Résistance Identitaire Européenne

Mondialisme

Le Media Development Investment Fund : arme financière des réseaux d’influence médiatique de George Soros

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Anciennement « Media Développement Loan Fund » de 1995 à 2013, le Media Development Investment Fund (MDIF) est destiné à soutenir financièrement « les entreprises indépendantes du secteur des médias et de l’information opérant dans des environnements difficiles, surtout dans les pays ayant un passé en matière d’oppression de la presse ».

 

Les débuts du fonds d’investissement sorosien

Cette organisation à but non lucratif a été créée en 1995 par le journaliste serbe Saša Vučinić et le journaliste américain Stuart Auerbach grâce à un financement à hauteur de 500 000 dollars octroyés par le milliardaire américain d’origine hongroise George Soros.

Initialement, elle est conçue comme une « banque des médias » et a été lancée dans le contexte de l’après chute du mur de Berlin en ayant principalement pour objectif d’aider les journalistes d’Europe de l’Est et du Sud, une région alors en pleine transition du communisme à l’économie de marché. Très rapidement, les contributeurs à ce projet se rendent compte du « besoin urgent de financer des médias de pays faisant face à d’autres formes de transition et de sociétés cherchant à échapper à l’autoritarisme et à la corruption systémique ». C’est ainsi que le MDIF est aujourd’hui présent du Guatemala à l’Indonésie, de l’Ukraine au Zimbabwe, dans 44 pays et à 88,6% dans des États où la presse est considérée comme « n’étant pas libre ou qu’en partie ».

Depuis sa création, cette organisation, dont le premier financement a été accordé à un média slovaque en 1996, a financé plus de 130 « médias indépendants » pour un total de 250 millions de dollars.

 

Le MDIF et l’OSF, une même famille

Basé à New York, le MDIF dispose aussi d’un siège à Prague, où officie notamment Maria Nemcová, au poste de directrice des opérations. Maria Nemcová est l’ancienne directrice des opération des Open Society Foundationsà Prague et est membre du conseil de direction de Magyar Yeti Zrt., la société derrière le projet de fact-checking Lakmusz mis en place par le média en ligne libéral-libertaire hongrois 444 en collaboration avec l’AFP et la Commission européenne. 

Maria Nemcová n’est pas la seule au MDIF à avoir des liens de premier avec la galaxie OSF. Le PDG du MDIF depuis 2011, directeur-adjoint de 1998 à 2011, Harlan Mandel, est l’ancien conseiller général adjoint de l’Open Society Institute et du Soros Foundations Network. L’avocate Elena Popovic, conseillère et secrétaire générale du MDIF, a rejoint l’organisation en 1997 après avoir s’être occupée de droit de la propriété des réfugiés et avoir géré une task force sur la Yougoslavie à partir des bureaux de l’Open Society Institute de New York. Par ailleurs, Patrice Schneider, le directeur stratégique du MDIF est basé à Zürich et a été en 1998 Senior Advisor pour le Forum économique mondial (Sommet de Davos) après avoir été directeur-adjoint chez Hachette Filipacchi Media entre 1994–1998.

L’équipe du MDIF est aussi composée de deux anciens dirigeants des médias QatarLiving et Al Jazeera. Mohamed Nanabhay, actuellement Senior Advisor au MDIF, a fondé QatarLiving en 2005 et était à la tête de la version en ligne anglaise d’Al Jazeera pendant les « Révolutions arabes » de 2011. Bilal Randeree, directeur des programmes pour l’Afrique et le Moyen-Orient au MDIF, est l’ancien PDG de QatarLiving et a été directeur des réseaux sociaux et éditeur en ligne chez Al Jazeera.

 

L’Europe post-communiste, terrain de jeu de premier choix du MDIF

En Pologne, ce fonds détient des parts d’Agora SA, un groupe de médias dont un des personnages clés est Adam Michnik. Liée au MFID et à Agora SA, la société tchèque SFS Ventures détient quant à elle 60% des parts du groupe polonais Eurozet — qui a appartenu jusqu’en 2018 au groupe Lagardère avant que Czech Media Investment n’en prenne le contrôle pour un an — opérant sur le secteur de la radio, les 40% restants étant détenus par Agora SA, qui dispose d’une option d’achat sur les parts de SFS Ventures. Ce noyautage d’Eurozet par un groupe de presse proche de l’opposition et des cercles d’influence gravitant autour de la galaxie Soros fait que les radios dépendant d’Eurozet sont totalement du côté de l’opposition polonaise et invariablement opposées à la politique du gouvernement conservateur. Le MDIF dispose aussi de parts dans la société Pluralis BV, société dont le siège est à Amsterdam et ayant racheté, en décembre 2021 et janvier 2022, 40% des parts dans Gremia Media, le groupe détenant le grand quotidien polonais Rzeczpospolita.

En Slovaquie, le MDIF travaille avec Petit Press, un consortium de médias détenant notamment SME, dont le quotidien et le portail en ligne font partie des médias les plus lus du pays. L’ancien directeur général et membre du comité du MDIF Alexej Fulmek (2013–2020) a co-fondé avec Karol Jezik le quotidien SME et est depuis plus de vingt ans directeur général de Petit Press. Valer Kot, actuellement Senior Media Advisor au MDIF, est quant à lui à l’origine du développement de la version en ligne du quotidien SMEsme.sk. SME s’est notamment illustré par son opposition au Premier ministre slovaque Robert Fico, social-démocrate aux accents populistes déplaisant à Bruxelles.

En Hongrie, le MDIF est lié à 444 par la figure de Maria Nemcová et du Digital News Ventures LLC, un fonds dépendant du MDIF. Le MDIF est par ailleurs propriétaire à hauteur de de 18,4% de l’hebdomadaire libéral-libertaire Magyar Narancs. Pendant la crise migratoire de 2015, Magyar Narancs avait publié un numéro à la couverture polémique montrant le Premier ministre hongrois Viktor Orbán portant une moustache hitlérienne en forme de barbelés, ce qui n’avait pas entraîné de conséquences sur le fonctionnement de ce média, vivant depuis toujours librement et étant toujours aussi sévère à l’égard de la politique du gouvernement hongrois.

Le MDIF est également très présent en ex-Yougoslavie, notamment par l’intermédiaire des médias insajder.net (Serbie, portail d’ « investigation sur les crimes de guerre, la corruption et l’extrémisme politique »), Kanal 77 (Macédoine du Nord, radio fondée en 1989 se disant « indépendante »), Ok Radio (radio du sud de la Serbie défendant le « coexistence entre Serbes, Tziganes et Albanais »), RTV1 (groupe de médias du Kosovo, dont les fondateurs se sont opposés à la Serbie à la fin des années 90) et le groupe Vijesti (TV et quotidien) au Montenegro ayant soutenu la rupture avec la Serbie en 2006.

En Ukraine, le groupe Ligamedia a fait appel au service du MDIF. Ce groupe existe depuis 1996 et attire des investisseurs américains, mais aussi l’intérêt de l’USAID (Agence des États-Unis pour le développement international) qui a signé un accord de coopération avec Ligamedia en 2019 pour développer la plateforme de comparaison LIGA.Money. Les réseaux en Ukraine du MDIF concernent aussi Melitopolskie Vedomosti, basé dans le sud-est ukrainien à Melitopol.

 

L’European Press Prize, le graal du journalisme selon le MDIF

Sur son site internet, le MDIF fait la promotion de l’European Press Prize, qu’il co-finance avec The Guardian Foundation. En 2018, ce prix a été remis dans les bureaux budapestois de l’Open Archives Society de George Soros en 2018 et dans ceux d’Agora à Varsovie en 2019. Le fondateur de Newsweek Polska (média de la galaxie Axel Springer), Tomasz Lis, ancien des chaînes Polsat et TVN et fondateur du site NaTemat.pl en 2012, a été sélectionné en 2017 pour l’obtention de ce prix.

Grâce à sa fidélité à la Plateforme civique, parti polonais de Donald Tusk opposé au gouvernement actuel, entre 2007 et 2015, Tomasz Lis produisait une émission politique clairement pro-gouvernementale et marquée idéologiquement sur la télévision publique polonaise, qui a bien sûr pris fin avec l’arrivée au pouvoir du PiS en octobre 2015. Tomasz Lis est avec Adam Michnik la preuve que ce que l’on nomme « médias libres et indépendants » sont en fait des médias orientés idéologiquement, dont les affinités politiques nationales sont le cas échéant affichées. Le cas de Tomasz Lis montre que lorsque la Plateforme civique était au pouvoir, elle tenait la télévision publique, comme c’est désormais le cas du PiS.

Source : Observatoire du journalisme (Ojim) 2012-2021 (1 MARS 2022)

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