L'Allemagne dionysiaque d'Alfred Bäumler par Luca Lionello Rimbotti
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- Catégorie : PHILOSOPHIE
(Recension : Alfred Bäumler, L'Innocenza del divenire, Edizioni di Ar)
Bäumler fut le prophète du retour aux racines de la Grèce présocratique, lorsque la dévotion primordiale aux dieux de l'Europe était pratiquée.
Alfred Bäumler a été le premier philosophe allemand à donner à Nietzsche une interprétation politique. Avant Jaspers et Heidegger, qui ont été influencés par lui, il a vu dans l'Allemagne « hellénique » envisagée par Nietzsche la représentation héroïque d'une révolution des valeurs primordiales incarnées dans la Grèce archaïque, dont le pivot philosophique et idéologique a été perçu dans le texte controversé de Nietzsche sur la volonté de puissance. Non systématique dans la forme, mais très cohérent sur le fond.
Dans une série d'écrits allant de 1929 à 1964, Bäumler s'est engagé dans une lutte culturelle pour ramener Nietzsche à sa place naturelle de penseur historique et politique, le sauvant des tentatives de ceux - alors comme maintenant – qui insistaient sur des interprétations métaphysiques ou psychologiques et voulaient, de ce fait, désamorcer le potentiel perturbateur de la vision du monde de Nietzsche, afin de le réduire à un cas purement intellectuel donc inoffensif.
Ces écrits de Bäumler sont maintenant rassemblés et publiés par les Edizioni di Ar sous le titre L'innocenza del divenire, dans une édition de grande valeur philologique et documentaire, mais surtout philosophique et historico-politique. Un événement culturel unique et rare dans le panorama de l'édition savante italienne, si souvent consacré à des répétitions stériles plutôt qu'au travail scientifique de fouille en profondeur.
En outre, l'édition en question comporte un appendice avec une postille de Marianne Bäumler, épouse du philosophe, dans laquelle sont précisés les thèmes de la célèbre controverse déclenchée par Mazzino Montinari, éditeur d'une édition italienne des œuvres de Nietzsche qui est resté célèbre pour ses efforts tenaces de rééducation de la pensée de Nietzsche, en déformant souvent les passages culminants.
La controverse, vieille de plusieurs décennies (vu l'amour fou de la « gauche » pour Nietzsche : car dans les replis de sa pensée et de ses aphorismes, cette « gauche » philosophique a cherché en vain la consolation au regard de l'insurmontable rupture culturelle et idéologique qu’ils recelaient, consolation qui s’est précipitée dans le syndrome de la « pensée faible »), est toujours d'actualité, étant donné l'impasse jamais dépassée du progressisme. La « gauche philosophique » n'a pas encore pu faire une analyse honnête de son échec historique ; elle a donc consacré de longues années à des opérations de peinturlurage instrumental de la culture européenne du XXe siècle. C'est aussi pour cette raison que le bref écrit de Marianne Bäumler acquiert une signification particulière, voire symbolique, de redressement de l'exégèse nietzschéenne, après de longues saisons d'altération opiniâtre et/ou frénétique par le biais d’interprétations incontrôlées.
En effet, une falsification de Nietzsche a existé - surtout en ce qui concerne la volonté de puissance, mais pas du côté d'Elisabeth Nietzsche, mais précisément de ceux qui, comme Montinari et Colli, ont cherché à transformer l'héroïsme tragique exprimé par Nietzsche dans la métaphore du lion rugissant pour en faire le bêlement d'un agneau bon enfant : un coup d'œil à la postface de l'éditeur et traducteur Luigi Alessandro Terzuolo, suffira pour se rendre compte, textes en main, de la volonté de mystification idéologique poursuivie lucidement par les habituelles célébrités du nietzschéisme officiel, avec des résultats révélant une falsification ouverte et démocratique.
Dans les écrits (études, postfaces, essais ou extraits d'autres ouvrages) rassemblés dans L'Innocence du devenir, Alfred Bäumler mesure la force conceptuelle de Nietzsche par rapport à l'histoire, au caractère culturel germanique et au destin de la culture européenne. Il identifie l'esprit bourgeois comme le dernier élément de division, qui s'est inséré sous la dialectique hégélienne pour opérer une malheureuse superposition entre l'ancien monde classique et le christianisme, obtenant ainsi un infâme obscurcissement du premier et du second. Un procédé, tel celui-ci, Nietzsche le considérait comme déterminant pour la perte de contact entre la culture européenne et l'identité originelle de l’Europe (hellénique). C’est là une catastrophe de la pensée qui se serait répercutée sur le destin européen, l’aurait oblitéré du moralisme et l’aurait soustrait à toute authenticité, d'abord pour des raisons spéculatives, puis politiques. C'est seulement dans une nouvelle Hellas qu'allait pouvoir se retrouver l'Allemagne ; annoncée d'abord par la culture romantique et sa sensibilité aux traditions mythiques et populaires, puis par Hölderlin et enfin par Nietzsche, la reconquête de l'unité de l'homme se réalisera, selon Bäumler, enfin libérée des intellectualisations rationalistes et ramenée à la vérité première faite d'esprit, de corps, de volonté, de lutte organisée, d'héroïsme dionysiaque, de liens entre l'histoire et la nature, de virginité des instincts et des pulsions, de coexistence sereine avec la nature tragique du destin, de dépassement vers une vision du mythe comme âme religieuse primordiale, comme volonté surhumaine de pouvoir. Avec son travail d'érudit, c'est comme si Bäumler nous rendait, en somme, le vrai Nietzsche. Le prophète du retour aux sources des peuples de la Grèce présocratique, lorsque la première dévotion aux dieux de l'Europe était encore pratiquée, selon ce que chantait Hölderlin, dans un passage repris non par hasard par Bäumler dans son Hellas und Germanien publié en 1937 : « Ce n'est qu'en présence des Célestes que les peuples / obéissent à l'ordre hiérarchique sacré / érigent des temples et des villes .. . ».
La publication des écrits de Bäumler - due à la seule maison d'édition italienne qui s'intéresse méthodiquement au philosophe allemand, délibérément occulté à cause des blocages mentaux persistants - s'inscrit dans l'effort culturel pour mettre fin, autant que possible, à l’époque des falsifications dogmatiques. Un document décisif qui va dans le même sens est, entre autres, le travail récent de Domenico Losurdo sur Nietzsche en tant que rebelle aristocratique. Publier Bäumler - comme l'ont fait les Edizioni di Ar avec les précédentes Estetica e Nietzsche filosofo e politico ( Esthétiques et Nietzsche, philosophe et homme politique) - c'est laisser des traces visibles de cette contre-pensée intimement ancrée dans l'âme européenne et articulée sur la dénonciation du modernisme progressif comme masque du chaos final. Une telle démarche, aujourd'hui, est tout simplement ignorée, faute de moyens intellectuels, ou est pliée aux besoins du pouvoir censurant, ou est reléguée au placard où sont exilées les voix de la dissonance. Ce qui, dans la logique de la pensée unique, signifie condamnation et diffamation.
Luca Lionello Rimbotti,
Sources : Linea, 1/12/2003 (Euro-Synergies).
Focus sur les élections catalanes du 14 février 2021
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- Catégorie : Régions d'Europe
Ce 14 février 2021 est marqué par des scores historiques avec 74 élus indépendantistes et l’entrée de 11 élus de la formation espagnoliste Vox au Parlement de Catalogne.
Résultats :
Parti des Socialistes de Catalogne (PSC) : 33 députés.
Esquerra Republicana de Catalunya (ERC) : 33 députés.
Junts per Catalunya : 32 députés.
Vox: 11.
Candidatures d’Unitat Popular (CUP) : 9
En Comú Podem (Podemos) : 8.
Ciutadans : 6.
Partido Popular : 3
74 élus indépendantistes sur un total de 135 entrent au Parlement de Catalogne
La majorité indépendantiste est acquise au Parlement de Catalogne. Cette assemblée est dotée de 135 sièges et comporte un seuil de majorité établi à 68 élus. C’est le mot Indépendantiste qui est utilisé ici, et non nationaliste, pourquoi ? Par choix et cohérence des principaux intéressés qui souhaitent s’inscrire dans le registre mortifère du politiquement correct en adhérent sans restriction à toutes les tartes à la crème du prêt à porter idéologique. Puis par choix de l’auteur de cette chronique qui se demande en effet comment peut-on prétendre à l’indépendance de plein exercice quand on souhaite la perdre dans la foulée en intégrant l’Union Européenne ? Exception pour le parti d’extrême gauche CUP qui ne souhaite pas cette intégration. En revanche, en ne faisant pas cas des choix économiques divergents de ces formations, qui passent par le libéralisme, la sociale démocratie, ou encore le cryptomarxisme, des points communs les animent : ils sont tous mondialistes mais de langue catalane, et pro immigration.
Le peuple catalan a-t-il réellement gagné la partie ce 14 février avec de tels tartufes qui au prétexte de construire l'État catalan, détruisent la nation catalane?
Selon le site d’information La Clau (14.2.21) « La présidence de la Generalitat de Catalogne devrait revenir à Pere Aragonès, candidat de la gauche indépendantiste (ERC). Ce leader de 38 ans, actuel vice-président et ministre-conseiller de l’Économie du gouvernement catalan, devrait composer une coalition avec Junts (le parti de Carles Puigdemont) et la CUP ».
C’est donc le jeu des chaises musicales au Parlement de Catalogne où la gauche prend le relais de la présidence qui était jusque-là aux mains des libéraux de Junts. Cette coalition incongrue « libérale-libertaire »qui dure depuis des années n’augure rien de spectaculaire pour l’observateur avisé.
Entrée historique aux Parlement de la formation Vox
La formation libérale de droite et espagnoliste Vox, que certains en France présentent à tort comme nationaliste, a su profiter de l’effondrement général en Espagne du parti de la droite historique Partido Popular (4 députés en 2017 aux élections du Parlement de Catalogne) ainsi que de la bérézina de la formation centriste et libérale Ciutadamos ( 36 députés en 2017 aux élections du Parlement de Catalogne). Ce parti, qui est entre autre fortement opposé à la politique de santé publique, se distingue par son anticatalanisme viscéral, son souhait de supprimer les régions autonomes et d’en finir avec la télévision régionale TV3. Il convient de rappeler également que si Vox s’oppose à l’immigration en provenance du continent africain, il encourage en revanche l'implantation de populations sud-américaines au nom de « l'hispanité », notamment en Catalogne. Ce détail n’aura pas échappé aux plus sagaces qui verront là une politique de remplacement ethnoculturelle en Catalogne, le fameux « Puisque le peuple vote contre le Gouvernement, il faut dissoudre le peuple » de Bertolt Brecht s’accorde parfaitement ici.
Quelle alternative nationaliste en Catalogne?
Faute d'avoir pu, du fait des conditions sanitaires, réunir à temps les milliers de signatures nécessaires pour pouvoir se présenter, les nationalistes identitaires de SOM CATALANS n’ont pu participer à l'élection du parlement catalan du 14 février (communiqué du 10.2.21).
Bien que pour l'heure très minoritaire, le parti SOM CATALANS représente l’alternative d'un nationalisme catalan s’inscrivant dans le combat de l’Europe des peuples, aux antipodes des formations mainstream décrites plus haut.
Llorenç Perrié Albanell
Pour aller plus loin dans la compréhension de la politique catalane : Le livre : Mouvements et partis politiques nord-catalans, un marasme ?
Llorenç Perrié Albanell, qui s’oppose aux « autonomistes et aux indépendantistes mondialisés » depuis plusieurs années, signe un troisième ouvrage consacré au catalanisme: « Mouvements et partis politiques nord-catalans, un marasme ? (1)» au Cercle Català del Rosselló.
On connaissait depuis le 1er octobre 2017, à l’occasion du referendum interdit organisé par l’ex président de la Generalitat, Carles Puigdemont, les forces en présence en Catalogne. Aujourd’hui, grâce à une introduction roborative nous n’aurons plus d’excuses concernant la connaissance des formations nord-catalanes (Département des Pyrénées-Orientales), plus discrètes, mais non moins actives.
L’auteur dresse un constat sur l’action menée en ces terres catalanes du nord, il tente aussi d’esquisser une possible évolution de ce microcosme politique.
Un constat sans appel
Si des succès sont évoqués, l’auteur s’attache plus particulièrement aux échecs successifs des formations nord-catalanes, qui en comparaison des victoires institutionnelles des formations présentes dans les autres régions, comme la Collectivité Territoriale de Corse ou la Communauté Pays Basque, font office de mauvaises élèves. On découvre dans cet ouvrage les efforts déployés par les militants, rarement couronnés de succès, surtout dans le domaine politique. Le monde associatif semble être actif et populaire, mais sous tutelle de intelligentsia gauchiste. L’observateur politique avisé comprendra au fil des pages que le politiquement correct est le principal boulet de ces mouvements, dont pour certains le logiciel politique hérité de mai 68 semble être la seule boussole. Fait notable, mais qui correspond en réalité à l’ensemble des mouvements « régionalistes » mainstream en France, on remarquera que lorsque ces derniers ne tentent pas de singer les idéologies à la mode de Paris ou de Bruxelles, ils rongent un os électoral tendu par une main intéressée par le grappillage de voix au moment des élections, quand ce n’est pas les deux à la fois.
Sauver les meubles ?
Si l’ouvrage égratigne, il tente néanmoins d’apporter des pistes intéressantes afin de « sauver les meubles » de ce qui semble être un pari difficile : la création d’un large mouvement régionaliste. Ces pistes ne sont pas abordées sous un angle strictement politique, le lecteur est invité à ce sujet à se rapporter à un ouvrage précédemment publié (2), mais sous un angle pratique basé sur une réflexion de fond. Au-delà des réflexions théoriques l’auteur pose une question essentielle, car préalable à toute action politique : les mouvements et partis nord-catalans sont-ils encore capables de refonder leur logiciel et de mobiliser ?
Sans conteste, ce troisième essai vient compléter les précédents ouvrages, qui dans une lecture d’ensemble présentent un panorama complet de la lutte catalane, qu’elle soit culturelle ou politique. Une vision qui s’inscrit clairement dans la défense des communautés ethnoculturelles qui composent notre Europe, aux antipodes du maelstrom mondialiste qu’est l’Union Européenne.
Terre & Peuple
Notes :
(1) Mouvements et partis politiques nord-catalans, un marasme ? Cercle Català del Rossellό, septembre 2020. 112 pages, 8 euros.
(2) Llorenç Perrié Albanell, Réflexions Nord-catalanes « pour un devenir identitaire nord-catalan », 2018. Ouvrage rédigé à la fois comme un manuel de formation du militant et un programme politique autonomiste.
Contre la dissolution : venez soutenir Génération Identitaire et notre Europe ce samedi à Paris.
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Génération Identitaire organise une grande manifestation ce samedi (20 février) à Paris à 14 h 00 pour protester contre la procédure de dissolution engagée à son encontre par le ministre de l’Intérieur.
Venez dire que vous refusez que l’on criminaliste le refus de l’invasion migratoire,
Venez dire que vous refusez que l’on bâillonne des lanceurs d’alerte,
Venez dire que notre civilisation et notre pays méritent qu’on les défende.
Cette très grave décision doit concerner tous ceux qui refusent de se soumettre à l’idéologie dominante. Ils seront les prochains sur la liste !
Rejoignez-nous massivement ce samedi à 14 h 00 à Paris pour dire NON à Darmanin et au gouvernement.
Le message de Thais d’Escufon a diffuser : https://youtu.be/wKmaHI2rdxs
Eugène Krampon à lu « la Billebaude » d’Henri Vincenot
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- Catégorie : Littérature
C’est une lutte à mort qui aujourd’hui s’est engagée entre deux visions du monde totalement incompatibles : l’identité contre le cosmopolitisme, l’enracinement contre le nomadisme, la tradition contre le Progrès. Dans ce combat dantesque, pour nous autres militants identitaires, lire Vincenot est toujours un bain de jouvence, et pour beaucoup, un retour à nos racines paysannes toujours présentes dans notre longue mémoire et dans nos veines. Lors de la parution de l’ouvrage en 1978, les Français ne s’y sont d’ailleurs pas trompés : « De toutes les tribus, ils m’écrivent » disait l’auteur car ce qu’il racontait, c’était tout bonnement ce que nos parents avaient vécu eux aussi, qu’ils soient gaulois d’Auvergne, de Touraine, du Poitou, du Quercy, du Saintonge…
UN BIOTOPE GAULOIS
Orphelin à l’âge de 8 ans, Henri Vincenot va passer une large partie de son enfance chez ses grands-parents, à Commarin, dans la montagne bourguignonne. Si dans la plaine, l’aristocratie est largement d’origine burgonde (peuple germain issu de l’ile de Bornholm dans la Baltique et qui a donné son nom à la Bourgogne), dans la vallée de l’Ouche et dans la montagne, le peuplement est clairement d’origine celtique. En ce premier tiers du XXème siècle, époque à laquelle se déroule La billebaude, les traditions venues du fond des âges sont encore bien présentes et vécues au quotidien. Il faut dire que nous sommes encore dans le cadre d’une civilisation lente, non encore emportée par le cancer du Progrès, qui vit encore au rythme des saisons et dont la seule richesse n’est que le fruit du travail de la terre et de ce que la forêt donne en cadeau : gibier, fruits, plantes médicinales. Pour s’en convaincre, il n’est que de relire de Vincenot également La vie des paysans bourguignons au temps de Lamartine. A croire que le temps, pour le plus grand bonheur des hommes, s’était arrêté avant la grande fuite an avant, vers le néant des temps modernes.
IL N’EST DE RICHESSE QUE D’HOMMES
La billebaude, c’est aussi la rencontre de personnages souvent hauts en couleur, comme il en pullulait encore dans tous nos terroirs de France il n’y a pas encore si longtemps : d’abord les deux grands-pères de l’auteur, chasseurs hors pair, l’un et l’autre Compagnons du devoir (l’un est forgeron, l’autre sellier-bourrelier), véritables aristocrates du travail manuel, un garde-chasse doublé d’un braconnier qui connait la forêt comme sa poche, un chemineau ( pas un cheminot, rien à voir avec le chemin de fer) qui erre sur tous les chemins de Bourgogne, conteur de légendes anciennes, connaissant toutes les familles et leurs secrets, dormant là dans un fossé, là dans une grange, des femmes connaissant toutes les vertus des plantes et capables de soigner aussi bien une angine, un rhumatisme, une plaie profonde, une morsure…Le voilà ce peuple celtique au sein duquel grandit notre auteur, au sein d’un village encore très marqué par une puissante vie communautaire.
LA DIMENSION DU SACRE
Dans ces années 20 en Bourgogne, les traditions païennes sont encore bien présentes. L’Eglise le sait mieux que toute autre puisque pour une fois main dans la main avec les instituteurs laïcs, elle s’attache à éradiquer ce qu’elle appelle les « superstitions » qui ne sont pas autre chose que des traditions, croyances et légendes qui ont peu à voir avec le désert du Sinaï mais beaucoup avec la Tradition primordiale celtique. Même le missel local a une dimension ethnique puisqu’il est intitulé « Missel éduen », nom du peuple celte installé depuis l’Age de bronze sur les contreforts de la montagne du Morvan.
Ces Gaulois de la montagne sont certes attachés à leurs églises et à ses rites pagano-catholiques, pour autant, leur véritable temple, leur sanctuaire, c’est la forêt primaire et son bestiaire sacré, sangliers, cerfs et chevreuils qu’ils traquent dans des parties de chasse épiques, à la billebaude c’est-à-dire à la rencontre, sans traque organisée. La chasse que Vincenot découvre avec son grand-père deviendra une des grandes passions de sa vie. C’est au cours de l’une d’elle, poursuivant un chevreuil, qu’il atterrit dans le hameau abandonné de la Pourrie, « cinq feux dans la vallée de l’Ouche », ancien lieu de vie d’une petite communauté cistercienne qu’il réhabilitera et dans lequel il repose depuis 1985, avec son épouse et un de ses fils, sous une pierre granitique gravée d’une croix celtique. Il est des symboles qui ne meurent jamais…
Guerre commerciale : la nouvelle guerre totale (Vidéo)
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- Catégorie : GEOPOLITIQUE
Alain Juillet livre son expertise sur la guerre économique.
A travers un retour historique, il décrypte l’importance que la guerre économique a prise au cours de la deuxième moitié du XXe siècle. La Seconde Guerre mondiale a laissé place à ce nouveau type de conflit, comme l’explique Alain Juillet : «Le monde actuel est en pleine recomposition car les rapports de force, qui donnaient la meilleure part aux vainqueurs de la Deuxième Guerre mondiale, sont bouleversés par la montée des pays émergents.»
Dans cet affrontement d’un nouveau genre, deux grands rivaux émergent : la Chine et les Etats-Unis. Chacun développant sa propre stratégie. Pour la Chine, «c’est le support prioritaire de leur développement interne qui s’appuie sur une formidable croissance de la classe moyenne» et «la construction de filières de commercialisation, les routes de la soie, capables d’assurer la vente de produits chinois de hautes technologies concurrençant les productions internationales». Pour les Américains, «transformer l’économique en un véritable outil de puissance pour contrôler leurs alliés et faire plier les récalcitrants par des actions variées, en s’appuyant sur des textes légaux et des actions d’influence». Pour prendre l’avantage, les armes sont diverses, entre «actions d’influence ciblées pour déstabiliser l’adversaire» ou par le renseignement, un domaine «essentiel» selon l’ancien haut responsable à l’Intelligence économique. Pris en étau, les pays européens ont bien du mal à choisir leur camp, comme l’Allemagne, partagée entre son amitié pour les Etats-Unis et les enjeux économiques puisque la Chine est son premier partenaire commercial. Pour ce qui est de la France, elle «se retrouve isolée au milieu du gué dans cette guerre économique où l’excellence technique est nécessaire mais non suffisante».
L’Europe au péril du grand turc
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- Catégorie : HISTOIRE
Une cité florissante qui était la gloire et la splendeur de l'Orient a été prise, spoliée, dévastée et complètement mise à sac par les Barbares les plus inhumains... par les bêtes sauvages les plus sanguinaires... Un grand danger menace l'Italie, sans parler des autres pays, si les violents assauts des Barbares les plus féroces ne sont pas arrêtés net... »
C'est en ces termes alarmistes que le cardinal Bessarion, ancien archevêque de Nicée, rend compte au doge de Venise de la prise de Constantinople par les Turcs, survenue le 29 mai 1453. Présents dans les Balkans depuis près d'un siècle, vainqueurs des Serbes et des Hongrois, les envahisseurs ottomans ont, en s'emparant de l'ancienne capitale byzantine, remporté un succès décisif qui prélude à la poursuite de leur expansion vers le Proche-Orient arabe et vers la Perse, mais aussi en direction de l'Occident qui restera soumis pendant plus de deux siècles à la formidable menace que feront peser sur lui les armées du « Grand Seigneur ».
Durant toute l'époque moderne, les relations entre l'Europe et l'Empire ottoman sont demeurées conflictuelles, et quand le « débat universel » opposant les Turcs « au corps entier de la chrétienté » se terminera sur la victoire des puissances européennes, la « question d'Orient » et l'agonie de « l'homme malade » viendront prendre le relais, au moment où les populations martyres des Balkans s'insurgeront, au nom du sentiment national et de la foi orthodoxe, contre un ordre fondé sur la terreur et les massacres institutionnalisés.
Durant tous ces siècles d'affrontement, l'Europe percevra le Turc comme un ennemi naturel. A la fin du XVIe siècle, Alberico Gentili explique ainsi, dans son De jure belli, que « nous avons sans cesse une raison de nous battre contre les Turcs », et la génération du romantisme philhellène s'affirmera solidaire de l'insurrection grecque, quand Byron ira mourir à Missolonghi, quand Delacroix peindra les Massacres de Chio et quand Victor Hugo réclamera pour son Enfant grec « de la poudre et des balles ».
Issus du cœur de l'Asie, les Turcs s'emparent progressivement de l'Anatolie après la victoire remportée à Mantzikert sur l'empereur grec Romain IV Diogène, en 1071. A la fin du XIIIe siècle, Erthogrul et Othman sont les fondateurs d'une lignée de chefs de guerre promise à un destin impérial et leurs successeurs imposent bientôt leur loi à toute l'Asie mineure.
Héritiers des traditions guerrières des cavaliers nomades de la steppe et devenus les nouveaux champions de l'islam sunnite, les Ottomans prennent ensuite pied en Europe, où ils s'emparent d'Andrinople dès 1364. Sept ans plus tard, Serbes, Hongrois et Valaques sont battus sur la Maritza et, en 1389, la bataille de Kosovo entraîne l'écrasement du royaume serbe. En 1396, la croisade occidentale qui se porte au secours de l'Empire byzantin est vaincue à Nicopolis par les janissaires du sultan Bayezid Yildirim (Bajazet la Foudre). Au moment où la chrétienté se trouve directement menacée par ce nouveau péril surgi de l'Orient, l'irruption en Asie mineure des hordes de Tamerlan, victorieuses des troupes ottomanes à Ancyre en 1402, lui donne un précieux sursis. Le répit est cependant de courte durée car, dès 1422, un nouvel assaut, infructueux, est lancé contre Constantinople. Au cours des années suivantes, la résistance chrétienne semble cependant s'affermir aux marges occidentales des conquêtes ottomanes, où le voïvode Jean Hunyadi parvient à préserver la Hongrie. Dans le même temps, Skanderbeg tient tête aux envahisseurs dans les montagnes d'Albanie. Les armées du sultan n'en sont pas moins victorieuses, à Varna, en 1444, des forces de Hunyadi et de Ladislas, le roi de Pologne et de Hongrie, tué au cours de la bataille.
La conquête du Péloponnèse, la mise à sac de Corinthe et la nouvelle victoire obtenue à Kosovo, contre Hunyadi cette fois, augurent mal du sort de Constantinople, finalement prise par Mehmed II le 29 mai 1453, malgré l'héroïque résistance opposée par ses défenseurs grecs, génois et vénitiens.
Devenu l'héritier de l'Etat byzantin, l'Empire ottoman peut tirer un surcroît de puissance du contrôle des Balkans, dont les populations asservies lui procureront, avec leurs enfants régulièrement razziés et islamisés, l'élite de son armée (les janissaires) et une partie de ses cadres administratifs. Disposant désormais de ressources humaines et économiques considérables, le sultan va pouvoir engager, sur le Danube et en Méditerranée, une lutte de longue haleine durant laquelle la chrétienté divisée n'unira que trop rarement ses forces. Au début du XVIe siècle, Sélim Ier Yavouz (le Terrible) tourne surtout ses efforts contre la Perse et l'Egypte pour s'assurer - après la reconnaissance de sa suzeraineté sur les villes saintes du Hedjaz - la maîtrise de tout le Proche-Orient arabe, mais son successeur, Soliman le Législateur (ou le Magnifique), reprend vigoureusement l'offensive contre l'Europe chrétienne.
Deux théâtres principaux voient alors l'affrontement opposant les Turcs aux Habsbourg d'Autriche et d'Espagne : les régions danubiennes d'une part, l'espace méditerranéen d'autre part. La victoire obtenue à Mohàcs par Soliman, en août 1526, transforme pour longtemps en terre de razzia la malheureuse Hongrie. Trois ans plus tard, les Turcs sont en mesure d'assiéger Vienne une première fois.
Au cours des décennies suivantes, le souverain Habsbourg organise tant bien que mal la défense des marges orientales de ses Etats, mais un beylicat ottoman est installé à Buda, alors que la Styrie et la Slavonie sont régulièrement dévastées et que la Carinthie est constamment menacée. Ce n'est qu'après la mort de Soliman, survenue en 1566, que le front danubien retrouve une certaine stabilité.
En Méditerranée, la prise de Constantinople et la conquête de la Syrie et de l'Egypte ont fait de l'Empire ottoman une puissance navale redoutable à laquelle se rallient les corsaires de Tripoli et d'Alger. Le sac d'Otrante, en 1480, et la prise de Rhodes, en 1522, témoignent de la volonté d'hégémonie méditerranéenne des nouveaux maîtres de l'Orient, la présence vénitienne à Chypre et en Crète n'étant que momentanément tolérée pour des raisons d'intérêt commercial.
Charles Quint s'empare de Tunis en 1535, mais échoue devant Alger six ans plus tard, ce qui permet aux pirates barbaresques d'entretenir l'insécurité sur les côtes italiennes et espagnoles alors que l'alliance conclue entre François Ier et Soliman permet aux Turcs de mettre à sac Reggio et Nice, et d'hiverner à Toulon...
En 1563, ils échouent cependant lors de leur tentative de reprendre Oran, espagnole depuis 1509, et ils doivent renoncer, deux ans plus tard, à l'issue d'un siège épique, à s'emparer de Malte. Ils prennent leur revanche en arrachant Chypre aux Vénitiens en 1570, mais, l'année suivante, le 7 octobre, la plus grande bataille navale du siècle est livrée à Lépante, près du golfe de Corinthe, et se termine sur une victoire éclatante des flottes espagnole, vénitienne et pontificale placées sous le commandement de don Juan d'Autriche.
La victoire est saluée dans toute l'Europe chrétienne, mais l'ennemi conserve Chypre et peut reprendre Tunis en 1574. Aucun des deux camps n'est alors en mesure - comme l'a bien montré Fernand Braudel dans sa Méditerranée à l'époque de Philippe II- de remporter une victoire décisive, et l'affrontement perd de son intensité au moment où l'Espagne tourne ses regards vers les Pays-Bas et donne la priorité à la lutte contre l'Angleterre, pendant que le sultan se voit contraint de faire face à l'hostilité de la Perse séfévide. La lutte reprend de plus belle au milieu du XVIIe siècle. Les Turcs entreprennent, à partir de 1645, la conquête de la Crète, mais il leur faudra près d'un quart de siècle pour réussir à s'emparer de Candia. A ce moment, une dynastie de grands vizirs d'origine albanaise, les Köprülü, réforme l'Etat ottoman afin de lui redonner sa puissance d'antan.
Les armées du sultan marchent alors de nouveau contre l'Autriche, mais, le 1er août 1664, le Lombard Raimundo Montecuccoli, qui commande une armée composée de Français et d'Impériaux, les écrase à la bataille du Raab, dite aussi du Saint-Gothard. Une victoire européenne à laquelle participent le duc Charles de Lorraine, le comte de Waldeck et le marquis de La Feuillade. C'est aussi la fine fleur de l'aristocratie française qui se porte au secours de Candia, où l'on verra tomber le duc de Beaufort et le marquis de Tavannes.
L'affrontement décisif aura lieu au cours de l'été 1683, quand les armées du grand vizir Kara Mustapha viennent mettre le siège devant Vienne, défendue par le comte Ernest de Starhemberg. Alors que la ville résiste depuis soixante jours, le duc Charles V de Lorraine et le roi de Pologne Jean Sobieski peuvent réunir leurs forces pour remporter, le 12 septembre, la victoire historique du Kahlenberg.
A partir de ce moment, la vague ottomane entame un reflux qui ne s'arrêtera plus. Buda est reprise dès 1686 et, l'année suivante, la victoire de Mohàcs arrache la Transylvanie à la domination turque. Le 11 septembre 1697, c'est le prince Eugène de Savoie qui porte le coup de grâce aux Ottomans en remportant sur les rives de la Theiss (la Tisza) la grande victoire de Zenta. Le traité de Karlowitz (janvier 1699) donne la Hongrie et la Transylvanie à l'Autriche, alors que le tsar de Russie Pierre Ier s'empare d'Azov, que Venise se voit reconnaître la possession de la Dalmatie et de la Morée, et la Pologne, celle de l'Ukraine subcarpathique.
Désireuse d'accéder à la mer Noire et d'atteindre ensuite les détroits, la Russie apparaît désormais, pour les Turcs, comme un nouvel adversaire particulièrement redoutable. En 1716 et 1717, les victoires autrichiennes de Peterwardein et de Belgrade contraignent le sultan à accepter la paix de Passarowitz, signée en 1718, qui donne à l'Autriche le Banat de Termesvar (Timisoara), la Petite Valachie occidentale et le nord de la Serbie. C'est une première étape vers la vallée de la Morava, dont le contrôle commande celui des Balkans. Les « confins militaires » organisés alors avec des paysans-soldats serbes venus combattre au service des Habsbourg dissuadent désormais toute tentative de retour offensif des Turcs.
La menace russe se précise plus au nord, tout au long du XVIIIe siècle. La mainmise des souveraines de Saint-Pétersbourg sur les côtes septentrionales de la mer Noire précède l'avance de leurs armées jusqu'à Bucarest alors que l'amiral Orlov vient, en 1770, détruire la flotte ottomane près de Chio. Les Turcs perdent la Crimée en 1783 et la tsarine Catherine peut affirmer la mission impartie à la Russie de libérer Constantinople du joug musulman.
La dégénérescence de l'Etat ottoman, demeuré incapable, faute d'un Pierre le Grand à sa tête, de s'occidentaliser et de se moderniser, va favoriser le réveil du sentiment national chez les peuples chrétiens des Balkans qui peuvent compter sur le soutien de la Russie orthodoxe. En revanche, les Anglais, qui ont supplanté les Français à Constantinople depuis la fin du XVIIIe siècle, entendent bien prolonger le plus longtemps possible l'agonie de « l'homme malade » de l'Europe afin de retarder d'autant l'irruption en Méditerranée de la puissance russe, jugée autrement redoutable.
Les révoltes serbes, entamées en 1804, aboutissent, en 1830, à la formation d'une principauté héréditaire au sein de l'Empire ottoman. C'est ensuite la Grèce qui se soulève et son insurrection symbolise la lutte pour la liberté chère à la génération romantique. Le congrès d'Epidaure proclame l'indépendance hellène, mais ses délégués ne sont pas reçus au congrès de Laybach où Castlereagh, le ministre anglais des Affaires étrangères, considère la Turquie comme un « mal nécessaire ». La poursuite de la lutte d'indépendance entraîne pourtant l'intervention des puissances et le sultan doit accepter, lors de la signature du traité d'Andrinople, de reconnaitre la souveraineté grecque et l'autonomie des principautés serbes et roumaines.
En 1833, le tsar Nicolas Ier impose à la Turquie un quasi-protectorat, mais l'Angleterre l'oblige à y renoncer en 1841. De 1854 à 1856, la guerre de Crimée est une occasion pour Londres de donner un nouveau coup d'arrêt à la poussée russe vers les détroits, mais elle aboutit aussi à la complète autonomie de la Serbie et des principautés roumaines.
L'éclatement, en 1875, delà révolte serbe de Bosnie-Herzégovine et la sanglante répression turque fournissent au tsar Alexandre II un nouveau prétexte d'intervention, mais le congrès de Berlin, réuni en 1878 à l'initiative de Disraeli, prive la Russie de la victoire qu'elle avait obtenue en 1877. Confronté aux revendications d'indépendance des peuples chrétiens des Balkans, l'Empire ottoman ne se maintient plus que par la terreur, en perpétrant les « horreurs bulgares » dénoncées par Gladstone.
C'est l'époque qui voit le « Grand Saigneur » Abdul Hamid II lâcher sur la Roumélie, l'Arménie, la Crète ou la Macédoine ses sinistres bachi-bouzouks. C'est d'ailleurs un projet anglo-russe d'imposer au sultan un contrôle européen sur la Macédoine martyre qui déclenche la révolution nationaliste « jeune turque » de juillet 1908.
Il ne reste plus alors que quelques années à l’Etat ottoman qui, à la veille de la Première Guerre mondiale, ne conserve plus que l'Asie mineure et le Proche-Orient arabe, après avoir perdu, à la faveur des conflits balkaniques de 1912-1913, ce qui restait de ses possessions à l'ouest du Bosphore et des Dardanelles où seules Andrinople et Constantinople maintiennent encore, une fois la reconquête accomplie, la fiction d'une « Turquie d'Europe ».
La défaite de 1918 voit le pays entamer une nouvelle phase de son histoire, marquée par l'occidentalisation forcée qu'impose Mustapha Kemal et par la liquidation ou l'écrasement de toutes les minorités - grecque, arménienne, kurde - susceptibles de mettre en cause l'identité exclusive d'une nouvelle nation turque dont la définition s'inspire du modèle jacobin.
L'envahisseur est presque complètement rejeté, mais il a laissé sa marque, que résume ainsi l'historien britannique Paul Coles : « L'absorption dans l'Empire ottoman fut à long terme une tragédie pour l'Europe du Sud-Est (...) Les peuples conquis furent prisonniers durant plusieurs siècles d'un système politique et social incapable d'évolution, dont les élites n'avaient pas d'autre idéal qu'un parasitisme empreint de violence. »
Les Européens perçurent le péril turc comme un danger mortel, comme une entreprise politique et religieuse radicalement étrangère aux sociétés, pourtant diverses, dans lesquelles ils vivaient. Alors que la chrétienté, qui demeure le cadre d'appartenance le plus évident, est déjà disloquée par l'essor de la Réforme protestante puis par la montée en puissance des grands Etats dynastiques opposés les uns aux autre dans d'interminables conflits, ce qui donne aux adversaires et aux victimes des Ottomans le sentiment d'une unité supérieure, c'est sans doute la conscience encore bien confuse d'une identité « européenne » définie par opposition à un ennemi commun.
Le roi d'Ecosse Jacques VI, le futur Jacques Ier d'Angleterre, parle ainsi de la lutte contre le Turc comme d'un « combat commun pour la cause publique », différente dans sa nature des guerres que pouvaient se livrer les princes chrétiens. Une « cause publique » qui prend progressivement le visage de l'Europe, perçue depuis l'Arioste et Le Tasse, non plus comme une simple zone géographique, mais comme un espace de civilisation particulier. Ce sont les « nations d'Europe » qu'Erasme appelle à la croisade contre les Turcs... C'est donc un combat européen réunissant Espagnols, Italiens, Allemands, Polonais, Serbes, Russes ou Français (quand François Ier ne pactisait pas avec Soliman et quand la diplomatie de Louis XV ne jouait pas la Sublime Porte contre la Russie) qui fut ainsi livré pendant plusieurs siècles à un ennemi commun clairement identifié.
Un passé qui ne plaide guère en faveur de l'adhésion de la Turquie d'aujourd'hui à l'Union européenne...
P. Conrad
Sources : Le Spectacle du Monde – novembre 2004.
ASSEZ DE MESURES LIBERTICIDES, SOUTIEN À GÉNÉRATION IDENTITAIRE MENACÉE DE DISSOLUTION
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Darmanin minable inquisiteur par Pierre Vial
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Gérald Moussa Darmanin, ministre de l’Intérieur propulsé par Macron, est fils d’Annie Ouakid et petit-fils de Moussa Ouakid, Algérien. Ce qui a beaucoup facilité sa carrière, en tant que produit exemplaire de la diversité. Il illustre parfaitement un des principes de base de la Macronie : brasser du vent et parler beaucoup pour abuser le bon peuple (c’est le cas du projet de loi contre « les séparatismes ») mais ne jamais agir contre les fondements de l’idéologie multiraciale, qui est le catéchisme des prophètes du mondialisme, dont Macron n’est que le porte-parole.
Sa dernière trouvaille (qui lui a été soufflée par ses maîtres) : interdire Génération Identitaire, qui a commis un crime impardonnable : agir spectaculairement contre les envahisseurs (baptisés « migrants » par les agents médiatiques de l’Anti-France) qui accentuent toujours plus leur pression, avec l’appui des ligues de vertu « antiracistes », qui haïssent le monde blanc, pour coloniser notre terre et soumettre notre peuple.
Nous saluons l’action courageuse et exemplaire de Génération Identitaire et lui apportons notre totale solidarité. Il faut être bête comme un Darmanin pour croire qu’une interdiction ministérielle peut empêcher la survie d’un mouvement de résistance. Le combat continue et ce n’est pas le minable inquisiteur Darmanin qui pourra arrêter la lutte pour la vie menée par les femmes et les hommes de notre sang.
Pierre VIAL
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