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Il y a 14 ans, Robert Dragan, répondant aux questions de Pierre Vial, démontrait que l'arme première des mondialistes était la monnaie. De ce fait, ce n'était pas le peuple américain qui était l'ennemi des Européens, mais bien plutôt les acteurs, peu nombreux mais efficaces, de l’État profond. 

 

Terre&Peuple : Ce livre montre-t-il la nocivité du modèle américain ?

Robert Dragan : L’intérêt du livre de Mullins est qu’il détaille les origines de la FED, et que celles-ci sont à rechercher en Europe. Considérer que les États-Unis seraient, dès leur création, le levier d’un mondialisme ennemi de la civilisation du “Vieux Continent” est une grossière erreur. Il faut noter que les créateurs de la jeune République américaine avaient explicitement écrit dans leur Constitution que la monnaie devait être contrôlée par le Congrès (cf. plus haut). Dès son indépendance, le jeune État a dû faire face à de nombreuses tentatives de soumission téléguidée par la banque d’Angleterre. Le plus extraordinaire est qu’il y ait résisté, avec beaucoup de fermeté jusqu’en 1914. En 1836, le président Andrew Jackson déclarait : “Vous [les banquiers] êtes un nid de vipères. J’ai l’intention de vous déloger et, par l’Eternel, je vous délogerai. Si seulement le peuple était conscient de l’injustice flagrante de notre monnaie et de notre système bancaire, il y aurait une révolution avant demain matin”. De fait, les causes des soucis politiques que rencontrent les États-Unis ne sont jamais éloignées de cette résistance à la City londonienne : guerre de 1812 avec

l’Angleterre, guerre de Sécession (1861-65). Les présidents qui trouvèrent la mort violemment sont toujours des adversaires de la création des banques centrales : Lincoln en 1865, Garfield en 1881, Kennedy en 1963… purs hasards sans doute. Quand en 1913, le projet de la FED est voté, les États-Unis sont l’un des derniers États modernes à se doter

d’une banque centrale. C’était chose faite en France au début du XIXe siècle sous le règne de Napoléon Ier avec Jacob (dit James) Rothschild, ce fut le cas dans l’Allemagne réunifiée dès 1876(5) avec Samuel Bleichroder, agent depuis 1828 des mêmes Rothschild.

Paul Warburg, “technicien” du projet de Jekyll Island, avait joué auparavant un rôle capital dans la création de la banque centrale allemande. Le seul État à résister encore était la Russie tsariste : mais la révolution bolchevique, financée par les mêmes banques qui créèrent la FED, aplanit la situation, ouvrant la Russie aux spéculateurs capitalistes de Wall Street. Il convient donc de raisonner en terme d’hommes, de familles, de groupes organisés, d’oligarchies, et non

d’États, de Nations. Les Anglo-Saxons ne constituent pas un “peuple de capitalistes” : bien au contraire, les États-Unis ont été fondés par des hommes libres qui cherchaient à s’affranchir des tutelles subies dans la vieille Europe. Leur dessein premier était de constituer une société paysanne, constituée d’“Égaux” faisant revivre les libertés germaniques : rappelons que le premier Parlement de notre ère fut le Thing des Islandais. Evidemment, les choses ont évolué dans

un sens bien différent. Il suffit de constater à quel point les peuples anglo-saxons souffrent au quotidien, tout comme   nous, des conséquences du mondialisme (immigration de masse, criminalité, endettement, nouvelle pauvreté) pour comprendre que, comme tous les peuples européens, ils sont victimes et non acteurs d’un destin imposé par d’autres. Il ne faut pas oublier que les résistants au Nouvel Ordre Mondial sont nombreux dans le peuple américain : Ezra Pound qui fut le maître à penser d’Eustace Mullins, ce dernier étant très fier de rappeler qu’il descend d’une des familles des premiers fondateurs des colonies américaines, Francis Parker Yockey, l’historien Anthony Sutton, entre autres. Mullins évoque longuement les combats de retardement menés par les élus de son pays. Et notre Histoire devrait retenir et honorer les noms du député Charles Lindberg, élu du Minnesota au Congrès de 1907 à 1917, qui déclarait :“notre système financier est un faux système et il représente un lourd fardeau pour le peuple”, et “cette loi [qui met en place la FED] établit le trust le plus gigantesque de la terre.” ; du sénateur du Wisconsin Robert M. La Folette, élu de 1905 à 1925, qui déclara savoir de sources personnelles que pas plus de huit hommes contrôlaient son pays ; de l’avocat de Cleveland Alfred Crozier déclarant: “Cent ans auparavant, Thomas Jefferson avait prévenu le peuple américain qu’une banque centrale privée émettant la monnaie publique était une plus grande menace pour les libertés du peuple qu’une armée debout” ; de Bryan, le chef des démocrates qui déclara : “C’est la seule et unique chose que je regrette dans ma carrière publique – mon travail pour garantir l’adoption de la loi de Réserve Fédérale” ; de Louis Mac Fadden, président de la Commission bancaire et monétaire de la Chambre des Représentants, qui le 13 janvier 1932, introduisit une résolution d’impeachment contre Conseil des Gouverneurs de la Reserve Fédérale pour “conspiration criminelle”, en vain, on s’en doute.

 

Terre&Peuple : La lecture de Mullins est donc indispensable ?

Robert Dragan : Elle l’est absolument si on veut comprendre l’histoire de ces deux derniers siècles. Certains affirment que le monde capitaliste est celui du libéralisme, donc de l’imprévisible, et pourquoi pas de l’anarchie. Rien n’est plus faux. Le monde dans lequel nous évoluons est très étroitement encadré.

Citons le banquier américain Paul Warburg, artisan du projet de la FED, dont, le frère Max resté propriétaire de la banque familiale à Hambourg, fut le conseiller du Chancelier et le chef des services secrets allemands. Le 16 novembre 1914, jour où la FED commence son travail, il déclare : “Cette date peut être considérée comme le 4 Juillet (6) de l’histoire économique des États-Unis”. Avec la création des banques centrales, l’oligarchie a imposé un contrôle absolu sur le monde politique occidental. Le combat contre ce système est celui de tous les identitaires européens, qu’ils peuplent les “pays neufs” ou la vieille Europe. Identitaires de tout le monde européen, unissez-vous !

Qu'est-ce qu'une banque centrale ? N°52 de la revue Terre et Peuple, juin 2012, Le Capital attaque.

 

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