Mercenaires, soldats de fortune et d'infortune par Alain Sanders
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- Catégorie : HISTOIRE
On dit que le métier de mercenaire est, après l’espionnage et la prostitution, le plus vieux métier du monde. Avec un grand ancêtre : Xénophon et ses dix mille Grecs qui se mirent au service de Cyrus le Jeune, fils du roi des Perses, et en bisbille avec son frère Ataxerxès II.
L'histoire a retenu les surnoms de ces soldats de fortune? – et le plus souvent d’infortune – qui, tout au long des siècles ont guerroyé sous tous les cieux : Frondeurs, Routiers, Grandes Compagnies, Lansquenets, Condottieri, Affreux, etc.
La définition courante du mot « mercenaire » est : « Un homme qui se bat pour de l’argent dans une cause qui ne le concerne pas. » C'est très réducteur. D’abord parce que ces hommes se sont souvent battus pour des prunes. Mais (presque) toujours pour l’honneur. Et (presque) toujours pour leurs convictions.
C’est ce que raconte ce livre. Avec le souci fraternel de rendre hommage à ces « Oies sauvages » libres et indomptées !
Editions - Atelier Fol'Fer, 147 rue Bel-Air, 28260 La Chaussée d'Ivry.
TéL. : 06 74 68 24 40 - 20,00€
On a retrouvé les gaulois !
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- Catégorie : LES INDO-EUROPEENS
Ou comment les découvertes de La Tène ont révélé l'archéologie celtique européenne.
Conférence de Laurent Olivier, conservateur en chef du Patrimoine, responsable des collections d’archéologie celtique et gauloise du musée d’Archéologie nationale. Proposée par la Société des Amis du MAN - http://www.musee-archeologienationale...
« Le pacte de corruption ». Emmanuel Macron et ses réseaux au centre du dernier Faits & Documents
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- Catégorie : MONDIALISME
Ce qui fait la force et la qualité de la revue Faits & Documents, à laquelle sont abonnées de nombreuses figures de l’élite dominante, c’est la justesse et la précision des informations que l’on y trouve (la qualité du travail étant d’une certaine façon reconnue par l’absence de poursuites visant la revue, pour quelconque diffamation que ce soit).
Le numéro 492 de la revue fondée par Emmanuel Ratier ne déroge pas à la règle, avec le premier volet d’un tryptique sur « le pacte de corrution », sur Emmanuel Macron et ses réseaux, et son ascension trop souvent inexpliquée au grand public.
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Sources : Breizh-info.com, 2021.
Ami - Ennemi, le fondement du politique (Carl Schmitt)
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- Catégorie : PHILOSOPHIE
Dans cette vidéo, nous verrons un des concepts majeurs du philosophe et juriste Carl Schmitt, à savoir la célèbre antinomie de l'ami et de l'ennemi qui serait le fondement du politique. L'enjeu est ici de clarifier et de distinguer des notions importantes comme politique, Etat, morale, etc. pour mieux penser certains débats contemporains.
Comment interpréter le concept de liberté utilisé par Freedom House?
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- Catégorie : MONDIALISME
Bien que Freedom House (FH) prétende être une organisation non gouvernementale, 70 à 80% de son budget total provient du gouvernement américain. Par conséquent, une grande partie du travail effectué par cette ONG est le reflet des politiques américaines. Récemment, FH a publié son dernier rapport annuel dans lequel il analyse l'état des libertés civiles dans le monde (1). Le rapport se fonde sur le concept occidental de « liberté négative », qui conçoit la liberté comme l'absence d'obligations et de restrictions dictées par les relations sociales.
Les pays sont divisés en trois catégories: les libres, les « partiellement libres » et les non libres. D'ici 2020, la FH prévoit qu'il y aura 82 pays libres, 59 pays partiellement libres et 54 pays non libres.
Pour avoir une idée de l'approche utilisée par Freedom House pour classer les différents États, il suffit de noter que des pays comme la Russie, la Turquie, le Kazakhstan, la Chine et le Vietnam sont considérés comme non libres, tandis que l'Ukraine, le Royaume du Maroc, le Pakistan et l'Inde sont classés comme partiellement libres ; les vaches sacrées de la démocratie sont les pays d'Europe occidentale et les États-Unis.
L'Estonie est le pays qui s'en approche le plus, avec un total de 94 points, ce qui est étrange, car cette démocratie balte est connue pour le fait qu'elle considère que la population russe ne fait pas partie de la citoyenneté estonienne, ce qui porte atteinte aux droits de l'homme pour des raisons ethniques, mais l'Estonie est considérée comme un pays libre par les employés de Freedom House. La même discrimination existe en Lettonie, mais ce pays reçoit un total de 89 points.
Le rapport note que le niveau des libertés démocratiques a sensiblement diminué au cours de l'année écoulée dans un total de 45 pays (2). La FH fait référence à plusieurs pays, notamment la Biélorussie.
Aux États-Unis, le niveau de liberté individuelle s'est dégradé, ce qui a fait tomber ce pays loin derrière la Lettonie et l'Estonie (le score en matière de libertés civiles aux États-Unis est passé de 94 à 83 au cours de l'année écoulée), mais c'est la faute à Donald Trump.
Le rapport note également que l'épidémie de coronavirus a eu un impact négatif sur la promotion de la liberté, cela est clair en ce qui concerne des pays comme la Hongrie, la Pologne, l'Algérie, l'Égypte, l'Espagne, la Grande-Bretagne, l'Inde, la Chine, le Canada, l'Argentine, le Brésil, le Venezuela, la Colombie, l'Iran, la Thaïlande et les Philippines. ...
Le système de classement est plutôt biaisé. Par exemple, le rapport est caractérisé par des jugements tels que ceux-ci : « Les ennemis de la liberté défendent l'idée fausse que la démocratie est entrée dans un processus de déclin parce qu'elle est incapable de répondre aux besoins du peuple. En fait, la démocratie est en déclin pour une autre raison : parce que ses représentants les plus éminents ne font rien pour la défendre. Les démocraties doivent de toute urgence commencer à se montrer solidaires les unes des autres afin de conserver leur leadership mondial. Les gouvernements qui défendent la démocratie, y compris la nouvelle administration à Washington, doivent se réunir le plus rapidement possible… »
Que signifie « ne pas faire assez pour défendre la démocratie »? Bombarder la Yougoslavie, envahir l'Irak et l'Afghanistan, détruire l'État libyen, tenter de renverser le président de la Syrie, promouvoir un coup d'État en Ukraine? Soutenir une dictature brutale au Bahreïn afin d'assurer la présence de la cinquième flotte de la marine américaine?
À peu près au même moment où le rapport de Freedom House a été publié, le directeur du renseignement national des États-Unis a rendu public un rapport spécial sur l'implication du gouvernement saoudien dans le meurtre du journaliste Jamal Khashoggi. Le meurtre s'est produit en octobre 2018 au consulat d'Arabie saoudite à Istanbul. Le rapport indique que le prince héritier Mohammed bin Salman a donné le feu vert à une opération visant à capturer et à tuer ce journaliste saoudien, mais les États-Unis n'ont imposé aucune sanction contre l'Arabie saoudite ou contre le prince héritier (Washington s'est limité à imposer quelques sanctions contre l'ancien chef des services de renseignement saoudiens Ahmad al-Asiri).
Il n'est pas non plus important que les employés de Freedom House écrivent sur l'état des libertés civiles dans les pays non libres (comme l'Arabie saoudite), puisque ces pays sont, dans l'ensemble, des vassaux des États-Unis. Les vassaux sont autorisés à faire certaines choses que les autres ne peuvent pas faire, et ces choses doivent inclure la suppression des libertés civiles, comme cela se passe actuellement en Ukraine avec l'approbation du gouvernement américain (3).
Leonid Savin
Notes :
- (1) https://freedomhouse.org/report/freedom-world/2021/democracy-under-siege
- (2) https://freedomhouse.org/explore-the-map?type=fiw&year=2021
- (3) https://www.fondsk.ru/news/2021/03/01/ozhestochennaja-borba-so-svobodoj-...
Source : https://www.fondsk.ru/news/2021/03/07/o-nesvobodnoj-rossii-i-otnositelno...
https://rebelion.org/ - Traduction par Juan Gabriel Caro Rivera - Euro-Synergies
Sous le sabre de l'islam
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- Catégorie : HISTOIRE
La violence n'est pas le fait d'une dérive intégriste de l'islam.
Elle est constitutive de l'histoire musulmane. Le Coran justifie tout à la fois le djihad et la réduction des non-musulmans à un statut inférieur.
Il existe, à propos de l'histoire de l'islam, une étrange controverse. Pour les uns, l'édification et le maintien de la puissance musulmane furent régis par un esprit de tolérance inconnu à la même époque en Occident. Pour les autres, la religion de Mahomet s'imposa par le fer, pliant par la force tout ce qui lui résistait. Les tenants des deux camps présentent leurs arguments. Mieux, ils les étaient de preuves historiques qui se veulent irréfutables. A la naissance de Mahomet, en 570, et de l'actuel Maroc à Babylone, les chrétiens, souvent mêlés à des communautés juives, constituaient la majorité de la population de l'Orient et de l'Afrique du Nord.
Le prophète naquit dans une tribu païenne de La Mecque. En 622, afin d'échapper aux mauvais traitements de ses concitoyens, il se réfugia à Yathrib (actuelle Médine), ville à forte population hébraïque. Il tenta bien de convertir cette dernière à l'islam mais, comme elle demeurait fidèle à sa foi, les relations se tendirent entre elle et la jeune communauté musulmane. A l'occasion de la mauvaise plaisanterie d'un orfèvre juif dont une néophyte islamique fut la victime, Mahomet ouvrit les hostilités, le djihad, contre «les sectateurs de Moïse». Vainqueur, il imposa aux survivants de quitter leur cité dans les trois jours et partagea leurs biens avec les autres musulmans. Cette violence, banale en ces temps, préfigure en fait le comportement de l'islam à l'égard des autres religions. Après la phase, plus ou moins longue, de séduction, vient la soumission par la force. En même temps, cet événement nous éclaire sur le mécanisme du djihad, opération militaire sanctifiée par Allah mais dont les codes, distribution du butin ou traitement des prisonniers, remontent en fait aux traditions des nomades arabes de l'époque. C'est en s'appuyant sur ces principes que Mahomet, puis son successeur, Abou Bakr, exterminèrent les chrétiens et les juifs d'Arabie. Au XXe siècle ne subsiste qu'une communauté juive au Yémen qui devra acheter aux autorités du lieu l'autorisation d'émigrer vers Israël. C'est toujours au nom du djihad que les tribus arabes s'emparèrent de l'empire sassanide, d'une partie des territoires de Byzance, dont la Palestine, de l'Afrique du Nord, puis de la Sicile et de l'Espagne à partir de 711. Ibn Khaldoun, célèbre historien musulman du XIXe siècle, écrivit qu'Idriss Ier, «étant arrivé au Maghreb, fit disparaître de ce pays jusqu'aux dernières traces des religions chrétienne, juive et païenne». Au XIXe siècle, Ibn al-Athir, un écrivain de la même confession, rapportait qu'Abou Yezid, en 944, envoya une colonne militaire contre Sousse «qui fut emportée l’épée à la main: les hommes furent massacrés, les femmes réduites en captivité et la ville incendiée. Les envahisseurs fendaient les parties génitales des femmes, les éventraient, si bien que l’ifrîqiyya (Tunisie) ne présenta plus ni un champ cultivé ni un toit debout...»
Quant à l'Espagne qui, selon certains, se serait soumise de plein gré à l'islam, le même auteur dit : «En 231 (septembre 845), une armée musulmane pénétra en Galice sur le territoire des infidèles, où elle pilla et massacra tout. Elle s’avança jusqu'à la ville de Léon... Les habitants, effrayés, s’enfuirent... de sorte que les musulmans y pillèrent à leur gré, puis ruinèrent ce qui restait. » Le Coran justifiait cette avancée fulgurante. On y lit au verset 29 de la sourate IX: «Combattez ceux qui ne croient pas en Dieu ni au jour dernier et ne s'interdisent pas ce que Dieu et son envoyé ont prohibé. (Combattez) également ceux parmi les gens du Livre (juifs et chrétiens) qui ne professent pas la religion de la vérité, à moins qu'ils ne versent la capitation directement et en toute humilité. » (Traduction de Si Hamza Boubakeur, ancien recteur de la mosquée de Paris).
Ibn Khaldoun se montrait plus explicite encore : «Dans l'islamisme, écrivait-il, la guerre contre les infidèles (ici essentiellement les chrétiens) est d'obligation divine, parce que cette religion (l'islam) s'adresse à tous les hommes et qu'ils doivent l'embrasser de bon gré ou de force... Nous ne jugeons pas convenable de salir nos pages en rapportant leurs opinions impies... Nous n'avons pas à discuter ou à raisonner là-dessus avec eux; nous n'avons qu'à leur donner le choix de l'islamisme, de la capitation ou de la mort.»
Nomades guerriers des régions désertiques, les Arabes ne savaient ni cultiver la terre ni administrer les immenses empires dont ils prirent le contrôle. Ils durent faire appel à l'expérience des peuples conquis et, donc, laisser la vie sauve à certains d'entre eux. Inspiré par les propos et les comportements de Mahomet au cours des siècles, les califes et les oulémas (docteurs de la loi) mirent sur pied une juridiction propre à définir le cadre social des non-musulmans, essentiellement chrétiens, juifs et mazdéens. C'est ce qu'on appelle le statut de dhimmi. La fonction économique du dhimmi apparaît clairement dans les écrits d'al-Damanhuri, théologien du XVIIIe siècle, quand il glose longuement sur la manière de saluer un non-musulman: «La déférence envers l'infidèle est manque de foi. Celui qui salue un dhimmi avec déférence est coupable d'infidélité... On peut (lui) dire "que Dieu vous donne longue vie, grande richesse et beaucoup d'enfants" parce que cela implique le paiement de nombreuses taxes de capitation. »
En résumé, le dhimmi devait payer deux impôts spéciaux, la jizya (la capitation) et le kharaj (la taxe foncière), dont les montants dépendaient du bon vouloir du souverain. En outre, il lui fallait se soumettre à nombre de mesures discriminatoires, souvent vexatoires.
Al Maghili, théologien maghrébin du XVIe siècle, affirmait : « Le jour de la perception (de la jizya) on rassemblera les dhimmis... les auxiliaires de la loi se tiendront au-dessus d'eux en prenant une attitude menaçante... En payant, le dhimmi recevra un soufflet et sera repoussé de telle façon qu'il estimera avoir échappé à l’épée grâce à cette avanie... car la force appartient à Dieu, à son Apôtre et aux Croyants. »
Entre autres règles qui gouvernaient la vie du dhimmi, on remarquera l'interdiction de monter à cheval ou de s'habiller comme un musulman, parfois l'obligation de porter un signe distinctif. Mais aussi l'interdiction de construire une maison plus haute que celles des Mahométans ou de «froisser les oreilles musulmanes » en faisant sonner les cloches des églises.
Plus grave, le dhimmi ne pouvait pas témoigner à l'égal d'un musulman dans un procès ce qui, dans la pratique, l'empêchait de faire valoir son droit et l'abandonnait souvent au despotisme ambiant. Ajoutons que, outre les milliers d'églises détruites par la guerre ou converties en mosquées, les chrétiens n'avaient pas la liberté d'en construire de nouvelles. La plupart des peuples orientaux conquis par les Arabes parlaient des langues différentes de celle des vainqueurs. Elles disparurent le plus souvent sous la pression dominatrice de ces derniers pour ne survivre, parfois, que dans les pratiques cultuelles : tel fut le cas, par exemple, de l'araméen, idiome du Christ, et du copte.
Certes, à la même époque, en Europe, il est vrai que l'usage allait de la liquidation pure et simple des hérétiques, comme pour les Albigeois au XIIIe siècle, à la protection ambiguë et versatile du roi, dans le cas des juifs. Nombre d'auteurs occidentaux en ont déduit que la société musulmane d'alors se caractérisait par une plus grande tolérance que celle de nos ancêtres. Les faits démentent pourtant leur vision. Car, en réalité, jamais les califes ne parvinrent à exercer un véritable contrôle sur leur empire et des commentaires récents ont, à juste titre, parlé de «l'anarchie musulmane». Outre les pressions fiscales du prince, les dhimmis subissaient donc l'insécurité engendrée par une population nomade, arabe, puis kurde et enfin turco-mongole, qui, interprétant le Coran à sa manière, en exagérait la rigueur dans le but de s'emparer des biens des non-musulmans. A plusieurs reprises, pour des raisons économiques, les califes tentèrent d'y mettre bon ordre. Bar Hebraeus, évêque d'Alep au XIIIe siècle, rapporte qu'en 1285, à la suite des exactions commises contre les dhimmis par une bande de brigands, « le sultan Massoud et les chevaliers qui se trouvaient dans la ville (de Mossoul) montèrent en selle et chevauchèrent hors de la ville pour engager (les brigands) dans la bataille. Mais quand ils virent combien était grand leur nombre, et qu'eux-mêmes n'avaient pas de forces égales aux leurs, ils tournèrent le dos et rentrèrent dans la ville».
Très rapidement on assista à une collusion des Turcs, originaires de Sibérie et des plateaux de Mongolie, avec les princes musulmans, puisque, dès le VIIIe siècle, ces derniers embauchèrent des mercenaires de cette ethnie. Sans doute la promesse du butin et la rudesse de leurs mœurs nomades unissaient-elles les intérêts de ces deux peuples. En tout cas, à partir du Xe siècle, les conversions des Turcs à l'islam se multiplièrent. Brusquement, le monde musulman s'enrichissait d'une force nouvelle et repartait à l'assaut de nouveaux pays : l'Inde, pour commencer, puis le sud de la Russie, et surtout, l'empire de Byzance qui, depuis longtemps, tentait les guerriers musulmans. Constantinople tomba en 1453, sous Mehmed II. Puis les Turcs pénétrèrent en Europe, s'emparant de la Grèce, de l'actuelle Yougoslavies, de la Hongrie, pour s'arrêter devant Vienne en 1529.
A partir de cette date, on peut parler des prémisses du déclin de l'empire musulman passé aux mains des Turcs. Sans doute parce que l'Occident montait en puissance mais aussi parce que le monde islamique tirait sa richesse des biens qu'il pillait chez l'ennemi et des dhimmis qu'il soumettait au servage de fait. En même temps qu'il voyait ses frontières fixées, son expansion bloquée, il réduisait ses ressources intérieures en islamisant les populations dhimmies, par la contrainte militaire ou sociale.
Sous le règne des Ottomans, les méthodes de la domination musulmane ne changent pas beaucoup. Si des innovations apparurent, ce fut sous la forme d'une plus grande sophistication des moyens de soumission des non-musulmans. Ainsi naquit le devshirme, pratique qui consistait à prélever régulièrement, sous forme de tribut, un cinquième des enfants chrétiens des pays conquis. Convertis par la contrainte à l'islam, les garçons âgés de quatorze à vingt ans constituaient l'essentiel des troupes de janissaires. Les Grecs, les Serbes, les Bulgares, les Arméniens et les Albanais composèrent, par ce biais, l'essentiel de ces unités d'élite. Quand on sait que, dans le même temps, les sultans installaient des colons musulmans sur les terres de ces peuples, on comprend mieux l'animosité que les Grecs nourrissent à l'égard des Turcs ou l'ostracisme que les Bulgares manifestent à l'encontre de leur minorité turcophone. Le prélèvement de la capitation ou le procédé du devshirme s'accomplissaient cependant parfois avec la collaboration des notables chrétiens et en particulier de la hiérarchie religieuse. Certes contraints à cette fonction par les circonstances, beaucoup de nobles et de prélats se sont pourtant enrichis de cette manière, quand ils ne se convertirent pas à l'islam pour protéger leurs biens. Ils tiraient nombre d'avantages de cette collaboration. Comme par exemple le patriarcat de Constantinople qui, en obtenant l'administration de tous les orthodoxes de l'empire ottoman, augmenta d'autant les prébendes qu'il percevait sur les différents impôts.
Un peu plus tard, le sultan abolit les Eglises nationales slaves catholiques, privilégiant ainsi les orthodoxes. La Sublime Porte ravivait à son profit l'animosité entre les deux Eglises sœurs. Ce qui expliquera, en 1975, le ralliement de certains orthodoxes libanais au camp musulman, contre les maronites dépendant de Rome. Ou la haine, entretenue jusqu'à aujourd'hui par d'autres conflits, entre les Croates catholiques et les Serbes orthodoxes dans la défunte Yougoslavie. L'existence des chrétiens nantis a souvent occulté la réalité, donnant à penser aux Occidentaux que, somme toute, le statut de dhimmi n'avait rien de terrible. Cette perception fut cultivée par les puissances européennes, singulièrement la France et la Grande-Bretagne qui, jusqu'à la veille de la Première Guerre mondiale, soutinrent l'empire turc par crainte de voir la Russie se renforcer en s'emparant des provinces ottomanes. L'affaiblissement évident de l'empire ottoman annonçait sa fin prochaine quand son alliance avec l'Allemagne sonna son glas, en 1918, lors de la victoire des alliés. De peuples dominateurs, les musulmans passaient au rang de peuples soumis, non seulement à la force, mais aussi à des techniques nouvelles qui surgissaient d'Occident. Réveil brutal pour une partie de l'humanité qui se croyait appelée par Dieu pour imposer sa loi au monde.
Aujourd'hui, c'est à la résurgence de cet esprit que nous assistons, indirectement, sous la forme de l'arabisme militant, et directement, dans l'expression islamiste révolutionnaire.
Alain Chevalérias
Sources : Le Spectacle du Monde – Décembre 1993.
Legendes et mythes nordiques : ce que vous avez rêvez de savoir.
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Les damnés de la Commune
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