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En près de soixante ans d’existence, la Nouvelle Droite (ND) en France a suscité un flot considérable de commentaires négatifs souvent infondés si on excepte la démarche critique de Maurice Bardèche tenue dans ses éditoriaux de Défense de l’Occident et de la revue traditionaliste radicale Totalité. La violente campagne de presse de l’été 1979 se déclenche à l’instigation de journalistes de gauche et d’extrême gauche obsédés par la hantise de leurs     « années les plus sombres de l’histoire », mais il ne faut jamais oublier que l’antériorité des médisances revient aux milieux catholiques, en particulier des cénacles héritiers de la Cité catholique de Jean Ousset, qui ne goûtent guère les idées novatrices du nouveau courant de réflexion.

Ces groupes conservateurs chrétiens n’ont jamais renoncé à prévenir leurs ouailles d’une soi-disant nocivité de la Nouvelle Droite. Responsable de Renaissance catholique, Jean-Pierre Maugendre vient de signer La Nouvelle Droite en question chez Via Romana qui, savoureux paradoxe, publie aussi des ouvrages de Dominique Venner, d’Alain de Benoist et de Jean-Yves Le Gallou.

Le travail de Jean-Pierre Maugendre est décevant, digne d’un lycéen en classe de première. L’énumération laborieuse démontre des connaissances faibles, faute de recherches sérieuses approfondies. Par exemple, l’auteur mentionne la participation aux élections législatives de 1967 « du Mouvement nationaliste du progrès (MNP) (p. 17) ». Erreur ! Les candidats issus d’Europe-Action concourent alors au nom du Rassemblement européen de la liberté (REL). La lecture d’un ouvrage de l’historien israélien francophone Joseph Algazy (1938 - 2026) L’Extrême droite en France de 1965 à 1984 (1) lui aurait évité cette inexactitude.

C’est une vraie gageure de résumer en cent-douze pages et dans un format de poche (10,5 x 14,6 cm) six décennies de combat intellectuel. En outre, la bibliographie qu’il donne est bien succincte. Les souvenirs d’Alain de Benoist (2), de Jean-Claude Valla (3) et de Pierre Vial (4) ne sont pas cités ! Jean-Pierre Maugendre ne fait qu’extraire quelques phrases de numéros de Nouvelle École des années 1970. Sa liste bibliographique ne comprend d’ailleurs que quatre livres d’Alain de Benoist dont L’Homme qui n’avait pas de père : le dossier Jésus (5) jamais abordé !

Il s’agit tout simplement d’un nouveau règlement de compte de la part d’une personne au ton affable qui s’agace du succès certain auprès des jeunes générations d’une école intellectuelle qui a des équivalents hors de l’Hexagone. Si Jean-Pierre Maugendre avait au moins consulté l’ensemble des numéros d’Éléments, il aurait ainsi relevé l’existence d’autres Nouvelles Droites (6). Ces différentes Nouvelles Droites, tant européennes qu’ibéro-américaines, dans leur variété influenceraient aussi bien des mouvements panafricanistes implantés en Amérique et en Afrique que certaines figures de l’Alt Right aux États-Unis et au Canada anglophone.

L’auteur de l’opuscule rappelle que « la Nouvelle Droite n’a jamais accédé au pouvoir (p. 77) », ce qui n’a jamais été dans ses intentions, preuve de l’incompréhension de l’auteur des tenants et aboutissants du gramscisme. Il préfère cibler le GRECE (Groupement de recherches et d’études pour la civilisation européenne) et le Club de l’Horloge – devenu en 2015 le Carrefour de l’Horloge – qui, malgré de notables et substantielles divergences, proviennent de la même matrice conceptuelle avec une brève double appartenance tels Yvan Blot ou Jean-Yves Le Gallou. Il esquisse un autre cas de double appartenance (fausse) sans s’appesantir à propos du sociologue Jules Monnerot (1909 – 1995), un temps président du conseil scientifique du Front national. Bien que membre du comité de patronage de Nouvelle École, l’auteur de Sociologie de la Révolution se sentait en plus grandes affinités avec le Club de l’Horloge au sein duquel il défendait dans Désintox (7) la préférence de civilisation occidentale. 

Jean-Pierre Maugendre s’offusque du national-libéralisme des « Horlogers » qui ont l’outrecuidance de vouloir « un retour aux idéaux républicains débarrassés de leurs scories marxistantes (p. 26) ». Il juge que leur « conception de la liberté est conforme aux principes originels de la Nouvelle Droite en particulier celui selon lequel il n’existe pas de principe ni de lois universelles (p. 25) ». Dans quelle domaine ? La Nouvelle Droite ne contredit jamais la loi de la gravitation universelle ou les règles mathématiques effectives sous toutes les latitudes.

L’entreprise de Jean-Pierre Maugendre est spécieuse. Défiant à l’égard de l’ethnodifférencialisme dont le jugement le rapproche des plumitifs de Streetpress, de Libération et de Mediapart, il avance que l’homme « est d’abord une créature de Dieu et sous cet aspect tous les hommes sont égaux en dignité (p. 82) ». On reconnaît bien là le prêchi-prêcha égalitariste qui a durablement contaminé la civilisation européenne. En fait, l’homme, animal socio-historique et politique, est avant tout un être bioculturel qui s’inscrit et s’épanouit dans un écosystème spécifique d’échelle de valeurs diversifiées. Il est en revanche vrai que « chaque civilisation a son mode d’accès propre à la transcendance, s’incarnant dans une religion identitaire dont l’hindouisme est l’archétype en Inde (p. 70) ». N’en déplaise au cosmopolite spirituel Jean-Pierre Maugendre, il découle par conséquent de la pluralité du monde l’incontestable droit à la différence des peuples !

L’auteur de La Nouvelle Droite en question reste parfois obscur sinon imprécis quand on lit que « pour la Nouvelle Droite, l’homme est le fruit d’une évolution (p. 80) ». Vise-t-il le darwinisme ? Certes, Yves Christen soutient au sein de la Nouvelle Droite des positions darwiniennes, mais son analyse ne fait pas l’unanimité. La théorie de Charles Darwin peut s’appliquer aux organismes cellulaires avant qu’entre en jeu les champs morphiques et morphogénétiques énoncés à la fin du XXe siècle par Rupert Sheldrake (8).

D’après Jean-Pierre Maugendre, les maîtres-penseurs de la Nouvelle Droite seraient Frédéric Nietzsche, Louis Rougier, René Guénon et Julius Evola. Formidable contresens pour Guénon dont les éventuels guénoniens au sein du GRECE sont principalement des évoliens. S’il avait vraiment examiné son sujet d’étude, il aurait appris qu’au XIIIe colloque national du GRECE du 10 décembre 1978, intitulé « Le GRECE prend la relève », se tenaient à la tribune les portraits géants d’Arnold Gehlen, de Henry de Montherlant, de Julius Evola et de Yukio Mishima (9). À l’occasion de ses trente ans, un ouvrage récapitulatif du Club de l’Horloge énonce ses douze maîtres à penser (10). À l’exception du cas particulier de Jules Monnerot, il en partage six avec le GRECE : Gustave Le Bon, Vilfredo Pareto, Carl Schmitt, Konrad Lorenz, Arnold Gehlen et Julien Freund (de nombreux catholiques !). Quant à Louis Rougier, représentant français du Cercle de Vienne en empirisme logique, c’est à sa contestation historique du christianisme antique qui lui vaut cet honneur. En revanche, Jean-Pierre Maugendre se tait sur le rôle essentiel de Giorgio Locchi (1923 – 1992) !

La Nouvelle Droite en question ne comprend pas qu’une école de pensée passe par des phases successives de recherches dues à des débats internes parfois épiques. Ainsi, au début de la décennie 1980 sous l’influence d’Armin Mohler, le GRECE s’affiche-t-il nominaliste. Puis, en lisant l’œuvre de Martin Heidegger, la référence nominaliste est abandonnée du fait de sa proximité génésique avec ce qui deviendra bientôt le libéralisme dans ses multiples manifestations.

Catholique convaincu, l’auteur de cet opuscule s’offusque de la grande place majeure au paganisme. Cela ne l’empêche pas de ne pas aborder les écrits de Robert Dun (alias Maurice Martin, 1920 - 2002) Il ne prévient pas son lecteur que les Nouvelles Droites, en France et ailleurs, comptent néanmoins des chrétiens engagés comme Arnaud Guyot-Jeannin, Luc Saint-Étienne ou l’Allemand Karlheinz Weißmann, étudiant en théologie luthérienne, sans oublier les Italiens et les Espagnols. Il existe un exemple fécond de collaboration entre des contre-révolutionnaires et la Nouvelle Droite dans le cadre d’un colloque tenu à l’université Lyon-III en 1989 à l’occasion du bicentenaire de la Révolution française où cohabitent Jean Vaquié, grand pourfendeur de la gnose, et Étienne Couvert, hostile à la Nouvelle Droite, et Jean-Paul Allard, Pierre Vial, Jacques Marlaud et Bernard Notin (11). En outre, Jean-Pierre Maugendre fait l’impasse sur L’éclipse du sacré (12), une passionnante discussion entre le païen Alain de Benoist et le philosophe catholique de tradition d’origine hongroise Thomas Molnar (1921 – 2010) (13). Il se scandalise du blasphème chez le Docteur Merlin et dans l’œuvre de Guy Sajer (alias Dimitri, de son vrai nom Guy Mouminoux, 1927 - 2022). Ne sait-il pas qu’Éléments n° 66 (septembre 1989) affirmait en couverture « Le droit au blasphème » ?

Jean-Pierre Maugendre considère que l’Europe « est morte depuis bien longtemps, sans doute au début du XVIe siècle lorsque la Réforme protestante divisa durablement l’ancienne chrétienté en deux mondes inconciliables (p. 67) ». On peut en réalité dater l’effondrement de la Chrétienté latine occidentale au Grand Schisme d’Occident dont la résolution factice en 1417 ne fait qu’accélérer des tendances centrifuges qui produiront bientôt les hussites (Jean Huss meurt dès 1415) et la Réforme protestante. Telle une étoile morte dont la lumière nous parvient grâce au décalage de plusieurs millénaires, l’Église catholique romaine ne disparaît ni au concile Vatican II, ni au concile de Trente, mais autour de 1378. Sourions quand il écrit qu’au Moyen Âge, « tous les États reconnaissaient l’autorité et le pouvoir d’arbitrage du Souverain Pontife (p. 72) ». Et la gifle, métaphorique ou pas, d’Anagni en 1303 ? Et les excommunications fréquentes chez les rois de France dont le roi Louis IX, futur saint Louis ? Ne parlons pas de la haute figure de Frédéric II de Hohenstaufen…

L’auteur de La Nouvelle Droite en question se montre envieux envers la réussite de TVLibertés (TVL) à laquelle il contribue par l’intermédiaire de l’émission « Terres de mission » (un bel exemple de masochisme) (14) et de l’Institut Iliade dont il accuse de manière implicite le nom des promotions trop antiquisantes à ses yeux. Il est certainement vrai que Charles Quint, Don Juan d’Autriche, Dante et Jean Raspail furent des païens virulents.

Il s’irrite enfin de la proximité intellectuelle entre la Nouvelle Droite et Academia Christiana. Il gourmande les responsables de cette association sans qu’il ne fasse la moindre mention du risque de dissolution injustifiée qui pèse sur elle. Solliciter pour à ses premières universités d’été des conférenciers de la Nouvelle Droite n’est guère facile. En 2016 ou en 2017, Alain de Benoist devait y intervenir alors que la session estivale s’organisait dans le cadre d’une école normande hors-contrat administrée par la Fraternité Saint-Pierre. À cette nouvelle, l’« Autrichien » du Figaro Magazine, grand pourfendeur du « terrorisme intellectuel », écrivit toute son indignation à la direction de la fraternité et de l’école qui incitèrent ensuite les animateurs d’Academia Christiana à reporter sine die cette intervention.

Lors de l’émission diffusée sur Radio Courtoisie du 16 juillet 2026, le « Libre-journal des traditions » de l’abbé Alain Lorans, dans les dernières minutes, Jean-Pierre Maugendre parle de son ouvrage et s’étonne de l’absence dans l’ouvrage de François Dambelin (15) du « pardon ». Oui, la Nouvelle Droite est étrangère au « pardon » qui n’est pas une notion philosophique, politique ou historique (16). Ancrée sur la réalité, cette école de pensée ne tire pas de plans sur la comète.

La Nouvelle Droite en question se termine par un document mis en annexe consacré à « La conversion de Guillaume Faye » qui n’a point été exclu du GRECE en 1987 et qui n’a jamais été « de retour au GRECE en 1997 (p. 91) ». Déjà paru dans Lectures françaises et dans la revue des dominicains traditionalistes Le Sel de la Terre, ce texte confirme ce que certains savaient.  « Toujours en excès de vitesse intellectuelle (17) », Guillaume Faye s’est montré jusqu’à la fin facétieux. En avant-propos de son premier essai sorti en 1981, Le système à tuer les peuples, Guillaume Faye écrivait que « sous l’aéroport de Johannesburg, il y a exactement le même (18) », c’est-à-dire un night club. Lors d’une conversation à son domicile dans le nord de la plaine du Forez, Jacques Marlaud, président du GRECE de 1987 à 1991 et qui avait vécu en Afrique du Sud entre 1971 et 1985, expliqua à votre serviteur, hilare, qu’il s’agissait d’une invention typique de Guillaume. Cette inclination à l’affabulation se retrouve dans une grande majorité de ses ouvrages, en particulier le pire, à savoir Comprendre l’islam (19), et à l’exception de son très original Les Extraterrestres de A à Z… (20).

On aura compris que La Nouvelle Droite en question est un opuscule ni fait ni à faire en raison de lacunes criantes, faute d’une connaissance approfondie sur le sujet. Ce bouquin ne convaincra que les convaincus. Inutile par conséquent de dépenser douze euros pour s’affliger d’un travail aussi superficiel.

Georges Feltin-Tracol

  • Jean-Pierre Maugendre, La Nouvelle Droite en question, Via Romana, 2026, 112 p., 12 €.

 

Notes

1 : Joseph Algazy, L’Extrême droite en France de 1965 à 1984, L’Harmattan, 1989.

2 : Alain de Benoist, Mémoire vive. Entretien avec François Bousquet, Éditions de Fallois, 2012.

3 : Jean-Claude Valla, Engagements pour la civilisation européenne. Souvenirs, préface de Michel Marmin, Alexipharmaque, coll. « Les Réflexives », 2014.

4 : Pierre Vial, Une terre, un peuple. Entretien avec Olivier Chalmel suivis de textes choisis, préface de Guillaume Faye, Terre et Peuple, 2000.

5 : Alain de Benoist, L’Homme qui n’avait pas de père : le dossier Jésus, Krisis, 2021. Pour l’auteur des présentes lignes, personnage historique qui cherchait à réformer une branche du judaïsme alors plus hénothéiste que monothéiste, Jésus était le fils naturel d’un centurion romain d’origine gauloise et d’une femme dont certains aïeux provenaient des « peuples de la mer » en partie originaires du monde celte, installés en Galilée. On retrouve en toponymie cette présence celtique au Portugal, en Galicie, en Galice, au Pays de Galles et chez les Galates d’Asie Mineure.

6 : Faisons à sa place ce travail. Éléments 85 (mai – juillet 1996) présente la ND italienne et ses revues Trasgressioni, Diorama Letterario et Futuro Presente. Le n° 86 (octobre 1996) traite de la ND allemande (le journal Junge Freiheit). Le n° 87 (décembre 1996) aborde la ND espagnole avec José Javier Esparza et sa revue Hespérides; le n° 88 (avril 1997) donne la parole à l’Argentin Alberto Buela, fondateur de la revue Disenso; le n° 89 (juillet 1997) la ND flamande avec Luc Pauwels et la revue TeKoS. Le n° 90 (novembre 1997) donne la parole au Roumain Bogdan Radulescu du Club des Accolades et de la revue Maiastra. Le n° 90 (mars 1998) s’achève avec la revue autrichienne Zur Zeit. Auraient pu aussi faire l’objet d’une présentation la ND russe avec Alexandre Douguine, la revue anglophone Scorpion de Michael Walker, la revue chilienne La Ciudad de los Cesares d’Erwin Robertson ou bien l’œuvre de José Luis Ontiveros (1954 – 2015), correspondant mexicain de Nouvelle École. En 2026, maintes de ces revues ne parissent plus.

7 : Jules Monnerot, Désintox, Albatros, 1987. On peut y lire sa communication, « Patriotisme de civilisation », prononcée à la première université annuelle du Club de l’Horloge à Nice du 28 avril au 1er mai 1985. Notons que parmi les intervenants de cette réunion, figurent deux compagnons de route du GRECE Christian Pigacé et Bernard Asso.

8 : Rupert Sheldrake, La mémoire de l’univers, Éditions du Rocher, coll.  « L’Esprit et la Matière », 1988.

9 : Cf. Éléments n° 28 – 29, mars 1979.

10 : Henry de Lesquen et le Club de l’Horloge, Le Club de l’Horloge. Trente ans de combat pour les idées politiques 1974 – 2004, Club de l’Horloge, sans date (2005 ?).

11 : Bernard Demotz et Jean Haudry (sous la direction de), Révolution Contre-Révolution, Éditions du Porte-Glaive, coll. « “ Alétheia ” Collection historique », 1990.  

12 : Thomas Molnar et Alain de Benoist, L’éclipse du sacré. Discours et réponses, La Table Ronde, 1986.

13 : Figure de proue aux États-Unis du paléoconservatisme, Thomas Molnar fut le conseiller politique de Viktor Orban lors de son premier mandat de chef du gouvernement hongrois entre 1998 et 2002.

14 : Jean-Pierre Maugendre critique la Nouvelle Revue d’Histoire de Dominique Venner, trop païenne à son goût. Pourquoi cache-t-il au lecteur néophyte que le directeur de cette publication s’appelait Benoît Mancheron, le patron des éditions… Via Romana ?

15 : François Dambelin, La Nouvelle Droite. Un panorama historique et métapolitique, La Nouvelle Librairie, coll. « Agora », 2026.

16 : En revanche, la Nouvelle Droite attend avec sérénité que Jean-Pierre Maugendre fasse amende honorable.

17 : Jean-Yves Le Gallou, Mémoires identitaires. 1968 – 2025 : les dessous du Grand Basculement, Via Romana, 2025, p. 44.

18 : Guillaume Faye, Le système à tuer les peuples, Copernic, 1981.

19 : Guillaume Faye, Comprendre l’islam, Tatamis, 2015.

20 : Guillaume Faye, Les Extraterrestres de A à Z, Dualpha, coll. « Vérités pour l’Histoire », 2000.