Résistance Identitaire Européenne

Lignes de Front

En Amérique, comme en Europe, offensive sur les symboles du passé en rupture avec l’idéologie officielle

Article tiré de Blanche Europe.

AuteurHaken

Publié le16 Août, 2017

Dans le cadre général de l’apostasie civilisationnelle que réalise le monde occidental, dont la tête de pont est systématiquement le passé qui lui fait mauvaise conscience (savamment (((entretenue))) à cette fin), l’Amérique s’emploie actuellement, suite aux manifestations « fascistes » et antifascistes de la semaine, à effacer la part de son héritage historique qui correspond à la fois à une trace de son existence rétrospectivement vue comme inadmissible, et à la fois à un moment capital de son identité.

 

Il s’agit des traces de la Guerre de Sécession, et plus particulièrement du camp des vaincus, le Sud, aristocratique et esclavagiste, et correspondant à ce titre doublement à un passé abhorré : l’antiracisme hait l’esclavagisme (qui ne fut qu’un prétexte à la guerre), tandis que le capitalisme libéral qui étouffe la planète exècre le modèle aristocratique et foncier sudiste (dont le maintien face au modèle financier et industriel du Nord fut la vraie cause du conflit).

C’est en vertu de ce contexte que les autorités de gauche procèdent traîtreusement à la destruction des vestiges sudistes.

Tout a commencé lorsque, durant les manifestations évoquées par Blanche Europe, des antifascistes s’en sont pris à une statue représentant un soldat confédéré : ils l’ont, à l’aide de sangles, arrachée de son socle, puis se sont livrés sur elle à de véritables « Minutes de la Haine », la frappant, l’injuriant, et crachant sur elle.

Cette psychose collective, qui provoquerait une mobilisation mondiale si elle était faite par les « néonazis » à l’encontre d’un symbole du Système des vainqueurs (un mémorial de la Shoah, par exemple), n’a fait que marquer le début d’une vague d’effacement du passé en Amérique.

RT :

Le conseil municipal de Baltimore a voté à la majorité le retrait de statues confédérées, quelques jours après les incidents de Charlottesville. Des grues ont été mobilisées pour retirer ces statues en bronze dont le sort reste encore incertain.

Les statues du général confédéré Robert Edward Lee et du lieutenant-général sudiste Thomas Jackson ont été retirées des rues de la ville de Baltimore, 70 ans après avoir été installées en mémoire de ces combattants de la guerre de Sécession américaine, selon la presse américaine.

Des camions munis de grues ont été mobilisés pour soulever et emporter ces imposantes statues de bronze, comme en attestent vidéos et photos prises en pleine nuit, le 16 août à Baltimore.

Trois autres monuments ont subi le même sort à la suite d’une décision du conseil municipal de Baltimore prise le 15 août. Les élus locaux voient en effet dans ces statues une « campagne de propagande perpétuant la croyance dans le suprématisme blanc ».

« Il fallait qu’elles soient enlevées. Je m’inquiète pour la sécurité de notre population. Nous avons fait aussi vite que nous avons pu », a déclaré le maire de la ville, Catherine Pugh au quotidien local Baltimore Sun.

Catherine Pugh, a proposé que ces statues ne soient pas détruites mais déplacées. L’hypothèse d’un cimetière militaire a été évoqué, mais la décision n’a toujours pas été prise pour le moment.

Cette décision fait suite aux affrontements de Charlottesville, en Virginie, liés au retrait de la statue du général Robert E. Lee de la ville et qui ont coûté la vie à une contre-manifestante.

La ville de Durham en Caroline du Nord a, elle aussi, été le théâtre d’un incident lié à un monument confédéré, des activistes anti-racistes ayant déboulonné une statue en bronze.

Ces destructions médiocres, effectuées à la sauvette et « justifiées » par un recours à l’émotion sans la moindre attache contextuelle (l’adhésion à tout propos contenant les mots agréés par le Camp du Bien étant présumée), suscitent une vive polémique. D’abord, l’escamotage pur et simple des traces du passé est la marque d’un arbitraire si grossier et flagrant qu’il n’a pas manqué de rappeler à nombre d’Américains les saccages historiques effectués par les fanatiques religieux de l’État islamique à l’encontre du patrimoine religieux antique en Syrie, semblablement vu comme une collection d’idoles à des valeurs et des divinités (pour les États-Unis, les tabous de l’idéologie humaniste) tenues rétrospectivement pour abominables.

Islamistes et gauchistes ; même combat

Mais surtout, c’est le révisionnisme actif que constituent ces actions qui choque. On voit la gauche américaine agir pour remodeler l’Histoire à sa botte, annihilant la mémoire de tout ce qui dévie de son ancrage idéologique actuel, qu’elle conçoit visiblement comme une vérité transcendante devant rester valable de toute éternité.

Quelle autre raison en effet que cette certitude métaphysique de nature vraiment religieuse, pour justifier que l’Histoire doive se mettre au diapason de la pensée du présent ?

Le prétexte invoqué, naturellement, est de retirer à ces composants historiques tout élément de révérence nationale, pour ne rien dire de l’adhésion éventuellement suscitée par la conservation publique des symboles et figures les plus éminents du sudisme. L’objectif est le même : disparaissant de la société moderne, le passé condamné n’existerait plus que comme objet, rendu abstrait, de haine et de rejet solennel ; un épouvantail moral pas même réel, retiré physiquement du champ mais fourré par la télé dans le crâne des corbeaux pour qu’ils évitent de venir picorer le grain progressiste.

La presse française, toujours aussi alerte lorsqu’il faut se ventrouiller devant la dernière nouveauté du progressisme outratlante, a, par l’organe du Monde, posé la question de ce recalibrage sur mesure du passé.

La remise en cause de la présence de monuments rendant hommage aux figures confédérées ne cesse de prendre de l’importance aux Etats-Unis. Selon un rapport publié en 2016 par le mouvement dit anti raciste « Southern Poverty Law Center », spécialisé dans les mouvements extrémistes et les droits civiques, plus de quinze cents symboles de la confédération esclavagiste créée lors de la guerre civile américaine, de 1861 à 1865, ont été recensés, la plupart dans d’anciens Etats sécessionnistes du Sud. Ce chiffre inclut plus d’une centaine d’écoles publiques portant le nom de soldats ou d’hommes politiques d’Etats sécessionnistes.

Signe de la prégnance de cette histoire, dix bases militaires portent le nom de soldats confédérés, selon le rapport rédigé après le retrait, en juillet 2015, du drapeau confédéré qui flottait devant le Capitole de Columbia, en Caroline du Sud. Elles sont toutes situées dans le sud du pays. Six anciens Etats sécessionnistes ont d’ailleurs des jours fériés qui rendent hommage aux noms de la guerre civile, dont le chef militaire Robert E. Lee, ou l’éphémère président des Etats confédérés, Jefferson Davis.

Ces monuments suscitent des critiques de plus en plus virulentes de mouvements antiracistes. A Durham (Caroline du Nord), la statue d’un soldat confédéré érigée en 1924 a été mise à bas par des manifestants, lundi 14 août. Les monuments à la gloire de figures sécessionnistes sont protégés par la loi dans cet Etat. Le même jour, une autre a été déboulonnée à Gainesville (Floride). A Nashville (Tennessee), des dizaines de manifestants ont réclamé le retrait du Capitole d’un buste de Nathan Bedford Forrest, général confédéré et fondateur du Ku Klux Klan.

« Nous ne pouvons pas continuer à rendre hommage à ces hommes qui se sont battus pour préserver l’esclavage », a déclaré Jim Gray, le maire démocrate de Lexington (Kentucky)

Samedi 12 août, le maire de Lexington (Kentucky), le démocrate Jim Gray, avait annoncé sa volonté de déplacer deux statues confédérées. « La guerre de Sécession a été une période noire de notre histoire. Certes, nous ne devons pas oublier. Mais nous devons raconter avec exactitude et véracité ce qu’il s’est passé », a déclaré M. Gray, rappelant qu’à Lexington se trouvait « l’un des plus grands marchés aux esclaves d’Amérique (…). Nous ne pouvons pas continuer à rendre hommage à ces hommes qui se sont battus pour préserver l’esclavage, sur un sol où des hommes, des femmes et des enfants ont été eux-mêmes vendus comme esclaves. »

Plus récemment, quatre monuments ont été déboulonnés à La Nouvelle-Orléans (Louisiane). Comme souvent, ces retraits ont fait l’objet d’une sourde bataille juridique. Compte tenu des tensions, le démantèlement de ces statues s’est fait nuitamment, sous protection policière.

Pour leurs défenseurs, enlever ces symboles revient à effacer un pan de l’histoire américaine et de l’héritage sudiste. Mais, selon les historiens, la majorité d’entre eux a été érigée pendant la ségrégation raciale, principalement dans les années 1910-1920, au moment de la disparition de la génération qui avait participé à la guerre de Sécession. Une dernière vague d’installation de monuments a coïncidé avec les années 1960, en réaction au mouvement des droits civiques.

« Des statues ont été érigées dans le but de réécrire l’histoire, pour glorifier la confédération et perpétuer l’idée de la suprématie blanche », écrivait le maire démocrate de La Nouvelle-Orléans, Mitch Landrieu, le 11 mai, dans les colonnes du ((Washington Post.)) « Ces monuments ne sont pas des marqueurs lugubres de notre héritage de l’esclavage et de la ségrégation, mais un hommage à ces derniers. Ils dressent un récit inexact de notre passé, sont un affront à notre présent et une médiocre prescription pour notre avenir », avait-il ajouté.

En 2015, dans le même journal, un historien de l’université du Vermont, James W. Loewen, auteur d’un ouvrage au titre évocateur, Lies My Teacher Told Me (« Les mensonges que me racontait mon professeur », The New Press, 1995, non traduit), estimait qu’en dépit de sa défaite militaire et politique, le camp sudiste était parvenu à préserver une sorte de match nul mémoriel par le truchement de monuments. Il prenait l’exemple du Tennessee, qui vota contre la sécession et qui soutint numériquement davantage les forces de l’Union que les confédérés. Selon les recensements des historiens de l’Etat, ce dernier compterait aujourd’hui soixante-douze monuments consacrés aux confédérés, contre deux à leurs vainqueurs.

Dans la grande tradition qu’a le « journal de référence » pour présenter objectivement un débat sociétal, la parole est uniquement donnée aux adversaires des statues, et le seul élément évoqué dans l’autre sens appartient déjà au passé, consistant en la simple existence – pour l’instant – desdites statues.

On saisit d’emblée que le but est de cautionner le bricolage de l’Histoire et la mise au rancart du patrimoine en cours aux États-Unis – mais aussi dans toutes l’Europe : que ce soit la figure de Cecil Rhodes expurgée du campus d’accueil de la bourse qu’il a fondée, ou l’hôpital Richet débaptisé car l’homme avait été raciste à son époque, une attaque générale est en cours contre les vestiges d’un monde occidental sain, dont seul doit demeurer le chemin qui a mené à la perfection sociale-libérale actuelle.

Il va sans dire que cultiver ce passé, le chérir et le transmettre est primordial pour pallier cette mise au ban historique, afin de faire vivre le souvenir des grandeurs de notre héritage et d’empêcher que leur caractère positif se perde : c’est à la portée de tout un chacun.

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