Résistance Identitaire Européenne

Chroniques, par Pierre Vial

Vous avez dit bizarre ?

Vous avez dit bizarre ?

Une convention « identitaire » (sic) qui doit se tenir en octobre à Orange (la ville du villieriste Bompard) aura pour invité d’honneur Yves-Marie Laulan. Connu pour ses prises de position ultra-libérales (il a proposé de supprimer la plupart des aides à l’emploi fonctionnant en France), il a été cadre du Fonds Monétaire International (FMI, présidé par Strauss-Kahn) puis de la Banque Mondiale, avant d’être installé comme chef du service des affaires économiques de l’OTAN. Normal, pour un serviteur très zélé des intérêts américains.

De plus ce brillant personnage s’était porté volontaire pendant la Guerre des Six Jours pour servir dans l’armée israélienne et se dit, à qui veut l’entendre, « ami d’Israël ». On voit que le Bloc « identitaire » (sic) a de bien curieuses relations. Comment ? Pourquoi ? Bizarre.

Autre bizarrerie : aux prochaines élections régionales Christian Bouchet sera tête de liste FN en Loire-Atlantique. Lui qui se dit farouche antisioniste, ami actif du monde arabo-musulman, a été installé comme candidat FN par Marine Le Pen, très favorable à Israël et son ami le secrétaire général Aliot qui, lui, a des raisons très familiales de beaucoup aimer Israël. Au moment où Jean-Marie Le Pen défend à nouveau les positions qui étaient déjà les siennes dans les années 1950 et 1960 : nécessité d’assimiler les immigrés maghrébins (« Ce que je vois autour de moi, ce sont des musulmans intégrés à la vie sociale (…) La vérité m’oblige ainsi à remarquer que leurs réactions sont souvent celles de Français de souche »). Ces mots se trouvent dans l’entretien donné à Flash (24 septembre 2009) où, à la question « Etes-vous conscient que nombre de Français issus de l’immigration aient pu théoriser et intégrer l’idée d’un nouveau nationalisme » il répond : « J’en suis convaincu ». Ce qui est la position d’un Soral.

Alors ? Tout cela est bien bizarre diront les naïfs. Mais non. Logique. Car Sarkozy attend beaucoup, pour 2012, du renfort d’une extrême-droite qui rêve d’être acceptée comme « républicaine », donc convenable et dont il aura bien besoin, électoralement parlant, s’il veut rester président de sa République. Sans se soucier des contradictions internes, flagrantes, de cette extrême-droite là, la seule chose qui l’intéresse étant de pouvoir rafler toutes les voix possibles en 2012.

Pierre VIAL

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