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Le maire de Bobigny s'acharne à embaucher la compagne d'un ancien membre du gang des barbares

Le maire de Bobigny s'acharne à embaucher la compagne d'un ancien membre du gang des barbares

Dans son livre Le Maire et les BarbaresÈve Szeftel dénonce le « clientélisme » d'élus de l'UDI à destination de « voyous » et de « chefs de communauté » de la ville de Bobigny. Elle évoque des liens entre Jean-Christophe Lagarde, président de l'UDI et député de Seine-Saint-Denis, et Lynda Benakouche, la compagne de Jean-Christophe Soumbou, condamné à 18 ans de prison pour « enlèvement et séquestration » d'Ilan Halimi. Selon la journaliste, Lynda Benakouche, égérie de la victoire de l'UDI à Bobigny, serait aujourd'hui soutenue par le pouvoir en place dans la ville.
Actuellement, c'est Stéphane de Paoli qui est aux manettes de la ville de Bobigny, mais ce dernier a prévu de lâcher son siège lors du prochain mandat. Christian Bartholmé, l'actuel collaborateur d'Aude Lagarde – qui a remplacé son mari Jean-Christophe à la mairie de Drancy, après l'entrée en vigueur de la loi sur le non-cumul des mandats –, se présente sous l'étiquette UDI aux prochaines municipales de Bobigny.
Interrogé au micro d'i24 News sur le fait qu'elle est actuellement employée à la mairie de Bobigny, Jean-Christophe Lagarde a répondu sur le terrain juridique : « Rien dans la loi française ne permet à la ville de Bobigny de dire : Madame, votre contrat s'arrête, vous êtes licenciée parce que votre conjoint est reconnu coupable. »
 

« Violences volontaires avec arme »

Jean-Christophe Lagarde a raison sur un point : une personne ne peut être reconnue coupable des agissements d'un tiers, fût-il le père de ses enfants. En revanche, ce que le président de l'UDI ne dit pas, c'est que la mairie de Bobigny s'acharne à embaucher Lynda Benakouche alors que la préfecture de Seine-Saint-Denis a exercé trois recours devant le tribunal administratif pour faire annuler trois recrutements successifs, car elle considère ses diplômes et son niveau de rémunération comme incohérents par rapport à ses postes. Et ce, alors même que sa proximité avec le gang des barbares et sa condamnation judiciaire à de la prison ferme pour « violences volontaires avec arme » avaient été publiquement révélées.

Le premier recours concernait son premier recrutement après la victoire de l'UDI en qualité d'agent non titulaire pour une durée d'un an à compter du 2 juin 2015. Pour justifier sa demande d'annulation, la préfecture faisait notamment valoir au tribunal administratif de Montreuil que « le recrutement n'a pas été précédé d'une délibération créant l'emploi » et qu'il était entaché « d'une erreur manifeste d'appréciation dans la détermination du niveau de rémunération retenu ». Dans un jugement datant de juin 2017, le tribunal lui a donné raison et a annulé son arrêté de recrutement, considérant que « sa rémunération principale calculée par référence à l'indice brut correspondant au 11e échelon du grade d'attaché territorial » ne correspondait pas à ses diplômes et à son expérience professionnelle.

Par la suite, Lynda Benakouche a été à nouveau embauchée le 25 mai 2018 par le maire de Bobigny. Dans un deuxième recours, la préfecture de la Seine-Saint-Denis a demandé au tribunal administratif de Montreuil d'annuler le nouveau contrat de renouvellement du recrutement de Mme Benakouche en qualité d'agent contractuel pour assurer les fonctions de chargée d'étude et d'évaluation des politiques sociales d'une durée d'un an. Un poste normalement réservé à un fonctionnaire, mais la loi permet aux communes de recruter des contractuels pour remplacer momentanément un titulaire en cas d'impossibilité de pourvoir le poste. Considérant notamment que la commune n'a pas démontré « l'impossibilité de recruter un fonctionnaire », le tribunal a donc annulé le contrat en 2019.

Acharnement extrêmement rare

Elle a une nouvelle fois été embauchée par la mairie, comme cadre de catégorie A, ce qui correspond à un grade très élevé dans la fonction publique alors que son poste effectif serait stagiaire « en charge de l'animation de l'enfance ». Or, selon une source judiciaire proche du dossier, un troisième déféré pour « nomination sur ordre » datant de novembre 2019 a encore été exercé contre Lynda Benakouche devant le tribunal de Montreuil. À nouveau, le recours viserait une rémunération sans rapport avec le poste proposé, même si en octobre 2014 elle a commencé une formation qui a débouché, en janvier 2016, sur l'obtention d'une licence spécialité « animation socio-éducative ou culturelle ». Le jugement devrait avoir lieu en juin 2020, toujours selon cette source.

Ce comportement du maire de Bobigny est extrêmement rare puisque l'usage consiste d'habitude à annuler une délibération de recrutement après une simple lettre de la préfecture. Et pose une question : pourquoi la municipalité de Bobigny tient-elle tant à ce que Lynda Benakouche travaille pour elle à des postes et à des rémunérations sans cohérence avec son parcours professionnel ? Contacté, le maire Stéphane de Paoli conteste « l'acharnement » à embaucher Lynda Benakouche : «  Il y a eu 5 contrats de travail successifs, ce qui est classique pour des agents contractuels dont le contrat dure un an par nature, et qui peuvent être affectés à des missions différentes en fonction des besoins de l'administration. Vous omettez de dire qu'aucun recours auprès du tribunal administratif n'a été formulé contre les arrêtés de nomination de 2014, 2016 et 2017 », nous écrit-il. « Les objections du préfet, retenues par le tribunal administratif, ne concernent pas la personnalité de l'agent, ni la qualité de son travail, ni son expérience dans les domaines qui lui ont été confiés, mais pour l'essentiel des erreurs de forme dans les arrêtés, et un désaccord sur le niveau de rémunération, comme cela arrive régulièrement s'agissant d'agents contractuels », poursuit-il. Contactée, Lynda Benakouche n'a pas répondu à nos sollicitations.
Pour mettre définitivement fin à cette situation, les services de l'État pourraient être fondés à saisir la justice au nom de l'article 40 du Code de procédure pénale pour « détournement de fonds publics ». Contactée, la préfecture de Seine-Saint-Denis n'a pas donné suite à nos sollicitations.
Le Point du 05/03/2020

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