Résistance Identitaire Européenne

Régions d'Europe


La « San Esteban », la Catalogne et l'Axe carolingien

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Le 26 décembre, jour de la Saint-Étienne, la Catalogne célèbre son deuxième grand jour des célébrations de Noël. Ici, la nuit du 24 est moins importante que dans d'autres régions européennes proches ; les grands jours sont les 25 et 26 décembre. Sur les tables des foyers catalans, on trouve des cannellonis et des poulets farcis, du nougat pour terminer en douceur le repas familial.

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FILMETTU : 40 anni di u Ribombu 40 anni di lotte (CORSICA)

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U RIBOMBU INTERNAZIUNALE : " À l'occasion des 40 ans du "U Ribombu", ce documentaire retrace l'histoire du journal, qui fait vivre depuis 4 décennies l'idée nationale Corse. A travers une série d'interviews des acteurs, militants, journalistes qui ont contribué au journal, découvrez l'histoire d'un des symboles de la lutte de libération nationale de la Corse.

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La Catalogne du Nord comme affirmation territoriale Par FRANCK BULEUX

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Il y a quelques années, je publiais un essai, L’Europe des peuples face à l’Union européenne (L’Æncre éditeur, 2017), sur l’émergence et la pérennité des mouvements régionalistes en Europe, c’est-à-dire des groupes dont la revendication s’inscrit dans un territoire distinct, sans lui être forcément opposé, de celui des contours de l’État-nation dont il fait partie.

Sans reprendre le contenu (disponible auprès de l’auteur ou de l’éditeur) de cet essai, j’indiquais qu’il existait, en Europe, des peuples divisés au sein de plusieurs États-nations. Ainsi, les Normands sont partagés depuis 1214 entre le Royaume-Uni (les îles Anglo-Normandes) et la France (les cinq départements constitutifs de la région normande, réunie depuis 2016), les Basques et les Catalans, entre France et Espagne ou d’autres, ce triple exemple n’ayant pas la prétention de l’exhaustivité.

Concernant les Catalans, ils sont divisés entre la Catalogne du Sud, le territoire le plus important avec la capitale régionale Barcelone, qui constitue une « généralité » au sein de l’Espagne, région qui a défrayé la chronique ces dernières années avec l’exil forcé fin 2017 du président d’alors de la généralité, Carles Puigdemont, et la Catalogne du Nord, qui désigne la partie du département français des Pyrénées-Orientales, de langue et culture catalanes, par opposition aux Fenouillèdes occitanes.

Llorenç Perrié Albanell a publié, en 2020, un opuscule consacré aux Mouvements et partis politiques nord-catalans, ouvrage sous-titré par un constat, même si un point d’interrogation subsiste : Un marasme ? (édité par le Cercle Català del Rosselló en août 2020).

L’auteur, fervent partisan et défenseur de l’identité catalane, nous entraîne dans les méandres du « catalanisme » politique en nous présentant ses tendances plurielles, récoltant des scores électoraux résiduels depuis le début des années 1970. Regrettant cette situation qui réduit le « catalanisme » à une minorité politique sans avenir, l’auteur-militant rejette l’identification du combat identitaire catalan (ou nord-catalan, sachant que chaque partie du territoire devrait développer son identité avant de se réunir dans une conception d’autonomie politique) aux dérives d’ultra-gauche ou écologiques « de type pastèque » (vert à l’extérieur mais rouge à l’intérieur). Les mouvements les plus représentatifs, même s’ils demeurent électoralement très faibles, privilégient, en effet, les alliances avec les partis de gauche (parfois dès le premier tour, évitant d’onéreuses dépenses et la visibilité d’un faible score), voire avec La République en marche (LREM), notamment lors des municipales de 2020 à Perpignan (dont le maire est Louis Aliot, membre du Rassemblement national, qui a battu le maire sortant de droite avec 53 % des suffrages exprimés, offrant au RN une commune de plus de 100 000 habitants).

L’échec politique du « catalanisme » laisse l‘auteur dubitatif. En effet, la version culturelle de l’identité catalane ne laisse indifférent aucun habitant, ni même aucun visiteur, pour qui la passion catalane est une permanence de la représentation régionale. Mais, selon l’avis d’Albanell, cet aspect, pour valorisant qu’il soit, est insuffisant ; seule une institution politique serait à même de garantir la défense du pays nord-catalan. Ce que préconise Albanell, c’est de ne pas se contenter de la nostalgie, mais de vivre le « catalanisme » comme une histoire en marche, avec un passé, un présent et un futur. La langue catalane en est l’expression vivante, y compris sur l’ensemble des panneaux de signalisation routière (comme en Bretagne, par exemple). Le mode de vie différencié, comme l’appelle l’auteur, doit être préservé, voire accentué par des écoles dites immersives.

Le lien entre les deux Catalogne est parfois d’une gestion difficile car nombre de Catalans du Nord attendent les orientations de ceux du Sud, plus puissants, et deviennent inféodés à des mouvements politiques hors de l’espace hexagonal, rendant difficile leur action régionale au sein de la France.

L’auteur indique avec justesse qu’il ne peut y avoir un seul « parti catalan » car chaque peuple, pour identitaire qu’il soit, comprend différentes sensibilités. Pour aller dans ce sens de la pluralité démocratique, il suffit de voir l’exemple corse : un mouvement autonomiste dirige l’exécutif insulaire depuis 2016 mais d’autres partis, plus indépendantistes qu’autonomistes, concourent aussi aux élections : tous « corses » mais aux aspirations différentes et cela n’empêche pas la liste Fà Populu Inseme de Gilles Siméoni, dirigeant de l’exécutif régional, d’atteindre 41 % au second tour tandis que deux autres listes « corses » raflaient 27 % des suffrages laissant à la droite régionaliste insulaire à peine un tiers des électeurs.

L’auteur insiste sur ce point. Le « catalanisme » politique est nécessaire mais il se doit d’être indépendant, au moins dans un premier temps, des mouvements du Sud et surtout, il se doit d’être représentatif du peuple, sans exclusive.

Albanell s’insurge à juste titre lorsque les Catalans les plus extrémistes lancent des slogans inquisiteurs et sectaires comme « un électeur du RN n’est pas un Catalan » (sic). Pourquoi le vote catalan n’aurait-il pas une « aile droite », une aile conservatrice ? En 1978, la Catalogne du Sud voyait la naissance du mouvement CIU – Convergence et union (en catalan : Convergència i Unió, abrégé en CiU) : une fédération de deux partis politiques catalans centristes et catalanistes, qui a constitué le pivot de la vie politique catalane jusqu’en 2015. Albanell n’aurait rien contre la fondation d’un tel parti « à la française » ou, plus exactement, « à la nord-catalane ».

L’auteur termine sur l’essentiel : un mouvement identitaire doit s’appuyer sur un trépied : le culturel, le politique et l’économique. La vie économique doit montrer l’exemple, celui de la possibilité d’un localisme viable. Être Catalan comme être Normand, c’est aussi tirer de la terre et de la force de la population qui la constitue, l’ensemble des ressources qui sont susceptibles de faire vivre un ensemble, un « pays ».

La question politique, celle de l’autonomie fédérative (celle qui reste du domaine du possible avec le système des « eurorégions » reconnues par l’Union européenne), de l’indépendance, de l’union nationale interétatique, n’est pas la seule. Elle viendra, c’est du moins ce que souhaite l’auteur mais elle ne doit pas être, nécessairement, la priorité. La mentalité politique vient après le culturel, c’est ce que l’auteur retient du communiste italien Gramsci.

Une culture catalane affirmée et une économie de proximité avec une relocalisation des productions sont des axes essentiels avant d’aborder le projet politique catalan binational.

Il y a quelques années, en touriste, j’étais monté dans « Le Train jaune » dans les Pyrénées catalanes. Et, en parcourant les 63 kilomètres de voie ferrée, comment ne pas penser à l’identité de ce pays, loin de tout jacobinisme, français ou… catalan d’Espagne ! Entre Paris et Barcelone, la voie de la Catalogne du Nord reste encore à écrire mais les femmes et les hommes de ce territoire, eux, l’ont compris… l’histoire s’écrit chaque jour.

Je vous recommande de lire cet ouvrage. Même si son titre est un peu pessimiste (« Un marasme ? »), le point d’interrogation maintenu par l’auteur nous laisse espérer que la voie politique n’est pas qu’une impasse.

 

Mouvements et partis politiques nord-catalans, un marasme ?, Llorenç Perrié Albanell, cercle Catala del rossello, 114 pages, 8 € (+3,20 par correspondance pour la France).

 

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Gerry Adams, Bobby Sands et le socialisme patriotique en Irlande

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Sur les traces du patriote de Belfast - Le Brexit comme opportunité de référendum : l'unification irlandaise exige des réponses et des perspectives.

 

En Irlande du Nord, nous recommençons à parler des « Troubles ». Une expression réductrice, si l'on y réfléchit, si l'on passe en revue les épisodes explosifs qui ont éclaté entre les années 70 et 80 dans la malheureuse terre des Six Comtés : de la lutte pour l'autodétermination menée par les patriotes républicains aux affrontements avec les troupes « régulières » et les milices unionistes, de la répugnance mutuelle (presque inépuisable) des nationalistes catholiques pour les loyalistes protestants aux grèves contre les conditions inhumaines subies dans les prisons anglaises et au martyre héroïque de Bobby Sands, les événements du pays opprimé par le pouvoir étouffant de l'Union Jack évoquent avant tout - et malheureusement - des histoires de violence et d'abus. Pourtant, la bataille, la guerre de rédemption du peuple irlandais n'a pas cessé, ne s'est pas éteinte. Elle continue à inspirer les vocations idéales de tous les combattants de la liberté qui ont identifié la cause de leur existence à l'indépendance de leur peuple et de leur communauté. L'un d'entre eux est sans aucun doute Gerry Adams, la figure emblématique du Sinn Féin (le parti nationaliste présent sur toute l'île), ami et associé de Sands, qui voit désormais la possibilité d'une réunification réelle.

 

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Les effets du Brexit

Après les événements de 2016, avec la décision du Royaume-Uni de quitter l'Union européenne, l'Irlande du Nord a connu un mécontentement -rebelle- généralisé: « Le Brexit, explique Adams dans une récente interview à L'Espresso, accordée à l'occasion du quarantième anniversaire de la mort de Bobby Sands (5 mai 1981), a accru l'intérêt pour un référendum ». Il est important de rappeler que la majorité des habitants du Nord ont voté pour rester dans l'UE, tout comme l'Écosse. Les partis unionistes pro-britanniques et le gouvernement britannique ignorent ce vote démocratique. En conséquence, de nombreux citoyens qui n'auraient peut-être jamais pensé à l'unité irlandaise la considèrent désormais comme une option viable pour l'avenir. En effet, il convient de noter que le représentant du Sinn Féin lui-même s'était distingué, au cours de son mandat, par une certaine méfiance à l'égard de l'UE et de son establishment. Mais la question, de toute façon, n'est pas celle-là: selon Adams, la déconnexion du conglomérat européen n'aurait fait que renforcer le désir croissant de renforcer l'opportunité de réaliser enfin une Irlande unie, posée comme une meilleure perspective d'avenir; une hypothèse réalisable, reconnue par l'Accord du Vendredi Saint qui, il y a vingt-trois ans, a été signé pour remettre en cause la ségrégation imposée au détriment des catholiques nationalistes, des irrédentistes et des franges identitaires dévouées à l'émancipation des Six Comtés qu'ils souhaitaient soustraire à la domination coloniale britannique.

« Mais je veux me rappeler », insiste Adams dans son dialogue avec Gigi Riva, « que ce traité n'était pas une solution, mais un accord pour d'autres changements à venir. Depuis qu'il a été atteint, de nombreux progrès ont été réalisés dans le domaine des droits de l'homme et de la fin de la discrimination. Cependant, les événements de ces derniers jours nous apprennent qu'il reste encore beaucoup de travail à faire. Ce n'est que dans une Irlande unie que le passé sera vraiment du passé et que les gens pourront se concentrer sur l'avenir. »

 

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Au nom de Bobby Sands

L'accord de 1998 avait été conclu par la communauté irlandaise après des décennies de répression policière implacable, d'attaques et d'exécutions. Des décennies profondément marqués par le sang tourmenté des rebelles, qui n'ont jamais voulu accepter la suppression d'une tradition millénaire, de ses symboles et de sa physionomie. Une convention qui, affirme Adams, aurait fait la fierté de Bobby Sands et des révolutionnaires enfermés dans les cellules de Long Kesh: c'est grâce à leur sacrifice que nous pouvons aujourd'hui envisager la possibilité de reconstruire une patrie souveraine, maîtresse de son destin et de ses aspirations. Il faut rappeler que dans la grande conflagration de la seconde moitié du vingtième siècle en Irlande du Nord, plus de trois mille personnes ont perdu la vie, alors que les expéditions contre les catholiques mises en place par les escadrons paramilitaires loyalistes avaient déjà commencé en 1966, avec les raids supplémentaires suivants perpétrés par les troupes britanniques dans les villes de Derry et Belfast. Dans ce contexte, l'action politique était de peu d'importance; l'engagement armé devenait, aux yeux des nationalistes, la seule forme de résistance, la seule promesse de rédemption: une effigie de la liberté, un étendard inconsommable pour les peuples soumis à toute forme de servitude impérialiste. La guérilla populaire est la méthode également préconisée par Sands ; il avait dix-huit ans lorsqu'il a décidé de rejoindre l'Armée républicaine irlandaise, l'armée des volontaires républicains qui, dans la clandestinité, luttait pour voir s'effondrer le régime supervisé par les marionnettistes de Londres. Il serait mort en prison, élu quelques semaines plus tôt au Parlement de Westminster, épuisé par les soixante-six jours de jeûne qu'il a décidé de s'infliger, avec fierté et constance, contre le refus du statut de prisonnier politique et la rétrogradation conséquente au rang de délinquant de droit commun; pour Bobby Sands et les neuf prisonniers qui sont morts avec lui, il n'était pas acceptable que l'Angleterre qualifie la bataille irlandaise de crime ou d'acte déplorable de terrorisme: « Nous nous souvenons maintenant », souligne Adams, « des 40 ans de la grève de la faim, de la mort de Bobby et de ses neuf camarades. La cause pour laquelle ils ont été emprisonnés et pour laquelle ils sont morts est la cause irlandaise. C'est la fin de la partition imposée par la force il y a 100 ans [...] Les luttes dans les prisons et les succès électoraux qui ont eu lieu ont été un moment décisif pour notre lutte et pour l'histoire moderne de l'Irlande. L'élection de Bobby Sands comme député de Fermanagh South Tyrone et de Kieran Doherty et Paddy Agnew au Parlement irlandais a prouvé que les affirmations du Premier ministre britannique Margaret Thatcher et d'autres figures politiques britanniques, selon lesquelles la lutte ne bénéficiait d'aucun soutien populaire, étaient fausses. » L'avertissement reste donc impérissable ; il ne cesse de conserver sa valeur prophétique au-delà de toutes les barrières idéologiques et temporelles. Et il nous rappelle que là où il y a de l'injustice, « il y aura toujours des gens courageux qui prendront position ».

 

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La voie sociale vers la république

S'il est certain, comme le répète Gerry Adams, que la fusion tant désirée des deux Irlandes n'est pas qu'une utopie réconfortante, nous devrions nous demander quelle solution devrait être esquissée pour sanctionner une agrégation réelle et définitive entre deux factions qui, depuis longtemps, semblent irréductiblement incompatibles. S'il est certain qu'un référendum pourrait entériner la réunification de l'île sous un seul drapeau, il serait alors impératif de trouver un remède qui consoliderait une réconciliation durable entre le camp catholique, prépondérant en République d'Irlande, et le camp protestant, prévalant en Irlande du Nord, dans la région des Six Comtés. Ce sont des questions qu'Adams avait providentiellement posées dans les années 1990. Des questions dont les réponses dessinent des objectifs intéressants, des intentions qui se traduisent par des ambitions politiques novatrices, au-delà des catégorisations usagées qui prévalent. La république qu'Adams tente d'imaginer a une claire intonation sociale et solidaire; elle s'oppose cependant aux tendances mondialistes et atomisantes qui semblent avoir complètement annihilé toute aspiration patriotique et identitaire. « On ne devient pas socialiste », écrit-il dans Pour une Irlande libre, « en abandonnant le nationalisme et le républicanisme et en les remplaçant par des slogans gauchistes vides de sens [...] le républicanisme est une philosophie dans laquelle les dimensions nationale et sociale sont fusionnées »; et il poursuit: « Cette vision classique du problème s'oppose à celle de ceux qui opposent républicanisme et socialisme et qui brisent l'unité du mouvement pour l'indépendance nationale en donnant la priorité à des objectifs socialistes qui ne peuvent être atteints tant que l'autonomie n'est pas réalisée; avec le risque de n'atteindre ni l'indépendance ni le socialisme. » Ce n'est que selon ces coordonnées, comme le souligne Gerry Adams, que les différences et les pluralités qui fragmentent la structure civique des deux Irlandes peuvent être réaménagées, harmonisées dans un cadre unitaire et organique. Néanmoins, les voies du rétablissement de la paix refusent d'abdiquer leur complexité intrinsèque ; elles exigent un dévouement généralisé et assidu qui absorbe les controverses, qui ramène les disparités dans une réalité communautaire et eurythmique. Et alors, peut-être, comme l'a prédit Bobby Sands, nous verrons enfin la lune se lever.

Tiocfaidh ár lá, Tiocfaidh ár lá, il a été répété entre les mesures de Long Kesh.

Domenico Pistilli

Source : https://www.barbadillo.it/99808-gerry-adams-bobby-sands-e-il-socialismo-patriottico-in-irlanda/

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Conférence "Les Vikings de l’Adour"

 

Les Vikings de l’Adour

Quand les Vikings habitaient Capbreton-Hossegor Présentée par Hugo Verlomme, une conférence de JOËL SUPÉRY, auteur d’un nouveau livre : La saga des Vikings, Une autre histoire des invasions (préface de Michel Onfray).

Réalisateur : Olivier Legrand / Get Up Films www.getup.

 

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Au milieu, le Massif.

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En étudiant la topographie de la France, les géographes remarquent que son relief s’ordonne autour d’une diagonale inclinée du Nord-Ouest vers le Sud-Est. Au-delà de cette ligne s’étend un ensemble de régions basses marquées par les Bassins aquitain et parisien ainsi que par la plaine du Nord qui se prolonge à travers toute l’Europe septentrionale jusqu’à l’Oural. En-deçà se dressent des montagnes plus ou moins élevées. Au milieu de cette diagonale géophysique s’impose le Massif Central.

D’une superficie de 80.000 km², ce vaste donjon hydrographique complexe au relief compact et contrasté est, avec le Puy de Sancy à 1885 m d’altitude, le plus élevé et le plus étendu des massifs anciens d’Europe occidentale. Vaste plan incliné vers le Couchant, fortement redressé à l’Est, anciennement marqué par un volcanisme désormais en sommeil, le Massif Central domine de plus de mille mètres le Sillon rhodanien et la plaine du Languedoc et s’abaisse vers le Nord-Ouest vers les plateaux du Limousin dont le plus célèbre reste en Corrèze celui des Millevaches, c’est-à-dire des mille sources d’eau. Son centre correspond à plusieurs systèmes volcaniques enchevêtrés. Le plus étendu correspond au département du Cantal. Son contour administratif évoque l’insigne de l’Ordre de la Toison d’Or. Par les effets du volcanisme, certains paysages frappent par leurs similitudes avec les hautes-terres de Mongolie : le Cézallier, la Margeride et l’Aubrac (où on trouve un nombre considérable de menhirs ou de pierres levées, preuves indéniables d’un habitat préhistorique).

 

Terres d’enracinement

Dans ces espaces de moyennes montagnes courent bien des récits ancestraux à la fois folkloriques et symboliques. Ce n’est pas un hasard si Alexandre Vialatte (1901 – 1971), chroniqueur au quotidien La Montagne et traducteur de Nietzsche, de Thomas Mann ou de Gottfried Benn, vante L’Auvergne absolue. François Mitterrand aimait à chaque Pentecôte gravir avec ses fidèles la roche de Solutré, un autre site à l’habitat fort ancien. Le président ex-Cagoulard de la République de 1981 à 1995 tenait le massif septentrional du Morvan, en particulier le Mont Beuvray, pour un haut-lieu de l’imaginaire gaulois. Le « pape des escargots » d’Henri Vincenot (1912 – 1985) rapporte bien des souvenirs celtiques tandis qu’un autre Bourguignon, Johannès Thomasset (1895 – 1973) exalte l’héritage burgonde, revient sur le « Grand Duché d’Occident » à la fin du Moyen Âge et prône l’alliance franco-allemande pour sauver l’Europe. Ce n’est pas un hasard si au début des années 1970, Jean-Claude Valla et Pierre Vial ont animé un éphémère bulletin intitulé Grande Bourgogne

 

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Importance du celtisme dans les Asturies

 

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Quelle est l'importance du celtisme, au-delà de la curiosité scientifique ? Son importance en termes de préoccupations identitaires ne fait aucun doute. Le passé celtique des Asturies, partagé avec celui de nombreuses régions de la péninsule ibérique, est très remarquable. En fait, si nous nous débarrassons du préjugé linguistique de certains étrangers (seules les nations qui conservent un parler celtique seraient celtiques), il existe en Espagne et au Portugal des témoignages accablants de la présence celtique, ainsi que de la celtisation profonde de nombreux peuples autochtones dont nous sommes issus. Ces super-vies vont au-delà des archives archéologiques ou de quelques traces dans la toponymie, par exemple. Ce sont des « expériences » qui s'actualisent dans une myriade de rituels, de festivals, d'habitudes collectives. Le fait que dans le Pays Asturien (qui dépasse largement l'actuelle Principauté et s'étend à ce qui, au début du Moyen Âge, était un Royaume dans le nord-ouest de la péninsule), tant de rituels, de fêtes, d'habitudes et de physionomies celtiques aient été préservés ne peut s'expliquer uniquement par un isolement séculaire. L'isolement des Asturies et du nord-ouest de l'Espagne par rapport aux territoires qui, plus tard, ont été le théâtre de l'histoire de la grande politique, du grand destin, n'explique pas tout. Il s'agit d'une considération purement négative d'un fait : le fait qu'il existe une celticité très marquée dans notre pays. Outre ce factum, pris dans un sens positif, il faut tenir compte d'une chose qui passe généralement inaperçue : des racines solides, une volonté collective et persistante de rester ce que nous sommes.

Du celtisme asturien, de nombreux points doivent être clarifiés, et mis au milieu de tous, aussi bien du côté des détracteurs que devant les yeux des partisans. Le premier de ces points est qu'il n'est pas possible d'être ni détracteur ni partisan. C'est un fait, un substrat factuel qui est là, attendant d'être de plus en plus exploré. Ce substrat ne contredit en rien la profonde romanisation de nombreuses zones de la Principauté actuelle. Rome nous a légué la langue et de nombreuses institutions. L'étude historique d'un pays implique l'analyse des différentes couches de sa constitution, ainsi que la dialectique et la synthèse de ces substrats. La romanisation du Nord-Ouest lui-même a été très différente de celle des régions du sud et de l'est de l'Espagne : le substrat est informé par les structures de colonisation d'une manière différente. Ici, les Romains sont venus avec le feu et l'épée, pas comme alliés. C'est là que se déroulent les guerres asturiennes, bien plus féroces que les guerres de Gaule et de Germanie de l'époque. On ne colonise pas ou on ne gouverne pas de la même manière un peuple soumis manu militari, et avec une grande distance ethnique d'eux, comme un peuple ami, préalablement soumis à l'influence des civilisations méditerranéennes. Rome y a trouvé de véritables peuples « barbares », c'est-à-dire des altérités inassimilables sauf par la guerre et l'asservissement.

Et c'est là qu'intervient le principal facteur identitaire du celtisme, qui a pu jouer un rôle politique et culturel majeur. Mais, comme ce fut le cas pour la langue asturienne, elle n'a finalement joué aucun rôle. Je pense que cela n'a pas été le cas en raison du lavage de cerveau des « impérialistes hispaniques » dans une large mesure. Les Asturiens, comme d'autres peuples voisins et ethniquement très proches (Galice, Cantabrie, León), ont une conscience assez diffuse de l'existence de deux « Espagnes ». Plus d'Espagne « rouge » et « bleue », car la bipolarité de la guerre civile est déjà loin derrière nous, et le clivage purement idéologique, en plus d'être désastreux, n'est plus opérant au XXIe siècle. Je me réfère plutôt au clivage entre l'Espagne atlantique et l'Espagne méditerranéenne, qui a servi à de nombreux Asturiens ayant une conscience identitaire - à droite ou à gauche du spectre idéologique - à trouver un miroir dans lequel revoir leurs propres racines, leurs entrailles, leurs particularités face à un moule « castellaniste » et jacobin fondamentalement méditerranéen.

L'Espagne castillaniste sent déjà le cadavre. Le schéma que les hispanistes castillanocentriques d'aujourd'hui utilisent n'est rien d'autre qu'une transposition du schéma de l'impérialisme romain. Ce que Gustavo Bueno, père et fils, ce dernier avec ses acolytes et ses pseudonymes, ont fait au cours des dernières décennies n'est rien d'autre que de défendre des idées extrêmement usées et discréditées, les idées d'un impérialisme que j'appelle absorbant, dont le paradigme est Rome et que l'Espagne des Habsbourg a à peine essayé d'imiter. VOX même, et les régénérateurs qui ont précédé ce mouvement, se sont fait une idée absolument déformée de l'Empire hispanique, une idée jacobine, qui ne correspond pas du tout à la nature agglutinante de la couronne espagnole des Habsbourg, plus proche de l'impérialisme également agglutinant de ses parents autrichiens. J'appelle Empire agglutinant celui qui centralise au sommet -dans une Couronne et dans la même idée spirituelle de -Communauté de destin- une hétérogénéité de territoires, de juridictions, de principautés, de villes, de royaumes. L'Empire à la manière du Saint Empire romain germanique, ainsi que de l'Empire austro-hongrois, mais surtout de celui-ci, était plutôt une idée : l'idée d'une fédération efficace d'égaux dans la diversité. L'extrême droite espagnole, ainsi que l'extrême gauche espagnole, se sont donné la main sur ce point. L'intérêt de vouloir nous imposer à tous une vision uniforme, unitaire, homogène, jacobine. Certains, en revitalisant l'idée d'un Empire hispanique qui n'était en rien une transcription de l'Empire romain en pleine modernité. Ce n'est pas parce que la Couronne des Habsbourg d'Espagne était encore totalement imprégnée de droit et de philosophie politique germaniques. Une union par le haut, par la Couronne et par les grandes maisons nobles, une union de la diversité. Gustavo Bueno et ses proches (dans les différents sens du mot « proches ») veulent nous confondre tous, en faisant de l'Empire espagnol (XVIe-XVIIe siècles) un Empire absorbant, alors qu'il s'agissait, en réalité, d'un Empire agglutinant, bien que l'hégémonie castillane ait certainement été excessive et même préjudiciable à cette même nationalité.

Carlos X. Blanco

Sources : Euro-Synergies

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Censure de la loi Molac, victoire des anywhere !

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Le vendredi 21 mai 2021 le Conseil constitutionnel, saisi par une soixantaine de parlementaires suite à l’adoption le 8 avril 2021 de la la loi Molac relative à la protection patrimoniale des langues régionales et à leur promotion, à rendu sa décision (n°2021-818 DC 21 mai 2021).

Le Conseil constitutionnel a décidé de rendre non conforme à la Constitution les articles 4 et 9 de la loi Molac, portant respectivement sur le caractère immersif de l’enseignement dans les établissements du service public ou associés, et l’utilisation des signes diacritiques des langues régionales pour les actes administratifs.

L’article principalement utilisé par les Sages  est le premier alinéa de l’article 2 de la Constitution « La langue de la République est le français ». Par une pirouette juridico-jacobine le Conseil constitutionnel a su utiliser à bon escient pour sa démonstration l’article 75-1 de la Constitution « les langues régionales appartiennent au patrimoine de la France ». Ce dernier en effet ne revêt aucun caractère contraignant, ce qui a l’avantage de muséifier les dites langues tout en donnant l’illusion de faire quelque chose . L’observateur sagace notera que si la langue de la République est le français, les langues régionales, en revanche, ne sont que des langues du patrimoine de la France. Existe t-il une hiérarchie entre la République et la France ? Ou alors une dichotomie entre le pays légal et le pays réel? Les deux à la fois certainement. En tout cas il est certain que les langues régionales n’appartiennent pas au patrimoine de la République.

Nous pouvons voir qu’un réel problème politique se pose devant nous. Une loi votée par le Parlement est ainsi censurée par le Conseil Constitutionnel, la procédure est évidemment autorisée par la Constitution (Art. 61). Nous sommes loin de la célèbre phrase du général de Gaulle « En France, la cours suprême, c’est le peuple ». Que reste t-il donc du vox populi dont la souveraineté (existe-elle encore?) est déléguée à la représentation nationale, le Parlement ?

La question se pose doublement. Faisons un peu d’anticipation électorale en cas d’un bouleversement de grande ampleur lors des prochaines présidentielles, même si cet hypothétique futur Gouvernement dispose des outils du parlementarisme rationalisé (en cas de tentative de déstabilisation ou d’obstruction parlementaire, faute de majorité), il devrait faire face à la fois au Conseil constitutionnel et au droit communautaire.

Revenons à la question des langues régionales. Une solution s’esquisse, mais difficilement réalisable, non pas techniquement, mais politiquement. Une révision des articles 2 et 75-1 de la Constitution. Tout d’abord donner un caractère contraignant à l’article 75-1, et ensuite insérer la réalité plurielle des langues régionales autochtones dans l’article 2. En effet, la République a parfaitement réalisé la francisation généralisée des régions, un retour en arrière est impossible, s’acharner de la sorte se résume à tirer sur un cadavre refroidi depuis bien longtemps, les langues régionales, elles, ne représentent aucun danger pour l’unité de la France. Invoquer les cas de sécession en Europe relève de l’épouvantail et du fanatisme jacobin. La France doit donc assumer, juridiquement, non seulement l’enseignement mais aussi la promotion des langues régionales sous peine de perdre le peu de vitalité identitaire qui lui reste encore. C’est un chemin ardu, car pour en arriver à une telle procédure, il faut un Gouvernement d’enracinés, ce qui pour l’heure n’est pas le cas. En effet, aucune proposition de loi constitutionnelle n’a abouti jusqu’à présent, seuls les projets de lois constitutionnelles aboutissent, car ils émanent de l’exécutif.

Nous pouvons dire que pour l’heure ce sont les anywhere (ceux de partout) qui ont remporté la partie contre les somewhere (ceux de quelque part). En effet, la soixantaine de parlementaires nomades qui a saisi le Conseil constitutionnel restera dans l’histoire comme celle qui aura porté atteinte à plus de quarante années de lutte , de construction, d’expérimentation, de résultats et de travail sérieux pour maintenir et transmettre les langues vernaculaires d’un pays laminé par la mondialisation, après avoir été son laboratoire idéologique.

Llorenç Perrié Albanell

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Ne nous laissons pas voler les élections régionales et départementales !

 

elec regio      ​​Communiqué du Mouvement Normand - n°280 - 7 Mars 2021

 

Le report des élections régionales et départementales en juin 2021, des élections a été tranchée, mais l’incertitude plane encore et toujours sur leurs tenues à cette date. 
L’argument de l’état d’urgence sanitaire est certes compréhensible pour certaines décisions mais de là à priver les citoyens des élections les plus locales particulièrement après la pantalonnade des municipales tout de même pleines de confusion, il n’y a un pas que le gouvernement semble vouloir faire. 
Evidemment, dans le climat d’anxiété dans lequel est maintenu le pays, il y a fort à parier que le taux d’abstention sera remarquablement élevé, cela nous rappellera les municipales déjà citées. Tout cela est préjudiciable à notre système électoral et au contrôle normal et sain par les citoyens des élus et de leurs bilans. 
De plus, la juxtaposition des deux élections sera une source de confusion regrettable. En effet, comment concevoir deux campagnes en simultané ? Comment les électeurs vont-ils pouvoir d’abord s’y retrouver, ensuite nourrir un intérêt quelconque pour chacune de ces élections pourtant fondamentales pour l’avenir de la Normandie ? 
Sans compter que comme le rappelle si bien le Cercle Normand de l’Opinion :

« Vont s’opposer deux logiques de systèmes électoraux : le scrutin régional de listes départementales à la proportionnelle (corrigée par la prime majoritaire au second tour) et le scrutin uninominal en binôme dans les cantons pour les élections départementales. On laisse imaginer le confusionnisme au sein des formations politiques qui, d’un côté, doivent individualiser les candidatures, de l’autre, promouvoir par avance les alliances au sein des listes.  Et puis se pose aussi le fait que, par les lois de décentralisation (de Defferre à la Loi NOTRe), règne une confusion des compétences entre la Région, le département et, même maintenant celles des métropoles et des pôles métropolitains… Tout cela embrouille la perception des citoyens. » 

Ce qui est plus inquiétant encore c’est le rapprochement de dates avec l’élection présidentielle. Car ces élections locales et régionales n’ont rien à voir avec l’élection présidentielle. Une telle confusion, et n’hésitons pas à l’écrire, une telle perturbation de ces élections se fera au profit des présidentielles et du rouleau compresseur parisien. Et le risque est bien là : celui de la confiscation jacobine des élections départementales et régionales par une perspective nationale centrée autour des élites centrées sur elles-mêmes et sur leurs propres débats, le tout à Paris. 
Surtout qu’à l’élection présidentielle de début 2022 suivront les élections législatives pour nos députés. Alors en quelques mois, nous serons obligés d’élire conseillers départementaux, régionaux, président de la République et députés, cela fait beaucoup d’un coup

La commission exécutive du Mouvement Normand                norm

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