Résistance Identitaire Européenne

Economie

Macron, le représentant de commerce du fric roi

emmanuel macron pouvoir argent

 

Les résultats du premier tour de la présidentielle ont des côtés positifs.

  • Le clivage bidon gauche-droite explose car les deux « partis de gouvernement », qui nous ont joué la comédie de l’alternance pendant des décennies, sont KO debout. Le PS est en miettes, les Républicains sont d’autant plus déboussolés qu’ils se voyaient, il n’y a pas si longtemps, au pouvoir et que l’heure des règlements de compte, au sein du panier de crabes, a sonné. Jouissons du spectacle.

  • Les masques tombent : Hollande, Hamon, Fillon, Juppé, Baroin, Raffarin, Estrosi, Kosciusko-Morizet, Cazeneuve, Ayrault, Valls, Cécile Duflot, Aubry, Montebourg, Michel Barnier appellent à voter Macron. Jacques Attali, Bernard-Henri Lévy, Cohn-Bendit boivent du petit lait, tout comme le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker. Bref, ils sont venus, ils sont tous là : la grande famille du Système affiche son unité, unanime qu’elle est pour installer au pouvoir Macron, l’homme du capitalisme intégral et du libéralisme fou, l’homme de la grande banque et des groupes de pression mondialistes, mandaté par ceux qui l’ont fabriqué de toutes pièces pour achever la besogne de désintégration des peuples qui a commencé il y a bien longtemps. Avec la bénédiction de la sacristie, de la synagogue, de la mosquée et des loges.

  • Tout est donc simple et clair : d’un côté l’Anti-France, de l’autre la partie restée saine d’un peuple qui ne veut pas subir, qui ne veut pas mourir. A ce peuple il faut adresser un message lui aussi simple et clair : il faut dès maintenant entrer en résistance, par tous les moyens, entrer en sécession, refuser toute allégeance à une structure d’Etat qui n’est là que pour faire régner la loi du fric, du cosmopolitisme, du déracinement, avec un programme évident : tuer ce qui peut rester des identités provinciales, nationales, européennes, en utilisant en particulier l’invasion de millions d’allogènes.

  • Quant aux benêts qui ont voté et vont voter Macron et qui ont l’éternelle vocation d’être des cocus contents, on leur annonce une bonne nouvelle : avec Macron, dans peu de temps ils vont pleurer des larmes de sang. Nous n’aurons pas l’hypocrisie de dire que nous les plaindrons. Comme disent mes arrière-petits-enfants : bien fait !

                                                                                                   Pierre VIAL

 

votez escroc mais pas facho

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L’union européenne contre nos salaires

 

euro-dict

 

L’Europe libérale qui s’est construite à Bruxelles n’avait pas de prérogatives particulières pour agir directement sur les questions salariales, qui restaient du ressort de chaque pays, et de ses partenaires sociaux. Pourtant grâce aux différentes politiques économiques dictées aux gouvernements, qui ont accepté d’abandonner leurs prérogatives économiques, elle n’a cessé d’attaquer l’emploi et les salaires pour installer le libéralisme économique et ensuite permettre à l’euro de d’exister.

Le projet européen, portait, sur ses fonds baptismaux (avec le traité de Rome), l’idée d’amélioration des conditions de vie. Il est temps de faire un bilan de ces promesses, et de voir quelle a été l’action réelle de cette Europe des marchands et des financiers, qui a sacralisé le règne de la mondialisation et des systèmes économiques ouverts, au détriment de la qualité de vie des peuples.

Consciente des coups portés aux salaires et au pouvoir d’achat, l’UE n’ambitionne plus d’améliorer nos conditions de vie ; sa stratégie « UE 2020 » (* 1 p 99) envisage seulement de réduire la pauvreté ! Que de promesses trahies, que d’ambitions remisées ! Nous allons le détailler, par de nombreux moyens l’UE n’a cessé d’attaquer les salaires et de limiter leur progression.

Ambitions de nivellement de la construction

A la sortie de la guerre cette idée d’amélioration du niveau de vie fut martelée aux peuples européens, notamment dans l’article 2 du traité de Rome : « … conduire à un relèvement accéléré du niveau de vie ». Pour y parvenir sont notamment engagées des politiques visant à tenter de réduire les déséquilibres entre les différentes régions d’Europe. L’objectif sous jacent était d’éviter de laisser des zones pauvres, ou le chômage augmenterait, car on savait que si le chômage augmentait, certaines entreprises seraient tentées de délocaliser au sein du marché unique sans frontières (encore à naitre). Les économistes savaient aussi que les salariés seraient prêts à accepter des salaires plus bas… s’ils étaient confrontés durablement au chômage. Au début, ils ont tenté de lutter contre cela.

La crise de 1973 avait fait de la lutte contre l’inflation une priorité absolue. La cible désignée est alors le salaire qui sera qualifié d’ennemi de l’inflation et de l’emploi (* 1 p 101), rien d e moins ! 1973 c’est aussi l’entrée dans l’UE de l’Angleterre convertie au néo libéralisme :  le monétarisme sera la nouvelle religion économique à laquelle tous vont se convertir, notamment Giscard et Pompidou qui priveront la France de son droit à battre monnaie, endettant ainsi durablement la France !

L’Acte Unique de 1986 qui instituera le marché unique et la libre circulation des hommes, des marchandises et des capitaux aura des conséquences lourdes ; car de fait l’harmonisation sociale voulue à travers le rééquilibrage des régions étant un échec, on va voir des entreprises se déplacer pour aller là où les coûts de production pourront être optimisés : certains cibleront des salaires plus bas, d’autres iront là où la fiscalité est plus favorable pour moins payer d’impôts. On constate ici un des échecs majeurs de l’objectif d’intégration économique et fiscale à l’intérieur de l’UE : les pays ne veulent pas que l’on touche à leurs avantages économiques. Les perdants ? Les salariés qui sont mis en compétition entre eux, mais l’euro n’était pas encore né ; les nations pouvaient encore jouer avec leurs monnaies et dévaluer pour compenser les chocs…

 

De la fin du partage des gains de productivité…

Naitra dans cette période l’idée centrale d’abandonner l’indexation des salaires sur les prix et l’inflation. C’est à partir de cette période (1983 en France, avec la désinflation compétitive = arrêt de l’évolution des salaires au même rythme que les prix) que les revenus du capital vont grossir au détriment des revenus du travail. C’est sous gouvernance socialiste que les revenus affectés au travail vont perdre 11 % et que les revenus affectés au capital vont regagner ces 11 % dans la répartition de la richesse produite (valeur ajoutée). La stratégie sera européenne, et nous avons tous été plumés de la même manière (voir graphique ci-dessous) :

 

 

 

 

… à la modération salariale

 

L’autre conséquence du marché unique, c’est que désormais, on ne peut plus redistribuer les surplus en salaires, étant donné la concurrence salariale ; alors nait la politique de modération salariale, impulsée par l’UE. Avant on se battait pour se répartir les gains de productivité ; désormais les gains de productivité ne peuvent plus être redistribués aussi généreusement face à la rivalité apportée par l’ouverture des frontières, et on commence à se serrer la ceinture. Tout a été rendu possible par la « mauvaise fée » mondialisation.

Des profits qui augmentent donc de 11 % et qui ne seront pas réinvestis dans la création d’entreprises, car ils iront directement dans la poche des actionnaires « spéculateurs ». Augmentant ainsi structurellement le chômage, avec une population qui augmente, et des investissements non réinvestis pour créer de l’emploi « productif ».

Culpabilisation des salariés disposant d’un emploi…

L’UE a ouvert les frontières et imposé la compétition avec des pays moins disants, et il faut alors il faudra s’estimer heureux d’avoir un emploi, apprendre à ne plus réclamer, et s’habituer à perdre ce qui avait été gagné.

La stratégie née hier porte ses fruits aujourd’hui : désormais avoir un cdi est un problème et il faut flexibiliser le travail, pour permettre à ceux qui en ont un, de le partager avec ceux qui n’en ont pas. En 1994 (* 1 p 104) l’OCDE publiait sa stratégie pour l’emploi, centrée sur «l’accroissement de la flexibilité des coûts salariaux, la réduction de la sécurité de l’emploi (sic !), et la réforme des systèmes d’indemnisations du chômage ». Tout un programme repris par l’UE avec zèle.

L’OCDE en 1996 incitait à suivre l’Angleterre où « la réduction des rigidités du marché du travail a permis une réduction du chômage structurel ». Bonne application des principes précédents.

Alors on a commencé à fragiliser le statut du salarié, et à remettre en cause les contrats fixes. Se sont alors développés les contrats à temps partiels, les cdd, l’intérim…

Au lieu d’harmoniser le niveau de vie par le haut, l’UE, meilleure élève de la mondialisation, précarise, flexibilise, et appauvrit ! Tel est son bilan, depuis bien trop longtemps.

 

Sans pouvoir d’achat pas de consommation…

La part des salaires dans la valeur ajoutée est revenue à des niveaux très inférieurs à ceux de 1960… (* 1 p 102). Si bien que nos ménages ne peuvent plus consommer comme avant. C’est forcément problématique dans une économie nationale ou la consommation représente 70 % de la valeur ajoutée générée chaque année.

Là encore le germe du mal qui ronge notre économie a été semé il y a bien longtemps ! Et il ne va faire que s’amplifier dans les mois qui viennent. Car avec des salaires rabotés, la consommation trinque ; et si la consommation trinque, les entreprises trinquent aussi. Spirale infernale…

Pourtant il faut continuer la rigueur salariale, car face à la mondialisation les libéraux nous disent que c’est le seul chemin viable. Alors pourquoi ne pas sortir du système ouvert et mondialisé, et revenir à quelque chose de moins grand, de mieux délimité et de plus protecteur ? Une Europe plus soucieuse de ses peuples et de ses propres intérêts !

Au lieu de cela on s’enferme dans la course à la moins disance salariale… mais cela ne suffit pas à l’Europe libérale.

Après les coûts salariaux voici arriver les coûts non salariaux !

L’UE qui a imposé la baisse directe des coûts salariaux, agit désormais pour la réduction des coûts non salariaux qui font aussi la protection sociale et les services publics.

Mais le libéralisme traque toutes les dépenses qu’il estime inutiles ; eh bien oui, car cet argent qui va au financement de la protection sociale ou des services publics cela pèse sur la compétitivité des entreprises, alors il faut le raboter encore ! Tant pis pour la solidarité avec ceux des nôtres qui n’ont rien : le règne de l’argent est institué.

On l’oublie trop souvent l’instigateur de cette politique, ce fut jacques Delors avec son livre Blanc de 1993 (* 1 p 103) qui avait mis l’accent « sur la nécessaire réduction des coûts non salariaux ». En 1999 la suite logique de cette politique est d’encourager les états à réduire les cotisations sociales tout en maintenant le pouvoir d’achat immédiat, afin de lutter face aux compétiteurs américains ou asiatiques, dépourvus ou presque de protection sociale.

Tant pis si on est malade, sans emploi, on touchera moins. C’est à cette époque qu’on a mis fin aux prés retraites, qui coutaient tant aux dépenses publiques.

Depuis toujours l’UE sanctifie le libéralisme économique au détriment du bien être des peuples. Mais elle condamne les conséquences de ces mêmes politiques !

Les bons élèves sur lesquels il faut prendre modèle ce sont bien sûr les Anglais, et parmi les nouveaux dans la classe, la Pologne ! Oui car ces deux pays ont des ratios de dépenses adaptées aux exigences des libéraux ! Sauf que dans ces pays là, et surtout chez les British la pauvreté des enfants se développe (600 000 de plus depuis les coupes budgétaires récentes du premier ministre Cameron) !  Et que les mêmes Anglais viennent se faire soigner en France tant leur système de soin est pourrit ! La même « Commission déplore la mauvaise qualité des infrastructures britanniques, le fort taux d’illettrisme, le faible niveau de qualification de nombreux travailleurs, le difficile accès aux gardes d’enfants, l’importance des emplois précaires, l’étendue de la pauvreté… L’Angleterre qui a les pieds dans l’eau car il fallait couper dans les dépenses d’entretien des infrastructures. En résumé, la Commission reproche aux Anglais de posséder les caractéristiques d’un pays libéral, celles-là même qu’elle recommande aux autres pays » (* 1 p 116 et 117). En Pologne, la pauvreté au travail est devenue très importante, et la difficulté pour accéder au système de chômage est tellement restrictive que la commission de l’UE (toujours elle) lui demande de l’adoucir !

 

La trahison des syndicats et des élites

 

En 1997 l’UE ambitionnait de promouvoir « le modèle social européen », qui nous différenciait de nos partenaires politiques, mais néanmoins rivaux économiques anglo-saxons. Mais dans le même temps on préparait l’arrivée de l’euro, qui entrera en scène en 1999.

La BCE est la gardienne du temple ; c’est elle qui veille à ce que l’inflation ne dépasse pas les 2 % (contrairement à la FED américaine qui peut relancer l’économie, la BCE n’a pas cette mission salvatrice pour les peuples). Pour ce faire elle incite les Etats et les partenaires sociaux (syndicats de patrons et d’ouvriers) à la modération salariale, afin de garantir la stabilité des prix. On retrouve ici l’impardonnable choix des syndicats qui ont accompagné ce projet de mondialisation économique (autre forme d’internationalisation). En jouant le jeu de la mondialisation ils se sont pris dans les mailles de ce filet qui les rend quasiment inefficaces aujourd’hui, trahissant ainsi les plus modestes qu’ils devaient défendre !

En 1998 la commission déclarait que « l’objectif de maintenir la modération salariale grâce à un renforcement du dialogue social » est à conserver !!! Les objectifs annoncés étaient de faire baisser de 20 à 30 % les salaires des activités peu qualifiées ! (* 2 P 123)

La modération salariale sera mise en œuvre en France avec la loi sur les 35 h, puisque la contrepartie de la réduction du temps de travail ce furent pour les grosses entreprises 28 milliards annuels d’exonérations de cotisations sociales (exonérations Fillon qui sont versées aux entreprises qui versent des salaires inférieurs à 1,6 smic), et des gels de salaires sur plusieurs années. Le second volet des 35 H ce fut la généralisation de l’annualisation (modulation du temps de travail adapté aux périodes hautes et aux périodes basses, sur une année) : de fait les heures supplémentaires seront réduites dans de nombreux secteurs d’activités, et on aura ainsi permis de faire baisser le coût du travail, subtilement.

Sans cette coalition composée des syndicats, des gouvernements nationaux et de la commission Européenne, rien n’aurait été possible (* 1 P 118). C’est cette coalition qui a rendu possible ces politiques. D’où cet affreux sentiment d’incapacité qui nait dans nombre d’organisations et de mouvements : on a l’impression qu’on ne peut rien faire ! Eh oui car en ayant accepté ces règles du jeu, effectivement on ne peut que subir… ou se révolter et exiger une révolution, pour changer l’époque et le socle qui la conditionne.

De fait tous les gouvernements qui ont participé au pouvoir bien avant 1999, date de mise en service de l’euro, ont accepté de sacrifier les salaires. Ces derniers sont la seule variable d’ajustement avec les prix pour avoir une monnaie stable, nous le verrons un peu plus loin.

Et le chômage alors ?

L’OCDE indique que nos pays ne devraient pas avoir un taux de chômage inférieur à 10 %, c’est déjà le meilleur moyen d’empêcher que les salaires augmentent. Le taux de chômage n’accélérant pas l’inflation (NAIRU en anglais) est un indicateur économique surveillé depuis longtemps pour empêcher l’inflation des salaires.

Mais leur cynisme va encore plus loin : pour les eurocrates et les libéraux, avoir un chômage élevé ne veut pas forcément dire qu’on ne trouve pas suffisamment de main d’œuvre, ou que l’on a une activité insuffisante... Eux pensent que c’est plutôt un ajustement prix/salaires qui doit se réaliser : si le chômage augmente c’est par ce que les prix et les salaires ne baissent pas assez (* 1 P 112/113). Alors ils mettent en œuvre des programmes pour moins indemniser les chômeurs, et ainsi les obliger à accepter les salaires plus bas que ne manqueront pas de leur proposer leurs futurs employeurs…

C’est ce qu’a fait l’Allemagne avec ses célèbres lois Haartz (mini jobs et chômage indemnisé à 1 €/ heure), ce que tente de faire la France en ce moment. L’Elysée a même confirmé que Mr Haartz est venu présenter sa méthode au gouvernement Hollande fin janvier 2014…

On voit ici se réaliser l’article 4 de la Charte sociale Européenne (* 2 p 120) : qui affirme « le droit à une rémunération suffisante pour assurer au travailleur et à sa famille un niveau de vie suffisant ». Non c’est une blague, la charte sociale est restée à l’état de projet et ni la CEE ni l’UE ne l’ont validé.

Une Europe sociale pourtant plébiscité par la France lors du référendum de 2005, qui dira NON à plus de libéralisme. Sarko bafouera tout cela en 2008 en faisant voter le Congrès qui adoptera le traité au mépris de la volonté populaire (ce sont les mêmes qui conspuent la Suisse et ses référendums démocratiques).

 

 

Ajuster les salaires et les prix pour sauver l’euro ?

Avec la mise en place de l’union monétaire, d’autres problématiques sont apparues, car au sein d’un système de change fixe, il n’est plus possible de compenser les écarts de compétitivité entre pays par des dévaluations des monnaies nationales. Cela a remis au centre du débat la question de la compétitivité prix, et des salaires disparates dans la zone, qu’il faudrait donc encore raboter selon la doctrine libérale...

Pour que la zone euro soit une Zone Monétaire Optimale (ZMO, concept développé par Robert Mundell) (* 3 p 72, 73), il faut remplir certains critères.

Critères économiques : Intégration financière, Intégration fiscale

Critères sociaux et politiques : Homogénéité institutionnelles, Similarités des comportements et des préférences

Des mécanismes d’ajustement permettant de rétablir les équilibres si les critères d’harmonisation ci-dessus échouent : mobilité du travail, flexibilité des prix et des salaires.

Quasiment aucun de ces critères n’ont pût être réalisés pleinement, alors on se sert des mécanismes d’ajustement, sur les prix et les salaires, pour que l’euro puisse se maintenir. Enfin pour les prix on essaye, nous y reviendront…

Car si avant 1999, pour rétablir les déséquilibres constatés entre les pays, on pouvait jouer sur le taux de change de sa monnaie, désormais on ne peut plus dévaluer les monnaies nationales !

Delors (toujours lui) et son livre blanc de 1993 relevait l’incohérence entre les objectifs fixés par les autorités monétaires nationales pour combattre l’inflation (et permettre l’arrivée de l’euro), et les hausses de salaires consenties (* 2 p 122).

Le pacte pour l’euro plus signé en 2011 (* 1 p 109) par 23 gouvernements décrit les efforts que les états se demandent eux-mêmes pour préserver leurs modèles sociaux (humour ?) : suppression des mécanismes d’indexation des salaires, surveillance des coûts unitaire de main d’œuvre, ouverture à la concurrence de secteurs protégés (gaz, électricité, taxis (étonnant non, l’arrivée des VTC en concurrence aux taxis), services postaux, transports…). Il est aussi demandé de développer la fléxisécurité (= plus de flexibilité à opposer aux travailleurs et normalement plus de sécurité avec un meilleur accès à la formation (d’où la réforme récente) et des périodes de chômage mieux indemnisées (cause toujours).

L’UE demandera aussi à « procéder à une fixation appropriée des salaires des fonctionnaires, en raison du signal que cela envoie au secteur privé ». (* 1 p 110). D’où le gel des indices depuis plusieurs années.

L’UE engage des démarches pour déconstruire ce qui avait permis aux salaires de progresser, à savoir la négociation collective (* 1 p 111) : « la décentralisation des négociations salariales doit permettre à l’économie d’être plus flexible. Il s’agit de la colonne vertébrale des réformes européennes en matière de salaire ». Décentralisation des négociations cela veut dire quoi ?

Cela veut dire qu’il ne devra plus y avoir de coup de pousse au SMIC par le gouvernement, par exemple, mais aussi qu’il faudra permettre de faire des entorses aux conventions collectives, ou bien même de permettre de signer des accords inférieurs au droit du travail ! Depuis 2008 un syndicat bienveillant, dans une entreprise, pourra signer des accords moins favorables que le droit du travail (sauf en ce qui concerne les salaires ou les classifications notamment).

La Confédération Européenne des Syndicats (CES) (* 1 p 112 et 3 p 125) a bien sûr tenté de contester ce processus, mais une fois qu’on a livré le pouvoir aux eurocrates, il ne faut pas s’étonner si on est cocu ! Et pour ne pas sombrer et être balayés, ils entretiennent dans leurs troupes, le mythe du changement de l’UE par l’intérieur ; plutôt que de remettre en cause la mondialisation, ils continuent de la porter à bout de bras !

 

Mais les prix ont augmenté avec l’arrivée de l’euro !

Nous l’avons rappelé dans les conditions de contrôle de l’inflation, il fallait une stabilité des salaires et des prix. Cette condition est aussi essentielle pour maintenir le pouvoir d’achat des ménages européens. Hors le dispositif d’harmonisation et d’intégration ayant failli, la seule variable d’ajustement possible portait sur les prix et les salaires.

Hors s’il s’avère que l’UE a bien rempli sa mission pour « défoncer » durablement les conditions d’évolutions des rémunérations, elle n’a pas mis en place les mêmes moyens pour contrôler l’évolution des prix.

En France, on l’a vu, Fabius ministre de l’économie du moment (1999) nous avait juré que les prix étaient restés stables, et que l’arrivée de l’euro avait été neutre pour le pouvoir d’achat ! Encore une blague, décidemment ! Toute cette stabilité des prix a été confirmée régulièrement, par l’institut des statistiques trafiquées, censée dire la vérité (ça ne se dit pas PRAVDA, la vérité officielle en langage soviétoïde ?), j’ai nommé l’Insee.

Hors 60 millions de consommateurs, a régulièrement fait des études à la sortie des caisses qui démontrent que la vérité officielle en cachait une bien plus dramatique : les prix ont augmenté, et bien trop d’ailleurs. Chacune de ses publications fait trembler le pouvoir tant il est impossible de les démentir.

Comment aurait il pût en être autrement dans une économie ou le prix des matières premières est dicté par les marchés ? Le miracle de la main qui régule tout n’a pas eu lieu : les spéculateurs spéculent sur toutes les matières premières, et les hausses sont répercutées dans le prix de revient et donc dans le prix que paye le consommateur final.

 

Et le pouvoir d’achat à votre avis ???

Contrairement à la théorie avancée en permanence par l’établissement, il semblerait « que la perte de compétitivité-prix relativement à la moyenne de la zone euro ne résulte pas d’une dérive salariale mais, pour l’essentiel, d’une augmentation des prix plus rapide » (*3 p 80).  Car si les prix ont augmenté plus vite que les salaires, alors forcément la marge de manœuvre des ménages s’est effritée. Pour la seconde fois en 2013, après 2012, l’INSEE a reconnu que le pouvoir d’achat était en baisse : parfois il devient difficile de nier le réel.

 

 

http://france-inflation.com/pouvoir-achat.php

 

Faut-il changer l’UE ? Conserver l’euro ?

Les syndicats se sont lourdement fourvoyés en croyant pouvoir changer de l’intérieur L’UE. Ils comptaient créer un rapport de force suffisant ; ils n’y sont jamais parvenus. Leur responsabilité est immense, et en plus des 70 % des Français ne leur font plus confiance, c’est désormais à la base que cela vacille... Mais qui dit que l’objectif des dirigeants des confédérations n’était pas d’accompagner la mondialisation, cette autre internationale ?

Nombreux sont ceux qui se sont succédés au pouvoir et qui n’ont eut de cesse de transformer l’Europe, et de la cuisiner toujours plus à la sauce libérale. Il n’y a vraiment rien à attendre du PS ni de l’UMP, ni du Centre ou du Front de gauche, qui aura permis la politique sociale libérale de Hollande. Tous entretiennent le simulacre de l’opposition démocratique, tout en continuant à organiser le transfert des richesses, d’une poche à une autre.

L’euro est l’instrument de la paupérisation populaire, et il ne peut être maintenu en l’état, et en tout cas si la BCE ne joue pas le rôle d’outil pour relancer une économie, il est suicidaire que de vouloir maintenir la monnaie commune en l’état. Elle n’est pas adaptée à toutes les économies européennes.

L’UE du marché unique, j’espère l’avoir mis suffisamment en évidence ici, a été un outil du libéralisme pour reprendre de la richesse aux peuples, et pour les envoyer pas forcément dans les poches des industriels et autres producteurs, mais pour la donner aux spéculateurs, profiteurs, et improductifs. Cette construction pèse tout aussi fortement sur les petites entreprises qui ne bénéficient d’aucun des avantages accordés aux multinationales.

C’est tout ce système au visage éminemment antidémocratique, illégitime et insupportable qui se dévoile chaque jour un peu plus devant nous. Les peuples commencent à le comprendre, et présenterons un jour, il faut le croire, la facture.

La première chose qui sera à faire sera évidemment de mettre fin à ce système économique totalement ouvert, sans plus aucune protections. Les multinationales créent leurs richesses dans nos pays, grâce aux infrastructures qu’ils refusent d’entretenir, avec des salariés qu’elles usent et qu’elles refusent de soigner décemment, puis vont les exporter dans des pays fiscalement plus avantageux ; cette prédation devra s’arrêter, car ils pillent, sans contribuer autant que le reste de la communauté, sans parler des 1000 milliards d’euro annuels d’évasion fiscale. Ceux qui contribuent localement devront être allégés, afin de favoriser le maintien des emplois chez nous. La France crève de son trop plein de charges publiques, dont une très grande partie est due au remboursement des intérêts de la dette pour près de 50 milliards d’euro par an, il ne faut jamais l’oublier et sans cesse le rappeler : si on n’avait pas ces sommes à rembourser, et que l’on faisait appel à l’épargne populaire, on n’aurait pas à raboter tous nos services publics ou nos systèmes sociaux (même s’il ne faut pas s’interdire de les amender ni de les réserver aux nôtres avant tout).

 

 

Enfin et c’est un des points essentiels, il faudra nouer des partenariats pour s’affranchir des marchés ou l’avidité et le court terme règnent afin de se préserver au possible des hausses de prix liées à la spéculation. Enfin les salaires et le pouvoir d’achat devront être préservés, et ce devra être la préoccupation principale, comme nous le rappelle Francis Delaisi dans « La révolution Européenne »…

Roberto Fiorini

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* 1 – IRES (INSTITUT DE RECHERCHES ECONOMIQUES ET SOCIALES) Revue de l’IRES n° 73/7

* 2 – Chronique Internationale de l’IRES n° 60/13

*3 Revue de l’IRES n° 73/6

L’union européenne contre nos salaires

L’Europe libérale qui s’est construite à Bruxelles n’avait pas de prérogatives particulières pour agir directement sur les questions salariales, qui restaient du ressort de chaque pays, et de ses partenaires sociaux. Pourtant grâce aux différentes politiques économiques dictées aux gouvernements, qui ont accepté d’abandonner leurs prérogatives économiques, elle n’a cessé d’attaquer l’emploi et les salaires pour installer le libéralisme économique et ensuite permettre à l’euro de d’exister.

Le projet européen, portait, sur ses fonds baptismaux (avec le traité de Rome), l’idée d’amélioration des conditions de vie. Il est temps de faire un bilan de ces promesses, et de voir quelle a été l’action réelle de cette Europe des marchands et des financiers, qui a sacralisé le règne de la mondialisation et des systèmes économiques ouverts, au détriment de la qualité de vie des peuples.

Consciente des coups portés aux salaires et au pouvoir d’achat, l’UE n’ambitionne plus d’améliorer nos conditions de vie ; sa stratégie « UE 2020 » (* 1 p 99) envisage seulement de réduire la pauvreté ! Que de promesses trahies, que d’ambitions remisées ! Nous allons le détailler, par de nombreux moyens l’UE n’a cessé d’attaquer les salaires et de limiter leur progression.

Ambitions de nivellement de la construction

A la sortie de la guerre cette idée d’amélioration du niveau de vie fut martelée aux peuples européens, notamment dans l’article 2 du traité de Rome : « … conduire à un relèvement accéléré du niveau de vie ». Pour y parvenir sont notamment engagées des politiques visant à tenter de réduire les déséquilibres entre les différentes régions d’Europe. L’objectif sous jacent était d’éviter de laisser des zones pauvres, ou le chômage augmenterait, car on savait que si le chômage augmentait, certaines entreprises seraient tentées de délocaliser au sein du marché unique sans frontières (encore à naitre). Les économistes savaient aussi que les salariés seraient prêts à accepter des salaires plus bas… s’ils étaient confrontés durablement au chômage. Au début, ils ont tenté de lutter contre cela.

La crise de 1973 avait fait de la lutte contre l’inflation une priorité absolue. La cible désignée est alors le salaire qui sera qualifié d’ennemi de l’inflation et de l’emploi (* 1 p 101), rien d e moins ! 1973 c’est aussi l’entrée dans l’UE de l’Angleterre convertie au néo libéralisme :  le monétarisme sera la nouvelle religion économique à laquelle tous vont se convertir, notamment Giscard et Pompidou qui priveront la France de son droit à battre monnaie, endettant ainsi durablement la France !

L’Acte Unique de 1986 qui instituera le marché unique et la libre circulation des hommes, des marchandises et des capitaux aura des conséquences lourdes ; car de fait l’harmonisation sociale voulue à travers le rééquilibrage des régions étant un échec, on va voir des entreprises se déplacer pour aller là où les coûts de production pourront être optimisés : certains cibleront des salaires plus bas, d’autres iront là où la fiscalité est plus favorable pour moins payer d’impôts. On constate ici un des échecs majeurs de l’objectif d’intégration économique et fiscale à l’intérieur de l’UE : les pays ne veulent pas que l’on touche à leurs avantages économiques. Les perdants ? Les salariés qui sont mis en compétition entre eux, mais l’euro n’était pas encore né ; les nations pouvaient encore jouer avec leurs monnaies et dévaluer pour compenser les chocs…

 

De la fin du partage des gains de productivité…

Naitra dans cette période l’idée centrale d’abandonner l’indexation des salaires sur les prix et l’inflation. C’est à partir de cette période (1983 en France, avec la désinflation compétitive = arrêt de l’évolution des salaires au même rythme que les prix) que les revenus du capital vont grossir au détriment des revenus du travail. C’est sous gouvernance socialiste que les revenus affectés au travail vont perdre 11 % et que les revenus affectés au capital vont regagner ces 11 % dans la répartition de la richesse produite (valeur ajoutée). La stratégie sera européenne, et nous avons tous été plumés de la même manière (voir graphique ci-dessous) :

 

 

 

 

… à la modération salariale

 

L’autre conséquence du marché unique, c’est que désormais, on ne peut plus redistribuer les surplus en salaires, étant donné la concurrence salariale ; alors nait la politique de modération salariale, impulsée par l’UE. Avant on se battait pour se répartir les gains de productivité ; désormais les gains de productivité ne peuvent plus être redistribués aussi généreusement face à la rivalité apportée par l’ouverture des frontières, et on commence à se serrer la ceinture. Tout a été rendu possible par la « mauvaise fée » mondialisation.

Des profits qui augmentent donc de 11 % et qui ne seront pas réinvestis dans la création d’entreprises, car ils iront directement dans la poche des actionnaires « spéculateurs ». Augmentant ainsi structurellement le chômage, avec une population qui augmente, et des investissements non réinvestis pour créer de l’emploi « productif ».

Culpabilisation des salariés disposant d’un emploi…

L’UE a ouvert les frontières et imposé la compétition avec des pays moins disants, et il faut alors il faudra s’estimer heureux d’avoir un emploi, apprendre à ne plus réclamer, et s’habituer à perdre ce qui avait été gagné.

La stratégie née hier porte ses fruits aujourd’hui : désormais avoir un cdi est un problème et il faut flexibiliser le travail, pour permettre à ceux qui en ont un, de le partager avec ceux qui n’en ont pas. En 1994 (* 1 p 104) l’OCDE publiait sa stratégie pour l’emploi, centrée sur «l’accroissement de la flexibilité des coûts salariaux, la réduction de la sécurité de l’emploi (sic !), et la réforme des systèmes d’indemnisations du chômage ». Tout un programme repris par l’UE avec zèle.

L’OCDE en 1996 incitait à suivre l’Angleterre où « la réduction des rigidités du marché du travail a permis une réduction du chômage structurel ». Bonne application des principes précédents.

Alors on a commencé à fragiliser le statut du salarié, et à remettre en cause les contrats fixes. Se sont alors développés les contrats à temps partiels, les cdd, l’intérim…

Au lieu d’harmoniser le niveau de vie par le haut, l’UE, meilleure élève de la mondialisation, précarise, flexibilise, et appauvrit ! Tel est son bilan, depuis bien trop longtemps.

 

Sans pouvoir d’achat pas de consommation…

La part des salaires dans la valeur ajoutée est revenue à des niveaux très inférieurs à ceux de 1960… (* 1 p 102). Si bien que nos ménages ne peuvent plus consommer comme avant. C’est forcément problématique dans une économie nationale ou la consommation représente 70 % de la valeur ajoutée générée chaque année.

Là encore le germe du mal qui ronge notre économie a été semé il y a bien longtemps ! Et il ne va faire que s’amplifier dans les mois qui viennent. Car avec des salaires rabotés, la consommation trinque ; et si la consommation trinque, les entreprises trinquent aussi. Spirale infernale…

Pourtant il faut continuer la rigueur salariale, car face à la mondialisation les libéraux nous disent que c’est le seul chemin viable. Alors pourquoi ne pas sortir du système ouvert et mondialisé, et revenir à quelque chose de moins grand, de mieux délimité et de plus protecteur ? Une Europe plus soucieuse de ses peuples et de ses propres intérêts !

Au lieu de cela on s’enferme dans la course à la moins disance salariale… mais cela ne suffit pas à l’Europe libérale.

Après les coûts salariaux voici arriver les coûts non salariaux !

L’UE qui a imposé la baisse directe des coûts salariaux, agit désormais pour la réduction des coûts non salariaux qui font aussi la protection sociale et les services publics.

Mais le libéralisme traque toutes les dépenses qu’il estime inutiles ; eh bien oui, car cet argent qui va au financement de la protection sociale ou des services publics cela pèse sur la compétitivité des entreprises, alors il faut le raboter encore ! Tant pis pour la solidarité avec ceux des nôtres qui n’ont rien : le règne de l’argent est institué.

On l’oublie trop souvent l’instigateur de cette politique, ce fut jacques Delors avec son livre Blanc de 1993 (* 1 p 103) qui avait mis l’accent « sur la nécessaire réduction des coûts non salariaux ». En 1999 la suite logique de cette politique est d’encourager les états à réduire les cotisations sociales tout en maintenant le pouvoir d’achat immédiat, afin de lutter face aux compétiteurs américains ou asiatiques, dépourvus ou presque de protection sociale.

Tant pis si on est malade, sans emploi, on touchera moins. C’est à cette époque qu’on a mis fin aux prés retraites, qui coutaient tant aux dépenses publiques.

Depuis toujours l’UE sanctifie le libéralisme économique au détriment du bien être des peuples. Mais elle condamne les conséquences de ces mêmes politiques !

Les bons élèves sur lesquels il faut prendre modèle ce sont bien sûr les Anglais, et parmi les nouveaux dans la classe, la Pologne ! Oui car ces deux pays ont des ratios de dépenses adaptées aux exigences des libéraux ! Sauf que dans ces pays là, et surtout chez les British la pauvreté des enfants se développe (600 000 de plus depuis les coupes budgétaires récentes du premier ministre Cameron) !  Et que les mêmes Anglais viennent se faire soigner en France tant leur système de soin est pourrit ! La même « Commission déplore la mauvaise qualité des infrastructures britanniques, le fort taux d’illettrisme, le faible niveau de qualification de nombreux travailleurs, le difficile accès aux gardes d’enfants, l’importance des emplois précaires, l’étendue de la pauvreté… L’Angleterre qui a les pieds dans l’eau car il fallait couper dans les dépenses d’entretien des infrastructures. En résumé, la Commission reproche aux Anglais de posséder les caractéristiques d’un pays libéral, celles-là même qu’elle recommande aux autres pays » (* 1 p 116 et 117). En Pologne, la pauvreté au travail est devenue très importante, et la difficulté pour accéder au système de chômage est tellement restrictive que la commission de l’UE (toujours elle) lui demande de l’adoucir !

 

La trahison des syndicats et des élites

 

En 1997 l’UE ambitionnait de promouvoir « le modèle social européen », qui nous différenciait de nos partenaires politiques, mais néanmoins rivaux économiques anglo-saxons. Mais dans le même temps on préparait l’arrivée de l’euro, qui entrera en scène en 1999.

La BCE est la gardienne du temple ; c’est elle qui veille à ce que l’inflation ne dépasse pas les 2 % (contrairement à la FED américaine qui peut relancer l’économie, la BCE n’a pas cette mission salvatrice pour les peuples). Pour ce faire elle incite les Etats et les partenaires sociaux (syndicats de patrons et d’ouvriers) à la modération salariale, afin de garantir la stabilité des prix. On retrouve ici l’impardonnable choix des syndicats qui ont accompagné ce projet de mondialisation économique (autre forme d’internationalisation). En jouant le jeu de la mondialisation ils se sont pris dans les mailles de ce filet qui les rend quasiment inefficaces aujourd’hui, trahissant ainsi les plus modestes qu’ils devaient défendre !

En 1998 la commission déclarait que « l’objectif de maintenir la modération salariale grâce à un renforcement du dialogue social » est à conserver !!! Les objectifs annoncés étaient de faire baisser de 20 à 30 % les salaires des activités peu qualifiées ! (* 2 P 123)

La modération salariale sera mise en œuvre en France avec la loi sur les 35 h, puisque la contrepartie de la réduction du temps de travail ce furent pour les grosses entreprises 28 milliards annuels d’exonérations de cotisations sociales (exonérations Fillon qui sont versées aux entreprises qui versent des salaires inférieurs à 1,6 smic), et des gels de salaires sur plusieurs années. Le second volet des 35 H ce fut la généralisation de l’annualisation (modulation du temps de travail adapté aux périodes hautes et aux périodes basses, sur une année) : de fait les heures supplémentaires seront réduites dans de nombreux secteurs d’activités, et on aura ainsi permis de faire baisser le coût du travail, subtilement.

Sans cette coalition composée des syndicats, des gouvernements nationaux et de la commission Européenne, rien n’aurait été possible (* 1 P 118). C’est cette coalition qui a rendu possible ces politiques. D’où cet affreux sentiment d’incapacité qui nait dans nombre d’organisations et de mouvements : on a l’impression qu’on ne peut rien faire ! Eh oui car en ayant accepté ces règles du jeu, effectivement on ne peut que subir… ou se révolter et exiger une révolution, pour changer l’époque et le socle qui la conditionne.

De fait tous les gouvernements qui ont participé au pouvoir bien avant 1999, date de mise en service de l’euro, ont accepté de sacrifier les salaires. Ces derniers sont la seule variable d’ajustement avec les prix pour avoir une monnaie stable, nous le verrons un peu plus loin.

Et le chômage alors ?

L’OCDE indique que nos pays ne devraient pas avoir un taux de chômage inférieur à 10 %, c’est déjà le meilleur moyen d’empêcher que les salaires augmentent. Le taux de chômage n’accélérant pas l’inflation (NAIRU en anglais) est un indicateur économique surveillé depuis longtemps pour empêcher l’inflation des salaires.

Mais leur cynisme va encore plus loin : pour les eurocrates et les libéraux, avoir un chômage élevé ne veut pas forcément dire qu’on ne trouve pas suffisamment de main d’œuvre, ou que l’on a une activité insuffisante... Eux pensent que c’est plutôt un ajustement prix/salaires qui doit se réaliser : si le chômage augmente c’est par ce que les prix et les salaires ne baissent pas assez (* 1 P 112/113). Alors ils mettent en œuvre des programmes pour moins indemniser les chômeurs, et ainsi les obliger à accepter les salaires plus bas que ne manqueront pas de leur proposer leurs futurs employeurs…

C’est ce qu’a fait l’Allemagne avec ses célèbres lois Haartz (mini jobs et chômage indemnisé à 1 €/ heure), ce que tente de faire la France en ce moment. L’Elysée a même confirmé que Mr Haartz est venu présenter sa méthode au gouvernement Hollande fin janvier 2014…

On voit ici se réaliser l’article 4 de la Charte sociale Européenne (* 2 p 120) : qui affirme « le droit à une rémunération suffisante pour assurer au travailleur et à sa famille un niveau de vie suffisant ». Non c’est une blague, la charte sociale est restée à l’état de projet et ni la CEE ni l’UE ne l’ont validé.

Une Europe sociale pourtant plébiscité par la France lors du référendum de 2005, qui dira NON à plus de libéralisme. Sarko bafouera tout cela en 2008 en faisant voter le Congrès qui adoptera le traité au mépris de la volonté populaire (ce sont les mêmes qui conspuent la Suisse et ses référendums démocratiques).

 

 

Ajuster les salaires et les prix pour sauver l’euro ?

Avec la mise en place de l’union monétaire, d’autres problématiques sont apparues, car au sein d’un système de change fixe, il n’est plus possible de compenser les écarts de compétitivité entre pays par des dévaluations des monnaies nationales. Cela a remis au centre du débat la question de la compétitivité prix, et des salaires disparates dans la zone, qu’il faudrait donc encore raboter selon la doctrine libérale...

Pour que la zone euro soit une Zone Monétaire Optimale (ZMO, concept développé par Robert Mundell) (* 3 p 72, 73), il faut remplir certains critères.

Critères économiques : Intégration financière, Intégration fiscale

Critères sociaux et politiques : Homogénéité institutionnelles, Similarités des comportements et des préférences

Des mécanismes d’ajustement permettant de rétablir les équilibres si les critères d’harmonisation ci-dessus échouent : mobilité du travail, flexibilité des prix et des salaires.

Quasiment aucun de ces critères n’ont pût être réalisés pleinement, alors on se sert des mécanismes d’ajustement, sur les prix et les salaires, pour que l’euro puisse se maintenir. Enfin pour les prix on essaye, nous y reviendront…

Car si avant 1999, pour rétablir les déséquilibres constatés entre les pays, on pouvait jouer sur le taux de change de sa monnaie, désormais on ne peut plus dévaluer les monnaies nationales !

Delors (toujours lui) et son livre blanc de 1993 relevait l’incohérence entre les objectifs fixés par les autorités monétaires nationales pour combattre l’inflation (et permettre l’arrivée de l’euro), et les hausses de salaires consenties (* 2 p 122).

Le pacte pour l’euro plus signé en 2011 (* 1 p 109) par 23 gouvernements décrit les efforts que les états se demandent eux-mêmes pour préserver leurs modèles sociaux (humour ?) : suppression des mécanismes d’indexation des salaires, surveillance des coûts unitaire de main d’œuvre, ouverture à la concurrence de secteurs protégés (gaz, électricité, taxis (étonnant non, l’arrivée des VTC en concurrence aux taxis), services postaux, transports…). Il est aussi demandé de développer la fléxisécurité (= plus de flexibilité à opposer aux travailleurs et normalement plus de sécurité avec un meilleur accès à la formation (d’où la réforme récente) et des périodes de chômage mieux indemnisées (cause toujours).

L’UE demandera aussi à « procéder à une fixation appropriée des salaires des fonctionnaires, en raison du signal que cela envoie au secteur privé ». (* 1 p 110). D’où le gel des indices depuis plusieurs années.

L’UE engage des démarches pour déconstruire ce qui avait permis aux salaires de progresser, à savoir la négociation collective (* 1 p 111) : « la décentralisation des négociations salariales doit permettre à l’économie d’être plus flexible. Il s’agit de la colonne vertébrale des réformes européennes en matière de salaire ». Décentralisation des négociations cela veut dire quoi ?

Cela veut dire qu’il ne devra plus y avoir de coup de pousse au SMIC par le gouvernement, par exemple, mais aussi qu’il faudra permettre de faire des entorses aux conventions collectives, ou bien même de permettre de signer des accords inférieurs au droit du travail ! Depuis 2008 un syndicat bienveillant, dans une entreprise, pourra signer des accords moins favorables que le droit du travail (sauf en ce qui concerne les salaires ou les classifications notamment).

La Confédération Européenne des Syndicats (CES) (* 1 p 112 et 3 p 125) a bien sûr tenté de contester ce processus, mais une fois qu’on a livré le pouvoir aux eurocrates, il ne faut pas s’étonner si on est cocu ! Et pour ne pas sombrer et être balayés, ils entretiennent dans leurs troupes, le mythe du changement de l’UE par l’intérieur ; plutôt que de remettre en cause la mondialisation, ils continuent de la porter à bout de bras !

 

Mais les prix ont augmenté avec l’arrivée de l’euro !

Nous l’avons rappelé dans les conditions de contrôle de l’inflation, il fallait une stabilité des salaires et des prix. Cette condition est aussi essentielle pour maintenir le pouvoir d’achat des ménages européens. Hors le dispositif d’harmonisation et d’intégration ayant failli, la seule variable d’ajustement possible portait sur les prix et les salaires.

Hors s’il s’avère que l’UE a bien rempli sa mission pour « défoncer » durablement les conditions d’évolutions des rémunérations, elle n’a pas mis en place les mêmes moyens pour contrôler l’évolution des prix.

En France, on l’a vu, Fabius ministre de l’économie du moment (1999) nous avait juré que les prix étaient restés stables, et que l’arrivée de l’euro avait été neutre pour le pouvoir d’achat ! Encore une blague, décidemment ! Toute cette stabilité des prix a été confirmée régulièrement, par l’institut des statistiques trafiquées, censée dire la vérité (ça ne se dit pas PRAVDA, la vérité officielle en langage soviétoïde ?), j’ai nommé l’Insee.

Hors 60 millions de consommateurs, a régulièrement fait des études à la sortie des caisses qui démontrent que la vérité officielle en cachait une bien plus dramatique : les prix ont augmenté, et bien trop d’ailleurs. Chacune de ses publications fait trembler le pouvoir tant il est impossible de les démentir.

Comment aurait il pût en être autrement dans une économie ou le prix des matières premières est dicté par les marchés ? Le miracle de la main qui régule tout n’a pas eu lieu : les spéculateurs spéculent sur toutes les matières premières, et les hausses sont répercutées dans le prix de revient et donc dans le prix que paye le consommateur final.

 

Et le pouvoir d’achat à votre avis ???

Contrairement à la théorie avancée en permanence par l’établissement, il semblerait « que la perte de compétitivité-prix relativement à la moyenne de la zone euro ne résulte pas d’une dérive salariale mais, pour l’essentiel, d’une augmentation des prix plus rapide » (*3 p 80).  Car si les prix ont augmenté plus vite que les salaires, alors forcément la marge de manœuvre des ménages s’est effritée. Pour la seconde fois en 2013, après 2012, l’INSEE a reconnu que le pouvoir d’achat était en baisse : parfois il devient difficile de nier le réel.

 

 

http://france-inflation.com/pouvoir-achat.php

 

Faut-il changer l’UE ? Conserver l’euro ?

Les syndicats se sont lourdement fourvoyés en croyant pouvoir changer de l’intérieur L’UE. Ils comptaient créer un rapport de force suffisant ; ils n’y sont jamais parvenus. Leur responsabilité est immense, et en plus des 70 % des Français ne leur font plus confiance, c’est désormais à la base que cela vacille... Mais qui dit que l’objectif des dirigeants des confédérations n’était pas d’accompagner la mondialisation, cette autre internationale ?

Nombreux sont ceux qui se sont succédés au pouvoir et qui n’ont eut de cesse de transformer l’Europe, et de la cuisiner toujours plus à la sauce libérale. Il n’y a vraiment rien à attendre du PS ni de l’UMP, ni du Centre ou du Front de gauche, qui aura permis la politique sociale libérale de Hollande. Tous entretiennent le simulacre de l’opposition démocratique, tout en continuant à organiser le transfert des richesses, d’une poche à une autre.

L’euro est l’instrument de la paupérisation populaire, et il ne peut être maintenu en l’état, et en tout cas si la BCE ne joue pas le rôle d’outil pour relancer une économie, il est suicidaire que de vouloir maintenir la monnaie commune en l’état. Elle n’est pas adaptée à toutes les économies européennes.

L’UE du marché unique, j’espère l’avoir mis suffisamment en évidence ici, a été un outil du libéralisme pour reprendre de la richesse aux peuples, et pour les envoyer pas forcément dans les poches des industriels et autres producteurs, mais pour la donner aux spéculateurs, profiteurs, et improductifs. Cette construction pèse tout aussi fortement sur les petites entreprises qui ne bénéficient d’aucun des avantages accordés aux multinationales.

C’est tout ce système au visage éminemment antidémocratique, illégitime et insupportable qui se dévoile chaque jour un peu plus devant nous. Les peuples commencent à le comprendre, et présenterons un jour, il faut le croire, la facture.

La première chose qui sera à faire sera évidemment de mettre fin à ce système économique totalement ouvert, sans plus aucune protections. Les multinationales créent leurs richesses dans nos pays, grâce aux infrastructures qu’ils refusent d’entretenir, avec des salariés qu’elles usent et qu’elles refusent de soigner décemment, puis vont les exporter dans des pays fiscalement plus avantageux ; cette prédation devra s’arrêter, car ils pillent, sans contribuer autant que le reste de la communauté, sans parler des 1000 milliards d’euro annuels d’évasion fiscale. Ceux qui contribuent localement devront être allégés, afin de favoriser le maintien des emplois chez nous. La France crève de son trop plein de charges publiques, dont une très grande partie est due au remboursement des intérêts de la dette pour près de 50 milliards d’euro par an, il ne faut jamais l’oublier et sans cesse le rappeler : si on n’avait pas ces sommes à rembourser, et que l’on faisait appel à l’épargne populaire, on n’aurait pas à raboter tous nos services publics ou nos systèmes sociaux (même s’il ne faut pas s’interdire de les amender ni de les réserver aux nôtres avant tout).

 

 

Enfin et c’est un des points essentiels, il faudra nouer des partenariats pour s’affranchir des marchés ou l’avidité et le court terme règnent afin de se préserver au possible des hausses de prix liées à la spéculation. Enfin les salaires et le pouvoir d’achat devront être préservés, et ce devra être la préoccupation principale, comme nous le rappelle Francis Delaisi dans « La révolution Européenne »…

Roberto Fiorini

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* 1 – IRES (INSTITUT DE RECHERCHES ECONOMIQUES ET SOCIALES) Revue de l’IRES n° 73/7

* 2 – Chronique Internationale de l’IRES n° 60/13

*3 Revue de l’IRES n° 73/6

 

Article publié dans Terre et Peuple magazine n° 59 :

 

http://www.terreetpeuple.com/terre-et-peuple-magazine/terre-et-peuple-magazine-n59-printemps-2014/sommaire-tp-mag-n59.html?2d4883b0bf7db295e9826020acb22e07=0ced6156a0070428aa0ff28b5f7989dc


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Des subventions pour Amazon

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Ce matin j'entendais sur Radio Classique l'évocation d'une nouvelle, présentée pour rassurante dans la morosité ambiante : le développement de l'implantation sur le territoire français des activités du principal site mondial de vente en ligne de livres et de produits culturels : le groupe américain bien connu Amazon.

Pour tout défenseur de l'économie de marché la concurrence doit être considérée comme une bonne chose. À ce titre il est très étonnant que le ministre pompeusement appelé "du Redressement productif" M. Arnaud Montebourg ait essayé de faire croire récemment le contraire à propos de la quatrième licence de téléphonie mobile. Il accuse le vilain opérateur Free de déstabiliser le secteur.

On pourrait hausser les épaules et dire : "encore une folie de ce poseur ridicule".

D'autres déclarations à l'emporte pièce de ce personnage défrayent la chronique et on pourrait les trouver infiniment plus graves, notamment quant à l'image de la France qu'elles véhiculent à l'étranger. Quand un ministre parisien se permet d'injurier les dirigeants d'un grand groupe sidérurgique implanté dans quelque 150 sites de l'Hexagone et représentant 22 000 emplois directs on peut en effet s’inquiéter quant à son équilibre mental. Quand il laisse entendre que, pour sauver certains emplois, la solution de l'étatisation est envisageable on se demande avec quelle machine à remonter le temps il est allé lire quel numéro de L'Humanité qui traînait dans son grenier depuis 1946.

Mais voilà : il faut montrer à tout prix que le territoire français attire encore les investisseurs.

On ne nous dit pas assez, y compris sur Radio Classique, à quelles conditions ces groupes s'installent.

En voici un échantillon fourni par le vote du conseil régional de Bourgogne en date du 26 novembre. Après un long débat, la décision a été entérinée par les 26 élus du parti socialiste qui détiennent la majorité et qui ont bénéficié, il faut le souligner de la courageuse abstention des élus UMP. Plusieurs élus d'Europe Écologie Les Verts, du parti communiste et du front national ont manifesté leur opposition. En vain.

Voilà en effet le résultat : pour s'implanter en Saône-et-Loire, département du citoyen Montebourg Amazon va toucher 1,125 million d'euros d'aides publiques dès 2012

Ceci, dit-on va permettre la création de 250 emplois dans son nouvel entrepôt de Sevrey.

Au total, l'entreprise américaine percevra 3 400 euros par emploi. L'État pourrait abonder cette somme d'un montant de 1 000 à 2 000 euros.

"Le soutien financier proposé sera financé en partie par le Conseil Général de Saône-et-Loire, à hauteur de 275 000 euros, dans le cadre d'une convention de partenariat entre le département et la région. Cette aide pourrait être complétée par une intervention de l'État, de 1 000 euros à 2 000 euros par emploi, au titre de la prime d'Aménagement du territoire", indique le rapport du conseil régional de Bourgogne auquel Sipa a eu accès. (1)⇓

Amazon exploite déjà trois entrepôts en France, à Montélimar, à Sarran près d'Orléans et à Sevrey. Le groupe dont le chiffre d'affaires 2011 a atteint 48 milliards de dollars en 2011, a annoncé également qu’il en ouvrirait un quatrième. D'une superficie de 90nbsp000 m2, il sera situé près de Douai. Son inauguration est prévue en 2015. Ce nouvel entrepôt devrait aussi bénéficier d'aides publiques du conseil régional du Nord-Pas-de-Calais. "Dans les prochains jours, le conseil régional du Nord-Pas-de-Calais rencontrera le groupe américain. Tout comme en Bourgogne, le groupe bénéficiera de subventions et d'aides publiques" (2)⇓.

Ne contestons pas à Amazon le droit de vendre en ligne des livres français en direction de la France et des lecteurs francophones d'Europe. Soulignons quand même qu'il existe d'importants groupe de librairie (Procure, Fnac, Decître, par exemple) mais aussi d'autres plus modestes (comme "Diffusion de la pensée française" à Chiré-en-Montreuil ou la "Librairie catholique" de Perpignan), qui le font tout aussi bien, sinon mieux, sans subventions, et que la plupart des éditeurs le font aussi directement (3)⇓.

On serait intéressé à savoir aussi quel régime de TVA sera applicable à ces ventes, qui sont éventuellement encaissées sur des comptes étrangers, et par conséquent assimilables à des exportations détaxées...

Quelle peut bien être au bout du compte la pertinence de ces subventions, sinon la démagogie de faire semblant de "créer des emplois" avec de l'argent public, en en détruisant d'autres, qui ne coûtaient rien aux finances publiques ?

JG Malliarakis

 


http://www.insolent.fr/2012/11/des-subventions-pour-amazon.html

 


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Halte au racket institutionnalisé ! halte à la vie chère !

Des militants du M.A.S ont sillonné le centre Paris, là où les horodateurs sont aux tarifs les plus élevé pour offrir quelques heures de stationnement gratuit aux parisiens. Les horodateurs, véritables bandits manchots, rançonnent nos concitoyens à raison de plusieurs dizaines de millions d'euros par an. Et ce sont nos compatriotes les plus démunis qui se voient interdits de centre-ville. On nous rebat les oreilles avec la mort du petit commerce, mais on l'éloigne du peuple. Les centres-villes ne doivent pas devenir des enclaves pour bobos friqués ! L'accueil plus que positif des passants et livreurs que nous avons croisé est bien l'expression du raz-le-bol du peuple face aux profiteurs. Exigeons la gratuité du stationnement et la mise en place de mesures alternatives.

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2011 : Pourquoi les prix flambent, mais pas les salaires !

Non rien n'augmentera, c'est garanti par les élites qui nous gouvernent !

 

Il y a 140 ans déjà, en Mars 1871, le peuple de Paris entrait en révolte contre une bourgeoisie prête à tout pout ne pas perdre ses privilèges.

 

 Il y a 140 ans, le sang de 10 000 à 30 000 ouvriers français coulait dans les rues de Paris.

 

 140 ans plus tard rien n’a changé ou presque : tout a changé en apparence, pour que rien ne change au fond…

 

Les élites qui nous gouvernent sont toujours prêtes à trahir, pour conserver leurs privilèges, et servir ceux qui les payent. Ils y arrivent en mettant en place une pièce de théâtre dont le titre aurait pu être : « la démocratie pour camoufler tous mes délits ».

 

Ceux qui imposent le diktat aux peuples d’Europe se sont réunis le 14 mars 2011, pour mettre au point un « pacte pour l’euro ». Sous entendu : pour permettre aux spéculateurs de continuer à attaquer l’euro, nous allons mettre en place un fonds de garantie (500 milliards d'euro !), qui nous permettra de payer les intérêts qu’exigent les marchés ! Non mais des fois ils n’ont qu’a bien se tenir ces spéculateurs, on peut payer nous !

 

Car c’est bien de cela qu’il s’agit : continuer de subir le diktat des marchés financiers, soumettant toujours un peu plus les pays, leurs peuples et leur argent aux caprices des taux d’intérêts usuraires exigés par les spéculateurs qui sont légions.

 

La fameuse crise de 2007 a révélé aux peuples d’Europe et du monde tous les vices de ce système : les états ont du s’endetter pour sauver les banques. Ces mêmes états servant sur un plateau toutes les lois nécessaire à ces banquiers pour réaliser leurs profits virtuels, avec lesquels ils achètent tout et corrompent les âmes.

 

Mais alors que les peuples s’attendaient à une mise sous tutelle de cette finance débridée, elle continue d’en imposer toujours plus aux états, pour mieux piller les hommes.

 

Les mécanismes pour spolier les peuples et les Etats.

 

Le premier d’entre eux est le prêt à intérêt pour les Etats. En France, c’est depuis 1973 que la France est obligée d’emprunter de l’argent sur les marchés, et qu’elle paye pour cela des intérêts. Une dette qui se monte aujourd’hui à près de 1 800 milliards d’euro. Les politiciens professionnels n’ont de cesse de s’étriper sur les plateaux de télé ou lors des campagnes pour savoir comment et à cause de qui elle s’est construite.

 

Mais aucun ne vous dira que c’est depuis que la France achète son argent sur les marchés, que le pays est endetté. Personne ne vous dira non plus que les intérêts cumulés de la dette se montent à pratiquement autant que le total de notre dette (soit presque 1800 milliards) !

 

Vous avez bien compris : la dette se compose quasi exclusivement des intérêts cumulés pour la rembourser ! Sans la mise en place de ce mécanisme le budget de l'état serait presque équilibré !

 

On doit cette réforme magistrale à Messieurs Pompidou et Giscard, qui en 1973 firent voter la loi nécessaire.  Mais depuis, l’article 104 du traité de Maastricht et l’article 123 du traité de Lisbonne perpétuent cette tradition qui permet de voler les fruits du travail de tant de travailleurs (ouvriers et patrons sont victimes du même stratagème !!!).

 

Ces élites toujours prêtes à trahir

 

Donc nos braves élites européennes se sont réunies pour « offrir » aux marchés un fonds de garantie de 500 milliards, pour payer quoi qu’il arrive les dettes des pays de la zone Euro.

 

Ils ont décidé de mettre en place un "pacte de compétitivité" européen, qui prévoit entre autres mesures :

 

« Ce pacte est destiné à renforcer la coordination politique en matière de compétitivité et de convergence. A travers lui, les pays de la zone euro s'engagent à limiter leurs déficits et leur dette publique en misant sur la modération salariale dans le secteur public, la réforme des systèmes de pensions… »

 

« L’abolition de l’indexation des salaires, qui avait soulevé de vifs émois dans le pays, "n’est pas passée comme la France et l’Allemagne l’avaient voulu au début", a expliqué le Premier ministre.

"Là où cela s’avérerait nécessaire, des systèmes d’indexation, et pas les systèmes d’indexations, devraient être réexaminés." » (Waouh ! Ca c’est de la réponse de technocrate pour vous endormir !)

 

http://www.europaforum.public.lu/fr/actualites/2011/03/ce-zone-euro/index.html

 

Notez d’ailleurs que le mot de convergence y apparait encore, pour bien rappeler que les mécanismes d’uniformisation sont à l’œuvre et ne font que commencer. Mais sur qui veulent-ils harmoniser l'Europe et l'aligner ? Sur la Chine, sur la Tunisie, sur la Roumanie ?

 

Alors que les marchés financiers permettent la spéculation sans limite sur toutes les ressources de la planète (farine, blé, gaz, hydrocarbures, électricité…), les élites Européennes ont comme seule préoccupation de réduire les salaires et les pensions !

 

Alors que de nombreux ménages à travers l’Europe n’arrivent plus à boucler leurs fins de mois, ces pourris-là passent leur temps à imaginer des mécanismes pour empêcher les salaires de grimper. Car qui dit hausse des salaires dit inflation, et qui dit inflation, dit gommage rapide de la dette !

 

Et c’est là que l’Europe de Maastricht prend tout son sens avec le fameux pacte de stabilité : l’inflation ne doit pas aller au-delà de 2 % ! C’est d’ailleurs à cela et uniquement à cela que sert la banque Européenne contrôlée par Monsieur Trichet.

 

Car s’il y a de l’inflation, adieu la dette !

 

La "bonne inflation" laminait votre dette


« Par quel mécanisme ? Imaginez une dette représentant une mensualité de 100 francs (ce n'est pas une erreur à l'époque l'euro n'existait pas encore) sur un salaire de 1 000 francs. Sept ans après, le salaire est devenu 2 000 francs mais le remboursement de crédit, qui était à taux fixe, lui, est resté à 100 francs. Le poids de la dette a été divisé par deux. Il en était de même pour la dette des Etats.

Il s'agit donc d'une inflation qui permet de diminuer les dettes, d'acquérir sa résidence principale avec une relative facilité ; c'est une inflation qui pénalise les rentiers et les financiers (l'inflation rogne toujours l'épargne) au profit de l'entrepreneur et du producteur. Bref une inflation pas si mauvaise pour l'économie réelle. Sauf que ces temps sont révolus. »

http://robertofiorini.blog4ever.com/blog/lire-article-84180-2208121-inflation___cauchemar_ou_opportunite__.html

 

 

Ceux qui tirent les ficelles de la finance ont retenu les leçons de l’histoire ; ils savent que l’inflation « gomme » les dettes ; alors ils ont inventé l’Europe de Maastricht ! Et ils ont trouvé des hommes politiques, qui les servent depuis des décennies, qu’ils soient du RPR, du Centre ou de l’UMP ou du PS, du PC ou même des syndicalistes ! Tous sont complices de cette politique monétaire soumise par ailleurs aussi ,à la mondialisation économique, qui nous fait nous comparer à des salariés qui coutent 30 fois moins chers que nous en Chine par exemple !

 

Dans la bouche de ces gens là, jamais on ne parle des véritables origines de la dette ni de celles du chomage (suppression des barrières qui protégaient nos industries, notre agriculture et nos emplois).

 

Mais le peuple fait son éducation tout seul ! Il s’instruit et commence à se souvenir des leçons du passé, celles que vous voudriez voir oubliées.

 

Nous sommes de ceux qui ont la mémoire longue, nous sommes de ceux qui n’oublient pas.

 

Nous n’oublierons pas non plus comment l’euro a permis de reprendre aux travailleurs tout ce qui leur avait été concédé auparavant.

 

Fabius, et des décennies de statistiques de l’INSEE, nous font gober que les indices qui mesurent l’évolution des coûts de la vie sont justes et pertinents… Alors que l’information officielle est sous contrôle, et que ces indices ne prennent pas en compte les prix du carburant ou ceux des loyers ! Voir l'article du progrès de Lyon, supprimé de puis de leur site, qui donne quelques éléments d'appréciation sur la réalité des hausses de prix :

2000-2010 : l'envolée des prix - La vérité sort du ticket de caisse pas des chiffres -

Dans un pays ou les loyers flambent pour cause de pénurie de logements (il manquerait un million de logement dans ce pays !). Cette pénurie étant soigneusement orchestrée par un pouvoir étatique qui ne construit pas les 150 000 logements par an qu’il devrait mettre en route, pour permettre que les prix arrêtent d’enfler !

 

Pourquoi n’y a-t-il quasiment pas de données contradictoires sur la hausse des prix qui a suivi l’arrivée de l’euro ? Et bien tout simplement par ce qu’il ne faut pas que le peuple le sache, alors on désinforme, comme dans toute dictature digne de ce nom…

 

On pourrait continuer cette liste sans fin, mais il faut quand même rapidement évoquer les bienfaits des privatisations : appuyons nous sur l’exemple du Gaz.

 

Privatisé fin 2007, juste après l’arrivée au pouvoir du bandit Sarkozy, rien que pour l’année 2010 / 2011 le gaz aura augmenté de 20 % avec la nouvelle hausse de 5 % à venir au 1° avril 2011 ! Y’a bon les privatisations ! Et EDF qui attend son tour et qui annonce 30 % de hausse possible, mais l’Etat actionnaire à 85 % l’empêche encore… pour combien de temps ?

 

La priorité européenne : arrêter  l'indexation "systématique" des salaires sur l'inflation

 

En imposant l'arrêt de l'indexation "systématique" des salaires sur l'inflation, on impose structurellement, la réduction des salaires dans le temps... Au profit des entreprises, qui grignotent ainsi, tout ce qu'elles voudront bien redistribuer par la suite, mais au compte goutte seulement, et après de longues négociations avec ces empêcheurs de tourner en rond qui continuent de défendre les salariés ! (comme quoi les syndicats ca peut quand même servir à quelque chose !)

On nous dira que ces mesures n’ont aucun sens en France puisque l’indexation officielle est terminée depuis 1983, grâce à Mitterrand, et Attali !

 

Eh bien justement, c’est là qu’on voit l’importance de cette mesure, et c'est pour cela que cette mesure est significative pour madame Merkel !  Ils veulent éradiquer l’indexation des salaires sur les prix des derniers pays où cela se fait encore, et cela montre bien où sont les vrais enjeux, pour "paupériser" les travailleurs Européens...

 

Je terminerai sur une dernière illustration pour montrer qu’ils ont amorcé le détonateur social, et qu’ils n’arriveront plus à l’enrayer ; jugez plutôt.

 

La FCD envisage une hausse limitée à 2% des prix en magasins

 

On nous a dit, ce qui arrive en Afrique et au Moyen Orient, c’est aussi la faute du prix des matières premières… Alors tremblez messieurs dames qui gouvernez l’Europe, car voici quelques extraits des dernières négociations de la fédération du commerce et de la distribution :

 

« La hausse des prix dans la grande distribution sera "de l'ordre de 2%" en moyenne en 2011, mais les prix des farines devrait progresser en moyenne de 15 à 20%,

celui des pâtes alimentaires de 5 à 10%,

le café de 10 à 20% et le beurre de 4 à 8%...

Le prix de l'huile devrait augmenter de 5 à 8%,

celui du fromage de 2 à 4%,

le pain de 5 à 7%

et les biscuits entre 3 et 10%, a précisé la FCD, qui représente l'essentiel de la grande distribution à l'exception de Leclerc et Intermarché.

(*Leclerc est quand même le premier distributeur français et Intermarché le 3° , mais les autres représentent l’essentiel !)

 

A contrario, le prix de certains produits restera stable: plats cuisinés, certaines eaux minérales, riz, glaces, a-t-il fait valoir. "Un certain nombre de prix augmenteront un peu plus en raison de la hausse des matières premières", a expliqué Jacques Creyssel. "C'est le cas de la farine, des pâtes alimentaires, de l'huile et du beurre, des produits qui incorporent une part importante de matière première". "Les négociations ont permis de limiter la hausse des prix et de préserver le pouvoir d'achat des consommateurs » , a-t-il estimé.

L'estimation de hausse de 2% est une moyenne pour l'ensemble des produits, alimentaires ou non, dont les tarifs annuels ont été négociés entre les distributeurs et leurs fournisseurs pour une entrée en vigueur début mars. »

 

L'augmentation globale des prix, alimentaires et non alimentaires, "sera modérée, de l'ordre de 2%", a indiqué Jacques Creyssel, délégué général de la FCD ».

 

Ouf on a eu peur dis donc, ca ne fera pas plus que 2 % de hausse annuelle tout cela : pile poil comme le demande l’Insee et les critères de Maastricht, et la Banque centrale Européenne !

 

http://www.lsa-conso.fr/la-fcd-envisage-une-hausse-limitee-a-2-des-prix-en-magasins,120203

 

Il savent vachement bien compter les énarques et les commerçants, faudrait que je les emmène négocier avec mon patron pour les hausses de salaires, des fois qu’ils arrivent à lui faire croire tout ce qu’ils arrivent à faire passer par les médias !

 

Roberto Fiorini

 

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Finance = outil du Monothéisme

Finance = outil du Monothéisme

Jacques Attali rappelle lors de la sortie de son livre "Les juifs et l'argent", que la finance n'est qu'un outil de conquête, pour arriver à imposer la domination Mondiale du Monothéisme, d'inspiration Juive (Christique).

Cette même influence monothéiste, qui nous a conduit à la pensée unique, et maintenant à la nouvelle inquisition et au métissage !!!

Et donc que la finance n'est qu'un outil (manipulable a volonté) pour mettre en place les conditions de leur victoire !!!

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Toussenel, socialiste autoritaire

Toussenel, socialiste autoritaire

 

 

Les récents scandales financiers qui éclaboussent le régime et le système tout - entier de la droite à l'extrême-gauche donnent à l'œuvre de Toussenel un regain d'actualité. Toussenel est mal connu, voire méconnu. Il est pour beaucoup avant tout le devancier de Drumont, avec tout ce que cela implique, dans de nombreux esprits, de péjoratif et d'inavouable. En fait, Toussenel est à la fois plus et autre chose.

« Les Juifs, rois de l'époque », écrits en 1844 en pleine euphorie capitaliste et libérale, sont un brûlot de première importance lancé contre la féodalité financière, déjà triomphante, et ses soutiens politiques plus ou moins déclarée, au nom de l'intérêt national et de la justice sociale.

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