques ou religieux, persuadé qu’ils confortent ceux qui ne voient plus dans la marche du monde qu’un ‘"choc de civilisation" » (Le Monde, 3 octobre 2004).

Nous y voilà. Les partisans de la Turquie craignent par-dessus tout que la réalité reprenne ses droits. A savoir qu’un nombre croissant d’Européens réalise enfin que la clef des confrontations dans le monde d’aujourd’hui est bel et bien LE CHOC DES CIVILISATIONS. C’est cela la vérité. Et tous les mensonges des gens au pouvoir n’y peuvent rien.

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