Résistance Identitaire Européenne

Histoire

UN FASCISTE ESPAGNOL : ERNESTO GIMENEZ CABÀLLERO

 

De nos jours la majorité des Phalangistes refusent l’étiquette de fasciste. Les chefs historiques de la Phalange prétendent n'avoir jamais eu aucun point commun avec les régimes mussoliniens et hitlériens. Dans la mise au point d'où nous avons extrait ce chapitre, José-Luis Jerez-Riesco se propose d'étudier la position des principales figures nationalistes espagnoles face au fascisme : Ernesto Gimenez Caballero, José Antonio, Onesimo Redondo, Ramiro Ledesma Ramos.

 

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Ernesto Gimenez Caballero a une âme de poète, une éloquence de poète, une prose poétique raffinée. José Antonio dira plus tard que seule la poésie pouvait mouvoir un peuple, et en ce sens, Gimenez Caballero fut un précurseur des idées de son temps en Espagne. Il sut capter l'essence du fascisme, la divulguer, chercher ses racines, aller jusqu'à leur extrémité, faire passer dans ses veines et son âme de poète les synthèses historiques du phénomène fasciste. Il fut un des précurseurs de cette idéologie. Précurseur il fut l'élément moteur de l'épanouissement de tout un corps de doctrine. Il fut le fondateur et l'élément de tête d'une vieille tradition unie à une révolution nouvelle et actuelle : celle des pionniers de notre siècle que l'écrivain nord-américain Foard a synthétisé par la formule : « La révolution du poète ».

Le même Gimenez Caballero écrivait dans son ouvrage « Art et Etat » qu'il n'y a jamais eu de Christ sans son Saint Jean Baptiste, sans qu'ensuite le Monde et l'Histoire n'oublient le Baptiste et ne conservent, seuls, l'absolue paternité du Rédempteur.

« Et au début, il y eut le Verbe — L'annonciateur — Le Baptiste — La parole — Le Baptiste est l'eau de la vie — C'est le feu de la vie — L'élémentaire, Uni à ces deux éléments primordiaux du monde — l'eau et le feu — se trouve le symbole du Baptiste. Il fut un de ces solitaires, hallucinés, visionnaires aux maigres flancs d'ascète dont la nourriture se composait de cigales et l'habillement de peaux, tels les bergers errants. Il allait, prêchant un monde nouveau, un âge d’or, une ère messianique ; un Sauveur. »

Dans cette schématique, précise, aussi primaire qu'élémentaire, description du Baptiste, Gimenez Caballero, peut-être sans le vouloir, trace le profil de sa personnalité politique, philosophique et structurelle. Il fut l'annonciateur, l'eau et le feu, le solitaire, le robinson, le visionnaire, le poète du fascisme, comme une nouvelle empreinte comme une mutation humaine, comme une idée force, comme une spiritualité et comme un secret.

Il réalise un triptyque du monde : II y a trois alternatives, trois chemins, trois mondes, trois perspectives avec leur thèse, leur antithèse et leur synthèse. Il y a trois démarches lorsqu'il dit que « le génie de l'Orient signifiait Dieu contre l’homme, celui de l'Occident, l'homme contre Dieu, et le génie de Rome, charismatique, l'harmonie de Dieu et de l'homme. L'esprit de conciliation devenait, avec une nouvelle dénomination, le dogme trinitaire. Et en conférant cet esprit de conciliation, d'Esprit Saint, au Fascisme — face au bolchevisme de l'Orient et au libéralisme de l'Occident, — il assignait au fascisme, sans équivoque, la mission de continuer un nouveau catholicisme.

Avant de publier son ouvrage « Art et Etat » d'où est extraite la citation précédente, il relevait déjà dans son premier ouvrage (celui du début, aube et lumière, étincelle et source, « Génie de l’Espagne ») les lignes de deux mondes s’opposant tandis qu'un autre le dépassait en naissant, embrasant tout et s'éteignant.

« Face au communisme de l'Orient et au libéralisme de l'Occident, face à l'anéantissement de l'individu et à sa surévaluation, Rome vient de faire une synthèse, une fois de plus dans l'histoire. Ville Eternelle, fidèle à son éternelle tradition, elle harmonise avec génie le corporatisme, la hiérarchie et la liberté. La civilisation européenne, chrétienne, universelle, s'oppose à l'Est et à l'Ouest. Voilà la mission suprême du fascisme. Voilà le génie qu'il fallait servir. Et Mussolini, après avoir forgé l'acier des combats, s'est mis à modeler l'âme de toute une humanité historique, Rome renaît. »

Les pages suivantes de « Génie d'Espagne » sont le reflet des thèmes économiques, politiques et sociaux du fascisme.

« Dans le domaine économique, il faut un système corporatif, intégrateur. Pas de capitalisme à l'occidentale ni d'ouvriérisme comme à l’est. Pas de clivage droite – gauche. Le capital et le travail, unis en une entité supérieure : L'Etat, Synthèse éternelle de Rome !

« L'Europe et le monde ne peuvent vivre sous la prééminence d'exploiteurs ou d'exploités. Ni de droites ou de gauches. Ni d'Est ou d’Ouest Rome par contre est l’addition et l'intégration de l'Est et de l'Ouest. Du capitalisme et du marxisme. Voilà ce qu'est Rome.

« Au plan politique, le fascisme représente la liberté face au bolchevisme et la hiérarchie face au capitalisme. Il protège le monde contre deux monstres : le Moi du capital glacial et implacable et la masse du prolétariat glacial et implacable.

« Sur le plan social, le fascisme liquide toutes les tares modernes :

—       César ne sera plus jamais ni un banquier juif, ni un fumeur de cigares, César ne sera plus ni un bourgeois, ni un maréchal d'opérette, ni un président républicain en queue de pie, ni un roi pour film comique. César sera un héros, une brute humaine formée dans les combats,» commandant troupes, milices et foules encadrées dans des phalanges enthousiastes.

—       Dieu ne sera plus un chèque. L'argent est un monde vil. Il ne mène qu'à une compassion inévitable et pénible. Dieu, le moteur du monde, sortirait à nouveau de ces limites temporelles où sont réfugiés les Aristote modernes.

Il s'élèverait dans le ciel au-dessus de la terre avec la majesté du soleil, avec les éclairs de l'héroïsme, comme un esprit pur,   harmonieux qui   bousculerait   les autres étoiles   d'un amour dantesque et immortel.

—       L'homme ne serait plus un pantin pétri de culture et de suffisance. Ce serait un homme connaissant ses limites et ses servitudes. Plus question de socialisme ni de libéralisme.

Plus question d’abâtardir le sens sacré du travail et de la technique. Retour au syndicalisme corporatif, au sens religieux de la technique et du travail, À chacun sa place. De l'harmonie. Un système. Voilà ce qu'est un syndicat corporatif, fonctionnel. On restaurerait, non pas le concept de Droit de l'homme, mais le sublime concept chrétien et héroïque du service, du devoir, de la contrainte envers quelque chose. »

Gimenez Caballero est détaché, synoptique, profond. Son vocabulaire est précis, ferme et frappant. Il n'affuble pas ses phrases d'oripeaux ni de baroque fumeux. Son style est direct, ardent, combatif. Commentant la personnalité et l'œuvre de Gimenez Caballero, Ramiro Ledesma Ramos écrivait : « Gimenez Caballero est un homme héroïque... C'est une figure providentielle à ce moment de l'histoire de l'Espagne... Gimenez Caballero est une fleur rare. »

Gimenez Caballero brise une lance en défendant l'universalité du fascisme. Ce n'est pas quelque chose de limité, pittoresque, idiosyncrasique, folklorique, imperméable. Le fascisme n'est pas un soleil sans rayons, ainsi qu'ont essayé de le classer certains penseurs. Il n'est pas épisodique, ni dû au hasard. Il n'est pas soumis aux circonstances, n'a ni cartons, ni murailles, ni limites. Le Fascisme est une entité, ouverte, universelle. Il est à la fois doctrine et méthode, système et caractère, style et raison. Gimenez Caballero écrit à ce sujet :

« Le secret du Fascisme se trouve dans le secret éternel de Rome. Le secret universel de Rome. Le seul univers au monde. Il devient une nouvelle universalité. Œcuménique, nouveau catholicisme... Le « Génie de l'Espagne » devait ressusciter et regarder de nouveau vers la nouvelle Rome qui s'élevait au-dessus du monde, réclamant, à nouveau, un bras adroit pour sauver ce monde. Parce que l'Histoire recommence et elle recommence parce qu'elle est toujours la même. Parce que ce sont toujours les mêmes génies et les mêmes divinités qui reviennent à leur lutte éternelle. Comme les nuages dans le soleil, ainsi vont les génies de par le monde, depuis que le monde est monde en rangs serrés pour la bataille et les tourmentes.

 

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Le Fascisme, c'est la terre, les champs, le sillon, le labourage et la paysannerie. La terre, c'est le continent de la graine, de la semence, du fruit et de la récolte. Gimenez Caballero recueille dans ses écrits l'enchaînement de cette nature rurale et les liens du fascisme avec la terre. Il se rappelle : « Je me souviens que la première chose à me frapper dans le fascisme et son chef, lorsque je suis arrivé en Italie, bourré d'idées libéraloïdes et démocratiques, ce fut son caractère campagnard, l'odeur du champ et de la terre que l'on retrouvait dans sa nouvelle politique. »

« Le pain et le fer — Chi ha del ferro ha del pane ». Voilà une des devises que Mussolini a introduit dans la foi de l'Italie nouvelle. Devise de laboureur et de forgeron. Devise de guerre.

Ce premier souvenir, cette première impression, cette nouvelle sensation au goût d'agriculture, il la complète et la nuance dans son ouvrage : « Rome, la Mère ». Il écrit :

« Si le fascisme est ramifié de par sa structure de parti et dirigiste par sa vision du pouvoir exécutif, il est au fond très démocratique, il est le peuple-même. Démocratique ? Non, populaire. Le mot démocratie sent la bourgeoisie, la ville, le médiocre. Alors que « populaire » englobe toute la campagne, les tavernes, les marchés, la grand’place et les fêtes. Est populaire non pas l'homme comme ouvrier, citoyen ou fonctionnaire mais simplement comme homme élémentaire. Comme paysan, comme homme éternel. De là la ferveur du fascisme pour la politique agricole. Et toute sa propagande qui sent le blé, le pain... Le pain, le vin, le fléau. « Tous ceux qui parlent à Mussolini s'aperçoivent sur le champ des liens de cet homme à la terre. Et voilà sa grandeur, II a su comprendre et tailler un costume à la mesure de ce pays rural où sévissait l'immigration. Une chemise qui masquerait les vengeances et une trique pour gagner violemment leur pain. »

Dans un premier stade, Gimenez Caballero analyse le fascisme comme une « révolution rurale » et comme précédemment dans « Le fascisme et la terre », il commente : « C'est peu après la marche sur Rome que Mussolini, dans une chaude prière, face à des millions de chemises noires, sculpta dans l'air romain cette définition générale de la signification du fascisme pour l'Italie, et ce qu'il signifierait, désormais, pour le monde : une révolution essentiellement paysanne,

« En effet, une des clefs profonde du fascisme, secret de la Rome éternelle, est le retour à la terre, « il richiamo al principio », comme l'a dit Machiavel.

« Depuis l'époque des Grecs, Rome est obsédée par une axiologie terrienne. Il est impossible d'imaginer la Rome des origines sans penser aux mythes terriens. Ni aux sénateurs, consuls, anciens combattants et jusqu'aux Césars-paysans. »

Mais Gimenez Caballero ne se contente pas de survoler le fascisme italien, de scruter l'horizon qui entoure Rome, d'étudier la campagne italienne. Il pose aussi son regard sur l'Allemagne Nationale-Socialiste, son Führer et sa révolution. De même que José Antonio irait, en 1934, pendant son séjour en Allemagne, rendre visite à Hitler et à Alfred Rosenberg, le théoricien du Parti (pour obtenir les droits d'auteurs afin que la philosophie de ce dernier soit connue et traduite en espagnol) de même, Gimenez Caballero rencontre Rosenberg et noue des relations avec lui lors de la Convention de Volta qui se tint du 14 au 22 novembre 1932, à laquelle il assistait pour représenter l'Espagne avec Garcia Morente et Salvador de Madariaga. Il évoque le réveil de la nouvelle Allemagne :

« Je veux commencer par la plus récente des résurrections : celle-là même qui, par son caractère inespéré et moderne semble aux gens un miracle, une illusion. Et leur semblerait une fantaisie s'il n'y avait là ces millions de voix que Hitler entraîne, ces défilés et ces légions que Hitler entraîne derrière lui, d'un pas cadencé et mystérieux, inébranlable et résolu. »

« Voyez le visage d'Hitler, vif, décidé, tendu vers l’action ! Voyez le torrent de la nouvelle Allemagne qui s'éveille ! Voyez le masque sacré de tous les morts de la guerre, de la Grande Guerre, et de toutes les guerres germaniques depuis Arioviste et Attila ! Depuis la cavalerie germanique écrasant Vercingétorix jusqu'aux troupes luthériennes du Taciturne! C'est la résurrection du sang, du génie, de l'âme d'un pays ! Ce qui ne pouvait périr n'était pas mort ! D'où cette résurrection, d'où ce besoin de continuer à vivre. »

« Qui eut pu dire que dans l'Allemagne démocratique de Stresseman, que dans l'Allemagne bolchevique des Spartakistes, que dans l'Allemagne désespérée, tragique et muette de ces dernières années, que sous tant de grisaille, sous tant de catastrophes, persisterait, pur et enflammé, l'espoir de 40 millions d'êtres ?

« Voici ce que fut le destin d'Hitler, son instinct lui fit puiser dans les forces cachées du peuple, son génie lui fit trouver le génie de sa terre et de sa race. Le miracle d'Hitler, c'est le miracle du génie éternel de la race germanique. Génie qui n'était pas mort au cimetière de Versailles. Génie qui perpétue la mémoire de ses morts pour qu'ils restent présents, symbolisant la force vive d'une race et d'un peuple ! »

Dans une brochure publiée pendant la Croisade de Libération (Nom donné par les nationalistes à   la guerre espagnole de 1936-1939.) et intitulée « L'Espagne et Franco » Gimenez Caballero établit un curieux parallèle entre la Phalange, le Fascisme et le National-Socialisme. Il écrit :

« II est possible que quelques vieux phalangistes aillent voir des choses étranges sur le destin de la Falange : sa force ne se trouve pas dans la doctrine mais bien dans la personnalité du Caudillo, du Chef et du Commandement unique, base d'un Etat national-syndicaliste. Comme l'est la personnalité du Duce pour le Fascisme et celle du Führer pour le Nazisme,

Parce que le Fascisme, le Nazisme et le Phalangisme sont des régimes totalitaires puisque tous (les masses hiérarchisées) se soumettent à UN, Qu'il soit CAUDILLO (chef) DUCE (conducteur) FUHRER (guide). Et que tous les points de toute doctrine totalitaire ne sont que le corollaire d'un principe : le Commandement unique »,

Dans cette même brochure, il compare les personnalités d'Hitler et de Mussolini, mettant en relief, en quelques traits, leurs caractères les plus marquants. Le secret de Mussolini se trouve dans son regard, dans sa façon d'avancer la mâchoire. « II est le Duce de ce peuple italien qui sait s'assembler sous le soleil ou le vent, en magnifiques parades, et qui a besoin, pour être compris et guidé, d'un condottiere au regard perçant et aux gestes de tribun, penché à un balcon ou sur une estrade, »

« Avec sa moustache courte et sa mèche tombante qui lui donnent sous la casquette militaire un air à la fois martial et populaire, Hitler convient au peuple allemand, discipliné et aimant l’ordre, » On ne pouvait faire de portrait plus précis en moins de mots.

Parlant du programme idéologique du National-socialisme, il affirme que « pris à la lettre, on peut dire que c'est un programme fasciste. » C'est à cause de telles ressemblances et aussi à cause des chemises brunes et des légions en marche que l’on nomme les hitlériens : les fascistes allemands. « Et ils le sont, dans la mesure où le fascisme n'est plus, comme on le croit symbole de nationalisme ou de particularisme, mais bien au contraire une universalité ; un nouvel œcuménisme».

Mais peut-on légitimement inclure la Falange, le Fascisme ou le National-Socialisme dans les mouvements totalitaires ? Gimenez Caballero apporte une réponse à ce que l'on doit entendre par totalitaire : « Tous pour un, un pour tous ». Cette phrase n'est pas un jeu de mots. C'est cet esprit d'union en un tout qui réapparaît par le biais corporatisme, toujours dans ce même sens de dirigisme et de commandement.

Gimenez Caballero fut le premier à choisir comme symboles du fascisme espagnol l'insigne des flèches et du joug de Ferdinand et Isabelle. En 1932, il écrivait au sujet du symbole qui allait devenir l'insigne des vrais fascistes espagnols : « Pour l'Espagne, l'emblème du fascisme n'est pas le Faisceau, c'est celui de Rome. Le faisceau existait en Espagne avant qu'Italo Balbo ne l'épingle à son chapeau. Nos Rois catholiques en frappèrent leurs armes, c'est le faisceau de leurs flèches. »

II existe une constante dans tous les régimes fascistes : ils considèrent la vie comme une école de combat, de discipline et de création. Ce concept n'est pas étranger à Gimenez Cavallero : « La vie est une école de lutte, seuls survivent les Etats et les hommes qui l'affrontent militairement. Le Fascisme en fit son principe pour bâtir son Etat. » Gimenez Cavallero fait une comparaison entre les théories de Sénèque et les conceptions idéologiques du fascisme qui « de même que Sénèque proposa un « nuove stile di vita », propose à son tour le « stile di Roma ». Cette même conception qu'on devait appeler alors chrétienne et aujourd'hui fasciste : la vie est une école de lutte. « Face à l'est où elle est un dépouillement absolu, face à l'Ouest où elle est, selon Faust, action, Rome conçoit la vie à travers ses fils les plus géniaux (Sénèque, Loyola, Mussolini) comme un combat, une vertu, une foi, un dépassement. C'est pourquoi on peut considérer le Fascisme, doctrine nouvelle chez nous, comme une vieille philosophie à laquelle l'Espagne a donné le meilleur d'elle-même. C'est cette vieille sagesse, aujourd'hui chaque fois plus nouvelle, que le grand Cordouan Lucius Anneus Sénèque allait enseigner à Rome pendant les premières années de l'ère chrétienne. »

Si la conception militaire de lutte est une réalité, le concept du héros par son caractère extraordinaire de dépassement et de stimulation pour l'être humain est un des grands idéaux de la pensée fasciste. « Benito Mussolini (l'homme providentiel envoyé de Dieu, comme l'a appelé, émue, l'Eglise Romaine) a apporté à l'Europe, donc au Monde, l'actualisation d'un vieil idéal — celui du héros, la réhabilitation d'une espèce humaine qui gisait, avilie depuis longtemps — la race du héros, et par conséquent un nouveau type de devenir historique, une nouvelle échelle de valeurs pour l'homme. »

 

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Dans une interview accordée plus tard au quotidien « EL ALCAZAR », journal de la Fédération Nationale des anciens combattants, Gimenez Caballero exposa à nouveau sa responsabilité dans la diffusion en Espagne des idées fascistes. II les avait découvertes et analysées dans une étude approfondie qui l'avait amené à conclure au caractère révolutionnaire du Fascisme. « J'ai découvert Mussolini au parlement. J'ai écrit à Ortega que le Fascisme, c'était précisément ce dont il vivait. Qu'il fallait le mettre en œuvre, que c'était une réalité, un authentique socialisme national. Il ne s'agissait plus de l'univers allemand que j'avais encensé dans mon obsession pan-européenne. Par la suite, j'ai connu Ramiro Ledesma Ramos au « Pombo ». Ce fut César Munoz Arconada, qui me le présenta, Arconada et Alberti furent les deux premiers fascistes espagnols. Raphaël Alberti entrait à la « Gaceta Literaria » alors que je corrigeais ses poèmes en me saluant le bras tendu. »

II découvrit Mussolini et écrivit sur le Duce une montagne d'articles : sur son visage hautain, sur sa personnalité puissante, sur son éloquence entraînante, sur ses attitudes nobles, sur la force de son caractère, sur son pouvoir sur les masses. Parmi ses multiples ouvrages, il a écrit des passages d'un extraordinaire enthousiasme : « Mussolini, nouveau génie du catholicisme s’est dressé de toutes ses forces pour crier depuis la nouvelle Rome Fasciste : l'Etat Corporatif supplante enfin l'hypocrisie de l'Etat libéral et bourgeois, » II comprend que « les jeunesses italiennes ont pour leur Duce une vénération mystique, religieuse. Elles comprennent sa vie parce qu'elles ont capté son regard, qui leur dévoile plus de secrets que leur propre vie. Mussolini, c'est la terre d'Italie, c'est l’âme de l'Italie, depuis qu'il est né, depuis qu'il s'est lancé dans la vie, jusqu'au jour où il mourra, et même par-delà sa mort. » W. Foard écrivait que, dans un sens, on pouvait considérer que Gimenez Caballero plaçait le Duce aux côtés de Saint Paul, Saint Augustin, Saint Thomas, Charles Quint et Saint Ignace comme l'un des sauveurs de Rome.

Gimenez Caballero est un artisan infatigable : il fonde, il regroupe, il crée. Il s'isole, médite, puis se lance dans l'aventure. En 1927, il fonde et dirige une revue bimensuelle qui panache des articles littéraires, artistiques et scientifiques : « La Gaceta Literaria ». On y trouve les signatures d'auteurs vieillis et démodés, mais aussi celles d'une jeune génération d'intellectuels, qui apportent leur génie et leurs angoisses. La « Gaceta Literaria » est une étape du Fascisme espagnol, qui est apparu à ses débuts mêlé au flou des idées surréalistes. Plus tard, en 1938, le fondateur de la revue devait écrire : « De la Gaceta Literaria allaient surgir deux nouveaux courants de pensées : le Fascisme et le Communisme ». S. Worth, qui a étudié le Phalangisme, confirme que « Gimenez Caballero fut le premier à diffuser le Fascisme en Espagne. Il savait ce qu'était le Fascisme et réussit dans ses ouvrages un des exposés les plus clairs sur cette doctrine. »

II lit sans cesse. Il se forme sans conformisme. Il écrit, traduit. Il s'identifie à Ortega. Il vénère Nietzsche qu’il considère comme « la résurrection d'une autre foi », qui lui Inspire de « l'orgueil ». Grâce à lui, beaucoup de jeunes purent ne pas se laisser aller aux épidémies d'une mode qui polluait le pays.

Lorsqu'en 1928, il écrit « Circuito Impérial », il note : « Lorsque je pris conscience du phénomène fasciste, après avoir eu le coup de foudre pour Rome, je me sentis perdu. Il me fallait l'admettre avec aigreur, comme une contrainte familiale, comme une impérieuse obligation d'obéir. Et ce, parce que, pour moi, le Fascisme n'était pas l'abstraction d'une tendance politique éphémère, hors du temps et de l'espace, mais une synthèse de la vie romaine. Leurs chemises noires, le noir de l'aigle impérial, le noir du clergé du Moyen-Age et le noir des pourpoints de la Renaissance, c'était un œcuménisme noir, catholique, expansif, vecteur d'une nouvelle culture. » II en arrive à la conclusion que « le peuple qui ne trouve pas en lui-même son propre type de fascisme est un peuple influençable sans caractère, sans essence ».

II fréquente les cercles européens des élites intellectuelles. II connaît Malaparte, Marinetti, Carlo Bosetti, Gentile, Zuani, Puccini. Antonio Tovar juge que « les relations italiennes de Gimenez Caballero ont été bercées par la gloire de Rome, l'éternité de Rome et l'influence géniale de Rome sur le Duce, grâce à qui on peut considérer que Rome resorta nel Mondo ». Manuel Halcon insiste : « avant d'être consacré sur le berceau du Fascio premier écrivain du Fascisme, toute la jeunesse espagnole le fréquenta. »

II met au point et signe le Manifeste de « La Conquista del Estado », le 14 mars 1931. On retrouve à côté de sa signature les textes de Ramiro Ledesma Ramos, Antonio Bermudez Canete (le dessinateur, qui regroupa les flèches de Ferdinand et le joug d'Isabelle et leur conféra leur position verticale), Roberto Escribano, Ortega, Juan Aparicio, Manuel Souto Vilas et le reste des « coqs de Mars », ces coqs d'un matin sans éclipse ni faux jour.

Dans son livre la « Nueva Catolicidad », il établit un plan pour la Résurrection Nationale de l'Espagne (une grande nation, un nouvel Etat, une unité, les institutions, l'impérialisme). Comme le rapporte Jackson, pendant la période électorale de novembre 1933, Unamuno lui-même, disait que « seul le Fascisme devait sauver l'Espagne ». Et Gimenez Caballero s'exclamait : « L'Europe stupéfaite, l'Espagne tendit le bras, saluant Rome. »

JOSE LUIS JERES-RIESCO

José Luis JEREZ-RIESCO a 35 ans. Avocat à Madrid, cadre de FUERZA NUEVA, le mouvement de Blas. PINAR. II est un des principaux défenseurs des militants politiques espagnols traqués par la police de Juan Carlos. Falangiste convaincu, il possède une importante bibliothèque regroupant d'importants et rares documents sur la vie politique espagnole des années 33-43.

Sources : défense de l’occident – juin 1978 – N° 158

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