Résistance Identitaire Européenne

Traditions


Vieux futhark, futhorc, futhark récents ...Mais pourquoi tant de runes ! par Halfdan Rekkirsson

 runes vikings

 

Etudier les runes, c'est bien. Mais encore faut-il savoir QUELLES RUNES ? Car il a existé, durant toute la période pré-chrétienne de la Germanie, plusieurs systèmes runiques, issus du vieux futhark, et dont la création a suivi les évolutions linguistiques des peuples qui les ont utilisés. Cette vidéo est l'occasion d'y voir plus clair, et de découvrir, de nouveau, une part de l'histoire aussi riche que complexe des différents peuples germaniques, histoire dont l'étude est inhérente à celle des runes.

 

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Les druides - Prêtres des peuples celtes

 OIP

 

Représentant l’élite intellectuelle du monde celtique, les druides n’ont laissé aucune trace écrite. Ce documentaire expose les dernières découvertes des archéologues sur leur culture. 

Née en Europe centrale vers le Ier millénaire avant J.-C., la civilisation celte a occupé une grande partie du continent européen, des Balkans à l’Angleterre, de l’Italie du Nord à la Galice, avant d’être lentement absorbée par la civilisation romaine. À la fois dignitaires religieux, bâtisseurs, astronomes, mais aussi juges et guérisseurs, les druides constituaient l’élite intellectuelle des tribus celtes. S’ils savaient lire le grec et le latin, ils n’ont laissé aucune trace écrite. Nous devons ainsi le peu de connaissances qui nous sont parvenues à quelques auteurs de l’Antiquité. Quel rôle jouaient les druides ? Quelle est la part de vérité dans l'image que nous nous faisons de ces sages, représentés, depuis le XVIIe siècle, en tunique claire et longue barbe blanche, coupant le gui à la serpe pour concocter de mystérieuses potions ? 

Redécouverte en Irlande au XVIIIe siècle, en réaction à l’occupation britannique, la mémoire de la culture celte ne s’est pas éteinte. Aujourd’hui encore, des druides et même des druidesses célèbrent, dans plusieurs pays d’Europe, la nature et le cycle des saisons, comme le faisaient peut-être leurs lointains ancêtres. Plongeant dans le passé, des archéologues poursuivent leurs recherches sur le terrain. Les fouilles entreprises dans un tumulus du Jura souabe, sur un site du nord de la France où furent retrouvés les restes de sept cents guerriers sans tête, ou encore sur celui de Bibracte, la capitale des Éduens, dans le Morvan, apportent de précieuses informations sur l’organisation de la société celtique. Elles éclairent en particulier les prérogatives des druides, dont on sait désormais que, s’ils conseillaient les rois, il pouvait leur revenir également de les sacrifier rituellement pour satisfaire les puissances célestes. Documentaire de Manfred Uhlig (2020, 53mn)

 

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La diffusion des runes par H. Rekkirsson - 5

 

L'histoire du futhark fait partie du bagage nécessaire à la connaissance des runes. Cette étude explique (en partie) pourquoi des inscriptions runiques ont été découvertes dans toute l'Europe. La période de Grandes Migration est constitutive de l'Asatrù, des cultures et des langues germaniques, de la religion et des runes. Cette vidéo est donc une présentation d'une part importante de notre histoire, de notre longue mémoire.

 

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L'ESPRIT DE LA DOUBLE HACHE

 

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A la fin d'un cycle, les ténèbres règnent, omniprésentes, omnipotentes. Chez quelques-uns seulement la lumière est encore présente. Lu­mière de l'Age d'Or, de l'Hyperborée, terre des Aryens lorsqu'ils étaient en contact di­rect avec Dieu ou les Dieux, lorsqu'ils ne faisaient qu'un avec le Cosmos, période qui, bien que très lointaine dans le temps, s'est gravée dans les esprits non complètement en­dormis ou décomposés, et qui correspond à une ère de félicité, de paix et de grande connais­sance.

Puis vint la dégradation, l'involution, après la grande clarté ; l'obscurcissement, puis la nuit. Dans quelques rares endroits, autour d'un foyer, veillent les gardiens de la lumière, la milice céleste, attendant l'auro­re, puis le grand soleil.

Avec la venue des ténèbres, les dieux polai­res durent combattre, contenir ou repousser les forces inférieures de la matière, de la dissolution, de l1inconnaissance. Pour cela, ils empoignèrent les armes fournies par le Ciel. De sereine et pacifique, l'affirmation devint guerrière lorsque des brèches dans la « grande muraille » laissèrent passer les forces den-bas, les hordes des peuples de Gog et Magog, de Koka et Vikoka (1), qui tuent tout ce qui est élévation, entraînent les hommes vers les bas-fonds de l'Age Sombre, là où rè­gne l'Antéchrist, Satan, justement désigné depuis quelques siècles : « Prince de ce mon­de ».

La plupart des armes célestes proviennent de la Foudre, éclat de lumière illuminant brus­quement les ténèbres pour brûler, châtier, infliger une défaite - hélas ! limitée dans le temps - aux forces démoniaques et rétablir la justice, la paix et l'harmonie, jusqu'à ce que la perversion atteigne à nouveau l'esprit des hommes et provoque leur perte.

La double hache - aussi appelée bipenne et bicuspide - est l'une de ces armes symboliques brandies par les dieux hyperboréens (2) ou issus de l’Hyperborée pour affirmer leur race, participer à cette guerre sans fin, qui est aussi une guerre cosmique, entre la lumière et les ténèbres, le feu et la glace, la chaleur et le froid.

Les plus anciennes haches connues étaient fabriquées avec des « pierres de foudre » tombées du ciel (3). Certaines ont plus de 10000 ans ! Les plus vieilles ont été exhumées au Nord de l'Europe - Danemark, Sud de la Suède -, ce qui est bien antérieur à celles trouvées en Grèce ou au Proche-Orient. Pour René Guenon (4) et Julius Evola (5), l'origine polaire de la double hache ne fait aucun doute, en raison de son symbolisme et de sa diffusion dans l'espace et le temps.

A une époque plus proche de nous, la hache bipenne fut appelée « Hache d'Amazone » lorsqu'il y eut, par certaines femmes, une usurpation d'éléments masculins et une virilisation qui correspond à la « prise du pouvoir » par les druidesses, à la prééminence accordée au culte lunaire, au matriarcat, qui entraîna chez certains peuples d'importants remous, scissions, comme celle du légendaire Ram (6).

L'exemple type de cette appropriation, de ce détournement de symboles solaires par des civilisations lunaires, est la Crète antique, minoenne. L'opposition entre les deux formes de spiritualité est présente dans l'affronte­ment entre Thésée, héros solaire, et le Minotaure né de l'accouplement coupable de Pasiphaé, femme de Minos, et d'un taureau envoyé par Poséidon. La Crète recèle de nom­breux symboles solaires annexés : doubles haches, swastikas, taureaux... Néanmoins, tout s'ordonne sous l'égide d'une « Magna Mater », d'une déesse suprême. Il dut y avoir une sym­biose, une union entre deux spiritualités dif­férentes, mais où le culte lunaire et chthonien domina quand même, signe d'une altéra­tion, à l'inverse de la mythologie nordique où les Ases prennent les deux premières fonctions et les Vanes la troisième.

D'autres armes dérivent du même principe ; ainsi le VAJRA (7), la foudre d'Indra, dont Guenon a écrit : « La hache (...) est tout spé­cialement un symbole de la foudre, donc, à cet égard, un strict équivalent du VAJRA ». En dérivent notamment : l'épée, la flèche, l'essieu... A remarquer la proche parenté établie avec l'essieu qui, par sa nature, figure l'axe reliant les pôles autour duquel s'ordonne le mouvement, le devenir (8), symbo­le de l'Age d'Or, principe de stabilité, de dimension verticale, de l'Etre (9). Au VAJRA est également associé le diamant, symbole d'indivisibilité, d'inaltérabilité, d'immuta­bilité, donc de la tradition polaire dont le noyau originel ne peut être affecté par les cycles et se trouve au-dessus du temps.

Le symbolisme de l'épée est relativement connu car cette  arme est familière  des légendes européennes. Ce « rayon céleste » dont A. K. Coomaraswamy, reprenant la tradition shintoïste, a écrit : «  L'épée est dérivée d'un éclair archétype, dont elle est la descendante ou l'hypostase » (10). Cette hypostase, qui dans la légende du roi Arthur, sous le nom d'Excalibur, s'identifie au sceptre, donne la légitimité et symbolise la double royauté : spirituelle et temporelle. Dans le SHATAPATHA BRAHMANA, il est écrit : « Quand Indra lança la foudre sur Vrita, celle-ci, ainsi lancée, devint quadruple (...) Les brah­manes se servent de deux de ces quatre formes pendant le sacrifice, alors que les kshatriyas se servent des deux autres dans la bataille (...) Quand le sacrificateur brandit l'épée de bois, c'est la foudre qu'il lance contre l'ennemi ». Cela est également lié à la grande et petite guerre sainte, sur lesquelles nous reviendrons.

Les flèches servent à Apollon, dieu hyperboréen par excellence, pour tuer le serpent géant Python, mythe identique à celui d'Indra tuant le dragon Vrita (11).

La lance est une arme également dérivée de la foudre, ce qui se comprend aisément. Les exemples abondent : Gungnir, la lance d'Odin, dont le nom veut dire « La vibrante », qui a permis aux Ases de repousser les Vanes ; celle d'Athéna ; Sleg, dans la mythologie celtique, originaire de Gorias, ce qui signifie « Brûlu­res », ville légendaire du druide Esras – « passage » -, attribuée au dieu Lug « Lumineux » ; celle de saint Michel, de saint Georges...

Un symbolisme lié aussi à la hache et à la manifestation du divin est celui de la pierre. Tout comme la foudre, la pierre, d'après les anciens, provient du ciel et représente donc les divinités célestes. La plus célèbre est actuellement, sans conteste, la Ka'ba à La Mecque, que les musulmans nomment « La main droite de Dieu » - « Yamin Allah ». Dans la mythologie celtique, Lia Fail, la pierre de la souveraineté originaire, comme Sleg, des îles situées au Nord du monde, crie lorsque le prince légitime, qui doit accéder au trône, s'y assied (12). On retrouve cela dans la légende du Graal avec le fameux « treizième siège », le « siège polaire », où « est foudroyé quand s'y assied un indigne ou un non élu » (13).

Le Graal lui-même est, d'après Wolfram von Eschenbach, une pierre tombée du front de Lucifer et qu'aurait taillée un ange fidèle à Dieu. Au passage, notons l'importance de la lance et de l'épée dans cette légende, ainsi que de la curieuse épreuve qui consistait à retirer une épée fichée dans un roc.

La pierre sacrée, venue du ciel, est un OMPHALOS, un centre de la Tradition (par exem­ple, celle de Delphes). Elle détient la légi­timité, l'autorité, la connaissance (14). La pierre est également synonyme de fertilité pour des raisons identiques à la fécondité attribuée à la hache que nous examinerons plus loin.

La mythologie celtique situe l'origine de ces différents symboles dans les « îles au Nord du Monde » : Lia Fail et Sleg, que nous avons évoquées ; Claidiub, le glaive ; Côiri, le chaudron de Dagda, symbole de l'abondance, de la régénération... Ils proviennent explici­tement du Nord, de l'Hyperborée, sont rattachés à la première et à la deuxième fonctions et aux dieux suprêmes.

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L'ARME CELESTE

La forme de la double hache se rapproche de la lettre T (15). Aussi n'est-il pas étonnant de la retrouver chez beaucoup de dieux indo-européens de la foudre, du tonnerre, dont le nom comporte la lettre T, qui leur donne toute sa force. Ainsi, Thor, personnification de l'orage, réside à « Bilskirnir », ce qui signifie –« Qui brille un moment », allusion évidente à l'éclair. Teshoub, le dieu hittite des orages et de la guerre. Taranis, le Jupiter gaulois, dont le nom veut dire « Tonnerre » et qui est parfois associé à Dis Pater, « le maître des combats et le plus grand des dieux du ciel » (16). Très proche est Tarhunnas, le « dieu victorieux » hittite. D'autres rapprochements sont possibles : dans le Mazdéisme, Atar, le feu, est fils d'Ormuzd, le ciel. Dans l'Hindouisme, Atharva, l'éclair, est fils de Varuna, le ciel. Dans la mythologie grecque, Athéna, fille de Zeus, naquit tout armée à la suite d'un coup de hache d'Héphaïstos qui fendit le crâne de Zeus ; elle personnalise l'intelligence, la guerre et la lumière ; son animal est la chouette, qui a la possibilité de voir la nuit.

L'aspect souverain - ou attribut du souverain - du T se retrouve dans les Thuata Dé Danan, la race divine venue du Nord qui a colonisé l'Irlande. En gaélique, « Thuath » veut dire « Tribu », « Peuple ». En germain ancien, « Thiudans » a le sens de « Roi », le verbe « Thiudanôn » signifie « Régner, être Roi ».

Cela se rapproche aussi du dieu nordique Tyr, également appelé Tiwas, Tiu, Tiuth. Il personnifie l'aspect à la fois juridique et guerrier de la première fonction. A noter que la rune de Tyr - une flèche orientée vers le haut - se rapporte au symbolisme évoqué plus haut. De plus, sa forme est assez proche du T. En effet, dans la rune, les barres du T sont juste repliées. Celle-ci est le symbole du marteau de Thor. Elle veut également dire : éveil, commencement, ce qui, d'une certaine manière, se rapporte au Nord, a l'origine (18).

Toutefois, tous les dieux du tonnerre n'ont pas de T. Ainsi, Sucellos, le dieu au maillet gaulois, souvent identifié à Jupiter et dont le nom signifie « Celui qui frappe bien » ou encore « Tape-dur ». L'équivalent insulaire celtique de Taranis et de Sucellos est Dagda, dont la massue peut aussi bien donner la vie que la mort. De même, Perkunas, dieu suprême des Lituaniens et des Lettons, identifié au tonnerre, père des hommes. Son homologue uk­rainien Perun possède les mêmes caractéris­tiques. Le dieu du tonnerre babylonien, Hadad, se rapproche davantage de la hache telle qu'elle fut comprise par les civilisations méditerranéennes. Dans l'alphabet crétois, la hache bipenne correspond à la lettre A (il faut comprendre : origine). Il est à remarquer que la plupart des grands dieux des religions méditerranéennes antiques ont un nom qui débute par A : Aton, Ammon, Atoum, Anu ; dans une certaine mesure, Ptah, Baal ; également Adam, le premier homme d'après la Bible. En sumérien AN signifie « en-haut » ce qui se rap­porte directement à ce sur quoi nous allons nous pencher maintenant.

« Les dieux indo-européens se nomment deywos, « ceux du ciel diurne », désignation qui remonte à une époque où le ciel diurne dyéw-pHtér était le premier de tous les dieux » indique Jean Haudry (19). Sont issus de cette étymologie : Zeus (Dyaus), Jupiter (Dyaus-Pitar), Dis Pater pour les Gaulois, Tyr (Tiu) équivalent du Dius Fidius romain, Sius (dieu hittite de la première fonction). A ces dieux occupant la plupart du temps le trône et régentant les autres dieux correspondent : la lumière, le Soleil, la grande clarté - sauf Dis Pater, lié à la nuit, aux morts, mais aussi à l'origine -ce qui peut s'expliquer par la nostalgie de l'Hyperborée, à la fois terre des ancêtres, des morts, des protecteurs. Les mots : Dieu, divin, etc., dérivent de la même racine ; en sanskrit, DYAUH est le ciel. A tous ces dieux la foudre est liée comme arme et manifestation divine. La foudre, donc la hache. En Carie (Turquie), un culte était rendu à Zeus Labrandeus - Zeus à la double hache.

Ce rôle d'instrument des forces ouraniennes contre les ténèbres est développé dans toutes les mythologies influencées par l'Hyperborée. Thor se sert sans cesse de son marteau pour combattre les forces obscures et destructri­ces : Jormungand, les géants, ainsi que toutes les « forces élémentaires ». En Inde, Paraçu-Rama, Rama à la double hache, extermine les MLECCHAS, « race de titans, caste guerrière dé­gradée, qui avait tenté d'usurper la suprême autorité spirituelle » (20). Similaire est le combat que livre Zeus pour vaincre les titans et géants qui essaient d'envahir l'Olympe, ou Typhon qui apporte le chaos sur terre, avec l'aide de la foudre.

 

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BIPOLARITE SACREE

Eu égard à sa forme, la hache bipenne symbo­lise également un des grands principes tradi­tionnels : la bipolarité nécessaire pour toute manifestation. Les deux tranchants sont reliés par un axe. Symbole d'une trinité : deux cô­tés, un axe qui les ordonne et les maintient. Ces deux parties ne s'opposent pas, leur tranchant est tourné vers l'extérieur. Sur un plan horizontal, elles sont côte à côte, chacune orientée dans une direction opposée à l'autre. En revanche, sur un plan vertical, les deux parties se rejoignent par le centre et ne font plus qu'un, unité transcendante. Ainsi que le remarque Guido de Giorgio : « Le spirituel et le temporel se greffent sur un tronc unique qui est l'unité traditionnelle dont elles constituent deux expressions nécessairement opposées, mais non antagonistes, l'une commençant où l'autre finit, en une succession hiérarchique dont les points d'arrivée sont respectivement le paradis terrestre et le paradis céleste » (21).

Bipolarité qui se retrouve aussi bien dans ces oppositions/complémentarités : masculin/ féminin, spirituel/temporel, ciel/terre, divin/humain,  vie/mort,   action/contemplation.

Deux aspects de cette bipolarité se rappor­tent directement à la hache bicuspide : Janus, le dieu à deux visages ; la grande et la peti­te guerre sainte, l'action sur soi-même et l'action sur le monde.

Janus est l'un des dieux les plus mystérieux de la Rome antique. On sait peu de chose sur lui. D'après certaines légendes, il était pré­sent à Rome lorsque Saturne/Cronos y arriva et il l'accueillit. Ses symboles sont : la porte, la clef, la barque. Il ouvre et ferme les cycles. A ce titre, il est au-dessus du temps. D'où son double visage, un qui regarde devant, vers l'avenir, l'autre derrière, vers le passé. Par les clefs, il ouvre les portes des mondes supérieurs et préside aux différentes initiations. Il dirige l'ouverture et la fermeture des portes solsticiales : Janus Coeli (Solstice d'hiver) et Janus Inferni (Solstice d'été).

 

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Il est parfois représenté tenant une clef d'un côté, figuration du pouvoir sacerdotal, un  sceptre de l'autre, représentation du pouvoir temporel. Il réunit ces deux pouvoirs. La phrase du Christ qui fut parfois représen­té en Janus, « Je suis l'alpha et l'oméga », se rapporte à cette symbolique. Autre symbole proche : l'aigle bicéphale, figuration du pouvoir  suprême, à la fois temporel et spirituel.

Par ses deux côtés, ces deux têtes, la hache bipenne exprime également ce symbolisme. Elle lie ces deux aspects, à la fois opposés et complémentaires. Comme Janus elle se trouve au passage, au début et à la fin des cycles, au carrefour de la vie et de la mort.

Dans le domaine de l'action, tant spirituel­le que temporelle, cela est exprimé dans la notion de grande guerre sainte et de petite guerre sainte. La première est une guerre spi­rituelle, qui se livre principalement en soi-même, pour sa propre transcendance, pour son illumination, sa réalisation. La seconde est plus « physique » : « La petite guerre sainte (...) correspond à la guerre extérieure, à la guerre sanglante qui se fait avec des armes matérielles contre l'ennemi, contre le « barba­re », contre une race inférieure devant laquel­le on revendique un droit supérieur ou, enfin, quand l'entreprise est dirigée par une motiva­tion religieuse, contre « l'infidèle » (22).

L'une et l'autre sont nécessaires. La grande guerre sainte sans la petite guerre sainte est un inachèvement tant que l'on reste dans le monde ; la petite guerre sainte sans la grande guerre, une usurpation, une parodie. Les deux côtés de la hache bipenne sont orientés l'un vers le plan humain - petite guerre - l'autre vers le divin - grande guerre.

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SYMBOLE DU RENOUVEAU

La hache n'est pas un symbole statique : elle représente la lumière divine qui s'incar­ne dans notre monde pour indiquer des voies supérieures, pour en permettre l'accès. L'éclair est un signe des dieux en direction des hommes ; tout comme l'arc-en-ciel, il re­lie. Symbole de la manifestation divine, de sa toute-puissance, repris par les héros solaires qui veulent parvenir à l'Hyperborée, à la connaissance et à la plénitude de l'Age d'Or, qui défient la bassesse, l'inanité de notre époque, pour le triomphe et la gloire de la plus grande clarté. Tout comme Thésée qui tua le minotaure avec une hache - ou une épée, suivant les versions -, après avoir surmonté l'épreuve du labyrinthe ; comme Héraklès qui, à la suite de ses travaux/épreuves, accéda à l'Olympe ; comme les Einherjar, morts l'épée, la hache, la lance, à la main, vont au Walhalla et sont reçus par Odin comme des pairs.

Si la hache tue, extermine, tout ce qu'animent les forces ténébreuses de la dissolution, de l'Age Sombre, elle apporte la vie, en revanche, à celui qui a choisi d'emprunter la « voie du Soleil », à l'homme « contre le temps » qui quitte le monde moderne, ce dernier monde perclus d'infirmités, de maladies, de plaies, pour parvenir à conquérir le « Graal ».

Originaire du ciel, manifestation de sa puissance, de son éclat, la hache est égale­ment un symbole de fécondité. Elle s'identifie au Yang, au pôle masculin, fécond, généreux, dont la personnification dans la mythologie grecque est Ouranos le Ciel, dont les fré­quents accouplements avec Gaia, la Terre, sont à l'origine de tout ce qui est sur notre pla­nète. Dans l'Antiquité, on trouve la hache souvent associée au Taureau, symbole de fécondité (23).

Les dieux utilisant les dérivés de la foudre sont réputés très féconds et ont des épouses au symbolisme chthonien, yin. Ainsi, Tho a pour épouse Sif, incarnation féminine de la végétation. Sucellos a pour compagne Nantosuelta, déesse des rivières. Il tient souvent en main une corne d'abondance dont le sens de la fécondité est évident. Nous n'évoquerons pas Zeus ou Odin dont la fécondité est vantée en long et en large dans les mythologies grec­que et nordique, de même pour les différentes divinités masculines hindouistes dont les re­présentations plastiques de leur ardeur amou­reuse choquèrent et étonnèrent souvent les Occidentaux (24).

La hache, en tant que jet du ciel, représen­te le principe mâle. Sans lui, la terre pri­vée des forces d'en-haut, des dieux, devient stérile et meurt peu à peu ; épouse délaissée, elle ne conçoit plus. C'est pour cela que la hache ou le marteau participent souvent aux rites de mariage, de semence, des civilisa­tions traditionnelles.

Par son pouvoir de délier, de fendre, de trancher, la hache permet à celui qui suit une initiation de franchir les obstacles, d'ouvrir les portes. Chez les Esséniens, une petite hache était remise à chaque novice. La massue de Dagda donnait, par l'un des côtés, la vie, par l'autre, la mort. Tout cela se réfère de façon explicite à l'initiation qui est mort et vie à la fois. Mort à la condition antérieure dinconnaissance, de non-réalisation spiritu­elle. Début d'une autre vie, « seconde naissan­ce » à un monde supérieur. La hache, en donnant la mort, clôture un cycle, mais, par ce fait même, en inaugure un autre. Voilà qui nous ramène à Janus, lui aussi symbole de l'initia­tion : il détient les clefs et, de plus, pré­side aux passages. Pour cette raison également - nous ouvrons ici une parenthèse -, la hache est un symbole adéquat à notre monde crépuscu­laire, notre fin de cycle. Elle permettra de passer d'un cycle à l'autre.

Par sa forme trinitaire, par son origine (le feu céleste), par sa fonction (dissiper les ténèbres, rétablir la clarté divine), la hache bipenne est un symbole royal et de l'Age d'Or, donc du printemps, de la prospérité, des « jours heureux ». Elle était l'emblème des souverains Scandinaves, tout comme la foudre est l'emblème des dieux suprêmes. Par son double aspect spirituel et temporel, elle est un attribut du « Pontifex », de celui qui guide un peuple - le roi, étymologiquement, est celui qui montre et emprunte le droit chemin -et qui se trouve à la jonction de ce monde et du supra-monde en étant le plus haut dans la hiérarchie humaine et le plus bas dans la hiérarchie céleste (25).

La hache permet au héros de vaincre. La rune de Tyr, flèche orientée vers le ciel, indi­quant la bonne direction à suivre, engageant à l'élévation, symbolise également l'éveil, le commencement, le début. Thor incarne le prin­temps. Indra, en tuant Vritra, permet aux « Forces-de-vie » que retenait le dragon de se répandre à nouveau sur la Terre. Le RIG-VEDA a d'ailleurs, à la suite de la mort du dragon et de la résurgence des eaux fécondantes, une ex­pression qui peut paraître curieuse au pre­mier abord : « La révolution est faite »! (26).

Janus, passage d'un état à l'autre, la fou­dre associée aussi à la fécondité du ciel en­vers la terre, l'Hyperborée et l'Age d'Or, le printemps, la « seconde naissance », la victoire de la lumière sur la nuit.,, tous ces éléments font de la hache un symbole du Renouveau, de la régénération.

Nous terminerons par trois citations extrai­tes d'un article signé Roderik, paru dans HEIMDAL (27), et qui résument bien cet aperçu du symbolisme de la hache : « (...) Le sens caché que, chez les peuples indo-européens, revêt la hache : le pouvoir de trancher les liens enserrant l'individu dans sa petitesse et libérer ainsi la grande lumière des puis­sances (...) Alors le monde fulgure et le dieu surgit en l'homme (...) Brandir la hache c'est libérer un potentiel héroïque, une combativi­té salvatrice conférant le pouvoir de « tran­cher », de séparer de soi tout ce qui procède de l'enténèbrement vorace du monde, et, de la sorte, faire qu'à nouveau jaillisse l'éclair, jonction fulgurante entre les hommes et les Ases . »

Christophe LEVALOIS

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Notes:

(1) A ce sujet, lire « Les fissures dans la grande muraille » de René Guenon, dans LE REGNE DE LA QUANTITE ET LES SIGNES DES TEMPS, Gailimard.

(2)      Sur l'Hyperborée, lire  notre article :
 « A la recherche de l'Hyperborée », L'AGE  D'OR n. 3.

(3)    Dans la plupart des mythologies et  tex­tes  sacrés,  il est  mentionné des  chutes de
pierres, sans doute des aérolithes, des  comè­tes  qui  seraient passées  à proximité  de la terre,  provoquant  maints  cataclysmes.  Nous renvoyons  le lecteur  à l'Exode,  au LIVRE DE JOSUE, au  VISUDDHI-MAGGA,  texte  bouddhique, aux ANNALES DE CUAUHTITLAN, texte mexicain, au KALEVALA finnois, aux hymnes védiques  concer­nant  les « Marouts », au  combat de Zeus contre Typhon, à la  castration d'Ouranos par  Cronos qui  fit couler  des gouttes  de sang  du Ciel (Ouranos) sur  Terre,  à la  terrible  Sekhmet dans la mythologie égyptienne, aux Gaulois qui craignaient que le ciel  ne leur tombe sur  la tête...

(4)      Cf. « Quelques  armes symboliques », dans SYMBOLES FONDAMENTAUX  DE LA SCIENCE  SACREE, Gallimard.

(5)  Cf. « La  hache »,  dans  SYMBOLES ET MYTHES  DE LA TRADITION OCCIDENTALE, Arche.

(6)  Schuré, dans LES GRANDS INITIES, a écrit quelques  pages sur ce  conflit. A lire égale­ment : DU  REGNE DE LA MERE AU PATRIARCAT de Bachofen  ;  d'Evola :  METAPHYSIQUE  DU SEXE, Certains chapitres de REVOLTE CONTRE LE MONDE MODERNE. Dans la mythologie grecque, Héraklès, héros  olympien,  affronte   les  Amazones. Achille tue Penthésilée, reine des amazones et fille d'Ares, dieu de la guerre.

(7)   L'équivalent tibétain  du VAJRA est le
DORJE, l'un des principaux insignes des digni­taires  du lamaïsme. Le BUDAE ou BUMAE est la pierre de foudre, emblème de la vocation et de la puissance shamanique.

(8)   D'où la phrase de  Lao Tseu dans le TAO TO KING : « Trente rayons convergent au moyeu. Mais c'est le vide médian Qui fait marcher le char ».

(9)    Cf. René Guenon : « L'arbre et le Vajra », dans  SYMBOLES  FONDAMENTAUX  DE  LA  SCIENCE SACREE.

(10)  Dans  « Le symbolisme  de l'épée » ETUDES TRADITIONNELLES, janvier 1938.

(11)  A ce  propos, lire COSMOGONIES  VEDIQUES de Jean Varenne, Les Belles Lettres/Arche.

(12)   Dans  la  mythologie  celtique,   cette pierre  provient de la ville de Falias, située au Nord du monde. Le druide qui dirige la cité est  « Morfesas », ce qui  signifie « Grande con­naissance ».

(13)   Julius  Evola, LE  MYSTERE DU  GRAAL ET L'IDEE IMPERIALE GIBELINE, Editions Tradition­nelles.

(14)           La pierre peut être aussi maléfique par l'inversion  symbolique fréquente dans la Tra­dition.  Dans le RIG-VEDA, Indra doit détruire les  forteresses  de pierres  de  Vritra. Dans d'autres passages, il perce une montagne  pour
délivrer les eaux régénératrices.

(15)           Paul Le Cour, dans ATLANTIS n. 285,  remarque  que chez de  nombreux peuples la hache
porte un nom identique : « En sanskrit takshani et  tanka, dérivé de tak  ou tacksh, en persan tash, en Zend Tasha,  en grec tukos, en  polo­nais tasak (...) » L'importance phonétique du T est évidente.

(16)                     LES  DIEUX  DE LA GAULE de Paul-Marie Duval, Petite bibliothèque Payot.

(17)                     Cf. Jean-Paul Allard :  « La royauté wotanique des germains », dans ETUDES  INDO-EURO­PEENNES n° 1.

(18)                     Sur les runes, lire  « Magie des runes », dans L'EUROPE PAÏENNE, Seghers.

(19)                     LES INDO-EUROPEENS, Que sais-je ?, PUF.

(20)          Julius Evola, SYMBOLES ET MYTHES DE LA TRADITION OCCIDENTALE, Arche.

(21)          Guido de Giorgio, LA TRADIZIONE  ROMANA, Flamen.

(22)          Julius Evola, METAPHYSIQUE DE LA GUERRE, Arche.

(23)          Cf. J. Duchaussoy,  LE BESTIAIRE  DIVIN, Le courrier du livre.

(24)          Sur  tout  cela,  lire METAPHYSIQUE  DU SEXE, d'Evola, la revue REBIS.

(25)          C'est pour  cela que la  papauté a  pris aux  empereurs romains des symboles de Janus :
la barque et surtout la clef.

(26)          Cf. l'article de Jean Varenne, « La révo­lution est faite », dans ETUDES  INDO-EUROPEEN­NES n ° 1.

(27)          N. 34,  hiver 1981,  intitulé « Le  temps des haches et des loups ».

Sources : TOTALITE – N°20 – Automne 1984.

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L’ancien Futhark dans la Tradition primordiale

1

Nous avons en France la chance de compter deux chercheurs qui se sont aventurés sur les chemins de la Tradition primordiale. Le premier c’est bien évidemment René Guénon (1886 – 1951), auteur d’une œuvre conséquente, et personnage parfois érigé comme maître-à-penser inégalable. Nous lui devons beaucoup, même si, dans la perspective qui est la nôtre, on peut se trouver parfois en désaccord (quand ce n’est pas tout simplement l’histoire qui lui donne tort : nous en voulant pour preuve la décadence qui touche l’Orient, partie du monde qui devait, selon Guénon, être le dernier bastion de la Tradition). Le second, moins connu que son illustre prédécesseur, se nomme Paul-Georges Sansonetti.

Le Professeur Paul-Georges Sansonetti appartient à ces aventuriers de l’ésotérisme, en quête du Graal hyperboréen depuis longtemps déjà. Chargé de conférences à l’École pratique des hautes-études de la Sorbonne, ce dernier a rédigé de nombreux ouvrages sur la Tradition et son symbolisme, sur le Graal ainsi que sur l’alchimie et Tintin. En trois ans, le Professeur Sansonetti a publié pas moins de quatre ouvrages inédits et une réédition. C’est ce que l’on peut appeler un auteur fécond !

 

le graal d apollon 3

 

En 2019 paraît Présence de la Tradition Primordiale (1) où l’auteur part sur les traces de la Tradition dans les œuvres de plusieurs écrivains et cinéastes. En 2020, Arcanes polaires (2) sort aux éditions Arqa. Sans doute le meilleur livre pour découvrir le travail de Sansonetti puisqu’il couvre l’ensemble des thèmes développés par le chercheur. La même année, Terre & Peuple publie son ouvrage Le Graal d’Apollon (3), une étude où il démontre que le Dieu des arts et de la médecine est intrinsèquement lié à l’Âge d’Or. Toujours en 2020, les Amis des ACE ont l’excellente idée de ressortir le livre Les runes et la Tradition Primordiale (4). Ce livre jusqu’alors épuisé et vendu à des prix honteux sur le marché de l’occasion marque l’apparition d’un thème majeur dans l’œuvre du Professeur Sansonetti : l’analyse des runes – enfin, du plus ancien système runique connu sous le nom d’ancien Futhark – à travers la guématrie.

 

4

 

La guématrie est une technique de numérologie utilisée majoritairement dans l’ésotérisme hébraïque (bien que l’on atteste de l’usage de ce procédé en Assyrie aux alentours de 720 avant Jésus-Christ, ainsi que chez les Arabes et les Grecs). Celle-ci consiste à attribuer une valeur numérique à une lettre. Par exemple, si nous prenons notre alphabet latin cela donne A = 1, B= 2, et ainsi de suite. Paul-Georges Sansonetti applique donc cette méthode à l’ancien Futhark en s’inspirant des travaux du chercheur allemand Heinz Klingenberg (5). À première vue, appliquer une méthode analytique hébraïque à une écriture germanique peut déconcerter, mais Sansonetti, dans un entretien qu’il nous a accordé (6), affirme que les travaux de Klingenberg sont « irréfutables », bien qu’ils soient d’une nature différente de la sienne, comme il l’exprime d’ailleurs dans l’introduction de la réédition sus-nommée : « Tout en démontrant à quel point ces caractères sont indissociables de la religiosité nordique, Heinz Klingenberg demeure dans un cadre strictement universitaire et sa découverte – capitale, redisons-le – ne constitue cependant pas pour lui un argument susceptible d’étayer l’existence d’arcanes issus de la Tradition primordiale (7) ».

La traduction de cet ouvrage en langue française serait d’ailleurs très intéressante. La guématrie runique n’est pourtant pas une fin en soi dans le livre du Professeur, son but étant de montrer que l’ancien Futhark et, in extenso, la mythologie nordique, s’inscrivent entièrement au sein de la Tradition primordiale. Pour cela, Sansonetti va étudier chaque rune et démontrer en quoi celles-ci représentent des symboles sacrés en lien avec la Tradition. Le Professeur se base également sur les pierres runiques, les inscriptions runiques retrouvées sur des armes (lances, scramasaxes) et des bractéates qu’il passe au crible.

 

2

 

En 2021, paraît la suite de Les runes et la Tradition Primordiale, intitulé La cathédrale polaire des runes (8) aux excellentes éditions du Lore. C’est l’occasion pour Paul-Georges Sansonetti d’approfondir le propos du premier opus cité, raison pour laquelle nous parlons volontiers de suite. En effet, on retrouvera donc une sacrée dose de guématrie runique dans cette ouvrage, avec le décorticage de nombreuses inscriptions. Le lecteur familier du premier ouvrage ne sera ainsi pas dépaysé car des thèmes bien connus de l’auteur sont de nouveau présent : le 111, les jumeaux, Tuisto, des références au pythagorisme aussi et à l’évangile de Saint Jean !

La cathédrale polaire des runes, on l’aura compris, devra être lu à la suite de Les runes et la tradition primordiale. Il faudra peut-être rédiger quelques mémos pour se souvenir de la signification des nombres présents au fil des pages (144, 26, 19, 37, etc.) pour une compréhension aisée. La démarche du Professeur Paul-Georges Sansonetti est singulière, nous ne lui connaissons pas d’équivalent. Pour autant, certains risquent de ne pas adhérer à ce décodage de l’ancien Futhark. L’auteur pousse t-il le bouchon un peu trop loin dans son usage de la guématrie ? Peut-être. Nous laissons le lecteur en juger par lui-même. Le propos de Paul-Georges Sansonetti possède sa propre logique en plus d’une bonne dose d’intuition, et il est sans commune mesure avec certaines extrapolations, inventions et fumisteries que l’on peut lire sur les runes, surtout dans les ouvrages d’inspiration New Age. Nous sommes convaincus, à l’instar du Professeur Paul-Georges Sansonetti, que la mythologie nordique se fond dans la Tradition. Nous avions d’ailleurs exposé un point de vue allant dans ce sens dans un article consacré au Dieu BaldR (9). La cathédrale polaire des runes, ouvrage véritablement roboratif, ouvre la voie à de nouveaux sentiers quant aux mystères venus du Nord.

Thierry Durolle

Ex: http://www.europemaxima.com

Notes:

1 : Paul-Georges Sansonetti, Présence de la tradition primordiale. E. A. Poe, G. Meyrink, H.P. Lovecraft, J.R. Tolkien, Stanley Kubric et d’autres…, Éditions de l’œil du Sphinx, 2019, 255 p.

2 : Paul-Georges Sansonetti, Arcanes polaires. Symboles de la science sacrée, Éditions Arqa, 2020, 316 p.

3 : Paul-Georges Sansonetti, Le Graal d’Apollon, Éditions Terre & Peuple, 2020, 156 p.

4 : Paul-Georges Sansonetti, Les runes et la Tradition Primordiale, Éditions ACE, 2020, 316 p., 18 €.

5 : Heinz Klingenberg, Runenschrift-Schriftdenken. Runeninschriften, Éditions Carl Winter, 1973.

6 : dans Solaria, n°52, été 2020.

7 : Paul-Georges Sansonetti, Les runes et la tradition primordialeop. cit., p. 5.

8 : Paul-Georges Sansonetti, La cathédrale polaire des runes, La Diffusion du Lore, 2021, 172 p., 24 €.

9 : cf. Thierry Durolle, « Baldr et l’Âge d’Or », dans Solaria, n° 50.

 

Note de l'éditeur:

 

5

Vouloir limiter l’écriture des anciens Germains au simple rôle linguistique montrerait une méconnaissance totale de ce que leur tracé comporte réellement. Car ladite écriture, composée de vingt-quatre signes, s’impose comme un système prodigieusement élaboré rassemblant les notions essentielles constitutives de l’identité ethnoculturelle européenne. Mais cela signifie aussi que le savoir émanant des runes se relie au maître thème du légendaire de notre continent et qui, jadis évoqué par René Guénon et Julius Evola, se nomme « Centre suprême ». Thème corrélatif à la mystérieuse « Tradition primordiale » traversant toutes les religiosités qu’instituèrent nos ancêtres et englobant l’univers du symbolisme et des mythes. Le « Centre suprême » est à la « Tradition primordiale » ce que le pyramidion représente pour une pyramide : le sommet conférant à ce monument sa forme générale et ses proportions.

            Dans un précédent ouvrage, intitulé Les Runes et la Tradition primordiale, il m’a été offert d’avancer le fait que chaque rune correspondait à l’un des symboles fondamentaux et chaque symbole à une donnée amenant la possible maîtrise de soi-même et de l’espace voué à notre épanouissement existentiel. En un moment où, fin du cycle des quatre Âges oblige, l’avenir de nos sociétés se retrouve si grandement menacé, le terme runoz, désignant « les runes » et, on s’en doute, l’ésotérisme que ces lettres impliquent, énonce le principe racine d’une origine civilisationnelle ainsi que la spécificité génétique propre aux peuples d’Europe.

Un livre salutaire qui, au prisme des plus récentes découvertes archéologiques, met un vigoureux coup de pied dans la fourmilière universitaire, cette entité qui n’a de cesse de réduire sciemment l’étude des runes pour de basses raisons idéologiques.

SOMMAIRE :

Introduction 

chapitre i : Chaque rune est un symbole fondamental

chapitre ii : L’homme double originel et celui en maîtrise de lui-même

chapitre iii : Le divin et l’humain

chapitre iv : Les runes et le « maître des runes »

chapitre v : Le soleil polaire

chapitre vi : Ce qu’énonce la rune

chapitre vii : L’être et son corps subtil

chapitre viii : Alu, origine du monde manifesté

chapitre ix : 111, le nombre du pôle

chapitre x : Les runes et le pôle

chapitre xi : La montagne polaire

chapitre xii : Le solfège des runes

conclusion

L’angle droit pour conclusion

bibliographie

Pour commander l'ouvragehttp://www.ladiffusiondulore.fr/home/893-la-cathedrale-polaire-des-runes.html

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Mémorisation du Futhark PAR HALFDAN REKKIRSSON - 4.

 

Les poèmes runiques anglo-saxons et islandais nous ont énormément appris sur les runes. En l’occurrence, ils sont une preuve que les anciens avaient développé grâce à une très riche poésie, des techniques de mémorisation et d'apprentissage des valeurs de chaque rune. Ici, H. Rekkirsson propose une mnémotechnique pour apprendre les runes du futhark dans l'ordre, leurs sons, noms et quelques aspects de leurs valeurs symboliques.

 

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Le mystère des runes - 1.

 

Comprendre les runes commence par connaître leur histoire, leur environnement et leur contexte. Mais avant ça, il faut définir le sujet : que sont les runes ? Que ne sont-elles pas ?

par Halfdan Rekkirsson

 

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LE CULTE CELTIQUE DU GUI

 

gui

 

En chamanisme celtique le gui, plante sacrée par excellence, est utilisé dans les rituels de guérison.

Le gui symbolise l'immortalité parce qu'il reste toujours vert et vivant alors que l'arbre qui le porte en hiver parait mort.

Le culte de gui éternellement vert et prospère, remonte à la nuit des temps. Parce que rare sur le châtaignier et le chêne, le gui de ces arbres était vénéré chez les Celtes, les Germains, les Grecs et les Romains. Dans toutes ces civilisations, il était associé à une multitude de légendes et de traditions populaires.

Dans la culture celte, la cueillette du gui était l'objet de grandes solennités. Elle se pratiquait pendant le solstice d'hiver, lorsque la lune était dans son sixième jour de croissance. Le druide coupait alors, les rameaux de gui avec une faucille d'or, dont le plat de la lame était en forme de lune. Il en faisait des brassées, qui ne devaient pas toucher le sol. C'est pourquoi, des aides tenaient de grands linges tendus autour du chêne hôte. Cette récolte, uniquement pratiquée par le druide, donnait lieu à une grande fête, appelée: fête du solstice d'hiver. Dans toute l'Europe, cette pratique à survécu longtemps à la civilisation celte.

 

au gui lan neuf

 

L'expression « au gui l'an neuf » rappelle cette cérémonie de récolte.

Le gui est le symbole de l'union dans son sens le plus élevé et le plus spirituel. Le gui symbolise l'unité, la communion. Le gui forme un tout, une unité ronde. Il croît en touffe arrondie autour d'un centre dont tout procède et où tout doit retourner.

Harmonieuse union de vie « semi-parasitaire » où chacun apporte les éléments dont l'autre à besoin. Suspendu au plafond de la salle commune ou à la tête du lit des époux, un rameau de gui, apporte l'unité de la famille ou du couple en même temps que sa protection. Au Nouvel An, les vœux sont offerts sous une touffe de gui. Dans beaucoup de nos campagnes encore aujourd'hui, cette tradition persiste.

Chez les Celtes, le gui est le symbole de tout « ce qui est ». C'est pourquoi, il est présent lors de toutes les manifestations. Il est l'emblème de l'universalité de l'Existence dans l'Humanité entière. Pour l'Individu, le gui représente l'existence certaine, l'éternelle vérité. Il est l'image vivante de la force qui anime et gouverne le monde tout en permettant la communication avec Dieu. Le gui efface les impuretés de l'âme et la met en rapport avec l'esprit. Il incarne le chemin de la purification qui aboutit à la communion de l'âme et de l'esprit. Quand un Gaulois mourait, on plaçait à la porte de sa maison une vasque remplie d'eau lustrale. Ceux qui venaient saluer le mort et la famille en deuil, y trempaient une branche de gui pour asperger le défunt et sa famille avant de quitter la demeure mortuaire.

Le gui est aussi le symbole de la protection. Il assure la protection contre les malices des Esprits de la nature. Autrefois, des branches de gui étaient placées dans ou au-dessus des berceaux pour assurer la protection de l'enfant contre les fées, afin qu'elles ne le transforment pas en petit lutin.

Il semblerait que les arbres porteurs de gui résistent mieux que les autres aux maladies ; de plus il favoriserait la croissance des fruits et plus spécialement des pommes. Au contraire, dans certaines régions on ne consommerait pas les fruits d'un arbre « guités » de peur d'être empoisonné. Le gui est alors appelé « balais de sorcières » ou « rameaux des spectres ».

Le gui est une plante émancipée autant des forces solaires que des forces terrestres. Il absorbe le trop plein de force éthériques de l'arbre sur lequel il pousse. Cet excès est provoqué naturellement (onde nocive, tellurisme, perturbations magnétiques) ou artificiellement (centrale nucléaire, pollution diverse).

Si, de tout temps, le gui a bénéficié d'une « aura » mythique, c'est en raison de sa croissance et de son mode de vie particulier. En effet le gui n'est pas vraiment une plante adaptée à la vie sur terre, il ne peut s'implanter sur le sol. A la différence des autres végétaux, il ne suit ni le phototropisme, ni le géotropisme. Au contraire il forme des touffes arrondies et se crée presque un espace intérieur, qu'il pénètre de vie, ce qui est le propre de l'animal. Par ailleurs, les branches, même âgées de 20 ans, sont toujours vertes, ce qui les différencie des autres plantes. Sa graine est, aussi, particulière à tel point qu'on la nomme embryon, comme pour le règne animal. L'embryon reste toujours vivant dans son enveloppe de mucosité, il traverse l'intestin de l'oiseau, au lieu, comme les autres graines de végétaux, de reposer un certain temps dans la terre. A aucun moment de son cycle végétatif, le gui n'a de contact avec la terre.

Son utilisation médicinale est assez ancienne. Il est réputé assurer une protection contre la maladie dont il amène la guérison. Accroché au-dessus du lit, il évite les cauchemars. Pour les Gaulois, le gui est "celui qui guérit tout". C'est un antidote des poisons, donne la fécondité et guérit de l'épilepsie ou " haut-mal ", car il ne touche jamais terre. Les feuilles de gui, mâchées et appliquées en cataplasme cicatrisaient les ulcères. En Gallois, le gui est nommé oll-iach, c'est à dire « panacée ».

Diane Nutje-Detienne

Source : http://euro-synergies.hautetfort.com/archive/2020/12/25/le-culte-celtique-du-gui.html

 

Cueillette Gui

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