
Le 12 février, Quentin Deranque est tombé sous les coups de l’extrême gauche. On espère - sans trop y croire - que la justice jugera rapidement les coupables et prononcera de lourdes peines. Mais fera-t-elle autre chose que désigner des exécutants ? Elle ne dira rien du climat installé depuis des années qui marginalise et criminalise tout mouvement classé à « l’extrême droite ».
On parlera d’altercation, d’engrenage, de tensions locales. La gauche défendra les siens, fera porter le chapeau à la droite. Le centre s’élèvera au-dessus de la mêlée et condamnera la violence des extrêmes. On disséquera la chronologie, on établira les responsabilités immédiates. Le cirque a déjà commencé, et on n’en attend rien, surtout pas la remise en cause nécessaire du climat politique qui a permis cet assassinat.
Car le meurtre de Quentin s’inscrit en réalité dans le prolongement du « front républicain », cet improbable « front de la résistance » où la diabolisation systématique tient lieu d’argument. Il advient dans un climat d’agressions et d’intimidations systématiques des étudiants issus des syndicats de droite (« Cocarde étudiante » en tête). Il intervient dans une période où l’extrême gauche, en totale roue libre, ne masque plus recourir à la violence politique.
Depuis des années, le « front républicain » est invoqué comme unique boussole : « tout sauf l’extrême droite ! ». C’est devenu un réflexe automatique, une incantation vide, qui permet de dresser des frontières morales. D’un côté, les fréquentables. De l’autre, les infréquentables.
C’est ce front républicain – allant des LR au NPA – qui a permis l’élection de l’antifa Raphaël Arnault (fiché S condamné pour violences volontaires en réunion et chef de la Jeune garde), tout l’échiquier politique se rangeant derrière sa candidature pour faire perdre le RN.
À force d’expliquer qu’un courant politique serait une menace existentielle, on fabrique des cibles. À force de répéter que certains Français sont des dangers publics en puissance, on légitime leur ostracisation, leur mort sociale, professionnelle mais aussi physique. La déshumanisation commence toujours par le vocabulaire qui finit par justifier la violence. Celle-ci est validée, revendiquée et souhaitée par le premier parti de gauche. « Ramenez-nous leurs scalps et qu’on n’en parle plus ! ». C’est ainsi que, dans une conférence à l’université de Nantes en 2024, Mélenchon, leader de LFI, exhortait son service de sécurité à violenter (déjà) le collectif Némésis.
L’industrie de la diabolisation
Il existe une véritable économie de la stigmatisation. Élus qui surjouent l’indignation morale, députés qui refusent de serrer les mains d’autres élus RN, commentateurs de plateaux télé ou de chaînes Twitch gauchistes, universitaires et chercheurs qui transforment leurs convictions en vérités, journalistes militants qui tiennent des fiches d’opposants, médias largement subventionnés (Humanité, Blast, Streetpress), spécialistes médiatiques qui convoquent les heures les plus sombres à chaque phrase… tous participent de cette industrie de diabolisation qui arme moralement les antifas. Chaque revendication identitaire ou expression patriotique est suspecte. Ce régime de soupçon permanent arme les antifas.
Les militants patriotes, nationalistes, ou identitaires n’ont pas à s’excuser d’exister. Lorsque des manifestations d’agitprop sont qualifiées de « provocations » simplement parce qu’elles émanent du mauvais camp, le message est clair : votre présence est en soi une agression. Votre parole est une violence. Votre existence dérange. La suppression des Français, par effacement, remplacement ou piétinement, constitue leur projet politique.
Quentin est mort à cause de cette atmosphère saturée d’accusations et de condamnations morales, de cordons sanitaires, de diabolisation méthodique. Les antifas auteurs directs devront répondre de leurs actes. Mais une question plus large demeure : qui a rendu possible cet assassinat en installant l’idée que l’adversaire n’est plus un simple opposant idéologique mais une menace à neutraliser par tous les moyens?
On peut continuer à réciter les mantras républicains, à invoquer les grands principes, à dénoncer la « radicalité » des autres. Les mots ne suffisent plus à masquer la réalité : Quentin est une victime directe de ce système qui classe une partie du peuple hors de l’humanité. Son assassinat n’est pas un accident isolé. C’est une conséquence logique.
Anthony Marinier - 18 février 2026 – Revue Eléments