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Nous avons vu la semaine dernière qu’une des dernières violations des lois internationales par Israël a été le bombardement de l’ambassade iranienne à Damas, équivalent à un acte de guerre.

La première réaction de l’Iran a été de crier vengeance :

« L’Iran a déclaré mardi qu’il se vengerait d’Israël pour une frappe aérienne qui a tué deux de ses généraux et cinq conseillers militaires dans l’enceinte de son ambassade à Damas, augmentant ainsi le risque d’une nouvelle escalade du conflit au Moyen-Orient… Le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, a juré de se venger : “Le régime sioniste sera puni par nos courageux hommes ». »

Puis, pour éviter que les membres syriens et irakiens de « l’axe de résistance » ne recommencent à s’en prendre aux soldats étasuniens basés en Irak et en Syrie et que cela dégénère :

« Selon Axios citant un responsable américain, Washington a déclaré à Téhéran qu’il « n’était pas impliqué » et n’avait aucune connaissance antérieure de la frappe israélienne. »

Dix jours après ce bombardement de l’ambassade, l’Iran n’a toujours pas riposté militairement, après une tentative bloquée de riposte diplomatique, que les médias occidentaux ont passé sous silence :

« La semaine dernière, les États-Unis, la Grande-Bretagne et la France se sont opposés à un projet de déclaration du Conseil de sécurité de l’ONU rédigé par la Russie qui aurait condamné l’attaque.

“La Russie avait rédigé un communiqué de presse condamnant l’attaque israélienne contre les locaux diplomatiques en Syrie, mais elle a été stoppée par l’insistance de nos collègues anglo-saxons”, a déclaré à la presse l’ambassadeur de Moscou à l’ONU, Vasily Nebenzya.

“Cela illustre clairement les doubles standards employés par la “troïka” occidentale et leur approche réelle, plutôt que déclarative, de la légalité et de l’ordre dans le contexte international”, a déclaré l’ambassadeur adjoint de la Russie à l’ONU, Dmitri Polyanskiy, dans un message sur X. »

L’Iran est donc obligé de réagir militairement, sinon Israël considérera cela comme une carte blanche pour amplifier ses attaques contre ce pays :

« « Si le Conseil de sécurité de l’ONU avait condamné l’acte d’agression répréhensible du régime sioniste contre nos locaux diplomatiques à Damas et avait ensuite traduit ses auteurs en justice, l’impératif pour l’Iran de punir ce régime voyou aurait pu être évité », a déclaré la mission iranienne dans un communiqué médiatique.

L’Iran a promis de mener une réponse « décisive » à l’attaque israélienne qui a tué sept membres du Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI), dont deux généraux, à Damas le 1er avril. »

Donc tout le monde est dans l’attente de la réponse iranienne. Seuls les Etats-Unis semblent avoir reçu un message conciliant de l’Iran :

« Les États-Unis s’attendent à une attaque de l’Iran contre Israël, mais qui ne serait pas suffisamment importante pour entraîner Washington dans la guerre, a déclaré jeudi un responsable américain.

La Maison Blanche a déclaré plus tôt que Washington ne voulait pas de conflit, ouvrant ainsi la voie à une propagation au Moyen-Orient et que les États-Unis avaient déclaré à l’Iran qu’ils n’étaient pas impliqués dans une frappe aérienne contre un haut commandant militaire iranien à Damas.

Des sources iraniennes ont déclaré à Reuters que Téhéran avait signalé à Washington qu’il répondrait à l’attaque israélienne contre son ambassade syrienne de manière à éviter une escalade majeure et qu’il n’agirait pas à la hâte, alors que Téhéran insiste sur ses exigences, notamment une trêve à Gaza. »

Il est donc visible que l’Iran est coincé entre la nécessité de répondre à cet acte de guerre israélien sans tomber dans le piège de Netanyahou qui cherche à entrainer la région, et les Etats-Unis avec, dans une guerre dévastatrice. D’autant plus que les quelques centaines de bombes nucléaires que possède Israël ne sont pas oubliées par le gouvernement iranien.

Un véritable bal diplomatique s’est donc déroulé cette semaine pour éviter tout embrasement :

« Hossein Amir-Abdollahian et Annalena Baerbock ont eu un entretien téléphonique jeudi, au cours duquel le plus haut diplomate iranien a également critiqué l’Allemagne pour sa “neutralité” sur le génocide israélien dans la bande de Gaza.

“Lorsque le régime israélien viole complètement l’immunité des individus et des lieux diplomatiques en violation du droit international et des Conventions de Vienne, la légitime défense est une nécessité”, a déclaré Amir-Abdollahian, selon un communiqué publié par le ministère des Affaires étrangères à Téhéran.

Le communiqué indique que les deux ministres ont discuté des derniers développements dans la région et des relations bilatérales, soulignant la nécessité de maintenir la voie du dialogue.

“La politique étrangère de la République islamique d’Iran vise toujours à éviter les tensions”, a déclaré Amir-Abdollahian. “Si une attaque de missile similaire avait eu lieu sur l’un des lieux diplomatiques de la zone de guerre en Ukraine, la réaction des États-Unis et de l’Europe aurait-elle été la même ?” »

« La Russie, l’Allemagne et la Grande-Bretagne ont exhorté jeudi les pays du Moyen-Orient à faire preuve de retenue et Israël a déclaré qu’il se préparait à “répondre à tous ses besoins en matière de sécurité” dans une région tendue par la menace iranienne de frapper Israël.

La compagnie aérienne allemande Lufthansa, l’une des deux seules compagnies occidentales à desservir Téhéran, a prolongé la suspension de ses vols vers la capitale iranienne et la Russie a mis en garde contre les voyages au Moyen-Orient…

Le ministre britannique des Affaires étrangères, David Cameron, a déclaré jeudi qu’il avait clairement fait savoir à Amirabdollahian que l’Iran ne devait pas entraîner le Moyen-Orient dans un conflit plus large.

“Je suis profondément préoccupé par le risque d’erreurs de calcul conduisant à de nouvelles violences”, a déclaré Cameron sur X.

Le porte-parole du Département d’État américain, Matthew Miller, a déclaré que le secrétaire d’État Antony Blinken avait appelé ses homologues, notamment les ministres des Affaires étrangères turc, chinois et saoudien, « à préciser que l’escalade n’est dans l’intérêt de personne et que les pays devraient exhorter l’Iran à ne pas escalader ». 

Commence alors à apparaitre la stratégie occidentale que l’on a déjà vu en jeu pour la Russie et la Chine, provoquer, provoquer, mais toujours indirectement, jusqu’à ce que le pays provoqué riposte, permettant ainsi de l’accuser d’être celui qui est l’agresseur.

Il est visible que les pays occidentaux ne considèrent pas Israël comme étant responsable de cette montée des tensions mais l’Iran qui cherche pourtant à éviter l’escalade, le disant publiquement, comme on l’a vu plus haut. Les Etats-Unis réitérant leur total soutien à Israël :

« Le président américain Joe Biden a déclaré mercredi que l’Iran menaçait de lancer une « attaque significative en Israël » et qu’il avait déclaré à Netanyahu que « notre engagement en faveur de la sécurité d’Israël contre ces menaces de l’Iran et de ses mandataires était à toute épreuve ».

Les États-Unis s’attendent à une attaque de l’Iran contre Israël, mais qui ne serait pas suffisamment importante pour entraîner Washington dans la guerre, a déclaré jeudi un responsable américain. »

Alors Israël Etat proxy des Etats-Unis dans une guerre, qui semble de plus en plus inévitable, au Moyen-Orient ou Netannyahou arrivant à faire entrer directement les Etats-Unis dans cette guerre, en faisant ainsi son proxy ? la question reste en jeu.

Ce qui est sûr c’est que, quelques soient leurs motifs, les deux pays veulent cette guerre mais feront tout pour que ce soit l’Iran qui soit accusé de l’avoir déclenché, comme pour le conflit russo-ukrainien, le conflit sino-taiwanais et le conflit Israël-Hamas.

Finalement, dans la nuit de samedi à dimanche, l’Iran à exercer ses représailles :

« Plus de 200 drones et missiles ont été lancé vers Israël samedi soir par les Gardiens de la révolution iranienne, le Hezbollah libanais et les Houthis au Yémen. Certains ont été intercepté par la défense antiaérienne américaine positionnée au Moyen-Orient.

Des détonations et des sirènes d’alerte ont commencé à retentir dans le ciel de Jérusalem vers 22h45 TU, ainsi que dans plusieurs régions d’Israël. »

Avec des tirs de missiles mais aussi avec la menace de fermer le détroit d’Ormuz :

« C’est la télévision iranienne qui a confirmé cette information, rapporte notre correspondant à Téhéran, Siavosh Ghazi. Le navire, le MSC Aries, appartient à un milliardaire israélien. Il a été saisi par la marine des Gardiens de la révolution. Le navire a été dirigé vers les eaux territoriales iraniennes.

Selon certains sites spécialisés, cela fait partie de la réponse de Téhéran à l’attaque contre son consulat le 1ᵉʳ avril dernier qui a fait seize morts, dont deux hauts gradés des Gardiens de la révolution. Cela montre que Téhéran est prêt à une escalade. »

L’Iran considère maintenant que « l’affaire est close » exprimant ainsi de nouveau qu’il ne veut pas que la situation dégénère :

« L’Iran a appelé les États-Unis à « rester à l’écart » de l’opération lancée dans la nuit contre Israël, qui est sa « réponse » à la frappe contre son consulat à Damas. « Il s’agit d’un conflit entre l’Iran et le régime voyou israélien, dont les États-Unis DOIVENT RESTER À L’ECART ! », déclare la mission iranienne à l’ONU dans un message posté sur X.

« Menée sur la base de l’article 51 de la Charte des Nations Unies relatif à la légitime défense, l’action militaire de l’Iran était une réponse à l’agression du régime sioniste contre nos locaux diplomatiques à Damas », explique-t-elle. « L’affaire peut être considérée comme close. Toutefois, si le régime israélien commettait une nouvelle erreur, la réponse de l’Iran serait considérablement plus sévère », met en garde le message de la mission auprès des Nations unies. »

Il y a peu de chance que Netanyahou l’entende ainsi.

Encore un signe évident de l’hypocrisie des dirigeants occidentaux, cette fois au sujet de la Palestine. Ils proclament haut et fort que « la solution à deux Etats est la seule bonne solution » mais bloquent cette solution quand elle est en débat à l’ONU :

« Les membres du Conseil de sécurité de l’ONU n’ont pas réussi, jeudi 11 avril, à se mettre d’accord concernant la demande d’adhésion pleine et entière des Palestiniens aux Nations unies (ONU), a annoncé l’ambassadrice maltaise, qui préside le Conseil en avril. « Il n’y a pas eu de consensus » sur l’admission d’un État palestinien, a déclaré Vanessa Frazier à l’issue d’une réunion à huis-clos. Mais cette absence de consensus n’empêche pas un État membre de soumettre la question à un vote du Conseil. »

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Cette semaine les Etats-Unis ont continué leur stratégie de harcèlement contre la Chine :

Cela a commencé par un article discret du Jakarta Post, publié le 5 avril :

« Les Philippines organiseront des exercices navals conjoints avec les États-Unis, le Japon et l’Australie, ont indiqué jeudi à l’AFP deux sources diplomatiques, alors que les quatre pays approfondissent leurs liens militaires pour contrer l’influence croissante de la Chine dans la région Asie-Pacifique. L’exercice aura lieu dimanche dans la mer de Chine méridionale contestée – que Pékin revendique presque entièrement – quelques jours avant que le président américain Joe Biden ne tienne le premier sommet trilatéral avec les dirigeants des Philippines et du Japon. Les sources diplomatiques ont parlé sous couvert d’anonymat car les exercices n’ont pas encore été officiellement annoncés. »

On y apprend donc que les Etats-Unis ont enrôlé le Japon, les Philippines et l’Australie pour organiser des exercices militaires à portée des côtes chinoises. Et cela sans avoir prévenu quiconque puisque quelques jours avant qu’ils ne débutent, ces exercices n’avaient toujours pas été annoncés. On imagine facilement comment l’armée chinoise a pris la chose.

On y apprend aussi que cette réunion militaire aura son équivalent politique dans les jours qui suivent, mettant au grand jour une coalition entre les Etats-Unis, l’Australie, le Japon et les Philippines manifestement dirigée contre la Chine.

Le 6 avril, juste la veille du déclenchement de ces exercices, Reuters en parle :

« Les forces de défense des États-Unis, du Japon, de l’Australie et des Philippines mèneront une « activité de coopération maritime » le 7 avril pour soutenir une région Indo-Pacifique libre et ouverte, ont annoncé samedi les pays, dans un contexte d’affirmation croissante de la Chine dans cette voie navigable.

Les exercices maritimes d’une journée comprendront des activités de communication et des manœuvres d’officier de quart dans la zone économique exclusive (ZEE) de Manille, en mer de Chine méridionale, a déclaré aux journalistes le porte-parole du ministère philippin de la Défense, Arsenio Andolong.

Le navire de combat littoral USS Mobile, la frégate australienne HMAS Warramunga et le destroyer japonais JS Akebono rejoindront deux navires de guerre philippins, a déclaré Andolong.

“Ils iront du sud vers le nord englobant la frontière entre les commandements ouest et nord”, a-t-il déclaré. »

La Chine a donc été obligé de réagir immédiatement :

« Le commandement du théâtre sud de l’Armée chinoise Populaire de Libération (APL) a organisé dimanche une patrouille conjointe de combat naval et aérien dans la mer de Chine méridionale, a annoncé l’APL, le même jour que les exercices conjoints auxquels ont participé les États-Unis, les Philippines, le Japon et L’Australie, qui, selon les analystes, était une mesure très provocatrice et agressive contre la Chine dans un contexte de tensions croissantes entre Pékin et Manille.

Des experts chinois ont déclaré dimanche que la patrouille de combat chinoise représentait une réponse du tac au tac aux exercices conjoints des États-Unis, des Philippines, du Japon et de l’Australie, illustrant la ferme détermination de l’APL et sa forte capacité à sauvegarder la souveraineté territoriale et les droits et intérêts maritimes de la Chine. Cela montre que la Chine, tout en faisant preuve d’une grande retenue sur la question de la mer de Chine méridionale, est également bien préparée à faire face à toute éventualité.

Ils ont également averti que l’ingérence extérieure représentée par les États-Unis dans la mer de Chine méridionale est devenue « la plus grande menace à la sécurité et à la stabilité régionales », et que le calcul des Philippines consistant à « inviter le loup dans la bergerie » n’est pas bien accueilli par les pays de la région et finira par se retourner contre lui. »

Suivi d’une déclaration du gouvernement chinois par l’entremise d’un éditorial du Global Times :

« Les quatre pays ont affirmé dans leur déclaration commune que l’exercice visait à sauvegarder « l’État de droit qui est le fondement d’une région indo-pacifique pacifique et stable » et à défendre « la liberté de navigation et de survol ». Cependant, c’est un mensonge total. Chaque année, plus de 100 000 navires et un tiers du commerce maritime transitent par la mer de Chine méridionale, et aucun ne s’est jamais plaint du fait que la Chine « entrave la liberté de navigation dans la mer de Chine méridionale ». Au contraire, des pays extérieurs à cette région, comme les États-Unis, ont fréquemment provoqué des tensions et montré leurs forces militaires en mer de Chine méridionale au fil des années, même sans changer d’excuses. Ce qu’ils veulent, ce n’est pas la liberté de navigation, mais la liberté « d’agir de manière imprudente » et la liberté d’utiliser des tactiques de « découpe en salami » en mer de Chine méridionale. Ce type de « liberté » ne fera que compromettre la paix et la stabilité régionales.

Par conséquent, il n’est pas nécessaire que les parties concernées et les médias étrangers spéculent à chaque fois sur les cibles spécifiques des actions de l’APL [l’armée chinoise]. Les forces navales et aériennes ainsi que la flotte du Southern Theatre Command sont en mesure de répondre à tout moment aux situations d’urgence. Qu’il s’agisse de patrouilles de routine ou de cette patrouille navale et aérienne conjointe, l’objectif des actions de l’APL en mer de Chine méridionale a toujours été très clair, à savoir sauvegarder résolument la souveraineté, la sécurité et les droits maritimes nationaux, ainsi que maintenir paix et stabilité en mer de Chine méridionale. Si les parties concernées entendent intensifier les tensions en mer de Chine méridionale et porter atteinte à l’intégrité territoriale et souveraine de la Chine, elles deviendront alors la cible de l’APL. Ceci n’est pas ambigu et c’est le signal correct que les parties concernées devraient recevoir des actions de l’APL. »

Réponse des Etats-Unis à cet avertissement :

« On peut s’attendre à davantage de patrouilles conjointes en mer de Chine méridionale après les exercices menés par les États-Unis, l’Australie, les Philippines et le Japon le week-end dernier, a déclaré mardi le conseiller américain à la sécurité nationale, Jake Sullivan, avant les sommets américains cette semaine avec les dirigeants japonais et philippin. »

Le premier ministre japonais, Kishida, s’est ensuite rendu à Washington :

« Kishida, en difficulté chez lui, sera accueilli en grande pompe aux États-Unis, avec des drapeaux japonais ornant déjà les lampadaires de Washington et un dîner étincelant à la Maison Blanche avec quelque 200 invités.

Jeudi, il deviendra le deuxième dirigeant japonais à prendre la parole lors d’une réunion conjointe du Congrès après son prédécesseur assassiné, Shinzo Abe, qui avait prononcé un discours en 2015.

Les analystes politiques affirment que cette visite est une chance pour Kishida d’améliorer sa popularité nationale avant la course à la direction du Parti libéral-démocrate au pouvoir en septembre.

Les États-Unis salueront le Japon comme un allié régional et mondial vital et Kishida pourra se réjouir des réformes de défense qui ont éloigné le Japon de son pacifisme d’après-guerre.

Le porte-parole de la sécurité nationale de la Maison Blanche, John Kirby, a déclaré lundi aux journalistes que les trois pays avaient « des objectifs stratégiques, des intérêts et des préoccupations de plus en plus convergents dans des zones comme la mer de Chine méridionale ».

“Nous allons chercher des moyens de continuer à approfondir la collaboration avec nos partenaires les plus proches pour garantir un Indo-Pacifique libre, ouvert, prospère et sécurisé“, a déclaré Kirby.

C’est ensuite Marcos, le président philippin, qui s’est rendu à Washington pour les rejoindre :

« Jeudi, Biden tient une réunion bilatérale avec le président philippin Ferdinand Marcos, qu’il avait déjà accueilli à Washington l’année dernière, avant que les deux ne rejoignent Kishida pour un sommet trilatéral qui devrait se concentrer sur la lutte contre la pression chinoise sur les Philippines dans la mer de Chine méridionale contestée.

“Une coopération étroite entre le Japon, les États-Unis et les Philippines est cruciale pour un ordre libre et ouvert fondé sur l’État de droit et pour la prospérité économique de la région”, a déclaré vendredi Kishida. »

Pendant qu’une coalition USA/Australie/Japon/Philippines est en train de se créer, dont le but n’est pas tant de « garantir un Indo-Pacifique libre, ouvert, prospère et sécurisé » que d’harasser la Chine, la relation sino-russe continue de de se renforcer :

« Alors que le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov est arrivé lundi en Chine pour une visite officielle, de nombreux observateurs ont déclaré que le partenariat stratégique global sino-russe serait encore renforcé malgré la pression américaine.

À l’invitation du Ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi, qui est également membre du Bureau politique du Comité central du Parti communiste chinois, le plus haut diplomate russe effectuera une visite officielle en Chine de lundi à mardi, a annoncé le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Mao Ning.

Mao a déclaré lundi lors d’une conférence de presse de routine que les deux parties échangeraient leurs points de vue et coordonneraient leurs positions sur le développement des relations bilatérales, la coopération dans différents domaines et les questions internationales d’intérêt commun, en marge du 75e anniversaire du début des relations diplomatiques avec la Russie. »

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Le plus incroyable dans l’attitude des Etats-Unis est le fait qu’au lendemain d’exercices militaires agressivement tournés vers la Chine, ils envoient leur ministre de l’économie implorer le gouvernement chinois de « réduire sa capacité industrielle excédentaire ». Toujours cette attitude schizophrénique :

« La secrétaire américaine au Trésor, Janet Yellen, a déclaré vendredi que les inquiétudes grandissaient quant aux conséquences économiques mondiales de la capacité manufacturière excédentaire de la Chine, faisant de cette question le thème principal de quatre jours de réunions économiques avec des responsables chinois.

La Chine est trop grande pour exporter sa croissance trop rapide et bénéficierait d’une réduction de sa capacité industrielle excédentaire qui exerce une pression sur les autres économies, a déclaré Mme Yellen devant une quarantaine de représentants de la Chambre de commerce américaine à Guangzhou.

“La surcapacité n’est pas un problème nouveau, mais elle s’est intensifiée et nous constatons l’émergence de risques dans de nouveaux secteurs”, a déclaré Yellen à Guangzhou, centre d’exportation du sud de la Chine, où elle a rencontré le vice-premier ministre He Lifeng et le gouverneur de la province du Guangdong, Wang Weizhong.

Yellen et d’autres responsables de l’administration Biden sont de plus en plus préoccupés par la surproduction chinoise de véhicules électriques, de panneaux solaires, de semi-conducteurs et d’autres biens qui inondent les marchés mondiaux face à une baisse de la demande sur le marché intérieur chinois.

Elle a déclaré que cela n’est pas sain pour la Chine et nuit aux producteurs d’autres pays, exhortant Pékin à abandonner les investissements dirigés par l’État et à revenir aux réformes axées sur le marché qui ont alimenté la croissance au cours des dernières décennies. »

On se demande comment les responsables étasuniens envisagent même de faire une telle demande, réduire son économie, de plus à un pays qu’ils harcèlent continuellement. Ont-ils conscience du ridicule d’une telle demande ? Comment espèrent-ils que la Chine y réponde positivement ?

Voici la réponse de la Chine :

« Les experts chinois ont déclaré que le battage médiatique autour de la « surcapacité » et les restrictions imposées aux véhicules électriques chinois témoignent d’un état d’esprit protectionniste visant à protéger les propres industries des États-Unis et de l’UE.

La soi-disant surcapacité des véhicules électriques chinois est le reflet de l’intervention de l’UE contre les produits chinois et témoigne d’une attitude protectionniste commerciale, a déclaré lundi Cui Hongjian, professeur à l’Académie de gouvernance régionale et mondiale de l’Université des études étrangères de Pékin.

“La surcapacité n’est pas une excuse appropriée pour une protection commerciale, et la définition de ce qu’on appelle la surcapacité est très subjective et manque de données de marché”, a ajouté M. Cui.

La production chinoise de véhicules à énergies nouvelles ne connaît pas d’excédent de capacité, et l’une des raisons à cela est que l’offre de véhicules électriques chinois répond en grande partie à sa propre demande intérieure, a déclaré lundi Wu Shuocheng, un analyste automobile chevronné, au Global Times.

En outre, le rythme rapide de développement de l’industrie chinoise des véhicules électriques garantit qu’il existe une demande constante de nouveaux modèles et de nouvelles technologies, conduisant à l’élimination progressive des anciens produits, et cet environnement de marché dynamique empêche l’apparition de surcapacités, a déclaré Wu.

Selon les données de l’Association chinoise des constructeurs automobiles, en 2023, la production et les ventes de véhicules à énergies nouvelles (NEV) en Chine ont totalisé respectivement 9,587 millions et 9,495 millions d’unités. »

Arnaud Bertrand nous explique, chiffres à l’appui, ce qu’il en est :

« Il est intéressant de réfléchir à ce que dit réellement Yellen lorsqu’elle demande à la Chine de remédier à sa « surcapacité industrielle », en particulier dans des domaines comme les panneaux solaires ou les véhicules électriques.

Tout d’abord, qu’est-ce que la « surcapacité industrielle » ? La définition officielle est « lorsque les capacités de production d’une industrie dépassent la demande pour ses produits, ce qui entraîne des inefficacités et une rentabilité réduite ».

Quels sont les indicateurs clés pour évaluer si un pays présente une « surcapacité industrielle » ? Il y a 3:

– Taux d’utilisation des capacités : il s’agit du % de la capacité industrielle d’un pays réellement utilisé. Si vous n’en utilisez pas beaucoup, vous avez trop de capacité.

– Niveaux de stocks : des niveaux élevés d’invendus peuvent indiquer que la production dépasse la demande, suggérant une surcapacité.

– Marges bénéficiaires : la baisse des marges bénéficiaires dans les secteurs manufacturiers pourrait indiquer une surcapacité, car les entreprises pourraient réduire leurs prix pour stimuler les ventes.

Alors regardons le cas de la Chine pour les trois.

Commençons par les taux d’utilisation des capacités. Regardez les graphiques : il est clair qu’ils sont restés à peu près constants en Chine au cours des 10 dernières années, s’établissant actuellement à environ 76 %, ce qui est dans la même fourchette que les taux d’utilisation américains, à environ 78 %. Donc pas de problème là-bas.

Examinons maintenant les niveaux de stocks. Au début de 2024, l’indice PMI des stocks de produits finis de la Chine s’élevait à environ 49 (https://en.macromicro.me/collections/25/cn-industry-relative/5728/china-pmi-new-order-and- stock-index) contre les États-Unis à 48 pour les stocks manufacturiers (https://en.macromicro.me/collections/8/us-industry-relative/40/ism-inventory). Un indice supérieur à 50 est le signe d’une augmentation des niveaux de stocks : ce n’est le cas ici dans aucun des deux pays, il n’y a donc aucun problème avec les niveaux de stocks.

Enfin, vérifions les marges bénéficiaires. Les bénéfices industriels de la Chine ont augmenté de 10,2 % au cours des deux premiers mois de l’année (https://bloomberg.com/news/articles/2024-03-27/china-s-industrial-profits-rise-in-sign-of-stabilizing -economy?embedded-checkout=true ), consolidant une séquence de gains depuis août de l’année dernière. Donc pas de problème là non plus.

Alors ça donne quoi ? Quelle que soit la manière dont on considère les choses, il n’y a tout simplement aucun signe de surcapacité industrielle en Chine.

En accusant la Chine de « surcapacité industrielle », les États-Unis pourraient-ils vouloir dire que la Chine enfreint les règles de l’OMC en pratiquant le « dumping », c’est-à-dire la pratique selon laquelle les entreprises exportent des produits à des prix inférieurs à ceux qu’elles pratiquent sur leur marché intérieur, ou inférieurs au coût de production ? Non, ce n’est pas ce que la Chine est accusée de faire ici : malgré les prix très bas de ses véhicules électriques ou de ses panneaux solaires, les entreprises impliquées réalisent toujours des bénéfices (comme nous venons de le voir, les bénéfices industriels augmentent à deux chiffres), et ils facturent des prix plus élevés à l’étranger que chez eux.

Non, le véritable problème ici n’est en fait pas celui de la capacité industrielle mais celui de la compétitivité. Ce qui est clair, c’est que la compétitivité des entreprises chinoises est écrasante : aujourd’hui, dans de nombreux secteurs – comme l’énergie solaire ou les véhicules électriques – les entreprises américaines ou européennes n’ont tout simplement aucun moyen de rivaliser avec les entreprises chinoises. C’est là le vrai problème : Yellen et les dirigeants occidentaux ont peur que si les choses continuent, la Chine mange tout simplement le déjeuner de tout le monde.

Contrairement à la croyance populaire, cette compétitivité n’est pas due à la « main d’œuvre bon marché » chinoise. Tim Cook d’Apple a extrêmement bien expliqué cela (https://inc.com/glenn-leibowitz/apple-ceo-tim-cook-this-is-number-1-reason-we-make-iphones-in- china-its-not-what-you-think.html) : « Il y a une confusion à propos de la Chine. La conception populaire est que les entreprises viennent en Chine en raison du faible coût de la main d’œuvre. Je ne sais pas dans quelle partie de la Chine ils vont, mais la vérité est que la Chine a cessé d’être le pays à faible coût de main-d’œuvre il y a de nombreuses années. Et ce n’est pas une raison pour venir en Chine du point de vue de l’offre. La raison en est la compétence, la quantité de compétence présente dans un endroit et le type de compétence dont il s’agit. Il en attribue le mérite au système éducatif chinois : « J’accorde beaucoup de crédit au système éducatif pour avoir continué à insister sur ce point, même lorsque d’autres mettaient moins l’accent sur la formation professionnelle […] La Chine a appelé cela dès le début. »

Avoir une grande profondeur de compétences est une chose, mais il y a aussi le contrôle de l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement puisque la Chine est le seul pays au monde à produire toutes les catégories de marchandises classées par l’Organisation mondiale des douanes (OMD). Cela lui confère un avantage clé en termes de prix finaux : lorsque vous souhaitez construire quelque chose en Chine, vous pouvez littéralement trouver toute la chaîne d’approvisionnement chez vous.

Les prix de l’énergie sont une autre affaire : par exemple, l’Agence internationale de l’énergie souligne que « une électricité à faible coût est essentielle pour la compétitivité des principaux piliers de la chaîne d’approvisionnement solaire photovoltaïque » (https://iea.org/reports/solar-pv- global-supply-chains/executive-summary) et « environ 80 % de l’électricité utilisée aujourd’hui dans la production de polysilicium est consommée dans les provinces chinoises à un prix moyen de l’électricité d’environ 75 USD par mégawattheure (MWh) ». À titre de comparaison, en 2023, les prix de l’énergie pour les clients industriels en Allemagne étaient en moyenne de 251,21 USD par mégawattheure (MWh) (https://statista.com/statistics/1346782/electricity-prices-commercial-industrial-customers-germany/) : c’est un incroyable 234,94 % plus cher !

Enfin, la Chine est devenue une puissance d’innovation. En 2023, elle a déposé à peu près autant de brevets que le reste du monde réuni (https://brevettinews.it/en/patents/wipo-annual-report-2023-more-patent-applications-but-less-trademarks-and- design/ ) et on estime désormais qu’elle est à la tête de 37 des 44 technologies critiques pour l’avenir (https://aspi.org.au/report/critical-technology-tracker ). Tout cela a également des implications en ce qui concerne les prix finaux de ses produits. Pour reprendre l’exemple des panneaux solaires, l’AIE note que « l’innovation continue menée par la Chine a réduit de moitié l’intensité des émissions de la fabrication solaire photovoltaïque depuis 2011 » (https://iea.org/reports/solar-pv-global-supply- chains/executive-summary ), ce qui signifie que non seulement la Chine a des prix de l’électricité brute immensément moins chers qu’en Occident, mais qu’elle a innové de telle manière qu’elle utilise beaucoup moins d’électricité dans la production de ses panneaux solaires…

Ainsi, « la menace d’une surcapacité industrielle de la Chine » est un mot à la mode qui signifie en réalité que la Chine est tout simplement trop compétitive, et en lui demandant de s’attaquer à ce problème, ce que Yellen demande réellement à la Chine s’apparente à un sprinter demandant à Usain Bolt de courir mojns vite parce qu’il ne peut pas suivre.

Maintenant, je ne dis pas que cette demande n’a aucun mérite. En fin de compte, il est compréhensible que lorsque vous voyez un concurrent gagner continuellement en force, vous deveniez très inquiet quant à votre propre avenir et à celui de vos collaborateurs. Mais il faut le formuler de la bonne façon : le présenter comme si la Chine faisait quelque chose de mal avec une « surcapacité » délibérée n’est qu’une caractérisation très injuste. La Chine a bien joué le jeu : comme l’explique Tim Cook, elle a investi avant tout dans sa population, dans son éducation. Ils ont également investi beaucoup de temps dans l’innovation et ne se sont pas tiré une balle dans le pied en matière de prix de l’énergie comme l’a fait l’Europe, entre autres politiques. »

Comme le conclut Simplicius (dont je recommande la lecture du texte en entier), l’Occident ferait mieux d’analyser la raison de sa perte de compétitivité face à la Chine que de lui faire des demandes ridicules :

« Les économies américaines et européennes fondées sur le marché luttent pour survivre face au modèle économique alternatif “très efficace” de la Chine, a averti une des principales représentantes américaines au commerce, selon Euractiv.

Katherine Tai a déclaré lors d’une réunion d’information à Bruxelles jeudi que les politiques “non commerciales” de Pékin causeront de graves dommages économiques et politiques, à moins qu’elles ne soient combattues par des “contre-mesures” appropriées. Les remarques de Mme Tai ont été faites alors que le Conseil du commerce et de la technologie (CCT) entre l’UE et les Etats-Unis a débuté à Louvain, en Belgique.

“Je pense que le défi que nous lance la Chine est la capacité de nos entreprises à survivre face à un système économique très efficace “, a déclaré M. Tai en réponse à une question d’Euractiv.

En bref : la Chine ne joue pas franc jeu – elle privilégie son peuple et son économie à la spéculation financière, ce qui fait que ses entreprises sont plus compétitives que les nôtres !

Mais ce dont elle parle vraiment touche à l’essence même de la différence entre les deux systèmes :

La responsable du commerce a décrit la Chine comme un système “que nous avons décrit comme n’étant pas basé sur le marché, comme étant fondamentalement nourri différemment, contre lequel un système basé sur le marché comme le nôtre aura du mal à rivaliser et à survivre”.

Ce sont des mots codés : ce qu’elle entend par “basé sur le marché” est le capitalisme de libre marché, tandis que la Chine utilise davantage un système directif à planification centralisée, comme indiqué plus haut. Rappelez-vous que j’ai récemment publié des plaintes de responsables occidentaux selon lesquelles leurs entreprises ne sont pas en mesure de concurrencer les fabricants de matériel de défense russes en raison de l’efficacité “déloyale” de leur style de “planification centralisée”.

Là encore, ce qu’ils veulent dire, c’est que le gouvernement chinois crée des directives qui font fi des “logiques de marché” et qui visent à améliorer directement la vie des citoyens ordinaires. En Occident, rien de tel n’existe : toutes les décisions du marché ne reposent que sur les spéculations des sociétés financières, totalement détachées, et sont exclusivement prises par un petit groupe d’élites financières et bancaires au sommet de la pyramide.

Vous voyez, les États-Unis sont menacés parce qu’ils savent qu’ils ne pourront jamais rivaliser équitablement avec la Chine, car il faudrait étouffer ou contenir leur propre élite financière gloutonne – il ne leur reste donc qu’une seule voie pour rester dans la course : le sabotage et la guerre.

C’est la véritable raison pour laquelle les États-Unis cherchent désespérément à attiser une invasion chinoise de Taïwan par diverses provocations, y compris des livraisons d’armes. Tout comme les États-Unis ont utilisé l’Ukraine comme bélier pour saigner et affaiblir économiquement la Russie, la déconnectant ainsi de l’Europe, ils espèrent utiliser Taïwan contre la Chine. Ils aimeraient fomenter une guerre sanglante qui laisserait la Chine meurtrie et économiquement en retrait, afin de donner un peu d’air à l’économie américaine, en pleine déliquescence et assoiffée d’argent.

Mais il est peu probable que cela fonctionne – la Chine est trop sagace pour mordre à l’hameçon et tomber dans le piège. Elle attendra patiemment que les choses se passent, laissant les États-Unis se noyer dans leur poison et leur trahison sans fin. »

Nous voyons se dérouler sous nos yeux le moment où le système politique chinois montre au monde entier qu’il est plus efficace économiquement que le système occidental. Beaucoup d’occidentaux ne le savent pas encore et continueront de l’ignorer tant qu’il se réfèreront aveuglement à ce que leur disent leurs médias.

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Mais il n’y a pas qu’aux frontières chinoises que les Etats-Unis lancent des exercices militaires. Aux frontières russes aussi :

« Les troupes américaines en Moldavie dans le cadre d’un Plan B pour l’Ukraine

La Moldavie pourrait être considérée comme une zone de transit pour les forces américaines et de l’OTAN en cas de victoire russe et d’éclatement de l’Ukraine.

De gros problèmes pourraient se préparer dans la petite Moldavie, qui commence à ressembler à une zone de transit pour l’Union européenne destinée à compenser une victoire russe qui arrive en Ukraine. Il n’est pas clair si un tel plan, s’il était tenté, réussirait. Mais la Moldavie n’est pas le pays le plus stable au monde, avec une nation divisée entre éléments pro-européens et pro-russes.

Les troupes américaines sont désormais en Moldavie avec des Roumains, pour un exercice militaire appelé JCET 2024 (Joint Command Exchange Training). L’exercice a débuté le 1er avril et se poursuivra jusqu’au 19 avril.

Selon un communiqué du ministère moldave de la Défense, « le but de l’exercice est la formation conjointe et l’échange d’expériences entre les forces spéciales moldaves, roumaines et américaines, ainsi que l’augmentation du niveau d’interopérabilité entre les contingents participants. L’événement de cette année réunira également des représentants du Service de protection et de sécurité de l’État [moldave] et des forces spéciales Pantera.

Ces exercices ne sont pas nouveaux, mais ils revêtent aujourd’hui une nouvelle urgence en raison de l’évolution de la situation en Ukraine voisine.

Les États-Unis parrainent ce qu’ils appellent le dialogue stratégique entre la Moldavie et les États-Unis à Chisinau, la capitale moldave.

Les États-Unis ont débloqué près de 320 millions de dollars américains en nouvelle aide économique, sécuritaire et humanitaire pour aider la Moldavie. Cette aide comprend 30 millions de dollars d’appui budgétaire non remboursable décaissés en décembre 2022 pour les achats d’électricité. »

Dans sa folie, le gouvernement ukrainien s’attaque à la centrale nucléaire de Zaporozhye pour la faire exploser :

« Plus tôt cette semaine, la centrale nucléaire a perdu la connexion à sa seule ligne électrique de secours restante, une source clé d’électricité dont elle a besoin pour refroidir ses réacteurs, et l’équipe de l’AIEA sur le terrain a rapporté avoir entendu « de nombreux tirs d’artillerie » à proximité de l’usine. Vendredi, la centrale nucléaire a écrit sur Telegram qu’elle avait récemment été attaquée à plusieurs reprises par des drones ukrainiens.

La porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, a mis en garde Kiev vendredi contre de nouvelles attaques contre l’usine, soulignant qu’elles pourraient endommager les infrastructures critiques et déstabiliser l’installation. Elle a également appelé l’AIEA à faire connaître au public les récentes attaques et leurs auteurs.

“Nous exhortons vivement l’AIEA et ses dirigeants à utiliser activement les experts présents à la station pour enregistrer publiquement tous les cas d’attaques du côté ukrainien et indiquer clairement d’où vient réellement la menace pour le fonctionnement sûr de cette installation”, a-t-elle déclaré dans une déclaration. »

L’IEAE a donc condamné ces attaques, sans condamner leur auteur :

« Le chef de l’agence de surveillance atomique de l’ONU a condamné dimanche une frappe de drone sur l’un des six réacteurs nucléaires de la centrale nucléaire de Zaporizhzhia, sous contrôle russe, en Ukraine, affirmant que de telles attaques « augmentent considérablement le risque d’un accident nucléaire majeur ».

Dans une déclaration sur la plateforme de médias sociaux X, Rafael Mariano Grossi a confirmé qu’au moins trois coups directs contre les structures de confinement du réacteur principal de la ZNPP ont eu lieu. “Cela ne peut pas arriver”, a-t-il déclaré.

La Russie a imputé l’attaque à l’Ukraine, mais l’Agence internationale de l’énergie atomique de l’ONU n’a pas attribué cette responsabilité. Les responsables de Kyiv n’ont fait aucun commentaire dans l’immédiat. »

L’impossibilité à atteindre leur objectif de déstabiliser la Russie les rend fous. Voilà maintenant que certains députés étasuniens accusent leurs collègues, ceux qui disent qu’il faut trouver une porte de sortie au conflit Russo-ukrainien ou ne plus s’en occuper, de propager la « propagande russe au cœur même du Congrès » :

« Le président de la commission du renseignement de la Chambre des représentants, Mike Turner (Républicain de l’Ohio), a souligné la portée étendue de la propagande russe et a déclaré dimanche qu’elle avait même infesté le Congrès américain.

Dans une interview à « L’état de l’Union » de CNN avec Jake Tapper, Turner a déclaré qu’il était d’accord avec le représentant Michael McCaul (Républicain du Texas), président de la commission des affaires étrangères de la Chambre, qui a pointé du doigt les médias conservateurs et a déclaré : « La propagande russe a malheureusement fait son chemin aux États-Unis et a infecté une bonne partie de la base de mon parti. »

“Oh, c’est absolument vrai”, a déclaré Turner à Tapper à propos des remarques de McCaul. « Nous voyons directement de la Russie des tentatives visant à masquer des communications qui sont des messages anti-Ukraine et pro-russes, dont certains sont même prononcés à la Chambre. »

“Je veux dire, il y a des membres du Congrès aujourd’hui qui disent encore à tort que ce conflit entre la Russie et l’Ukraine est au sujet de l’OTAN, ce qui n’est bien sûr pas le cas”, a déclaré Turner. « [Le président russe] Vladimir Poutine a fait savoir très clairement, tant publiquement qu’à sa propre population, qu’il considérait qu’il s’agissait d’un conflit portant sur une revendication beaucoup plus large de la Russie, sur l’Europe de l’Est, et incluant la revendication de l’ensemble du territoire ukrainien comme étant celui de la Russie. »

« Maintenant, dans la mesure où cette propagande s’installe, il nous est plus difficile de réellement considérer cela comme une bataille entre l’autoritarisme et la démocratie, ce qui est bien ce dont il s’agit. Le président chinois Xi [Jinping] et Vladimir Poutine eux-mêmes l’ont identifié comme tel », a déclaré Turner.

« Nous devons défendre la démocratie. Nous devons nous assurer que nous savons que les régimes autoritaires ne s’arrêtent jamais lorsqu’ils déclenchent une agression. L’Ukraine a besoin de notre aide et de notre assistance maintenant et c’est un moment très critique pour que le Congrès américain intensifie ses efforts et fournisse cette aide », a poursuivi Turner. »

Pendant ce temps, l’enquête russe sur l’attentat à Crocus continue :

« Une entreprise ukrainienne liée à la famille Biden a été citée dans une enquête criminelle sur le financement du terrorisme, a annoncé mardi la commission d’enquête russe. Le conglomérat industriel Burisma Holdings, qui employait Hunter Biden comme directeur hautement rémunéré dans les années 2010, fait partie de plusieurs entités répertoriées par les enquêteurs.

Jusqu’à présent, les enquêteurs ont « établi que les fonds transitant par des organisations commerciales, notamment le conglomérat pétrolier et gazier Burisma Holdings, opérant en Ukraine, ont été utilisés ces dernières années pour mener des attaques terroristes en Russie », a déclaré la porte-parole de la commission, Svetlana Petrenko. Des activités terroristes ont également eu lieu dans des pays tiers, visant à « éliminer des personnalités politiques et publiques de premier plan, ainsi qu’à causer des dommages économiques », a-t-elle ajouté.

Les spécialistes du comité travaillent « en coopération avec d’autres services de renseignement et de renseignement financier », a noté Petrenko. L’examen s’articule actuellement autour de « la vérification des sources de revenus et des mouvements ultérieurs de fonds d’un montant de plusieurs millions de dollars américains » et de l’examen de l’implication potentielle de « individus spécifiques parmi les responsables gouvernementaux, les personnes appartenant à des organisations civiques et commerciales des pays occidentaux » a déclaré la porte-parole.

Burisma est probablement mieux connue au niveau international pour ses liens controversés avec l’actuelle première famille des États-Unis. Au printemps 2014, à la suite du coup d’État de Maidan à Kiev, soutenu par les États-Unis, la société énergétique ukrainienne a embauché Hunter Biden et son partenaire commercial Devon Archer comme directeurs, offrant un salaire d’un million de dollars par an.

Le père de Biden, Joe, était à l’époque vice-président du président Barack Obama et supervisait la politique de Washington en Ukraine. Il s’est un jour vanté d’avoir fait licencier un procureur chargé de la corruption – ce qui s’est produit juste après que le fonctionnaire a commencé à enquêter sur Burisma.

L’entreprise a également proposé des paiements de protection au gouvernement de Kiev, selon l’ancien député ukrainien Andrey Derkach. Son co-fondateur Nikolay Zlochevsky a payé quelque « 800 millions de hryvnias [plus de 21 millions de dollars] pour le financement du terrorisme » dans « diverses juridictions », a affirmé Derkach en janvier.

« Les dirigeants des services de sécurité ukrainiens ne cachent pas qu’ils commettent des actes terroristes et des assassinats politiques contre des fonds extrabudgétaires », avait-il déclaré à l’époque. « Une fois de plus : les partenaires de Biden dans le secteur de la corruption en Ukraine financent des actes terroristes, évitant ainsi toute responsabilité dans la corruption en Ukraine. »

Derkach a affirmé qu’il était courant que les propriétaires de grandes entreprises en Ukraine « fassent un don » à l’effort de guerre en échange d’une immunité contre les poursuites. Il a évoqué une affaire pénale contre Zlochevsky concernant un pot-de-vin de 6 millions de dollars qui s’est terminée par le paiement par le propriétaire de Burisma d’une amende de 1 800 dollars. »

Par Wayan – Le 15 avril – Le Saker Francophone

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