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Jean-Philippe Tanguy vient encore de montrer ce que vaut son prétendu attachement à l’identité. Interrogé sur le voile islamique, le député du Rassemblement national a cru bon de comparer celui-ci aux coiffes portées naguère par les Bretonnes. Sous la dentelle de Pont-l’Abbé, il aurait donc fallu apercevoir le même assujettissement que sous le hijab. Nos arrière-grand-mères bigoudènes attendaient apparemment Jean-Philippe Tanguy pour apprendre qu’elles étaient opprimées.

L’amalgame est aussi sot qu’injurieux. La coiffe bretonne ne dissimulait pas la femme derrière un commandement religieux universel : elle proclamait son pays, son terroir, parfois sa paroisse, son âge ou sa condition. Elle relevait d’un art féminin, transmis de mère en fille, dont les broderies, les formes et les dentelles faisaient l’objet d’une véritable émulation. Il y avait là de la coquetterie, de la dignité et un langage social. Rien qui ressemble à l’effacement méthodique du corps féminin imposé au nom de Dieu, du mari ou de la pudeur islamique.

Les coiffes bretonnes ont disparu pour les mêmes raisons que les costumes alsaciens, provençaux ou berrichons : l’exode rural, l’usine, la ville, la confection industrielle et l’uniformisation des mœurs. Les hommes avaient d’ailleurs abandonné leurs bragou braz et leurs chapeaux bien avant les femmes. Nulle insurrection féministe, nul « Femme, Vie, Liberté » avant l’heure : seulement le grand rabot de la modernité, qui a remplacé les peuples vêtus selon leurs coutumes par des consommateurs habillés chez les mêmes marchands.

Se disant issu d’une famille bretonne, Tanguy devrait le savoir. Il préfère salir ses propres aïeules afin de réussir une pirouette de plateau. C’est la marque des hommes sans assise : ils empruntent à leurs ancêtres un certificat d’identité, puis piétinent leur héritage dès qu’un bon mot paraît pouvoir leur rapporter quelques secondes d’antenne.

Ce personnage a été décrit sur Breizh info comme un furet de couloir, flairant les portes qui s’ouvrent et les courants qui montent. Le voici ethnologue de télévision, expliquant aux Bretonnes mortes depuis un siècle ce qu’elles pensaient de leur coiffe. Chez lui, la conviction dure moins longtemps qu’un passage sur BFMTV. Il est souverainiste à Paris, centralisateur en Bretagne, défenseur des traditions le matin et procureur de ces mêmes traditions le soir.

L’absence de réaction des cadres bretons du RN est, à cet égard, éloquente. Que leur parti prétende encore défendre les identités charnelles après avoir laissé l’un de ses principaux porte-voix assimiler une coiffe bigoudène au voile islamique relève de la farce. À ce train-là, il ne restera bientôt plus qu’à interdire le fest-noz pour lutter contre la charia et la galette-saucisse au nom de l’émancipation alimentaire.

Un homme capable de sacrifier avec une pareille désinvolture la mémoire des femmes de son propre peuple pour tirer son épingle d’une discussion télévisée n’est pas seulement ridicule. Il donne la mesure de sa lâcheté morale. On frémit à l’idée qu’un tel furet puisse un jour quitter les couloirs pour entrer dans un ministère.

Tristan Mordrel
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[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.

 

Breizh-info.com - 09/09/2026