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Le Parlement européen votera à Strasbourg sur l'activation d'un mécanisme de vérification qui pourrait radier le parti Alternative pour une Europe des nations souveraines, dirigé par l'Allemagne, et le priver de financements européens pour violation présumée des valeurs fondamentales.

Le Parlement européen s'apprête à lancer une procédure formelle contre l'alliance Europe des nations souveraines, le parti politique qui abrite l'Alternative pour l'Allemagne et d'autres groupes d'extrême droite régionaux.

Si l'on constatait que l'alliance n'a pas respecté les principes fondamentaux de l'Union européenne, elle perdrait son enregistrement officiel et serait privée d'accès au budget de l'UE.

Plus de 180 parlementaires ont signé une pétition pour activer le processus de vérification, qui enjoint à l'Autorité pour les partis politiques et les fondations européennes d'enquêter sur la conformité.

 

La voie législative

Le vote prévu mardi à Strasbourg nécessite une confirmation parlementaire pour avoir lieu.

Des responsables du Parlement européen indiquent que le Parti populaire européen, les Socialistes et Démocrates et Renew Europe ont l'intention de soutenir la motion, ce qui garantit son approbation.

Fondé en août 2024 par huit factions nationales, le parti est dirigé par Alternative pour l'Allemagne et compte parmi ses membres la Confédération polonaise et Reconquête française.

Ce parti existe en tant qu'entité juridique distincte du groupe politique du même nom au sein du Parlement européen, qui contrôle actuellement 27 sièges.

Les règles de l'UE stipulent que, bien que les partis reçoivent un financement budgétaire direct en tant qu'alliances, les parlementaires et les groupes parlementaires ne subiront aucune conséquence juridique si le statut de parti est révoqué.

 

Dossier de preuves

Le responsable de l'autorité de régulation avait précédemment informé les institutions de l'UE de faits précis qui soulevaient des doutes quant au respect par le groupe des droits de l'homme, de la démocratie et de la protection des minorités.

Un dossier de 294 pages détaille les décisions de justice, les déclarations officielles et l'activité sur les réseaux sociaux des groupes membres qui pourraient démontrer des violations des principes continentaux.

Les documents rassemblés détaillent des propos antisémites, anti-LGBT et anti-migrants, ainsi que des appels au rapatriement des citoyens ayant des origines étrangères.

Des exemples précis citent des banderoles xénophobes utilisées par le parti tchèque SPD, des actions de la faction bulgare Renaissance visant à interrompre la diffusion de films et une décision de justice allemande qualifiant la plateforme de l'AfD de contraire à la dignité humaine.

 

Prochaines étapes de la procédure

Un porte-parole de l'alliance visée a rejeté les allégations, affirmant que la faction est critiquée pour avoir abordé de véritables problèmes publics et défendu ses positions au nom du principe de la liberté d'expression.

Suite au déclenchement législatif, l'autorité de régulation doit soumettre ses conclusions officielles à l'alliance, ouvrant la voie à d'éventuelles politiques correctives.

L’autorité de régulation indépendante déterminera ensuite s’il convient de radier l’organisation du registre européen, une décision que le Parlement européen et le Conseil conservent le pouvoir ultime d’annuler.

Ahmet Koçak - 4 juillet 2026

 

Sources : Euronews