Mort de Quentin Deranque : des agents du renseignement ont photographié la scène avant le drame

Des agents du renseignement territorial étaient présents lors des affrontements ayant précédé la mort de Quentin Deranque, à Lyon.

S’ils n’ont pas assisté aux coups mortels, leurs photos ont permis l’identification des suspects, tout en suscitant une vive polémique politique.

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Photo d'archives Norbert Grisay

 

Des agents du renseignement territorial ont pris des photos des affrontements ayant précédé le meurtre du militant d'extrême droite radicale Quentin Deranque à Lyon, a indiqué vendredi une source proche du dossier confirmant une information de BFM TV.

Les policiers, qui surveillaient les militants d'ultragauche attendus à la conférence de l'eurodéputée LFI Rima Hassan, « n'ont pas vu les coups portés » au jeune homme le 12 février, mais leurs clichés ont permis d'identifier les suspects et de les arrêter.

La chaîne d'information a rendu publiques des photos prises par ces policiers dans l'heure qui a précédé et quelques minutes après le lynchage du jeune homme, qui décèdera deux jours plus tard.

 

« Des policiers étaient donc sur place »

Selon BFMTV, les fonctionnaires du renseignement territorial (Ex-RG) ont notamment photographié des militants du mouvement d'ultragauche la Jeune Garde en train de s'équiper de masques, cagoules et gants, avant de perdre le contact avec le groupe pendant deux minutes.

La France insoumise, très critiquée après ce drame en raison de ses liens avec La Jeune Garde, a immédiatement interpellé le ministre de l'Intérieur.

« Des policiers étaient donc sur place », « ils ne sont pas intervenus », « ils ont simplement pris des photos », « le pouvoir a laissé faire », « pourquoi ? », s'interroge sur X le député de LFI Thomas Porte, ajoutant : « Le ministre Laurent Nuñez doit répondre à cette question ».

« Le renseignement territorial avait donc connaissance de la rixe qui a conduit à la mort de Quentin Deranque, alors pourquoi le ministre de l'Intérieur et le procureur de la République ont-il accrédité la thèse de Némésis de l'expédition punitive contre un homme pacifique ? », questionne aussi sur X le député Manuel Bompard, coordinateur national de LFI. 

 

Le Progrès - AFP - 27 mars 2026