Résistance Identitaire Européenne

Eveilleurs de Peuples

La normannité, par Jean Mabire, partie 2 sur 3

La normannité :
permanence d'un tempérament

par Jean Mabire

Partie 2 sur 3
 

 

 

La normannité se manifeste donc, en tout premier lieu, par la permanence d'un certain tempérament.

Abel Miroglio avait fondé au Havre, juste après la dernière guerre, un Institut de Psychologie des Peuples, dont les travaux ont été aussi passionnants que méconnus. Un de ses collaborateurs pour la Normandie était, tout naturellement, Fernand Lechanteur, qui se méfiait de la psychologie scientifique et qui faisait plutôt de la psychologie populaire, conjuguant avec bonheur une solide hérédité paysanne et une bonne formation universitaire. Son étude sur Les deux populations de la Manche est restée à juste titre célèbre. Elle contient un portrait du Normand « nordique », qui confirme, à l'aide de multiples exemples, ce que nous savions déjà par la lecture des travaux d'André Siegfried.

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La normannité, par Jean Mabire, partie 3 sur 3

La normannité :
une permanence et non « la tradition »

par Jean Mabire

Partie 3 sur 3

 

 


Cette normannité, cet esprit normand, dont nous avons entrevu les manifestations dans le monde éthique, littéraire ou politique, ne s'est pas manifesté avec une égale acuité au cours des siècles.

D'abord instinctive et vitale, la normannité a été l'irruption sur le terroir de Neustrie d'une force neuve. « Pure », comme dirait Patrick Grainville. Cette force s'est muée en conscience historique, grâce à la volonté du Duc Guillaume. Après l'abâtardissement dû aux Plantagenets, après la coupure entre le continent et la Grande Île, après l'annexion à la France, la normannité a glissé du plan souverain et guerrier au plan artistique et littéraire. Les Normands, ne pouvant s'exprimer politiquement, ont été obligés de trouver un substitut à leur trop-plein de vitalité et à leur désir de marquer le monde de leur empreinte.

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La normannité, par Jean Mabire, partie 1 sur 3

La normannité,
permanence de la « manière normande »

par Jean Mabire
Partie 1 sur 3
 

 

 


Je dois d'abord avouer que j'ai en horreur ce genre de néologisme. Nous avions déjà connu, au début du siècle, dans les années fiévreuses et poétiques qui ont procédé la célébration du Millénaire de 1911, des mots à prétention plus ou moins barbare. On a parlé de « normannisme ». Parfois même en employant un y, comme si, croyait-on naïvement, le normannysme devait faire plus anglo-saxon ou plus scandinave... Voici donc, aujourd'hui, proposé par le Mouvement Normand, le terme de « normannité ».


J'eusse préféré que l'on parlât plus simplement et que l'on se contentât d'évoquer la « manière normande », tout comme nos ancêtres, voici quelques siècles, parlaient encore de la « danesche manere », pour désigner cette forme de mariage « more danico », qui devait engendrer de nombreux bâtards, dont certains fort illustres.

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Thulé, le soleil retrouvé des Hyperboréens, de Jean Mabire

 Les Fidèles de l'étoile polaire :

sur les traces de notre plus longue mémoire,

à la poursuite du Soleil invaincu...


"Thulé, le soleil retrouvé des Hyperboréens"
: il s’agit d’un des livres les plus importants de Jean Mabire, dans lequel il a mis beaucoup de lui même, avec une sincérité, une vérité que reconnaît aussitôt le lecteur qui est aussi un ami. Récit d’une longue quête, menée avec patience, minutie et enthousiasme, cet ouvrage ouvre les portes d’un imaginaire infiniment précieux car il est le refuge, secret et sacré, de notre longue mémoire.

Et dès les premières lignes le ton est donné : "J’ai travaillé assez longtemps à ce livre pour découvrir quel pouvoir magique contiennent ces deux syllabes insolites Thulé. De les prononcer devant le feu qui brûle dans une cheminée, et aussitôt les yeux s’emplissent de quelque rêve surgi du fond des âges. Cinq mille ans d’errance héroïque se réduisent en un seul instant fugitif. Soudain, tout redevient possible. Les Hyperboréens revivent parmi nous."

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Ils ont rêvé l'Europe des Patries charnelles, par Jean Mabire

Ils ont rêvé l'Europe des Patries charnelles,

par Jean Mabire


Des idées qui nous sont aujourd'hui familières- enfin et heureusement ! - n'ont pas toujours la longue histoire que certains imaginent. Ainsi en est-il de ce qu'on nomme tantôt l'Europe des régions, tantôt l'Europe des Ethnies, tantôt l'Europe des Peuples, tantôt l'Europe des Patries charnelles, toutes notions assez synonymes surgies d'un combat guère plus ancien, celui de l'Europe des Minorités. Parce que le XIXe siècle avait vu la naissance de l'unité italienne et de l'unité allemande, certains le nommèrent un peu hâtivement le siècle des Nations. C'était aller vite en besogne et y voir un prélude à cette Europe des Nations qui fut le grand échec du XXe siècle.

C'était oublier une des grandes lois de la nature, donc de la politique : les réalités vivantes ne sont jamais semblables et on ne peut appeler - comme aujourd'hui - du même nom de "nation" des entités aussi diverses que l'Espagne ou le Luxembourg, pourtant membres l'une et l'autre à part entière de cette communauté Européenne, qui a décidé de se construire sur les Etats existants, un peu comme en Afrique qui tient encore compte des frontières coloniales et non des réalités tribales.

Dans ce mariage de la carpe et du lapin, le fameux slogan de l'unité dans la diversité -belle formule par elle même - se réduit à un vœu pieux. Comment inclure dans un ensemble une Allemagne fédérale, bien vivante en ses Länder et une France centralisée, prise dans le corset d'un bi-séculaire jacobinisme ? Pour un observateur attentif, la "nation" en Europe se confond rarement avec "l'Etat".

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Ne pas craindre, ne pas subir, ne pas abandonner, par Jean Mabire

Ne pas craindre,

ne pas subir,

ne pas abandonner,

par Jean Mabire


Cette nuit, nous savons que nous serons seuls. Chacun a choisi le lieu de sa retraite et de sa méditation. Moi, je pars sur une île. Je vais voir sombrer dans une mer sans couleur le dernier soleil de l'année.

Quand le bateau repart pour le continent, nous restons à nous attarder sur la cale. Très vite, le bruit du moteur est rongé par la brume. Des oiseaux crient, invisibles. Dans mon île, il n'y a pas d'hivernants. Les touristes ne rôdent pas dans l'Ouest à la mauvaise saison. Les chemins sont déserts sous les arbres dépouillés.


 

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Mait'Jean est parti vers Thulé

Hommage à Jean Mabire
par Pierre Vial


Le ciel est gris. Jean Mabire (les siens et ses vieux amis l’appelaient Maît’Jean, selon la tradition normande) a rejoint la Grande Armée, à la fin de ce mois de mars qui est dédié au dieu des armées. Il est parti en viking, affrontant avec un serein courage son destin, comme les héros de son compatriote Pierre Corneille.

J’ai de la difficulté à écrire ces lignes. Comme si elles me confirmaient qu’il n’est plus là. Mais ce qui m’aide, c’est de savoir qu’il est toujours là. Il marche en esprit dans nos rangs, pour utiliser ces mots que nous réservons aux nôtres. A ceux dont l’honneur s’appelle fidélité. Si cette devise s’applique à quelqu’un c’est bien à lui. Lui que j’ai toujours trouvé à mes côtés quand la houle se faisait dure et que le navire peinait à tenir le cap.

Il avait dix-huit ans en 1945. Il avait connu les derniers feux d’un Francisme qui a suscité tant d’enthousiasme, de dévouement, d’engagement. Au sortir d’une guerre qui avait confirmé, après celle de 14-18, le grand suicide de l’Europe, il s’était retrouvé, très naturellement, au coude à coude avec des garçons de son âge, dont certains – parce qu’ils avaient quelques mois de plus que lui – avaient pu vivre de près le crépuscule des dieux. Communauté, jeunesse, solstice, chant : j’ai toujours à portée de main un carnet, daté du 19 juin 1948, sur lequel ces mots figurent et dont la couverture beige porte un dessin représentant un bûcher décoré d’une roue solaire marquée de runes. Pas de signature. Mais les initiés reconnaissent au premier coup d’œil la patte de ce remarquable dessinateur qu’est  Maît’Jean (je préfère décidément utiliser le présent pour parler de lui). Un talent, allié à celui de l’écriture, qu’on retrouve dans Viking, qu’il dirige dès le premier numéro (mars 1949). Ces "Cahiers de la jeunesse des pays normands" annoncent la couleur : "Nous avons découvert dans le vent du Nord la certitude et la réalité. Venus de Paris, venus d’ailleurs, nous retournons vers notre peuple et vers notre sol". L’aventure, exaltante, de Viking, a duré jusqu’en 1958. A cette date il a troqué le stylo contre le PM. Rappelé en Algérie comme lieutenant de réserve, au sein du 12e bataillon de chasseurs alpins qui opère dans les coins les plus pourris de la frontière tunisienne, il commande un commando de chasse. Une expérience marquante, qu’on retrouve dans son livre Les Hors la loi (1968, réédité en 1976 sous le titre Commando de chasse).

Revenu, dans la vie civile, à son métier de journaliste (il était entré en 1956 à La presse de la Manche), il est l’adjoint de Philippe Héduy à L’Esprit Public. C’est dans les colonnes de cette revue composite que je le découvre et la lecture de chacun de ses articles est pour moi fulgurante (au sens étymologique du mot : ses textes portent la foudre, en particulier ceux qui insistent sur la nécessité d’une synthèse entre nationalisme et socialisme). Lorsqu’il rejoint la communauté de camaraderie à laquelle j’appartiens, en devenant rédacteur en chef d’Europe Action, j’exulte. Puis nous vivrons ensemble l’aventure du GRECE.  Et celle d’un mouvement de jeunesse cher à notre cœur. Depuis nous ne nous sommes jamais quittés, vérifiant à chaque occasion, année après année, à quel point, sans même nous consulter, nous réagissions de la même façon. Vis à vis des événements, des grands débats, des hommes que nous avons côtoyés ou croisés. Dès la création de Terre et Peuple, j’ai eu son approbation et son appui. A la Table Ronde de l’automne dernier il était là. Stoïque. Très fatigué (cela se lisait dans ses yeux). Mais il était là. Heureux de dédicacer ses livres à de jeunes lecteurs inconnus, de parler avec les vieux amis. D’être au sein de son clan.

Articles de revues, livres : ils se sont accumulés, au fil du temps, grâce à une vitalité créatrice dont peu d’écrivains sont capables. En écrivant ces lignes j’ai devant moi, sur les rayons de ma bibliothèque, la cohorte impressionnante des livres de Jean. Lui-même disait qu’il ne savait pas très bien combien il en avait fait… Il n’est pas de legs plus précieux que celui-ci. J’aurai l’occasion, dans un article de la revue Terre et Peuple, d’évoquer certains souvenirs personnels concernant la rédaction de certains d’entre eux. Mais tous, à des titres divers, ont eu vocation à faire vibrer des échos chez les âmes ardentes. Combien de jeunes garçons et de jeunes filles ont entendu l’appel de la voix des ancêtres en lisant un livre de Jean ? En cela, mais aussi en bien d’autres façons, il aura été un éveilleur. "Eveilleurs de peuples". C’est lui qui a trouvé cette magnifique formule pour désigner ceux qui, un jour, dans un pays, ont appelé leur peuple à la vie : "Lève-toi et marche !". Par l’écriture, par la parole, par l’action.

Bien sûr nous avons un immense chagrin. Le coup a été rude. Mais nous n’avons pas le droit de nous murer dans notre tristesse. Car là où il est les seuls mots qu’il veut entendre sont : LE COMBAT CONTINUE. Son combat. Notre combat. J’avais un camarade ? Non. J’ai un camarade. Jean Mabire PRESENT.

Pierre VIAL

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