Tensions raciales aux USA. S’ils ne veulent pas disparaître, les Blancs doivent se réveiller et vite !

 

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Pendant qu’en Europe de l’Ouest, la presse mainstream, majoritairement blanche, fantasme sur la révolte de Noirs aux USA (un peu comme elle avait fantasmé sur l’élection d’Obama, métis, mais noir aux yeux de la presse), les Blancs des USA, comme les Blancs d’Europe demain, seraient bien avisés de se réveiller, et vite !

Les traîtres à leur civilisation et à leur communauté que sont les Antifas blancs ont beau s’agiter dans tous les sens aux côtés des Noirs, d’une part, ils ne sont pas les bienvenus y compris dans leurs manifestations (on voit circuler des vidéos dans lesquelles ces Blancs éduqués à la sauce Evergreen se font rembarrer par des Noirs qui leur demandent de ne pas casser), d’autre part, ils devront être considérés par les Blancs conscients comme ce qu’ils sont : des collaborateurs, des traîtres.

La peur doit changer de camp. Car nous assistons, sur des terres majoritairement blanches, à un basculement total ces dernières années. On est passé de « la reconnaissance des minorités » à la dictature de celles-ci. Les prétendus oppressés d’hier portent désormais en eux les germes d’oppresseurs, revanchards. Regardez-les ces Noirs militants se pavaner tandis que des Blancs collabos s’agenouillent devant eux pour leur demander pardon (pour qui, pour quoi ?). Des décennies de renoncement, des décennies de lois antiracistes ici ou là, des décennies de poison diffusé au sein de nos écoles, de nos universités… et voici le résultat.

La jeunesse blanche d’Europe de l’Ouest et des USA a honte de ce qu’elle est, alors même que notre civilisation a tant apporté au monde. Le « mâle blanc » est un fils d’esclavagistes, de génocidaire, de brutes sanguinaires, de colonisateurs, tandis que « l’autre » serait la victime permanente, l’exotisme réconfortant et rassurant, la victime à qui nous devrions réparation. Les seuls Blancs médiatiquement tolérés aujourd’hui sont ceux inféodés aux lobbys féministes et LGBT, c’est-à-dire ceux qui portent en eux, par définition, la fin d’une civilisation.

Il faut en finir avec ce raisonnement. Il faut retrouver un peu de fierté et de dignité. Nous devons être fiers d’être blancs, fiers de ce qu’ont fait nos ancêtres, fiers de nos civilisations. Et cela n’enlève d’ailleurs rien aux autres civilisations. Mais que l’on arrête avec la pleurniche, le reniement. Que l’on arrête de regarder les Noirs, comme d’autres communautés, se communautariser et défendre leurs ethnies justement, sans nous situer nous-mêmes. Le pire c’est que les collabos de notre communauté seront les premiers balayés si un jour, de leur faute, le chaos racial éclate.

Car de tout temps, les hommes, sans doute universellement, ont méprisé les lâches et les faibles. Et les collabos blancs qui s’évertuent aujourd’hui à mettre un genou à terre et à pleurer l’oppression fantasmée des Noirs seront les premiers à être les victimes de la société barbare et inculte que nous sommes en train de laisser émerger sans réagir.

Pour les autres, pour ceux qui sont conscients, et pour ceux qui pourraient l’être, mais qui se refusent à le faire par peur d’être jugés et détruits par la police politique, médiatique, et internet, il est temps de se regarder dans une glace. D’ouvrir des livres d’histoire. De faire le constat que toutes les sociétés multiculturelles sont multiracistes, violentes, et des poudrières ethniques. Ces sociétés instables et violentes réjouissent profondément les décideurs de ce monde, ceux de la caste qui chérissent une instabilité qui leur permet de gouverner par la peur.

Le chaos racial larvé qui explose petit à petit aux USA pourrait arriver en Europe. Parce que nos dirigeants continuent à laisser les frontières ouvertes et à laisser des hordes d’Africains et d’Asiatiques entrer chez nous sans le consentement des peuples. Parce que des millions de ces extra-Européens sont déjà à l’intérieur de nos frontières, possèdent des papiers faisant d’eux nos « compatriotes ». Parce que démographiquement, les Blancs font moins d’enfants que les autres.

Ce ne sont pas les « suprémacistes » ou les « identitaires » qui portent en eux les germes de la violence raciale, de la guerre civile qui vient. Non, ce sont les autorités, ce sont les collabos, ce sont ceux qui ont renoncé à tout ce qui a fait, pendant plusieurs millénaires, notre civilisation européenne. Ceux qui ont appris à détester qui ils sont, et qui voudraient que nous continuions à nous détester, jusqu’à disparaître de la surface de la planète.

Quand un « artiste » noir chante « Pendez les Blancs » dans un pays construit par des Blancs, sans subir les foudres ni de la Justice, ni de la population, c’est que le ver est déjà sérieusement dans le fruit. Et qu’il est plus que temps de se réveiller.

Nous ne pourrons pas vivre ensemble demain dans une société bercée par le chaos racial. Il faudra choisir entre la remigration, le retour au pays de tous ceux qui chérissent tant la terre de leurs ancêtres tout en profitant de nos modes de vie, ou bien la sécession, qui constituerait une première défaite pour les Blancs d’Europe qui concèderaient donc une partie de leur territoire ancestral à d’autres populations.

Depuis le temps qu’on vous dit, qu’on vous écrit, qu’on vous prévient qu’un faible pourcentage d’immigrés, ça ne pose aucun problème, mais que quand ce pourcentage augmente en flèche et que les différences ethniques deviennent trop importantes, cela ne passe plus et le territoire se communautarise, et se tend… au nom de la race justement…

Debout les Blancs, réveillez-vous !

Julien Dir

Précision : les points de vue exposés n’engagent que l’auteur de ce texte et nullement notre rédaction. Média alternatif, Breizh-info.com est avant tout attaché à la liberté d’expression. Ce qui implique tout naturellement que des opinions diverses, voire opposées, puissent y trouver leur place.

Illustration : DR

Breizh-info.com, 2020, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine – V

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Un Ukrainien contre les Bolcheviks : Nestor MAKHNO

 

« Ne serait-il pas plus simple alors pour le gouvernement, de dissoudre le peuple et d'en élire un autre ? »

B. BRECHT — La solution

 

 

 

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On sait que la révolution bolchevique d'Octobre 1917 fut aussi sanglante que difficile à accomplir ; on sait également que la farce (toujours durable) des soviets, ces conseils qui devaient être élus librement par les ouvriers, les paysans et les soldats, permit à Lénine et à ses compagnons de conférer à leur coup d'Etat une apparence démocratique. Mais la révolution ne se cantonna pas uniquement à St Pétersbourg et à Moscou. L'Ukraine, que l'on peut considérer comme la matrice de l'empire des tsars, fut le théâtre de luttes acharnées durant quatre années, luttes conduites par les blancs, les rouges, et aussi par certains Ukrainiens qui voulaient profiter de l'événement pour faire de leur patrie un Etat autonome.

Nestor Makhno, un paysan ukrainien, est probablement l'un des hommes que les communistes haïssent le plus depuis 1917. Il représente, en effet, à leurs yeux l'image du traître le plus accompli qui soit ; il figure aussi l'échec bolchevik de l'enrégimentement de la paysannerie. C'est certainement la raison pour laquelle nous avons assisté, en 1968, à un phénomène de brusque popularité pour Makhno chez les étudiants dont les aspirations libertaires allaient, sans cesse, s'opposer au conformisme communiste. A côté de Makhno, même le Che (Guevara) apparaît comme un héros pour albums d'enfants. Qui était-il ?

Né en 1889 dans le village ukrainien de Gulyai-Polyé (ou Goulaï-Polé), fils de paysans pauvres, Nestor Makhno devient berger à l'âge de six ans, puis garçon de ferme à douze. En 1905, il a alors 16 ans, la révolution lui fait prendre conscience des nombreuses inégalités et de la condition pour le moins sommaire dont sont victimes les siens et lui-même ; ces Ukrainiens qui travaillent la terre du « grenier » de l'Europe si riche, ne le font, en effet, que pour des maîtres et ce malgré l'abolition du servage intervenue en 1861. Ils demeurent des âmes. On décomptait les moujiks dépendant d'un domaine en âmes.

Attentif aux idées nouvelles, à défaut d'idées venues d'ailleurs, et désireux, malgré son jeune âge, de conserver l'essentiel des libertés dont on parle alors abondamment ainsi que son identité ukrainienne, Makhno opte pour le mouvement anarchiste. Cette adhésion lui vaut, en 1908, d'être arrêté et condamné à mort, peine qui sera commuée en détention à vie un peu plus tard. En prison à Moscou, Makhno, avec le bel optimisme de son âge (19 ans), se met à étudier ; il apprend à lire, à écrire et à compter, mettant ainsi à profit, et de manière intelligente, les « loisirs » dont il bénéficie. Il lit beaucoup et surtout des ouvrages interdits qui pénètrent clandestinement dans la prison. Ce jeune paysan ne donne pas l'impression à ses geôliers d'être l'un de ces intellectuels que l'on semble tant craindre au¬tour du tsar ; fruste d'allure, Makhno engrange des connaissances dans une impunité totale.

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En 1917, il est libéré dès février, et regagne l'Ukraine. Il y organise aussitôt des milices paysannes et après avoir rencontré Lénine à Moscou en 1918, il se range pour un temps dans le camp des forces rouges avec lesquelles il combat contre les koulaks, contre les troupes de l'hetman Petlioura et les Austro-allemands encore présents. Parallèlement, il organise les villages en communes paysannes, autogérées et auto-défendues. A vingt-neuf ans, il possède une maturité d'esprit que beaucoup d'adultes pourraient lui envier car, tout en combattant, il veut préserver l'avenir de ses hommes et leur faire prendre conscience de leur force lorsqu'ils consentent à demeurer unis. En 1919 dans le bassin du Don, les makhnovistes forment le flanc droit du groupe d'armées rouges de Kojevnikov quand celui-ci atta¬que Denikine. Au printemps, les Austro-allemands quittent l'Ukraine et Makhno se rapproche du gouvernement démocratique local qui doit, selon les termes de l'armistice de Brest-Litovsk, détenir le pouvoir en Ukraine. Première rupture avec les bolcheviks.

A Moscou, bien évidemment, on veille et Trotsky interdit la tenue du congrès makhnoviste dont la coloration anarcho-autonomiste l'inquiète. Makhno démissionne en guise de réponse au diktat moscoutaire. Cette rupture aurait pu être définitive et lourde de conséquence en considérant l'avenir, si Denikine, qui se croit un César à Pharsale, n'avait, en août 1919, contraint les forces rouges à reculer. Makhno n'aime pas les bolcheviks (qui le lui rendent bien), mais Denikine représente à ses yeux tout ce dont il veut s'affranchir. Son appoint sera déterminant car les makhnovistes organisent la guérilla sur les arrières blancs et, dès l'automne 19, Denikine est à nouveau battu.

Moscou, en janvier 1920, ordonne à Nestor Makhno de se porter sur la frontière polonaise afin d'y combattre les forces de Jozef Pilsudski qui tiennent la dragée haute aux troupes rouges qu'elles vaincront finalement. Makhno refuse logiquement car pour lui, la « patrie » est l'Ukraine et non l'U. R. S. S. Il est, à nouveau, déclaré hors-la-loi et les partisans soviétiques le traquent. Durant l'été, c'est au tour de Wrangel d'attaquer pour le compte des blancs afin, semble-t-il, d'aider les troupes polonaises en fixant des contingents bolcheviks en Ukraine. De traqué et hors-la-loi, Makhno redevient, une nouvelle fois, l'allié « objectif » de Moscou ; mais s'il combat Wrangel, le batkho (père) a compris. Sitôt ce danger écarté en novembre 1920, Frounze qui commande les rouges, donne comme consigne à ses hommes d'attaquer les makhnovistes et de détruire leur chef, mais Makhno et les siens ont déjà repris le maquis.

On pourrait fort logiquement se récrier face aux prises de position successives et contradictoires de Nestor Mak¬hno ; ce serait oublier qu'il a combattu sur le terrain et que, jamais, il ne fut un théoricien de salon pouvant biaiser, feindre ; les makhnovistes connurent durant une brève existence deux dangers : celui consistant à une reprise en main de l'Ukraine par les blancs, et celui d'une conquête par les rouges. Makhno était pris entre le marteau et l'enclume, position assurément inconfortable et intenable.

Malgré des trésors d'intelligence tactique, de courage moral et physique, d'abnégation, la Makhnochtchina sera finalement vaincue et ses partisans anéantis.

En 1921, blessé, Makhno et quelques-uns de ses compagnons réussissent à traverser les lignes ennemies et à se réfugier en Roumanie. Il est temps, pour Moscou, de « normaliser » la situation en Ukraine. Elle le sera, et de façon radicale. C'est le 25 juillet 1934 que Nestor Makhno s'éteindra à Paris, pauvre et oublié. Seuls quelques « anars » l'entourent encore. Les amitiés fidèles sont rares et résis¬tent mal dans le malheur ; elles n’en sont que plus belles.

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Géographie de la Makhnochtchina

Sur une carte de l'Ukraine, on peut tracer une ligne qui, partant de Marioupol, Jdanov sur la mer d'Azov, passe par Bakhnout au nord, puis, vers l'ouest, à Iékatérinoslav (Dniepropetrvsk), descend vers Nikopol, puis vers Melitopol. Ce territoire makhnoviste forme un carré approximatif de 250 km sur 280, carré au centre duquel se trouve situé le village natal de Nestor Makhno, Gulyai-Polyé.

Les limites extrêmes de l'action des makhnovistes s'étendent, à l'ouest, jusqu'à Peregonovka et, au nord, à Kharkov. A noter, en passant, qu'une partie notable de la vaste bataille d'encerclements entreprise par la Wehrmacht en 1941, se déroulera dans cette région d'Ukraine.

On peut donc, grâce à la géographie, affirmer que Makhno fut un combattant ou guérillero régional, voire local, et qu'il répugna à quitter ce qui constituait, à l'époque, le gouvernement de Iékatérinoslav. N'oublions pas, en outre, que Makhno était surtout un paysan attaché par atavisme à sa terre, et que ses milices furent formées par ses voisins, des paysans eux aussi. Cela explique en partie son apparente versatilité faite d'alliances puis de luttes avec Petlioura et les bolcheviks. Nestor Makhno avait pris au sérieux les idéaux de Zemlja i Volja (Terre et Liberté) association fondée en 1861 par les frères Serno-Solovievitch avec l'accord d'Alexandre Herzen ; les zemlevolietsi seront les premiers opposants actifs et armés au, pouvoir tsariste.

Paysan, régionaliste, libertaire, Nestor Makhno ne fut, en fait, qu'un héritier non abâtardi de générations d'hommes pour lesquels la terre était aussi une sorte de religion.

II n'est pas exagéré de dire que les Anarchistes furent, de tout temps, les adversaires les plus craints du communisme. Oui, Lénine et Trotsky craignaient les « anars » plus qu'ils ne craignirent jamais les blancs, car les disciples de Bakounine et de Kropotkine possédaient — possèdent — une doctrine, alors que la plupart des blancs ne possédaient, eux, que des biens matériels (à défendre) ou une foi religieuse souvent tiède. Dès 1918, Moscou projeta l'image des pillards, des bandits anarcho-syndicalistes, et s'il est certain que Makhno et ses hommes ne se conduisirent pas toujours en êtres courtois, rappelons qu'une guerre civile ne ressemble jamais à la bataille de Fontenoy. La Vendée, chez nous, en est un exemple entre autres.

De plus, les anarchistes étaient classés comme irrécupérables par Lénine, alors que les ci-devant tsaristes allaient fournir bon nombre de spetz, c'est-à-dire des officiers et des fonctionnaires ralliés au régime communiste.

 

En quoi consistait la doctrine makhnoviste ?

Le « Manifeste » du 1er janvier 1920 dit, en substance, que toutes les terres des koulaks et des monastères devaient être réparties entre les paysans, que la liberté et le droit de parole devaient être l'apanage de tous, que paysans et ouvriers devaient former des conseils (soviets) indépendants, etc... Rien donc de très nouveau dans ce manifeste depuis Zemlja i Volja, mais derrière les mots, une détermination telle que les maîtres communistes ne pouvaient que prendre peur, d'autant que leur pouvoir était encore branlant et contesté.

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Le batkho (père) de la Makhnochtchina devait donc tomber, et il tomba. Extrêmement dangereux sur le plan des idées, il était également un combattant de valeur qui devait défaire Denikine, Wrangel et la cavalerie rouge de Boudiény. Des mois durant, il mena contre blancs et rouges une guérilla meurtrière et ne succomba finalement que sous le nombre, ce qui est le sort de tous les isolés.

Cet autodidacte assimila en quelques années seulement la doctrine libertaire et fédéraliste de Proudhon alors connue dans les grandes villes de l'empire. Cette assimilation devint conviction lorsque Makhno comprit que les thèses proudhoniennes convenaient parfaitement aux paysans en général. Aux communes qu'il fonde en 1918, les communistes opposent leurs soviets théoriquement composés d'ouvriers, de paysans et de soldats, soviets que Lénine et ses adjoints réduiront à rien dès leur prise de pouvoir. Tandis que les makhnovistes tiennent un front de 100 km devant les forces de Denikine, les rouges attaquent Makhno sur les plans idéologique et militaire, sentant en lui une force capable de détacher l'Ukraine du système bureaucratique dit de « centralisation démocratique » qu'ils élaborent, système qui se forge, parallèlement, un bras séculier (policier et militaire) tel que nous le connaissons encore aujourd'hui.

L'écrasement des makhnovistes coïncidera avec celui des marins de Cronstadt en 1921, à une époque où les forces blanches sont vaincues. A cette époque-là, le souvenir d'une Ukraine autonome, celle que Simon Petlioura a tenté de recréer, est déjà loin. On peut d'ailleurs comparer la situation des anarchistes russes (ukrainiens...) avec celle des anarchistes espagnols (catalans...). Ces derniers étaient appelés à être écrasés, de toutes façons, même si le franquisme n'avait pas pris le pouvoir ; ils étaient, comme Makhno et les siens, coincés entre deux feux ; l'anarchisme hispano-catalan a prouvé, une fois de plus, que la notion d'Etat fort et centralisateur recueille bien des suffrages chez les hommes politiques et chez les militaires dont la « bible » se résume à peu près à ceci : le pouvoir, c'est nous, les autres doivent se taire ! Cet éventail politique ressemble à un kaléidoscope, nous le savons, et c'est bien pour cette raison que les fédéralistes européens sont, aujourd'hui, traités « d'anarchistes » !

L'épithète, mal comprise, mal interprétée, sert toujours lorsqu'il est question d'apeurer les foules et de les faire se réfugier dans le giron d'un pouvoir « fort et stable ». Regardez la carte du monde et faites le bilan de ce siècle dédié au « progrès humain » ; que de bruits de bottes !

Michel PELTIER

Source : Défense de l’Occident, Septembre -Octobre 1977

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La génération des hussards ou l’insolence littéraire

 

 

Chacun de nos amis sait ce que furent les lendemains littéraires de 1944. A part quelques écrivains courageux, toute la République des Lettres soi-disant libérée s'employa de son mieux à enterrer ses nombreuses victimes. Mais, outre le caractère honteux de cette épuration, disons-nous bien que cette boucherie libératoire introduisit dans la littérature la plus incroyable — et l'adjectif est faible — introduisit donc la plus incroyable imposture. Le succès fut tributaire des opinions politiques et le talent ne se jugea plus qu'au soutien apporté à la résistance par les uns ou les autres.

Les années entre 1944 et 1950 voient le triomphe des pisse-vinaigre, de toute une horde de littérateurs ennuyés cherchant vainement à remplacer les maîtres condamnés. Alors que Brasillach a déjà été passé par les armes et que tant d'autres croupissent dans les prisons de César, les nouveaux venus et les revenants font tapage II n'est pas un seul trafiquant des choses de l'esprit qui ose proclamer n'avoir jamais lu un livre de Sartre, Camus, Malraux ou Simone de Beauvoir. C'est l'apothéose de « l'humanisme socialiste » avec tous les poncifs, les arguments les plus éculés que le communisme vainqueur impose. Il faut bien avouer que cette antilittérature doit une grande partie de son succès, non seulement à l'élimination de ceux qui auraient pu la combattre, mais aussi à la complicité flagorneuse de presque toute la critique, tant universitaire que mondaine, qui trouva par ce biais le moyen de se faire pardonner quatre années de travail jugé antidémocratique par le Comité National des Ecrivains. La nullité naît toujours de l'ingérence des politiciens en toge : Aragon est un bon romancier lorsqu'il oublie sa carte du Parti.

Il était donc inévitable que, cette dictature hargneuse ayant atteint un certain seuil, une réaction apparaisse. L'année1950 devait marquer un tournant tant politique que littéraire, La guerre froide s'installe, les communistes sont chassés du gouvernement et Antoine Pinay avec son allure d'un nouveau M. Guizot donne à la France la fausse sécurité du Directoire respirant d'aise après la Terreur : Roger Nimier publie « Le Hussard bleu ».

I. — Roger Nimier ou la Liberté permanente.

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II est difficile de parler de Nimier tant à cause des légendes qui l’entourent que du fait qu'il ne nous a légué qu'une œuvre inachevée : sa mort prématurée (et absurde) nous a laissé sur notre faim.

Certains critiques l'ont présenté comme étant l'héritier de Louis-Ferdinand Céline. « Le Hussard Bleu » le laissait croire en effet et l'estime que Céline lui portait faisait penser que l'auteur du « Voyage » semblait avoir trouvé enfin celui qui, à sa suite, pourrait dire à tout le monde ce que Cambronne dit aux Anglais. Mais Nimier est un « classique » et, malgré une certaine verdeur de langage, ses longs monologues intérieurs relèvent beaucoup plus de la grande tradition romanesque du XVIIIe siècle que de « Mort à Crédit ».

Laissons donc les étiquettes de référence car Nimier (et ses amis) fut avant tout l'opposition salutaire et géniale à la domination du pessimisme mis à toutes les sauces et qui régnait alors à la manière d'un quelconque Néron. Il introduisit à nouveau dans le roman un anticonformisme élégant et racé que l'on croyait à jamais disparu. Son œuvre est une cure de jouvence même s'il n'a jamais pu atteindre les grands sommets de composition et de style. Il donne l'impression de s'être amusé en écrivant, se disant sans doute que l’essentiel viendrait plus tard, sa jeunesse lui donnant le droit illusoire de parler ainsi.

Dans la fameuse lettre que Jacques Chardonne lui écrivit après la publication du « Hussard », il lui conseillait entre autre chose de dormir beaucoup et d'écrire peu. Il semble bien que Roger Nimier ait malheureusement suivi cette recommandation. Il prend sa retraite d'écrivain très tôt, se contentant de quelques articles par-ci, par-là, et vivait sur sa réputation d'auteur du « Hussard bleu ». A sa mort, l’œuvre est bien mince. Et pourtant son talent deviné, sa culture, tout l'autorisait à prendre un jour la suite des grandes romanciers ou nouvellistes français. Nimier a sans doute été I’auteur à succès de sa génération mais il ne fut qu'impertinent : il pouvait être plus.

II. — Antoine Blondin, Michel Déon, François Nourrissier ou « la race des indifférents harmonieux ».

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Il y a quelque deux mois, j'écrivais à propos d'Antoine Blondin : « (il) se tait depuis plusieurs années et l'on peut se demander s'il a perdu cette allure brillante, cet humour malicieux expliquant les espérances que certains eurent de pouvoir le considérer comme l'un des nouveaux grands romanciers de l'après-guerre ». (1). Il a depuis refait surface avec « Monsieur Jadis » sans pour autant annoncer un nouveau départ. Il fait partie d'une génération paresseuse préférant les joies de l'école buissonnière à la rigueur des programmes de travail, le jeu à la méthode. Ne lui en voulons pas, même si nous devons attendre encore dix ans le prochain roman. La seule chose que nous pouvons regretter est que, alors que tant de plumitifs féconds inondent tous les six mois les librairies de leurs mauvais romans suintant les égouts et la literie crasseuse, le talent soit si long à se manifester, que le talent s'use dans la désinvolture délibérée d'une adolescence perdue.

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Michel Déon se présente lui-même comme étant un jeune intellectuel de droite. Il en retire d'ailleurs une certaine fierté dans la mesure où, aujourd'hui, qui dit intellectuel pense aussitôt de gauche. Dans « Tout l'Amour du Monde », il interrogeait déjà : « Aimez-vous l'immobilité? ». Dès la fin de la guerre, il a dit non. Plus rien ne le retenant en France où le bonheur avait été coupé en morceaux, il a fait ses valises et s'en va aux confins de l'Occident pour jouer les hussards. De ces frontières belliqueuses, il nous adresse des messages purificateurs débarbouillant la littérature des cascades de bidets, Des balcons de Pathmos, il salue la mythologie et si Maurras chantait l'Acropole, Michel Déon l'aime et en est fasciné. Il voit l'Occident se réveiller, mais ce n'est que pour mieux pouvoir mourir. Monsieur Michel Déon est un enfant triste, pour reprendre le titre de Roger Nimier, c'est-à-dire pessimiste. Il devine les sept anges aux sept plaies qui recevront les coupes de la colère, ce septième signe dont nous parle l'Apocalypse. La chute de Babylone est proche mais Michel Déon nous persuade qu'il fait toujours beau... même s'il ne le croit pas.

« Enterrés les héros. L'aventure s'est étrécie aux dimensions de ces fins de jours de novembre. Plus de Graal ni de dragons. Plus même de belles nuances de gris pour dire l'absurdité de tout. Le gris nous est entré dans la peau, notre sang est couleur de cendre. Voici la vie de l'homme : quelconque, hâtive, semblable » (2).

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Monsieur François Nourrissier est un nouveau Rastignac dans un Paris où il n'y a plus rien à conquérir. Coincé entre l'insolence agressive de Roger Nimier et la liberté illusoire de Michel Déon, il promène son ennui du Parc Monceau à la place des Ternes. Ce dandy, malheureux d'être bourgeois dans un siècle où il « vit en suisse », est sans doute le plus tragique de nos romanciers actuels. Il montre la peur, l'angoisse, l'ennui derrière la forfanterie de façade, l'illusion de bonheur et l'étroitesse des plaisirs. Plus que Messieurs Déon ou Blondin, il est sans doute le seul (avec Roger Nimier, mais dans une moindre mesure) à avoir senti le vide né de l'abandon des clichés d'Epinal, à dépeindre le malaise de la solitude et à dénoncer la médiocrité intouchable. François Nourrissier peut nous réserver une grande œuvre.

III. — En guise de conclusion.

La conclusion que l'on peut faire concerne avant tout leur influence sur des auteurs plus jeunes qui, tout en respectant l'atmosphère, l'élégance ou l'humour des situations même si elles sont d'une manière vigoureuse, dépasseront ces romanciers en adaptant leurs récits aux situations d'aujourd'hui, mais tout en maintenant une certaine folie familière, ennemie de l'ennui. Je ne vois pas grand monde qui puisse succéder à nos hussards. Le seul nom que je puisse avancer (et en me compromettant encore!) est celui de Gabriel Matzneff.

Jean-Paul ROUDEAU,

Notes :

(1)       « Du roman en France » dans     Poitiers-Université de décembre 1970.

(2)       «   Une histoire Française » par   François Nourrissier, Edit. Grasset.       

Sources : Défense de l’Occident – Numéro 94, Janvier – février 1971

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Louis-Nathaniel Rossel, communard, héros national-révolutionnaire

 

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Louis-Nathaniel Rossel, est né le 9 septembre 1844 à Saint-Brieuc (Côtes-du-Nord) et mort exécuté le 28 novembre 1871 au camp de Satory à Versailles (enterré à Nîmes).

Il est le seul officier supérieur de l'armée française(Colonel) à avoir rejoint, dès le 19 mars 1871, par patriotisme la Commune de Paris en 1871 et à y avoir joué un rôle important comme délégué à la Guerre.

Edith Thomas, auteur de l’ouvrage de référence et que nous recommandons à tous nos amis : Rossel – Ed. Gallimard, 1967 a écrit : « Je sais bien que la littérature et la philosophie d'aujourd'hui se méfient des « belles âmes » et préfèrent les salauds. Je sais bien que l'histoire d'aujourd'hui ne s'intéresse guère qu'aux statistiques, aux courbes des prix, à l'action des masses et qu'elle ne retient, à la rigueur, que les noms de ceux qui ont contribué à changer le monde. Rossel n'a rien changé. Il a échoué sur tous les plans : national et révolutionnaire. Il n'a sauvé que sa conscience. »

Le délégué à la guerre de la Commune fut illégalement passé par les armes avec Ferré et le sergent Bourgeois, le 28 novembre 1871, au poteau de Satory.

L'on écrivit une complainte en hommage à ce grand homme de foi, ce révolutionnaire effronté, ce jeune homme insolent qui — chose rare — avait les moyens de son insolence. Selon E. Thomas, les auteurs de cette complainte sont Naquet (Alfred, sans nul doute), Louis Blanc, Rochefort et... Victor Hugo. La voici.

 

La Complainte de Rossel

Il n’avait pas trente ans, le cœur plein d’espérance

Plein de patriotisme et d’abnégation,

Quand les bourreaux français tranchèrent l’existence

De ce grand citoyen, de ce fier champion.

 

[Refrain] C’est pour la Commune égorgée

Qu’il est mort frappé par la loi.

Ô Rossel, mon enfant, ta mort sera vengée,

Ô martyr, dors en paix, dors en paix,

La France pense à toi.

 

On l’a fait fusiller comme un coupable infâme,

Comme s’il eût commis des crimes inouïs,

Ce fier vaillant soldat qui n’avait dans son âme

Que trop d’amour, hélas ! pour son pauvre pays

 

Il est mort glorieux pour le salut du monde,

Comme le Christ est mort par la main des bourreaux.

Mais son sang généreux vivifie et féconde

Le droit de liberté qu’il défendait si haut.

 

La République était son amante adorée,

Pour elle, il a donné sa jeunesse et son sang.

Les Français en émoi, la France déchirée

Pleurent avec nous ce fils, pleurent cet innocent.

 

Adieu, mon fils, adieu. Ton immense infortune

Laisse dans notre cœur un immortel regret.

Mais si le peuple un jour refaisait la Commune,

C’est au nom de Rossel qu’il se soulèverait.

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II faut qu'il existe chez l’homme quelque ressort puissant... G. Sorel

 

Georges Sorel

Les savants de la bourgeoisie n'aiment pas à s'occuper des classes dangereuses ; c'est une des raisons pour lesquelles toutes leurs dissertations sur l'histoire des mœurs demeurent toujours superficielles ; il n'est pas très difficile de reconnaître que c'est la connaissance de ces classes qui permet seule de pénétrer dans les mystères de la pensée morale des peuples.

Les anciennes classes dangereuses pratiquaient le délit le plus simple, celui qui était le mieux à leur disposition, celui qui est aujourd'hui relégué dans les groupes de jeunes voyous sans expérience et sans jugement. Les délits de brutalité nous semblent être aujourd'hui quelque chose d'anormal à tel point que si la brutalité a été énorme, nous nous demandons souvent si le coupable jouit bien de son bon sens. Cette transformation ne tient évidemment pas à ce que les criminels se sont moralisés, mais à ce qu'ils ont changé leur manière de procéder, en raison des conditions nouvelles de l'économie, comme nous le verrons plus loin. Ce changement a eu la plus grande influence sur la pensée populaire.

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La férocité ancienne tend à être remplacée par la ruse et beaucoup de sociologues estiment que c'est là un progrès sérieux ; quelques philosophes qui n'ont pas l'habitude de suivre les opinions du troupeau, ne voient pas très bien en quoi cela constitue un progrès au point de vue de la morale : « Si l'on est choqué de la cruauté, de la brutalité des temps passés, dit Hartmann, il ne faut pas oublier que la droiture, la sincérité, le vif sentiment de la justice, le pieux respect devant la sainteté des mœurs caractérisent les anciens peuples ; tandis que nous voyons régner aujourd'hui le mensonge, la fausseté, la perfidie, l'esprit de chicane, le mépris de la propriété, le dédain de la probité instinctive et des mœurs légitimes, dont le prix souvent n'est plus compris. Le vol, le mensonge, la fraude augmentent malgré la répression des lois dans une proportion plus rapide que ne diminuent les délits grossiers et violents comme le pillage, le meurtre, le viol, etc. L'égoïsme le plus bas brise sans pudeur les liens sacrés de la famille et de l'amitié, partout où il se trouve en opposition avec eux.

Aujourd'hui, d'ordinaire, on estime que les pertes d'argent sont des accidents que l’on est exposé à rencontrer à tout pas que l'on fait et qui sont facilement réparables, tandis que les accidents corporels ne le sont pas facilement ; on estime donc qu'un délit de ruse est infiniment moins grave qu'un délit de brutalité ; les criminels profitent de cette transformation qui s'est produite dans les jugements.

Notre code pénal avait été rédigé dans un temps où l'on se représentait le citoyen sous les traits d'un propriétaire rural, uniquement préoccupé de gérer son domaine en bon père de famille et de ménager à ses enfants une situation honorable ; les grandes fortunes réalisées dans les affaires, par la politique, par la spéculation étaient rares et considérées comme de vraies monstruosités ; la défense de l'épargne des classes moyennes était un des grands soucis du législateur. Le régime antérieur avait été encore plus terrible dans la répression des fraudes, puisque la déclaration royale du 5 août 1725 punissait de mort le banqueroutier frauduleux; on ne peut rien imaginer qui soit plus éloigné de nos mœurs actuelles ! Nous sommes aujourd’hui disposés à croire que les délits de ce genre ne peuvent être généralement commis que grâce à une imprudence des victimes et qu'ils ne méritent que par exception des peines afflictives ; et encore nous contentons-nous de peines légères.

Dans une société riche, occupée de grandes affaires, où chacun est très éveillé pour la défense de ses intérêts, comme est la société américaine, les délits de ruse n'ont point les mêmes conséquences que dans une société qui est obligée de s'imposer une rigoureuse parcimonie ; il est, en effet, très rare que ces délits puissent apporter un trouble profond et durable dans l'économie ; c'est ainsi que les Américains supportent, sans trop se plaindre, les excès de leurs politiciens et de leurs financiers. P. de Rousiers compare l’Américain à un capitaine de navire qui, pendant une navigation difficile, n'a pas le temps de surveiller son cuisinier qui le vole. « Quand on vient dire aux Américains que leurs politiciens les volent, ils vous répondent d'ordinaire : « Parbleu, je le sais bien ! » Tant que les affaires marchent, tant que les politiciens ne se trouvent pas en travers de la route, ils échappent, sans trop de peine, aux châtiments qu'ils méritent. »

Depuis que l'on gagne facilement de l'argent en Europe, des idées analogues à celles d'Amérique se sont répandues parmi nous. De grands brasseurs d'affaires ont pu échapper à la répression, parce qu'ils avaient été assez habiles, aux heures de leurs succès, pour se créer de nombreuses amitiés dans tous les mondes ; on a fini par trouver qu'il serait bien injuste de condamner des négociants banqueroutiers et des notaires qui se retiraient ruinés après de médiocres catastrophes, alors que les princes de l'escroquerie financière continuaient à mener joyeuse vie. Peu à peu la nouvelle économie a créé une nouvelle indulgence extraordinaire pour tous les délits de ruse dans les pays de haut capitalisme.

Dans les pays où subsiste encore aujourd'hui l'ancienne économie familiale, parcimonieuse et ennemie de la spéculation, l'appréciation relative des actes de brutalité et des actes de ruse n'a pas suivi la même évolution qu'en Amérique, qu'en Angleterre, qu'en France ; c'est ainsi que l'Allemagne a conservé beaucoup d'usages de l'ancien temps et qu'elle ne ressent point la même horreur que nous pour les punitions brutales ; celles-ci ne lui semblent point, comme à nous, propres aux classes les plus dangereuses.

Il n'a pas manqué de philosophes pour protester contre un tel adoucissement des jugements ; d'après ce que nous avons rapporté plus haut de Hartmann, nous devons nous attendre à le rencontrer parmi les protestataires : « Nous sommes déjà, dit-il, près du temps où le vol et le mensonge que la loi condamne seront méprisés comme des fautes vulgaires, comme une maladresse grossière, par les adroits filous qui savent respecter le texte de la loi, tout en violant le droit d'autrui. J'aurais assurément mieux aimé, pour mon compte, vivre parmi les anciens Germains, au risque d'être tué à l'occasion, que d'être obligé, dans nos cités modernes, de tenir chaque homme comme un escroc ou un coquin, tant que je n'ai pas de preuves évidentes de sa probité. » Hartmann ne tient pas compte de l'économie ; il raisonne à son point de vue personnel et ne regarde point ce qui se passe autour de lui; personne ne voudrait aujourd'hui être exposé à être tué par les anciens Germains ; une escroquerie ou un vol ne sont que des dommages très facilement réparables

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L'expérience nous a, en effet, prouvé malheureusement que les enseignements que les historiens des idées nomment des enseignements très élevés, restent d'ordinaire sans efficacité. Cela avait été évident pour les stoïciens ; cela n'a pas été moins remarquable pour le kantisme ; et il ne semble pas que l'influence pratique de Proudhon ait été bien sensible. Pour que l'homme fasse abstraction des tendances contre lesquelles s'élève la morale, il faut qu'il existe chez lui quelque ressort puissant, que la conviction domine toute la conscience et agisse avant que les calculs de la réflexion aient eu le temps de se présenter à l'esprit.

On peut même dire que tous les beaux raisonnements par lesquels les auteurs croient pouvoir déterminer l'homme à agir moralement, seraient plutôt capables de l'entraîner sur la pente du probabilisme ; dès que nous raisonnons sur un acte à accomplir, nous sommes amenés à nous demander s'il n'y aurait pas quelque moyen propre à nous permettre d'échapper aux obligations strictes du devoir.

Sources : G. Sorel - Réflexions sur la violence – Ed. Marcel RIVIERE & Cie.

reflexions sur la violence

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