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En 1975, le mot « remigration » n’existait pas encore dans le débat public ; on parlait alors de « rapatriement ». C’est pourtant bien de cela qu’il était question lorsque l’ancien chef fasciste britannique Sir Oswald Mosley, alors âgé de près de 80 ans, fut invité sur la chaîne Thames TV pour une émission spéciale. Un document qui présente, un demi-siècle plus tard, un intérêt singulier : il rappelle que la question du retour des populations immigrées était déjà posée il y a cinquante ans, et qu’en dépit de ces avertissements, c’est exactement l’inverse qui s’est produit, les flux migratoires vers les pays occidentaux n’ayant cessé de croître.

 

Une idée déjà jugée colossale en 1975

Dès cette époque, Mosley reconnaissait que le « rapatriement » était devenu une tâche d’une ampleur considérable, tant la population immigrée en Grande-Bretagne avait grossi. Il rappelait avoir pris position contre l’immigration dès 1955, à un moment où, selon lui, il eût été aisé de la stopper, et avoir mené campagne sur ce thème en 1959, bien avant qu’un Enoch Powell ne s’en empare. Mais en 1975, le constat n’était plus le même : le phénomène ayant pris une tout autre dimension, l’opération lui paraissait infiniment plus difficile.

Sa solution, pour le moins paradoxale venant d’un nationaliste, consistait à porter le problème à l’échelle européenne. Selon lui, seul un effort continental, mobilisant la puissance et la solidarité des nations européennes, pouvait permettre d’organiser un retour « décent et humain », en créant dans les pays d’origine des conditions susceptibles d’inciter les populations concernées à y revenir. Il allait jusqu’à plaider pour une forme de gouvernement transnational européen, doté du pouvoir d’agir.

 

L’homme providentiel qui attendait un appel qui ne vint jamais

À près de 80 ans, Mosley se voyait toujours comme un homme providentiel que son pays finirait par rappeler pour affronter la crise qu’il jugeait imminente. Retiré de la vie politique anglaise, il affirmait n’avoir pris ce recul que pour mieux préparer une mission à l’échelle européenne et internationale, se targuant de parler quatre langues et de rencontrer plus d’étrangers que n’importe quel autre politicien britannique.

Tout au long de l’entretien, Mosley s’évertue à corriger son image. Il se défend d’avoir jamais été antisémite, expliquant n’avoir eu de querelle qu’avec « certains » Juifs, qu’il accusait d’avoir poussé à la Seconde Guerre mondiale, et non avec l’ensemble de la communauté. Il affirme détester la violence, n’avoir fait que défendre ses réunions publiques attaquées dans les années 1930, et récuse l’idée de s’être modelé sur Hitler.

Au-delà de la question migratoire, l’entretien révèle la pensée politique d’un homme qui se réclamait avant tout de l’action. Mosley y défend l’idée d’un gouvernement de salut national tiré de toutes les compétences du pays, scientifiques, chefs d’entreprise, syndicalistes, militaires, démocratiquement élu mais doté du pouvoir d’agir, et révocable à tout moment par le Parlement. Il insiste, non sans une certaine prudence, sur le maintien des libertés individuelles et de l’habeas corpus, dont il avait lui-même souffert de la suspension durant la guerre.

Interrogé sur la place qu’occuperaient dans ce gouvernement les populations « noires, brunes et de couleur » désormais présentes au Royaume-Uni, il répond qu’elles disposeraient du droit de vote dans chaque circonscription et que tout homme « de premier ordre », quelle que soit son origine, y aurait sa place. On retrouve là cette curieuse oscillation entre nationalisme racial et projet européen multiethnique qui caractérise les derniers errements idéologiques du personnage.

L’article se teinte enfin d’une dimension presque intime. Son auteur rappelle que Mosley, après la guerre et jusqu’à sa mort, vécut non pas en Angleterre mais en France, à Orsay, dans une propriété nommée le « Temple de la Gloire », érigée jadis par le général Moreau après sa victoire de Hohenlinden. À quelques kilomètres de là, à Gif-sur-Yvette, résidait un autre exilé britannique sulfureux et sympathisant notoire du nazisme : l’ancien roi Édouard VIII, qui avait abdiqué. Goumain, qui dit habiter à quelques kilomètres de ces deux demeures, en fait l’occasion d’une sorte de pèlerinage mémoriel, un « contact mental » rétabli avec ces deux figures déchues de l’histoire britannique.

 

Une leçon en creux

Que retenir de ce document ressorti des archives ? Sans doute ceci, que souligne l’auteur : pour entrer dans l’histoire, il ne suffit pas d’être « contre ». Mosley aura passé sa vie à s’opposer, à prédire des crises, à attendre un appel qui ne viendrait jamais. Reconnaissant lui-même, en fin d’entretien, que sa vie aurait été un échec si la crise qu’il annonçait ne survenait pas, il restera comme l’archétype de l’homme qui se rêvait providentiel et que l’histoire n’a jamais convoqué.

L’intérêt de cette interview tient finalement moins à la figure de Mosley qu’au vertige rétrospectif qu’elle provoque : il y a un demi-siècle déjà, des voix s’élevaient pour alerter sur l’immigration de masse et envisager son inversion. Cinquante ans plus tard, force est de constater que rien de tout cela n’a été entrepris, et que les flux n’ont fait que s’amplifier. À chacun d’en tirer les conclusions qu’il jugera bon.

 

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[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.

Breizh-info.com - 03/06/2026