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Blue Wolf, l’application utilisée par Israël pour espionner les Palestiniens en Cisjordanie occupée

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Un reportage explosif paru dans le Washington Post révèle un vaste projet de surveillance déployé par l’armée israélienne en Cisjordanie.

Les caméras sont depuis longtemps un outil essentiel employé par Israël pour surveiller et observer les Palestiniens.

Cependant, compte tenu du progrès technologique, un système avancé de reconnaissance faciale est désormais utilisé pour contrôler les Palestiniens aux postes de contrôle militaires.

Toutefois, ces évolutions ne se limitent pas aux check-points, selon un reportage paru lundi dans le Washington Post, qui décrit un système de surveillance d’un niveau inédit mis en place à travers la Cisjordanie occupée, appelé Blue Wolf.

Middle East Eye se penche sur cette technologie et ce qui la distingue des systèmes déjà notoirement déployés par l’armée israélienne – notamment ce qui la rend plus dystopique et plus terrifiante.

 

Qu’est-ce que Blue Wolf ?

Selon le reportage du Washington Post, qui s’appuie sur les témoignages de six anciens soldats israéliens, Blue Wolf est une technologie sur smartphone qui permet de capturer des images de Palestiniens en Cisjordanie occupée, puis de les recouper avec une base de données tenue par l’armée et les services de renseignement israéliens.

Au cours des deux dernières années, les soldats israéliens ont photographié des Palestiniens, y compris des femmes, des personnes âgées et des enfants – parfois contre leur gré – à l’aide de Blue Wolf. Le nombre de photos prises se chiffrerait en milliers.

Afin de motiver les soldats, des récompenses auraient été proposées aux unités capables de rassembler le plus grand nombre de photos de Palestiniens à ajouter à la base de données, décrite par un ancien soldat comme le « Facebook des Palestiniens » de l’armée.
Comment fonctionne cette technologie ?

Blue Wolf s’inscrirait dans le cadre d’une politique de surveillance à plus grande échelle initiée par l’armée israélienne en 2016, qui a déployé une technologie de reconnaissance faciale, des capteurs et des caméras pour surveiller les Palestiniens à Jérusalem-Est et en Cisjordanie occupées.

La nouveauté semble relever du fait qu’au lieu de prendre des photos depuis des caméras fixes, Blue Wolf permet aux soldats israéliens de capturer des images sur smartphone, puis de parcourir une base de données à l’aide d’une application.

L’application dispose ensuite d’un système de code couleur qui indique si la personne photographiée doit être arrêtée ou si elle peut passer, ont expliqué les soldats au Washington Post.

 

Où a-t-on déployé Blue Wolf ?

Hébron, dans le sud de la Cisjordanie occupée, serait la cible d’une opération de surveillance israélienne massive et permanente.

La ville est divisée en deux zones : H1, sous le contrôle administratif et sécuritaire complet de l’Autorité palestinienne (AP), et H2, gérée administrativement par l’AP mais contrôlée par l’armée israélienne, qui a le dernier mot sur les individus autorisés à entrer dans la zone et à en sortir.

Environ 40 000 Palestiniens vivent dans la zone H2 avec 800 colons israéliens, sous la surveillance de 18 postes de contrôle de l’armée israélienne occupés en permanence.

Selon le Washington Post, outre les soldats qui collectent des photos à l’aide de Blue Wolf, des caméras de surveillance ont été installées à une centaine de mètres d’intervalle dans cette zone, dont certaines sur les toits de maisons privées, ce qui donne aux habitants l’impression – peut-être à raison – d’être surveillés sans relâche.

Un ancien soldat israélien qui a participé à ce projet baptisé « Hebron Smart City » a indiqué au Washington Post que le système mis en place à Hébron représentait « une violation totale de la vie privée de tout un peuple ».

 

Et White Wolf ?

Outre Blue Wolf, il existe également White Wolf, un système qui aurait été déployé en 2016 et qui serait utilisé par les colons juifs en Cisjordanie.

Cette technologie permet à un utilisateur de scanner la carte d’identité d’un Palestinien et de la recouper avec une base de données à laquelle ont accès l’armée israélienne, les services de renseignement israéliens et les services de sécurité des colonies.

Cette procédure peut par exemple survenir avant qu’un Palestinien ne soit autorisé à entrer dans une colonie pour y effectuer des travaux de construction.

Israël affirme que White Wolf sert à déjouer toute attaque violente de Palestiniens contre les colons ou les forces armées.

 

Où les Palestiniens sont-ils également surveillés ?

La ville d’Hébron n’est pas le seul secteur palestinien fortement surveillé par les forces et la police israéliennes. La vieille ville de Jérusalem est également concernée.

Même si aucune information confirmée ne fait état du déploiement de Blue Wolf à Jérusalem, les rues et ruelles anciennes de la ville sainte sont encombrées de caméras israéliennes.

Selon un rapport de Who Profits publié en 2018, Israël avait installé à Jérusalem près de 400 caméras connectées à internet et capables de pivoter à 360 degrés.

À l’époque, il y avait une caméra israélienne pour 100 personnes à Jérusalem, qui compte 36 000 habitants par kilomètre carré.

Le système de surveillance mis en place à Jérusalem a été déployé au début de la seconde Intifada, dans le cadre d’un projet appelé Mabat 2000 – mabat signifie « regard » en hébreu et forme également l’acronyme de « centre technologique et de surveillance ».

Mabat 2000 a été mis en œuvre par la police israélienne, les services de renseignement et des entreprises privées, selon le rapport.

Le système dispose d’une ligne de communication directe avec 800 policiers et couvrait 95 % de la ville en 2018.

Mustafa Abu Sneineh Logo AFPS

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