Résistance Identitaire Européenne

Guerre Culturelle

L’Amérique : de la pensée biblique à la pensée unique

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La pensée unique qui ravage le monde occidental est le dernier avatar de la pensée biblique dont l’origine se situe en Amérique. D’ailleurs, pour comprendre l’esprit autodestructeur de l’américanisme, on peut se référer aux romanciers ou essayistes américains comme Sinclair Lewis, Henry Miller, Edgar Allan Poe, ou HL Mencken, ou à des romanciers français comme L. F. Céline, Henry de Montherlant et Jean Cau, ou bien à l’Allemand Joachim Fernau. Inutile de lire les innombrables tergiversations des sociologues, politologues et autres experts auto-proclamés qui ne s’occupent de l’avenir de l’Amérique que dans leur propre domaine de spécialisation.

La place centrale dans le mental américain, c’est la Bible qui l’occupe. En Amérique, il est pratiquement impossible de se déclarer ouvertement agnostique ou athée et d’aspirer en même temps à une haute fonction politique. Au cours des deux derniers siècles, la pensée biblique, avec ses dérives séculaires, légalistes and hyper-moralistes, a joué un rôle beaucoup plus important dans les affaires publiques américaines que ne l’a fait le constitutionnalisme américain tant vanté aux quatre coins du monde. Le mode de vie américain, l’absence de sens du tragique, la mentalité du «keep smiling », que l’on peut décrire à juste titre comme une forme de moraline puritaine, sont des produits de la mentalité vétérotestamentaire. Bien que l’Amérique se targue d’un degré élevé de tolérance sociale et rejette fermement l’ingérence politique de toute église organisée, son obsession pour les prêchi-prêcha moralisateurs frise le délire de masse. Nombreux Américains ne s’en rendent pas compte et considèrent en revanche leur position moralisatrice comme quelque chose d’exportable dans le monde entier. Des penseurs européens tels que Thomas Molnar ou Alain de Benoist décèlent dans ce comportement une dérive missionnaire et pédagogique. Un mental d’oukase – pourrait-on ajouter. Aux yeux des Européens, même ceux qui sont très religieux, ce genre d’hyper-moralisme américain est en train de devenir aujourd’hui très populaire. L’anthropologue allemand Arnold Gehlen, auteur proche de la pensée conservatrice révolutionnaire, note que le système américain et son expression libérale sont profondément ancrés dans la doxa vétérotestamentaire qui se reflète parfaitement dans la politique étrangère des Etats-Unis.

Par conséquent, aimer la Bible signifie également embrasser ses pères fondateurs juifs et faire d’Israël le point névralgique de la politique étrangère de l’Amérique. À l’instar des anciens Hébreux, les pères fondateurs de l’Amérique se sont également imaginés comme des bienfaiteurs venus dans la nouvelle Canaan en provenance d’une Europe moribonde et pestilentielle. Le sociologue allemand, fort perspicace, Werner Sombart a également écrit que « ce que nous appelons américanisme n’est que l’esprit juif ayant trouvé son expression définitive ». Pour user d’une tournure freudienne postmoderne, les rejetons des anciens pèlerins américains furent obligés de tuer leur père européen afin de « faire du monde un endroit sûr pour la démocratie ». Il s’ensuivit, au milieu du XXe siècle, la naissance d’une nouvelle langue de bois hygiénique, très similaire à la langue de bois soviétique. D’une part, les expressions telles que « affirmative action », « ethnic sensitivity training » « diversity » prévues pour les élus bien-pensants ; et d’autre part, quelques termes diffamatoires pour les nouveaux damnés de la terre, comme « white supremacists », « white terorrists, « fascists », etc.

Autre renversement de la névrose judéo-chrétienne. De nombreux conservateurs chrétiens et traditionalistes américains ne cachent guère leurs sentiments judéophobes. Néanmoins, ils sont subconsciemment épris de l’idée juive de prédestination qu’ils adoptent à côté de leurs sentiments antijuifs. En fait, on pourrait décrire l’antisémitisme américain comme une forme déformée et cachée de philosémitisme. L’Amérique fut conçue comme une forme étendue d’Israël globalisé, qui ne peut nullement être réservée à une seule tribu ou nation spécifique. En fait l’homo americanus est un dédoublement de l’homo judaïcus mais à l’échelle planétaire. De tous les sujets, au XXe siècle et en particulier au début du troisième millénaire, l’analyse critique de l’influence du monothéisme juif sur l’Amérique ou la description explicite du rôle des Juifs dans la vie publique américaine est un tabou ; tout enquête critique sur le rôle des Juifs en Amérique risque d’entraîner l’ostracisme politique, académique et médiatique.

Vu le grand remplacement survenu au cours de ces derniers trente ans, nous sommes les témoins d’une nouvelle auto-ségrégation raciale et de la balkanisation de l’Amérique en diverses entités ethniques et raciales. En outre, les Blancs américains, qui possèdent de grands savants en sociobiologie et génétique (tel Kevin MacDonald), auront des difficultés pour faire concorder leurs analyses raciales avec le fondamentalisme biblique apatride qui continue d’être la caractéristique de la plupart des traditionalistes et conservateurs. Tant que les Américains blancs continueront à trimballer leur sur-moi judéo-chrétien, ils seront constamment en contradiction avec eux-mêmes, toujours victimes de la haine de soi. Leur comportement névrotique, consistant en l’acceptation de l’œcuménisme chrétien d’une part, et d’autre part le refus de l’Autre non-blanc, venu d’Amérique latine ou de la profondeur de l’Asie pacifique n’a pas de sens.

L’appétit égalitaire, paléo-communiste, jadis observé chez l’homo sovieticus de l’Europe de l’Est, bat son plein en Amérique quoique sous un autre signifiant. Autrefois, lorsque l’inégalité était considérée comme naturelle, comme c’était le cas dans le Sud de l’Amérique avant la Guerre Civile, même le signe le plus grossier d’inégalité n’offensait pas l’œil de l’observateur. En revanche, lorsque tout le monde est déclaré égal, même la plus petite dose d’inégalité devient insupportable. Claude Polin, un grand penseur français, a bien saisi la dynamique de la pensée totalitaire proto-communiste. Comme Tocqueville, Polin observe avec inquiétude la nature grégaire du démocratisme en Amérique qui suscite la « terreur de tous contre tous ». « Comment est-il possible », demande-t-il, « que l’on craigne un roi exerçant son pouvoir, et pourquoi a-t-on moins peur si le même pouvoir est conféré à des millions de petits rois ? »

Assurément, dans un système égalitaire de contre-pouvoir dispersé comme en Amérique (« checks and balance »), aucun citoyen ne peut jamais détenir le pouvoir absolu. C’est impossible. En revanche, dans le système atomisé et égalitaire de l’Amérique, le pouvoir dispersé conduit fatalement à la terreur dispersée, dans laquelle s’efface la frontière entre l’ami et l’ennemi. Tout le monde devient à la fois victime et commissaire, à l’instar de l’homo sovieticus dans l’ex-univers communiste où chaque personne exerçait sa petite terreur contre son voisin immédiat. Le libéralisme, qui a trouvé sa meilleure expression dans l’américanisme, est devenu, d’une manière bien plus raffinée que le communisme, un système mondial ressemblant à un état de nature géant dans lequel une guerre civile latente peut à tout moment dégénérer en une guerre civile mondiale.

Au pays qui perd rapidement son homogénéité raciale, la vie quotidienne se transforme de plus en plus en un méga-système d’intérêts particuliers, ethniques, raciaux et économiques, qui présagent l’éclatement du pays. Une guerre civile hybride, de basse intensité, deviendra réalité lorsqu’un état d’urgence sera déclaré suite à une émeute raciale majeure ou bien suite à un règlement majeur dit « sanitaire », comme c’est le cas avec les interminables confinements d’aujourd’hui face à la Covid 19. C’est le scénario que les élites américaines et européennes craignent le plus.

Or à quelque chose malheur est bon. Par rapport aux Européens victimes de leurs querelles de chapelles et de guerre tribales millénaires, l’Amérique a l’avantage de posséder une population de souche européenne très compacte. Les grands carcans de ce que F. Nietzsche appelait à juste titre et d’une manière dérisoire « l’histoire monumentale » ou « l’histoire antiquaire », qui ensauvagent régulièrement les Européens les uns contre les autres, font défaut en Amérique. Malgré le chaos qui s’annonce dans tout l’Occident, de larges strates de la population blanche américaine seront mieux préparées à y faire face.

Reste à savoir comment l’américanisme poursuivra son odyssée dans une société où cohabitent ceux qui réussissent dans l’arène capitaliste et ceux qui sont à la traîne de la dictature du marché libre. L’idéologie capitaliste américaine interdit le développement de valeurs éthiques et politiques qui pourraient justifier des différences hiérarchiques et raciales, telles que celles que l’on a vues en Amérique et en Europe jusqu’à une époque récente. Dans un avenir proche, l’américanisme, similaire à l’ancien système communiste, ne fonctionnera que comme une forme élémentaire de survivalisme de masse dans laquelle les petites guerres interraciales seront la norme.

Tomislav Sunic

 

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« Ayant vécu sous le communisme et possédant une connaissance directe du fonctionnement de la terreur d’État, Tomislav Sunic se trouve dans une position unique pour décrire le glissement actuel de l’Amérique vers ce qu’il qualifie à juste titre de “totalitarisme mou”. Ce régime se maintient moins par la force brutale que par une campagne incessante, extrêmement sophistiquée et prodigieusement efficace qui vise à contenir l’activité politique et culturelle dans des limites très étroites. Les dissidents ne sont pas jetés en prison ou frappés à l’aide de matraques, mais sont tranquillement ignorés et marginalisés » (extrait de l’avant-propos de K. MacDonald).

Au sommaire : Américanisme et antiaméricanisme. — Homo sovieticus et Homo americanus. — Les origines du « «politiquement correct » et le rôle de l’Amérique dans son perfectionnement. — Les origines bibliques du fondamentalisme américain. — Nous croyons en Yahvé : une politique étrangère divine. — La post-Amérique et la postmodernité. — L’exit des Euro-Américains. — L’étrangeté de la démocratie américaine. 288 p.

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Source: Breizh-info.com - 05/12/2021

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