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Le RN ne pouvait pas gagner ces élections. Impossible !

Pourquoi ? Parce que les élections législatives représentent 577 élections “ministérielles”. Chacun élit son premier ministre à lui.

Le RN a trouvé une pépite en tant que candidat premier-ministrable : Jordan Bardella. Jeune, bien sous tout rapport, gendre idéal, sans aspérité, ultra-crédible. Parfait !

Mais ce que le RN n’a pas compris, c’est qu’il fallait en trouver 577 comme lui ! Des moins bien éventuellement, mais au moins des candidats qui tiennent la route. Or, toute la semaine d’entre deux tours ça a été la curée. Pour UN fiché S Raphaël Arnaud à Gauche, le RN avait VINGT craignos. Des photos avec casquettes nazies, des types sous curatelle, des cruches racontant n’importe quoi devant les caméras, des individus connus sous 50 noms différents alignant les propositions farfelues sur tout et rien. Sans parler des candidats inconnus dans les circonscriptions. La Gauche a des parachutés, mais des parachutés qui s’adaptent très vite. Le RN a des parachutés, mais qu’on ne voit pas de la campagne et qui ne se présentent même pas aux débats proposés par les chaînes locales. Et que les journalistes ne peuvent même pas contacter. Pourquoi ? Parce que le RN a encore du mal à trouver des candidats locaux qui “assument” et fini par présenter n’importe qui. Personne sans visage. Juste un nom sur une affiche représentant Marine Le Pen et Bardella.

Vieux réflexe jacobin qui refuse les spécificités et les enjeux locaux. “Seuls les visages de Marine et de Jordan comptent” disait en substance Louis Alliot sur un plateau de télévision ce dimanche soir. Mouaih !

 

Gilles Pennelle à la manoeuvre

Et le pire c’est qu’en Bretagne, nous ne pouvons même pas blâmer “l’éloignement parisien” comme à notre habitude : le cadre du RN chargé du “Plan Matignon” qui visait à investir très très en amont des candidats crédibles en cas d’élections législatives était… Gilles Pennelle, le patron du RN breton !

On mesure le sérieux du travail ! Dans certaines circonscriptions, il aurait été pourtant possible de présenter des candidats Reconquête crédibles, voir des historiques du Parti de la France pas trop déglinguos. Mais non. La Gauche est capable de rassembler de Poutou à Hollande, mais le RN est encore dans ses vieux démons de “puputschs” et de “Brutus” et préfère présenter des perdants d’avance que de s’allier avec des opposants internes au camp patriote.

Rien qu’en Bretagne, que pouvait espérer le RN dans la circonscription de Loudéac-Lamballe ? Corentin Le Fur est le fils de Marc Le Fur élu député sans discontinuer depuis 22 ans, jeune -34 ans-, dynamique et surtout qui présente quasiment le même programme que le RN (non à l’immigration, remettre l’église au centre du village, etc…) mais avec une gueule, un discours, un capital électoral familial, une place dans l’équipe de foot de Quintin et un côté “Breizh friendly” appréciable. Face à lui, qui présentait le RN ? Odile De Mellon, 70 ans, qui parle bien mais mais peu connu dans la circo, que l’on n’a pas particulièrement entendue sur les questions bretonnes et surtout qui habite… Sévignac, c’est à dire dans la 2è circo du 22 et non pas dans la 3è où elle se présentait ! Bah oui mais Odile De Mellon est “déléguée départementale du RN” alors…

 

Au fest-noz, Florent de Kersauson !

Dans la 2è du Morbihan, le RN présentait Florent de Kersauson, dont la presse régionale relaye à l’envie les condamnations judiciaires pour délits financiers. Largement battu au deuxième tour par le macroniste Jimmy Pahun, il bénéficie de l’appui de Marine Le Pen dont il est un proche. Très bien ! Mais la Bretagne ce n’est pas le Var et en Bretagne les condamnations pour des histoires d’argent, l’électeur breton n’aime pas trop ça, c’est tout. De plus Florent de Kersauson aurait pu profiter de ses sympathies pro-bretonnes et draguer un peu le milieu culturel breton très largement à gauche, “en apparence” (et nous soulignons bien cette locution adverbiale), mais il ne le fait pas. Bon, eh bien, en 2025 si Macron redissout l’assemblée devant la bordélisation qui s’annonce, Florent de Kersauson pourrait peut-être lâcher la barre de son voilier et faire quelques efforts pour aller danser la gavotte et boire des Coreffs dans les festoù-noz.

Dans la circo de Lorient, le RN présentait Aurélie Le Goff. Avocate au barreau, sympathique, sérieuse, originaire du coin, elle habite Caudan, Aurélie Le Goff case toutes les cases de la candidate sérieuse. A ceci près que dans un débat, elle joue à 100 contre un dans le parcours ! Aurélie Le Goff, mise devant un vieux briscard de la politique ou face à un jeune loup, se fait laminer comme elle se fait déjà laminer en tant que conseillère régionale à chaque fois qu’elle prend la parole. C’est triste mais c’est ainsi. Mais ça au siège du RN personne ne le sait. Et Pennelle, il ne le sait pas ?

Ce dimanche, au deuxième tour, Aurélie Le Goff a fini troisième dans une triangulaire remportée par le camp Macron.

 

Erreur fatale

Dans la circonscription de Saint-Malo-Dol, le RN présentait Dylan Lemoine. Jeune, habitant Pleurtuit. Mais l’envoyer face au LR Jean-Luc Bourgeaux c’était clairement l’envoyer à la mort. Dylan Lemoine a quant même été raconter que les gens sur les marchés à Dol lui disaient à quel point l’insécurité avait augmenté “depuis l’ouverture du centre pour Mineurs Isolés” alors même que le dit-centre n’ouvrira qu’à l’automne prochain ! Pas sérieux tout ça. Bien entendu Dylan Lemoine a fait ce qu’il pouvait mais, encore une fois, dans un débat politique en face à face, il se fait laminer. Et à l’heure des réseaux sociaux qui amplifient toutes les bêtises racontées sur un plateau, il n’y a pas le droit à l’erreur.

Et que dire de la campagne chez nos amis basques : dans un Pays Basque largement à droite (là aussi malgré les apparences) et très identitaires, dans la 4è circonscription, le RN présentait une candidate qui n’a été vue nulle part, ne parlait pas basque et n’habitait absolument pas sur le circo. Que dire de plus ?

Car nous pourrions continuer longtemps comme ça en reprenant les erreurs de casting une par une. Le RN a trouvé une figure nationale extraordinaire en la personne de Jordan Bardella, mais sur le terrain, les meilleurs militants ne font pas forcément les meilleurs candidats, c’est ainsi.

La bonne nouvelle est que le parti a entre un et trois ans pour trouver des candidats potables sur chacune des 577 circonscriptions. Parce qu’il est désormais évident que le pays est ingouvernable, que le carburant principal du RN, c’est à dire l’immigration, va être amplifiée avec un parlement sous pression LFI et, partant, le RN ne peut que progresser en terme d’influence et de poids politique.

 

Ce RN qui ne parle pas breton

En Bretagne, par exemple, le RN pourrait trouver des alliés parmi le très influent mouvement culturel breton. Car beaucoup ne sont pas dupes, en son sein, des errements d’une Gauche phagocytée par le jacobinisme LFI et certains s’inquiètent de voir l’immigration croissante gagner les campagnes. Nous le répétons ici : le mouvement breton est largement à gauche, en apparence. La réalité est beaucoup beaucoup plus nuancée. Mais le RN, qui aurait bénéfice à s’intéresser à ce segment de l’électorat qui sait se mobiliser, est totalement en dehors des réalités sur ce sujet. Le RN ne compte, par exemple, aucun militant capable de s’exprimer en breton sur l’une des 6 radios en breton ou en gallo pourtant tenues de respecter la répartition du temps d’antenne en période électorale. Résultat : il n’y a que la Gauche qui s’y exprime. Et largement !

Malgré tout cela, le RN finira par gagner, c’est certain. Par défaut et par aveuglement de ses adversaires. Parce que son carburant principal ne peut se tarir. Mais reste à savoir quand ? Quand la France sera à genoux et en situation de guerre civile ? Parce que, pour gagner, il va falloir prendre conscience de certains handicaps. Et y remédier vraiment !

Mathurin Le Breton

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Source : Breizh-info.com - 09/07/2024

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