
Sous une paisible colline de la côte anglaise pourrait se cacher un pan majeur de l’histoire viking, jusqu’alors ignoré. La dernière demeure du grand Ivar Ragnarsson pourrait s’y trouver selon les nombreux indices récoltés par un archéologue.
Depuis plus de mille ans, la tombe d’Ivar Ragnarsson, dit le Désossé, l’un des plus redoutables chefs vikings du Moyen Âge, reste introuvable. Un archéologue britannique pense aujourd’hui l’avoir localisée sur la côte nord-ouest de l’Angleterre, dans le comté de Cumbria. C’est sous une grande colline battue par les vents, surplombant la mer d’Irlande, que pourrait se cacher sa sépulture, apprend Arkeo News, mardi 3 février.
Si la théorie de l’archéologue Steve Dickinson s’avère exacte, il s’agirait du premier tombeau monumental viking découvert au Royaume-Uni et l’un des rares identifiés dans le nord-ouest de l’Europe.
Sous le Coningeshou
Après avoir étudié pendant des années les corrélations entre vestiges et textes médiévaux, cet expert s’est focalisé sur un monticule mentionné dans l’un de ces documents sous le nom de Coningeshou, ou « le tumulus du roi ». Ce tertre, d’environ 60 mètres de diamètre pour six mètres de haut, correspond aux dimensions traditionnelles des tombes réservées aux élites vikings.
En outre, son emplacement, gardé secret par les autorités pour éviter toute tentative de pillage ou de perturbation des fouilles, n’aurait, selon Steve Dickinson, rien d’anodin. L’archéologue affirme que les références répétées à Coningeshou dans les sagas islandaises, combinées à la taille du tumulus et à son emplacement côtier, sont autant d’indices d’une sépulture royale plutôt que d’une formation naturelle.
Interrogé par la BBC, le spécialiste avance même que la tombe du légendaire Ivar le Désossé pourrait conduire à la découverte d’une nécropole viking, qui modifierait nos connaissances sur la présence scandinave dans le nord-ouest de ce pays.
Des objets viennent corroborer sa théorie
Ce qui rend ce site particulièrement intéressant pour les archéologues ? Le paysage qui l’entoure. Le tumulus principal est entouré d’une dizaine d’autres, plus petits, qui pourraient représenter une garde d’honneur composée de guerriers, de serviteurs ou de membres de la famille. « Une disposition que l’on retrouve dans d’autres cimetières vikings de haut rang », note Steve Dickinson. Aucune fouille n’a encore été menée, mais des études non invasives ont déjà livré des indices troublants.
Des rivets en fer, typiques de navires vikings, et des poids en plomb liés au commerce de l’argent ont été retrouvés à proximité. Ces objets ne prouvent pas à eux seuls l’existence d’un bateau-tombe, mais ils suggèrent, selon les chercheurs, « une activité maritime et une certaine richesse », compatibles avec le statut d’un chef comme Ivar Ragnarsson.
Cette figure centrale des grandes invasions vikings du IXe siècle a marqué son époque avec la prise de York et l’essor de Dublin comme puissance nordique. Son surnom, beinlausi en vieux norrois, continue de diviser les historiens. Maladie osseuse, métaphore ou image poétique ? Sa tombe pourrait enfin apporter des réponses.
Elodie Falco - 4 février 2026 - GEO

