
Avec ses navires de recherche, la Chine cartographie les fonds marins, notamment à proximité des bases militaires américaines. © Crédit photo : Illustration Erwin Jacob V. MICIANO / Navy Office of Information / AFP
Des dizaines de navires chinois sont déployés pour cartographier les fonds marins dans les océans Pacifique, Indien et Arctique. Ces explorations offrent à Pékin une image détaillée de l’environnement maritime où se dérouleraient les batailles sous-marines en cas de conflit avec les États-Unis
La Chine mène actuellement une vaste opération de cartographie et de surveillance dans les océans Pacifique, Indien et Arctique, afin d’acquérir une connaissance approfondie des fonds marins. Ces données seraient cruciales en cas de guerre sous-marine contre les États-Unis et leurs alliés, explique Reuters dans un article publié le 24 mars.
À titre d’exemple, le « Dong Fang Hong 3 », un navire de recherche de l’Université océanique de Chine, a navigué entre 2024 et 2025 dans les eaux proches de Taïwan et de Guam, où les États-Unis ont une base navale, ainsi que dans des zones stratégiques de l’océan Indien, comme le montrent les données de suivi des navires consultées par l’agence de presse.
Selon la Chine, le navire effectuait des relevés de sédiments et des recherches climatiques. Cependant, un article scientifique co-écrit par des chercheurs de l’Université océanique montre qu’il a également réalisé une cartographie approfondie des grands fonds marins. Des experts en guerre navale et des responsables de la marine américaine affirment que le type de données collectées par le « Dong Fang Hong 3 » – grâce à la cartographie et au déploiement de capteurs dans l’océan – permet à la Chine d’obtenir une image précise des conditions sous-marines dont elle aurait besoin pour déployer ses sous-marins plus efficacement et traquer ceux de ses adversaires.
42 navires de recherche actifs
Ceci étant, le « Dong Fang Hong 3 » n’opère pas seul. Il fait partie d’une opération plus vaste de cartographie et de surveillance océaniques impliquant des dizaines de navires de recherche et des centaines de capteurs. Pour retracer ces opérations, Reuters a examiné des documents du gouvernement et des universités chinoises, notamment des articles de revues et des études scientifiques, et a analysé plus de cinq années de déplacements de 42 navires de recherche actifs dans les océans Pacifique, Indien et Arctique grâce à une plateforme de suivi des navires développée par la société néo-zélandaise Starboard Maritime Intelligence.
Source : SudOuest.fr - 25/03/2026.